13 décembre 2008
Comme dans les campings, nous sommes réveillés par les premiers bruits matinaux. Il est 7h. C'est tout endoloris que nous sortons la tête de l'igloo. Il fait un beau soleil et la vue sur les environs nous met du baume au coeur. Comme c'est beau ici.....Le lac d'un bleu turquoise est tout simplement splendide, et des lambeaux de brume s'accrochent aux sommets enneigés. Malgré tous nos muscles endoloris, nous sommes tout de suite submergés par une envie irrésistible d'en voir plus. Je fais un brin de toilette et prépare le petit déjeuner dont nous apprécions la moindre miette. Les p'tits loups ont les yeux encore plein de sommeil, il faut dire que la nuit a été courte, nous n'avons pas très bien dormi. Une fois le p'tit déj' avalé nous levons le camp. Nous avons une grosse journée en prévision ; 30 kms, et pas des moindres puisqu'il faut que nous grimpions au glacier Grey. Les premières heures sont difficiles, des rafales de vent nous freinent fortement par moment, mais quels paysages ! Tout au long de notre ascension, nous avons sur notre gauche le lac Grey. La légende veut que « Paine » signifie « bleu clair » dans la langue des indiens Tehuelche. La couleur de l'eau en est presque irréelle......Malgré le vent saisissant, la marche est très agréable. Nous longeons rivières et torrents et traversons des forêts qui nous offrent d'excellents points de vue. Nous y voilà, nous apercevons nos premiers icebergs, ou plutôt nos premiers gros glaçons....., qui, plus nous approchons, deviennent de plus en plus gros. Arrivés au belvédère, nous avons la surprise de la vue du glacier dans son intégralité. Ce n'est certes pas le « Périto Moreno », (que nous n'avons pas encore vu, mais qu'il nous tarde de voir), mais le spectacle n'en est pas moins grandiose pour nos yeux de spectateurs non initiés. Nous le décortiquons des yeux et de l'objectif. Il est véritablement impressionnant et force le respect. Ces mensurations sont également spectaculaires. Près de 4 kms de large à son extrémité pour environ six à sept cents mètres de profondeur. Il fait partie de la troisième plus grande calotte glaciaire continentale du monde. Nous nous délectons de ce spectacle, les icebergs sont bleus azur. Plus un glacier est ancien plus sa couleur bleue est intense. Le soleil tape dur et malgré la crème, nous écopons tous les 4 de bons coups de soleil. Les bretelles des sacs à dos sont douloureuses.....Nous rejoignons le refuge au bord du lac pour déjeuner, nous pique-niquons, et, sitôt le pique-nique plié, nous reprenons notre chemin. Nous venons de faire 22 kms. Nous nous reposons une heure avant de repartir pour 8 kms et rejoindre un campement pour y passer la nuit. Dur ! Ce dernier tronçon est difficile, nous sommes de plus esquintés par le poids de nos sacs. Quant aux garçons, après une baisse de tension, ils repuisent de l'énergie dans leur batterie.....ils nous bluffent une fois de plus ! Surtout qu'ils se plaignent très peu. C'est au prix de derniers efforts que nous franchissons le dernier torrent. Je n'arrive plus à lever les pieds et avance tel un zombie, Franck sur mes pas. Nous sommes de vraies loques. Nous arrivons au terme de notre journée de marche et, quelle journée, incroyable!!!! Nous avons fait 30 kms !!! Nous nous épatons nous-mêmes. Car autant, 30 kms de rando sur des sentiers basiques, nous connaissons, car sommes habitués à beaucoup marcher, mais dans ces conditions extrêmes, c'était vraiment un défi. La force des vents patagoniens n'est vraiment, vraiment, pas feinte, surtout dans ces milieux hostiles. Et n'en sommes pas peu fiers surtout avec le poids de nos sacs et avec les garçons. Nous nous trouvons un emplacement dans les hauteurs du bois, quelques racines vont nous esquinter le dos durant la nuit, mais nous sommes en surplomb du torrent, il y a moins de bruit. On se prépare un potage, un brin de toilette dans le torrent ou l'eau est gelée et, dodo. Demain on rattaque !



















