31 mars 2009
La première partie de la route entre Veun Kham et Stung Treng est asphaltée mais le macadam ressemble à de la dentelle. Nous voyons côté terre ce que nous avons vu côté fleuve hier. Puis nous rejoignons la grande route en construction. Les parties de piste, déjà lisses, alternent avec des passages très difficiles dans le sable et la poussière où les ornières et la terre sont à l'honneur. On doit contourner la nouvelle piste pour faire passer d'énormes buses de béton pour l'écoulement des eaux. Notre chauffeur est un vrai dingue bien qu'il nous évite l'ensablement. Par contre, le bas de caisse trinque sérieusement, il n'y a plus d'amortisseurs et nous sommes secoués comme des pruniers !Le paysage a changé radicalement. Plus de cultures ou de villages mais une grande forêt sans ombre. Il ya de gros bulldozers partout générant beaucoup de poussière, je plains les quelques gargotes installées sur le bord de la route. Tout comme tout ceux que nous croisons en deux roues. Ils sont obligés de se masquer le visage. Nous arrivons à stung Treung. Nous avons mis 4h30 pour faire 95 kms.....et le chauffeur roulait aussi vite qu'il pouvait. Dur dur ! Nous déjeunons. Le chauffeur reçoit un « pot de vin » du resto devant lequel il nous a arrêté. Puis nous repartons, les enfants travaillent. Le bus va faire le plein : le pompiste nous vide des jerricans dans le réservoir à l'aide d'un entonnoir. On a un semblant de clim', ça fait du bien avec la poussière qu'on avale. Nous traversons un pays tout plat couvert de rizières et de bananeraies. La moisson a été faite il n'y a pas très longtemps et les vaches et les buffles broutent la paille avant qu'elle ne soit brûlée. De grands monticules de paille en forme de grosses poires côtoient les habitations. Le pays ressemble un peu au laos concernant l'architecture des maisons de bois sur pilotis. Très peu sont en dur, elles sont toutes coiffées de toit de palmes tressées ou de tuiles pour les propriétaires les plus aisés. Certaines sont même peintes et équipées de grands stores colorés. Il y a un temple dans chaque village, très semblables aux temples tahilandais. A l'entrée des villages, est construit un portail dans l'esprit d'Angkor. Les femmes ne portent pas de chapeaux coniques pour se protéger du soleil mais des kramas, le fameux foulard khmer rouge et blanc. Nous croisons beaucoup de charettes à bras mais surtout tirées par des boeufs. On se retrouve encore dans un autre temps. Les paysans sont accroupis sur le bord des routes à casser des grosses racines de manioc qu'ils étalent pour les faire sécher au bord des fossés. Le ciel s'est assombrit d'un coup, et un orage éclate, à la grande joie des villageois qui ont l'air de vivre un vrai moment de liesse. Les enfants sont nus et courent sous la pluie, ils sautent dans les flaques de boues sur le bord des routes avec de grands sourires au bord des lèvres. Ils nous font de grands signes. Comme ils sont beaux tous ces enfants. Nous déposons ceux qui repartent demain matin pour Siem Reap (Angkor) à Kompong cham devant une guest donnant sur le mékong. Cette ville semble très animée. Encore un p'tit billet dans les poches de notre chauffeur avant de repartir. C'était déjà le cas à l'arrêt précédent et ce sera la même chose au prochain arrêt.... Nous abordons la nuit qui tombe en accèlérant. Comme si nous n'allions déjà pas assez vite ! On n'est loin d'être arrivé mais notre chauffeur à l'air soudain très pressé. Il a l'air surexcité....Nous sommes assis devant (c'est bien la première fois, mais surtout la dernière.....). Franck est accroché au panneau le séparant du fauteuil du conducteur, fesses serrées....Nous doublons sans arrêt, sans rien voir, les phares arrivant en face nous éblouissent totalement, faisant des embardées pour éviter les gens marchant sur le bord des routes et les vélos qui ne sont pas équipés de lumières....Le klaxonne nous brise les Tympans depuis ce matin, mais là c'est un véritable concert...La route, enfin ce qui en fait office, est complètement défoncée quand le goudron n'a pas complètement disparut ! On va finir par laisser le châssis sur le milieu de la route et nous avec, si on ne finit pas dans le décor avant !!!!Nous arrivons enfin au terme d'un voyage plus que pittoresque.....mais à bon port et entiers ! Des rabatteurs avec leur tuk-tuks nous tombent dessus avant que nous soyons descendus du bus. Nous ne sommes pas vraiment d'humeur. Nous filons à pieds et montons un peu plus loin dans ce qui ressemble à un carrosse, ça nous fait bien rire. Petit soucis que nous n'avions pas prévu. Ici on ne paie qu'en dollars, notre petit conducteur n'est même pas capable de nous donner le change en riels. Nous en avons pourtant retiré sans qu'on nous fasse d'histoire. Nous descendons dans une guesthouse très moderne, et impeccablement propre, équipée d'un ascenseur et très bon marché. Nous ressortons dîner juste à côté, dans un restaurant faisant de la très bonne cuisine européenne où nous apprécions une vraie salade. La brûlure d'Arthur n'est pas belle à voir et nécessite un pansement afin d'éviter toute infection.



















