30 novembre 2008
Arrivée à Buenos Aires à 8h00, il pleut et le ciel est chargé. Ambiance maussade du petit matin.....Nous récupérons nos bagages, hélons un taxi et rejoignons notre A.J. Notre première impression n'est pas celle d'un dépaysement marqué, la population d'abord nous rappelle nos voisins d'Europe du sud et la ville, cette énorme mégapole de plus de 12 millions d'habitants avec sa banlieue nous donne dans un premier temps la vision d'une immense capitale aux tons grisâtres....Nous sommes dimanche matin et la circulation est peu dense ce qui nous donne un certain avantage pour une première prise de connaissance, nous empruntons un gros boulevard nous rappelant nos Champs Elysées (avec beaucoup moins de charme, biensur), un énorme obélisque trône en plein milieu. Nous logeons dans un quartier populaire où l'on trouve encore quelques vieilles bâtisses coloniales, en plus ou moins bon état, mais ou subsistent encore de jolis balcons avec des auvents en tuile. C'est de plus le quartier des antiquaires et des brocanteurs et s'y tient aujourd'hui « la feria de San Telmo » qui a lieu tous les dimanches. Il s'agit d'une grosse brocante où l'on trouve des pièces d'argenterie, des vieux livres et vieux disques, etc....Nous commençons par prendre un bon petit déjeuner. Notre A.J. est une fois de plus une bonne surprise, sur 3 étages dans une belle maison coloniale (eh oui encore une...), super agréable avec un accueil des plus chaleureux et un magnifique patio. Première chose ; LE MATCH DE CE SOIR.........ça va être possible moyennant une coquette somme......! C'est déjà une bonne nouvelle. Nous devons récupérer les tickets pour 16h, par contre nous ne prenons pas le transport et la prise en charge que nous propose le réceptionniste de l'A.J. Ça nous fait économiser 80 euros.....! On va se débrouiller avec le bus, nous sommes à 10 minutes du stade. Il a cessé de pleuvoir, nous partons nous perdre dans le quartier de San Telmo quartier où se trouve notre A.J., nous rejoignons assez facilement la plaza Dorrego, les bâtiments nous rappelle Paris, mais les arbres sont très différents, nous sommes surpris par la beauté et l'odeur des jacarandas qui perdent déjà leurs jolies fleurs violettes (la période des grosses chaleurs arrive), les trottoirs en sont tapissés, il y a aussi beaucoup de palmiers ficus aux énormes branches horizontales. Nous sommes à une latitude symétrique à celle du Maroc. Il fait 28°, nous serons à peu prés à la même latitude à Auckland et Adélaïde (en Australie). La plaza Dorrego nous fait penser à la place du Tertre à Paris. Il y a une quantité indénombrable de brocanteurs dont les personnalités sont assez délirantes, ce quartier est vraiment très pittoresque. Des croqueurs de portraits au fusain ainsi que des peintres un peu bohème se livrent à leur passion au son des mini-orchestres de tango installés ci où là. Il y a aussi des chanteurs et surtout des danseurs de tango qui nous offre des démonstrations de leur talent, c'est vraiment fascinant. Cet endroit est envoûtant et en même temps emprunt de nostalgie...., il y a énormément de monde et des expos d'objets en tout genre. C'est très classe et branché-chic. Les boutiques sont à mourir d'envie... Nous nous laisserions bien tentés par quantité de choses, mais nous n'avons plus de place.....Les matés pour le thé creusés dans des calebasses et agrémentés de colerette d'argent nous font vraiment de l'oeil...;. Nous allons en ramener, c'est vraiment très beau et très original. Tout le monde se balade avec ce petit objet à la main en sirotant son thé ; très original !Je me laisse tout de même tenter par une magnifique bague que Franck m'offre. Sur le chemin nous ramenant à notre hôtel nous croisons pas mal de SDF, nous passons d'ailleurs devant une sorte de « resto du coeur » où pas mal de gens dans le besoin attendent dans une file d'être servis. Il y a également pas mal de personnes dont des enfants dormant sous les ponts et les artères passant au-dessus de la ville. De nombreuses personnes fouillent les poubelles. Ces gens et les cireurs de chaussures nous rappelle que la crise n'est pas loin.....Nous récupérons nos billets pour le match et repartons pour le quartier de la Boca. C'est le quartier populaire de Buenos Aires, il est célèbre pour ses maisons recouvertes de tôles aux couleurs vives. En descendant du bus nous sentons déjà la ferveur des supporters aux abords du stade de Boca Juniors, la fameuse Bombera ! Il y a du monde partout. Nous nous promenons dans le quartier durant les deux heures qui précèdent le match, c'est très miséreux et aussi très chaud !!! Beaucoup d'enfants jouent au foot dans les rues, pour certains, sans chaussures, comme souvent.....Nous rentrons enfin dans le fameux stade, l'ambiance est démente, les larges couloirs et escaliers qui mènent aux tribunes nous renvoient dans les narines une odeur d'urine insupportable. Il n'y a visiblement pas de toilette et tout le monde fait là !!! Il y en a partout, ça dégouline le long des marches ; attention les pieds !! il n'y a pas de places assises, où tout au moins personne ne s'asseoit, nous sommes en populaire, au second étage, donc très bien placé. Même si comme dans les plus grands stades, comme en Angleterre ou en Espagne, où que l'on soit on voit très bien. Nous nous frayons un chemin à travers la foule. Quelqu'un hurle le nom de Franck, on se retourne, il s'agit de Tom et Allyster, nos compagnons de route tasmaniens du Machu Picchu qui comme nous, sont venus assister au match. Nous sommes supers contents de les revoir. Ils repartent demain en bateau pour l'Uruguay. Le stade est plein et durant tout le match, les chants ne vont pas cesser une seconde, c'est incroyable, l'ambiance est à son comble. Les rouleaux de papier toilette volent au-dessus de nos têtes tout comme des milliers de petits papiers....Durant la mi-temps, personne ne quitte sa place, on ne peut que s'asseoir en attendant que le match reprenne. Il n'y a pas de service d'ordre, ce qui est d'ailleurs très surprenant. Par contre sont postés au-dessus des deux angles du stade, des hommes prêts à déclencher d'énormes lances à incendie sur la foule en cas de problèmes....On nous explique que chaque Argentin est supporter de l'équipe nationale et qu'au niveau local, il choisit le club de son quartier, de sa classe sociale ou de sa communauté ethnique à moins que son père ne l'ai déjà inscrit d'office dans un club avant sa naissance, comme c'est souvent le cas !. Pour les déshérités, socialement parlant, le football tient le même rôle que le basket pour les jeunes noirs américains. C'est leur seul espoir de promotion....L'équipe de Boca a marqué deux buts et l'équipe adverse un but. Autant dire que nous avons été servit en terme de hurlement et de cris de joie (j'ai les tympans bouchés!). Du délire......A la fin du match, le stade se vide mis à part les deux populaires où nous nous trouvons. Pour des raisons de sécurités, à chaque match, ils évacuent ces deux tribunes vingt minutes après le reste du stade. Nous reprenons un bus pour rentrer, encore dans la liesse de notre soirée. Victor fait danser le drapeau qu'il a acheté en criant les chants qu'il a enregistré. C'était vraiment une soirée exceptionnelle, dont nous nous souviendrons longtemps je crois. Rentrés à l'A.J., nous retrouvons un groupe de slovènes qui eux aussi ont assisté au match, visiblement ils ne sont pas couchés.....Ce sont des chanteurs lyriques, ils n'en ont pas du tout l'allure, on dirait plutôt des rugbymens, comme quoi !!!. Ils se lancent à un moment dans des chants, chacun avec son intonation de voix, c'est fabuleux. On croirait un disque de Pavaroti. Franck regarde les résultats des autres équipes à la TV, pendant que je relate notre journée et que les enfants ne demandent pas leur reste pour s'en aller dans les bras de morphée (ça fait 48 h que nous n'avons pas dormi dans un lit).



















