Les globe-tretieres

01 avril 2009

Notre guesthouse ne faisant pas de petits déjeuners, c'est au coin de la rue que nous allons remplir nos estomacs d'un copieux breakfast aux notes salées. Et, c'est repartit pour de nouvelles aventures au coeur de cette ville dont on sent déjà que nous allons aborder ses artères avec frénésie. Dés nos premiers pas dans les rues grouillantes, fourmillantes, nous nous retrouvons plongés en pleine effervescence. Nous faisons tout de suite, tous les deux le même constat : l'Inde ! Un vrai come-back. Les senteurs, les couleurs, la circulation, les crépis effrités avec le temps, les murs et les rues sales, même la couleur de peau des gens nous apparaît plus foncée. Tout nous rappelle ce pays. Celui-ci n'ayant pas grand-chose à voir avec son voisin le Laos, où dans les villes nous n'avons jamais ressentit un tel bouillonnement. Le cambogde compte 14 millions d'habitants pour 5 millions au Laos avec une superficie 1,5 plus grande que ce dernier. Nous cherchons l'office du Tourisme que nous ne trouvons pas. A-t-il déménagé ? Existe-t-il toujours ? Le marché central nous appelle. Un gigantesque marché, le vrai centre de la vie Phnom-penhoise. La circulation tout autour est complètement dingo, nous assistons d'ailleurs à un accident entre deux scooters transportant tout un tas de marchandises qui se font renverser par un bus. Il n'y a pas de dégât corporels. Mais un énorme embouteillage se forme en très peu de temps. Les klaxonnes hurlent tout ce qu'ils peuvent....Ce marché a une particularité, il est abrité sous une immense toiture en dôme conçut pour résister aux intempéries. Elle mesure 45 m de haut. C'est très curieux. Nous cherchons des bouquins d'occasions mais n'en trouvons pas. Franck rachète un gros sac à dos ; depuis le temps qu'il écume les stands de sacs !!!...... Nous déjeunons de spécialités cambodgiennes qui sont beaucoup moins épicées qu'au Laos dans un petit resto populaire, prêt du marché. Des enfants nous approchent pour mendier de l'argent où à manger. Arthur a récupéré une petite voiture au fast food d'à côté et joue avec sur le trottoir. Les yeux des enfants sont rivés sur lui, Victor se lève et s'approche d'un petit garçon pour jouer avec lui. Ils finissent par lui donner la petite voiture ; il a des étoiles dans les yeux..... Puis nous remontons jusqu'au mékong où se trouve une librairie française. Un orage éclate, nous ne nous abritons même pas tant c'est agréable. Un jeune cambodgien insiste pour nous emmener dans d'autres librairies françaises. Nous traitons avec lui pour qu'il nous serve de chauffeur pour la journée de demain. Il nous accompagnera lors de nos visites. Les enfants ne trouvent malheureusement pas de bouquins leur convenant. Victor fait pourtant des pieds et des mains pour commander le tome V de « son épouvanteur », mais il faut plus de 5 semaines pour faire venir un livre ici. Peut-être au Vietnam ?? Non plus. Nous rentrons travailler un peu et, j'en profite pour taper mes notes et mettre le carnet de route à jour. Mais j'ai pas mal de retard et n'y arrive pas. Nous ressortons dîner. Avons opté pour un restaurant créé par un organisme de réinsertion des jeunes. Le restaurant est installé dans une très belle maison coloniale, le cadre y est vraiment plaisant et coloré et la cuisine excellente et surtout très raffinée. Nous avons l'impression de goûter à une cuisine faite par de grands chefs tant par la déco que par les saveurs. On se régale. Nous refaisons le pansement d'Arthur en rentrant.

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02 avril 2009

Journée culturelle. Mais, matinée sous le signe de l'horreur. Nous commençons par la prison et le musée du génocide de Tuol Sleng, plus communément appelé S-21. Des milliers de cambodgiens y ont été emprisonnés et torturés de façon abominable entre 1975 et 1979. J'avais vu, il y a quelques années un film sur cette histoire dont le titre était approximativement S-21, les rares personnes ayant pu réchapper de ce cauchemar et d'anciens tortionnaires et gardiens témoignaient. Ce film m'avait beaucoup ému tout comme la déchirure que j'ai vu à 3 reprises et qui m'a bouleversé à chaque fois. Aujourd'hui, ces images dont je me souviens donne à cette visite une toute autre dimension. Victor a beaucoup de mal à retenir ses émotions, les larmes ne sont pas loin...; comme nous tous, d'ailleurs. Franck est également complètement retourné, Arthur reste silencieux. Ce lieu d'abominations qui est devenu une prison sous le régime de Pol Pot était à l'origine une école. C'est devenu la prison la plus terrifiante du Cambodge au temps des khmers rouges. Des milliers de personnes y ont subit les pires tortures avant d'être achevés dans le camp d'extermination de choeung ek. Elle a été baptisée S-21 par les hommes de Pol Pot et n'est pas sans rappeler les camps de concentration nazis. Cet endroit est absolument terrifiant, et les cellules où sont exposées toutes les photos des victimes, hommes, femmes et enfants sont édifiantes. Cette visite est à la limite du supportable et nous démontre l'ampleur du traumatisme et les supplices subit par le peuple cambodgien. Nous sortons à plusieurs reprises pour nous reprendre. Les salles de tortures, les barbelés, les objets de tortures, les sols tachés par le sang, les photographies de prisonniers torturés baignant dans leur sang, la potence et le visionnage d'un film nous laisse dans un état de stupéfaction le plus total. Sept prisonniers seulement furent retrouvés vivants, mais aucun n'a jamais pu s'en échapper. C'était les seuls pouvant faire des portraits et sculptures de Pol Pot !!! En dehors des horreurs perpétrées, il est impressionnant de lire que les anciens tortionnaires, pour la plupart, ne se considèrent pas coupables puisqu'ils n'ont fait « qu'obéir aux ordres ». Et, cette absence de pardon renforce la fracture qui perdure entre les anciens khmers rouges et les victimes, c'est totalement abassourdissant. Le trajet qui nous emmène au camp d'extermination de Choeung Ek se fait dans le silence le plus total. Nous ne sortons pas indemne d'un tel endroit. Ce camp de la mort rendu célèbre par le film « la déchirure » fut exploité pendant 3 ans par les khmers rouges. C'est ici qu'étaient amenés les prisonniers de Tuol sleng pour être liquidés. Cet endroit aujourd'hui paisible a été le lieu d'exécutions massives. Pour ne pas gaspiller de cartouches, les bourreaux achevaient leurs victimes à coup de crosse.....Plus de 80 charniers ont été mis à jour et dans l'un d'eux, on a découvert 166 squelettes sans têtes . Un mémorial en forme de stûpa a été érigé à cet endroit en 1988. On y voit les milliers de crânes entassés sur des étagères avec, en dessous un tas de guenilles : Sans commentaire ! Les enfants nous posent des questions. L'histoire n'est pas si simple ; surtout pour Arthur. Nous visionnerons le film « la déchirure » en rentrant en France. Il n'est malheureusement pas disponible en français ici et l'histoire étant déjà assez compliqué, le visionner en anglais ne ferait que renforcer l'incompréhension déjà planante. Nous vivons de plus le procès de plein fouet, c'est étrange de se retrouver ici en ce moment, tous les journaux ne parlent que de cela. Après ces visites éprouvantes, nous allons déjeuner dans un restaurant khmer. L'après-midi est nettement plus gai et placé sous le signe des richesses khmers et de leur beauté. Nous commençons par le palais royal et la pagode d'argent. Nous y retrouvons beaucoup de similitudes avec le Wat Phra keo de Bangkok. Mais, il ne faut pas s'y tromper, ce sont les thaïlandais qui ont copié les khmers et non le contraire. Cela remonte à plusieurs siècles, le Cambodge ne s'étant jamais vraiment relevé de la mise à sac d'Angkor en 1432. C'est un endroit splendide. Nous nous sommes habillés en conséquence, heureusement, car de jeunes anglaises se voit obligées d'acheter des vêtements pour pouvoir pénétrer dans les lieux. C'est bien la première que nous assistons à ce genre de procédé. En règle général, des vêtements nous sont prêtés pour l'occasion. Et bien là, en plus d'un droit d'entrée excessivement cher (7 $ par personne !), ils contraignent les personnes n'ayant pas de tenues décentes à s'acheter pantalon et chemise !!! Nous ne pouvons, de plus, pas pénétré dan la zone sacrée, le souverain étant présent....Le drapeau bleu royal est hissé en haut d'un mat afin d'informer le peuple de la présence de sa majesté. Nous nous contentons de la salle royale de couronnement, de la salle du trône et du pavillon Napoléon III. Les toitures sont superbes, de style traditionnel tout comme les fresques et autres ornements. Quant aux jardins, ils sont tous semblables à des palettes de couleurs éxotiques. Il fait par contre une chaleur du diable. Arthur s'est éloigné au son d'une musique traditionnelle donnée par un petit groupe de musiciens installés sous une pagode non loin du palais Kemarin, résidence de Sihanouk. Nous le rejoignons, il fait un peu plus frais, nous nous assayons quelques minutes sur le carrelage et écoutons cette musique très rythmée. Victor réussit à s'incruster dans le groupe et participe à un morceau. Un peu plus loin se trouve la pagode d'argent. Elle est ainsi nommée car son sol est couvert de dalles d'argent, chacune pesant plus d'un kilo. Victor a lu et enregistré les descriptifs de la visite et m'explique chaque fois que nous nous arrêtons devant qui, un Bouddha, qui, des bijoux, qui, des armes, ce dont il s'agit. Il a une mémoire, c'est incroyable ! Le plus impressionnant est un Bouddha en or massif de plus de 90 kgs orné de près de 10.000 diamant dont un de 25 carats. Je ne m'explique pas comment tous ces trésors ne sont pas plus gardés que ça. Ils sont simplement enfermé derrière une vitrine fermée par un simple cadenas. Nous n'avons donc pas besoin de guide, c'est parfait. Nous achevons notre visite par différentes salles abritant des costumes , des armes, des bijoux, des palanquins et éléphants sacrés. La chaleur étant tellement suffocante que les garçons ne souhaitent pas se joindre à moi pour la visite du Musée national des beaux arts. C'est donc au coin de la rue devant une boisson fraîche que je les laisse en m'attendant. Le musée est installé dans un magnifique bâtiment rouge, construit par les français dans les années 20, dans le pur respect de l'architecture khmère. Il est ouvert de partout sur un extraordinaire jardin. Ici, sont entreposés des chefs d'oeuvre de l'art khmer, pour la plupart en provenance d'Angkor. J'adore toutes ces statues de divinités féminines, Shiva, Vishnou, ces bouddhas de bois, d'argent, de pierre et ces vestiges. Lorsque je ressors, un petit garçon en fauteuil roulant me suit pour me vendre un guide sur le cambodge. Comme je refuse et monte dans le tuk-tuk, il se lève d'un coup et court à notre poursuite......C'est drôle et navrant à la fois....Il y a beaucoup de bonzes encore dans cette ville. Je récupère les garçons, nous passons devant le monument de l'indépendance. Puis, nous avions promis aux enfants que nous retournerions à « Carnet d'Asie », une bibliothèque, médiathèque francophone. Ne pouvant malheureusement pas y emprunter de livres du fait que nous ne soyons pas adhérents, nous y passons deux heures à bouquiner. Ensuite nous rentrons à l'hôtel, les enfants travaillent et je mets mes notes à jour.

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03 avril 2009

On se plait tellement dans cette ville que nous avons décidé de rester encore un peu. C'est donc une journée cool-cool, qui nous attend. Après une grasse mat' et un copieux p'tit déj', nous déposons le linge sale à la laverie et accompagnons les enfants à la médiathèque où ils souhaitent retourner pour bouquiner. Pendant ce temps, nous allons tous les deux découvrir le « marché Russe ». Il a été appelé comme ça car les russes le fréquentaient beaucoup durant la période vietnamienne. C'est l'un des marchés les plus typique que nous ayons vu. Ses abords en sont bondés, il y a une circulation épouvantable.....On y dénombre pas moins de 3000 petits stands et, comme dans tous ces monstres de marché, on y trouve de tout et n'importe quoi. De la fripe, à tout ce qui touche au bricolage, hifi-vidéo, mobilier, fausses oeuvres d'art, bouquins, pièces de moto, bijoux, beaucoup de quincaillerie, des porcelaines de chine, de l'artisanat et tous les grossistes en tissus et vêtements imaginables.....Nous arrivons aux étals de viandes et de poissons......Comment ne pas devenir végétarien avec de tels déballages ???? C'est le coin des horreurs......Une mobylette nous bouscule pour passer. A l'arrière y sont accrochés un trentaine de canards vivants, tête en bas.....Les coin-coin étranglés nous hurlent dans les oreilles. Ils les conduit en fait dans la ruelle des volailles où sont entassées à même le sol des centaines de volailles vivantes toutes accrochées par les pattes les unes aux autres.....Les vendeuses leur remplissent des écuelles de graines et d'eau pour les nourrir, mais aucune ne mange ! C'est monstrueux ! Juste derrière, il y a du sang partout. C'est là qu'elles sont tuées, déplumées et découpées. Nous sommes au coeur du marché. Je commence à filmer, mais je n'en peux plus, je vais virer de l'oeil.....Je donne l'appareil à Franck et me rue hors de la ruelle in-extremis en évitant d'écraser ces pauvres bêtes, pour me retrouver devant des dizaines de cochons embrochés la tête en bas (eux aussi !), ils sont cuits et reluisants. Mais où sommes-nous tombés ??? On est dans la sixième dimension, où quoi !!!! A la vue de ma tête, les vendeuses rient de bon coeur. Mais, juste derrière c'est les poissons et leurs abominables odeurs.....Je ne vais pas plus loin, il fait beaucoup trop chaud et je sens que je ne vais pas tarder à vomir. Franck rigole. Comme, il me dit « ça ne me fait rien, j'ai été habitué à ça petit !! » Habitué où pas, je ne sais pas comment il fait pour rester insensible à tout ça ! Nous nous éloignons pour retrouver les couleurs des fruits et aller retrouver les enfants. Nous avons tous les deux très mal à la tête une fois de plus. Le soleil est très fort ici. Il faisait 42° hier et sûrement pas moins aujourd'hui. Nous retrouvons nos deux petits bonhommes installés au milieu des lecteurs de presse. Nous nous posons une petite heure nous aussi pour en étudier les principaux thèmes. Nous allons déjeuner et je rentre seule à l'hôtel pour terminer de mettre le carnet de route à jour en espérant pouvoir le transférer ce soir sur le blog. Les garçons sont repartis à la médiathèque et en fin d'après-midi nous irons nous prélasser à la piscine. Je m'étends un moment sur le lit devant TV5 monde, c'est la retransmission en directe de l'arrivée du chef d'état américain et de son épouse, sur le sol strasbourgeois pour le 60ème sommet de l'OTAN.....Les garçons reviennent. Nous repartons aussitôt pour la piscine. Il s'agit de la piscine d'un grand hôtel dont les non-résidents peuvent bénéficier moyennant consommations. Malheureusement lorsque nous y arrivons, le patron, un français, nous informe que du fait de certaines plaintes de la clientèle de l'hôtel, ils ont été obligé d'en interdire l'entrée aux personnes extérieures. Mais, il nous dit aussi, posséder un autre hôtel un peu plus loin qui accueille encore les non-résidents, il nous fait même accompagner par l'un de ses employés. Nous atterrissons dans un véritable paradis, une forêt vierge où des baldaquins sont installés autour d'une superbe piscine enfouie sous la végétation. L'eau y est délicieuse et nous nous y plongeons avec bonheur. La nuit tombe et les éclairages donnent à l'endroit une atmosphère très romantique. Nous sirotons une pinacolada avant de retourner à l'hôtel nous changer pour ressortir dîner. Nous avons récupéré notre linge, et pour la première fois depuis que nous sommes partis, il est repassé......ça nous fait un drôle d'effet !

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04 avril 2009

Un tuk-tuk nous emmène à la station de bus qui se trouve en plein carrefour au centre de la ville. Nous étions passé hier voir les horaires et les tarifs. Ces derniers ont augmenté comme par enchantement dans la nuit.......Nous achetons de quoi déjeuner dont du pain frais. Nous chargeons nos sacs dans les soutes et partons pour Siem Reap. Le paysage est assez semblable à celui que nous avons traversé lors de notre arrivée dans la capitale. Une grande plaine brûlée par le soleil, des rizières venant d'être moissonnées, des bananiers, des cocotiers, des manguiers......Devant des maisons, de grands trous retiennent encore un peu d'eau. Le lac Tonlé Sap quadruple de volume lors de la saison de pluies. Une fois les récoltes de riz ramassées, des tas de pailles sont entassés sur les chars à boeufs et mis en pyramides devant chaque habitations. Il y en a partout. Tous les villages ont leur parti du peuple cambodgien, celui de l'actuel premier ministre. Le parti adverse semble beaucoup plus discret. Des échelles très rudimentaires sont fixées au tronc des palmiers dont on utilise les palmes pour construire les maisons, on en récupère également l'eau pour la boire. Lors de la pause déjeuner, une vendeuse me propose divers petits en-cas cambodgiens, dont de drôles de choses noires.....ce sont en fait des araignées grises et velues de la taille de la main d'Arthur. Il fait très chaud. D'autres marchandes ambulantes vendent des tortues cuites dans leur carapace et recouvertes de leurs oeufs. Quelle horreur ! Nous arrivons vers 16h30 à Siem Reap, des rabatteurs nous assaillent pour nous emmener en ville en tuk-tuk, nous garantissant que le minibus gratuit ne nous emmènera pas où nous le souhaitons. Foutaise ! Mais ne sachant pas où est le minibus, nous montons dans un tuk avec tous nos bagages. Hier soir, en discutant avec un australien, Franck a récupéré l'adresse de la guesthouse où il était descendu à Siem Reap. C'est un superbe endroit. On se dit qu'on a du se tromper d'adresse, car vu le prix qu'il avait annoncé à Franck avec petit déjeuner compris, cela nous semble complètement farfelu dans un tel lieu. Et bien, non, le prix indiqué est bien celui là. Ouah, c'est hyper classe ! Des arbres exotiques partout, des voilages qui volettent avec le souffle des fans. De très belles corniches ornées de sculptures enserrent les hauts plafonds. Les enfants ont trouvé une occupation avec les poissons des bassins à l'extérieur. Et Arthur s'est vu mettre le grappin dessus par une petite cambodgienne jolie comme un coeur qui ne le lâche plus. Nous essayons de nous connecter avec la wifi mais ça ne marche pas. Nous voulions clore le carnet de voyage sur le Laos, j'espère que ça fonctionnera plus tard. Nous allons dîner dans un restaurant « le tigre de papier ». Nous faisons un très bon dîner puis échangeons des livres. La ville de Siem Reap est une ville très vivante, nous sommes très étonnés, nous ne nous attendions pas à cela et, comme à Phnom Penh, nous nous y sentons tout de suite super bien. Nous décidons d'ailleurs de ne pas nous jeter dans la course aux temples dès demain, mais de profiter d'un dimanche sous le signe de l' oisiveté.

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05 avril 2009

Franck a peu dormi cette nuit : trop chaud ! Il s'est levé en pleine nuit et a passé quelques heures sur internet d'où il a suivi le match désastreux de Nantes, il s'épenche avec son beau-frère..... Nous nous levons tôt et profitons d'un semblant d'air frais pour déjeuner en paix. Un petit monsieur parlant quelques mots de français nous aborde et nous explique avec son peu de vocabulaire comment il peut se mettre à notre disposition durant 3 jours pour la visite d'Angkor. Nous terminons la conversation en anglais et ponctuons par le fait qu'il ne nous sera d'aucune utilité. Nous répondons à nos e-mails et, promis, pour nos inconditionnels lectrices et lecteurs, nous allons essayer de mettre à jour le blog aujourd'hui. En attendant nous réveillons les enfants et leur laissons des consignes pour leur travail scolaire. Nous partons en quête d'un chauffeur. Nous faisons un petit tour du centre, nous nous arrêtons prendre un verre en terrasse en observant la vie ambiante. Une mobylette vient de passer devant nous avec deux gros cochons accrochés sur le porte bagage allongés sur le dos, les pattes tendues.... Décidément ! C'est dans une agence de vente de tickets de bus que nous négocions une « moto-remorque » avec un chauffeur parlant le français, un ancien instuteur. C'est en fait une connaissance du gérant de l'agence. Nous rentrons à l'hôtel voir notre descendance et les chercher pour aller déjeuner. Le soleil est encore, aujourd'hui, accablant ! Nous faisons quelques mètres et, d'un commun accord, achetons quelques fruits ; mangues et ananas, puis rebroussons chemin pour le Lodge. Nous y passons l'après-midi à transférer le carnet de route. Franck et moi relisons tous les deux mes notes, pendant que les enfants se prélassent sur la terrasse ombragée devant la TV avec le chat. Il est 20h et Franck est sur l'album photo du Laos depuis 16h. Nous n'avons réussi à transférer que la moitié de celui-ci ; et déjà tant de photos !! Le tri n'est pas facile, nous y passons beaucoup de temps et il y a encore pas mal de boulot. Nous souhaiterions le clôturer avant notre départ de Siem Reap. Nous sortons dîner. Nous nous arrêtons dans un restaurant khmer dans lequel y est donné un spectacle de danses apsaras; les danses traditionnelles khmers relatant des scènes de vies. Le costumes sont splendides et les instruments de musique assez insolites....

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06 avril 2009

Il n'est malheureusement plus possible de louer des scooters pour visiter Angkor, c'est donc sur une moto-remorque que nous nous rabattons. On avait la possibilité de louer des vélos ou alors des motos avec chauffeurs mais cela nécessitait que nous en louions 4 et avec le soleil brûlant, au moins nous serons abrités. Notre chauffeur fait partie des chauffeurs officiels et porte de ce fait un gilet beige sans manche numéroté dans le dos. En arrivant sur le site, nous prenons un pass pour 3 jours, nous avions pris avec nous des photos d'identité mais nous n'en avons finalement pas besoin puisque l'on est photographié sur place comme lors du passage des douanes dans les aéroports. Nos passeports nous sont également nécessaire. On nous remet de beaux pass avec nos photos dessus. C'est très officiel tout ça ! Nous commençons par Angkor Vat, le plus grand et le plus célèbre des temples de ce fabuleux domaine s'étalant sur plus de 400 km² ! Et oui, rien que ça.....Notre chauffeur nous laisse devant l'entrée Est, c'est à dire à l'opposé de l'entrée principale et de sa grande chaussée dallée. De ce fait, nous ne sommes pas envahit par la foule, bien qu'on ne puisse pas dire qu'il y ait vraiment beaucoup de monde en cette saison. Il fait déjà très chaud, heureusement que c'est très arboré et que nous avons la possibilité de marcher dans des allées ombragées. L'Angkor Vat est entouré d'eau, de grandes douves faisant entre 2 et 3 m de profondeur et 190 m de largeur. L'endroit est des plus surprenants, l'architecture ne ressemble à rien de ce que nous avons vu jusque là. Tout est extraordinairement rectiligne. Les bas reliefs sont à la hauteur de leur réputation. Quel travail ! L'ascension à la terrasse supérieur donne une réalité assez frappante au mot « vertige » tant les escaliers sont raides. Les nombreuses galeries nous procurent une ombre bienvenue. Nous traversons la galerie aux milles bouddhas, enfin ce qu'il en reste......En effet, les hommes de Pol Pot ont saccagé la plupart des temples d'Angkor pour en utiliser les pierres, certaines ont été retrouvées dans les rizières et jusqu'à Phnom Penh. Les objets de culte ont aussi beaucoup souffert de l'idéologie du régime, et les troupes qui occupaient le site ont eu tout loisir de décapiter la quasi totalité des statues des temples et sanctuaires, notamment celles de la galerie aux mille bouddhas.. Quel gâchis ! Nous nous arrêtons près d'un petit groupe de personnes dont le guide parle le français ; il est passionnant et ses récits et explications sont palpitants. Nous restons là, tous les 4 tapis dans un petit coin, en retrait à l'écouter et à rêver......Comment était-ce en ce temps là ???? On imagine aisément les fabuleuses cérémonies royales avec leur cortège de centaines de filles aux cheveux fleuris, les défilés d'éléphants, les troupes de femmes en armes, les épouses et les concubines en palanquins d'or, et le roi, brandissant son épée du haut d'un éléphant....Et partout des parasols rouges ou blancs, sans oublier la musique, les danses et les chants.....On s'y croirait presque....Nous arrivons enfin aux pieds des cinq tours. Ces fameuses tours célèbres dans le monde entier, notamment grâce au cinéma et au film Apocalypse Now. Elles sont également l'emblème du pays et on les retrouve sur le drapeau cambodgien, mais vu de face, il n'y en a donc que 3 de représentées. . Nous longeons le grand bassin en ressortant et observons un moment les singes d'Angkor , des macaques, faire leurs pitreries. Notre chauffeur nous propose ensuite de déjeuner,. Les prix sont excessifs et nous demandons une remise sur chaque plats. La concurrence est rude et de toute façon, deux à trois dollars le plat réduit à sa plus simple expression, ne correspond pas du tout au niveau de vie du pays !! Il fait tellement chaud que nous n'avons pas très faim, je me contente pour ma part de fruits frais. Par contre nous ne comptons pas les bouteilles d'eau....Des vrais puits sans fond ! Des petits vendeurs de pacotilles, surtout des enfants n'arrêtent pas de nous harceler ; c'est un peu pénible, même s'ils sont beaucoup moins insistants qu'au maghreb ou en Afrique noire......C'est surprenant, ça ne ressemble absolument pas à l'Asie. Comme quoi le tourisme de masse .....!!! Ils n'ont par contre pas le droit de pénétrer dans les temples, la réglementation est très stricte. Nous sommes en période basse et ne souffrons donc pas trop d'un flux de touristes enragés. Bien au contraire. Nous croisons à plusieurs reprises des familles avec des enfants, surtout des petits français, on voit que ce sont les vacances scolaires. Après la pause déjeuner, nous repartons pour le Bayon, le temple orné de 216 faces géantes ; un travail faramineux. Il possède aussi deux galeries de splendides bas-reliefs. Il a été construit aux alentours de 1200 av JC par le roi Jayavarman VII qui a été à l'origine de presque tous les temples d'Angkor. A côté un temple se trouve en pleine restauration et nous n'en voyons pas grand chose. Se succèdent, le Baphuon, la terrasse des éléphants; la terrasse du roi lépreux où j'admire avec fascination les bas-reliefs qui ornent les murs de chaque côté, c'est une vraie merveille, et, ces chefs d'oeuvre font apparemment partie des plus belles illustrations de l'art khmer. Une véritable pléthore de divinités, de nagas géants, d'apsaras, de génies armés et de monstres divers nous donneraient presque la chair de poule au bas des ces grands murs dans cet étroit déambulatoire. On se croirait dans un labyrinthe. Nous reprenons notre « chariotte » pour nous rendre cette fois dans un temple nommé le Ta Keo, une pyramide massive sur plusieurs niveaux, culminant a une cinquantaine de mètres. Encore des dizaines de marches à monter en plein cagnard....Que c'est dur !! Plus loin se trouve deux temples face à face, l'un ( le Chau Say Tevoda) a été restauré par les chinois (ni fait ni à faire !!) et l'autre (le Thommanon) par les français (un véritable travail d'artiste !). Et ce n'est pas le chauvinisme qui me fait écrire de tels propos, il faut le voir pour le croire ! Nous voilà enfin arrêtés devant le Ta Phrom, incontestablement le « clou du spectacle » ! Pour nous, le plus beau, le plus authentique, le plus envoûtant et le plus mystérieux... C'est le seul que n'ait pas subit de restauration et n'ait pas été déblayé de ses racines d'arbres gigantesques insinuées entre les pierres. Aucun mur, aucune façade, aucun bâtiment n'a été remonté, et, des tas de gros blocs de pierres jonchent les parcours. Les enfants sont tout excités de se retrouver dans ce lieu mythique. C'est ici qu' a été tourné le film « les deux frères », et, c'est surtout pour eux un formidable terrain de jeux et d'escalade. Même si nous leur demandons la plus grande prudence, l'endroit étant relativement dangereux. Nous traînons un bon moment dans les dédales de pierres, d'arbres et de racines..... C'est extraordinaire. Pour terminer la journée, nous escaladons une colline sur un sentier de rocailles nous conduisant au Phnom bakheng. A cette heure-ci le lieu sacré est extrêmement fréquenté ; c'est l'heure du coucher du soleil ! Quelques personnes montent à dos d 'éléphants, dont un laisse couler deux grosses larmes le long de sa joue. Incroyable ! Nous en sommes tous émus....Sur le chemin d'accès de chaque temple, des hommes mutilés par les mines jouent de la musique traditionnelle khmer pour gagner un peu d'argent. C'est étrange car ça donne une autre approche des visites. Les marches pour atteindre le sommet du temple montagne sont très hautes, comme toutes celles que nous avons monté toute la journée....dur ! Mais le spectacle en vaut l'ascension. Nous avons une vue superbe à 360° jusqu'au lac Tonlé Sap. Ca nous rappelle Tikal et son majestueux levé de soleil au dessus de la canopée sauf que là, c'est le coucher du soleil. Nous rentrons tranquillement, épuisés mais enjoués par cette première journée dans cette merveilleuse cité angkorienne. Nous faisons un petit tour dans le marché de nuit. Les enfants se font faire un « fish massage » il s'agit de se plonger les jambes dans un grand bassin remplit de petits poissons durant 20 minutes. Ceux-ci viennent alors se délecter des impuretés accrochées à la peau. Ils se retrouvent tous collés d'un coup en sucionnant les petites peaux mortes......Très curieux comme procédé. Dînons indien puis rentrons.

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07 avril 2009

Nous poursuivons notre visite d'Angkor. Pour commencer, nous apprécions la fraîcheur du Prasat Kravan, l'un des premiers temples du site construit en 921, mais restauré il y a 40 ans. Il se distingue des temples que nous avons déjà vu par le fait qu'il ait été érigé en brique, alors que le grés a été largement employé par la suite. Les briques étaient fabriquées sur place et séchées au soleil, puis cuites. Le trajet est beaucoup plus long qu'hier du fait de l'éloignement des temples, , nous avons le loisir d'observer les maisons semi-cachées derrières les arbres, les buffles et les vaches dans les champs. Des femmes sont à faire cuire de la sève de cocotier dans de grandes bassines en métal qui cuisent sur des fours. Elle laisse cette mixture mijoter de longues heures en remuant vigoureusement pour, à terme en faire du sucre de noix de coco, qu'elles vendent ensuite sur le bord des routes, sous forme de pierres ou en poudre enveloppé dans des petits tubes bambous. Délicieux, mais ça donne soif ! Un peu partout sont également installées des petites vendeuses de fruits, nous en faisons une vraie cure ; des mangues, des ananas, des pastèques....Beaucoup d'artisanat en vannerie nous est proposé par des enfants qui nous courent après. Si les étrangers n'ont pas le droit d'êtres à plus de deux sur un scooter, il n'en est pas de même pour les cambodgiens, le record que nous ayons vu jusque là est de huit personnes (dont 4 enfants en bas âge, il est vrai) sur le même scooter !! il y a en fait beaucoup de vie dans l'enceinte du site, qui est véritablement très vaste. Nous nous arrêtons ensuite devant Sras Srang, le bassin des ablutions qui était en fait la piscine royale. Décoré de lions et de nagas, l'endroit laisse rêveur.....Le Sras Srang mesure 800 m sur 400 ! Amis nageurs, à vos plongeoirs ! Nous passons sous une autre porte monumentale pour arriver devant le Banteay Kdei, un vaste monastère de la fin du XII ème siècle. Il fait partie des temples plats, à l'opposé des temples montagnes dont il faut gravir d'innombrables marches, qui de surcroît sont chaque fois très hautes.....Celui-ci est typique des temples commandés par Jayavarman VII que nous allons voir par la suite. Encore un contact fascinant. Nous déjeunons, moins par faim, que pour nous reposer. Il fait tellement chaud : 41° à l'ombre....Nous divisons tous les prix par 2 ; il y a peu de monde, alors ça aide. La cuisinière à beaucoup de talent, et, malgré l'espace exigu dans lequel elle est obligée de cuisiner au bord du chemin, ses spécialités khmers sont délicieuses. Elle nous casse une grosse noix de coco que nous sirotons tous les quatre avant de la manger après le repas. Nous reprenons les visites ; Le Pre Rup, temple montagne qui fut certainement l'un des premiers crématoriums royaux. Nous y escaladons les nombreuses marches nous hissant au sommet d'où nous y avons une vue superbe sur les rizières entourant le Baray oriental où nous nous rendons ensuite. Le baray oriental était en fait un réservoir gigantesque qui mesurait 7 kms sur 1, 8 kms, il était autrefois alimenté Par le Stung Siem Reap mais est aujourd'hui complètement à sec. Un projet colossal pour le remettre en eau voit aujourd'hui le jour. Nous en apercevons le début des travaux. Nous entrons dans Preah Khan, plus qu'un temple, une véritable ville antique disparue sous la végétation. Preah Khan signifie « épée sacrée », il porte le nom du couronnement du père de Jayavarman VII, à qui son fils respectueux a dédié ce temple. Il est construit sur le même plan que Ta Prohm mais davantage restauré. Sublime ! On se perd dans des couloirs sans fin passant tous les 2-3 mètres des portes massifs très basses, en y admirant de très beaux bas-reliefs dans tous les coins. Comme dans les autres temples des statues Bouddha qui ont pris la place des divinités hindoues sont gardées par des nonnes qui nous demandent de faire brûler des bâtons d'encens contre une donation. Nous nous y laissons prendre une fois mais leur expliquons par la suite, sans qu'elles ne semblent, pour la plupart comprendre ce que nous disons, que nous ne sommes pas bouddhistes et que de ce fait cela nous semble un peu indécent. Il y en a au moins une demi-douzaine par temple. Un petit garçon nous suit depuis un moment, essayant de vendre à Victor et Arthur de petits hops (instruments de musique à vent), il est très attendrissant et très souriant ; nous craquons. Arthur va perdre le sien peu de temps après !! Toujours de gros fromagers qui enserrent de leurs racines tentaculaires les parois de ces lieux magiques.....Je crois bien que c'est notre préféré. Les enfants se prennent pour indiana Jones. En arrivant devant Neak Pean, nous assistons à l'abattage d'un arbre géant. La technique est une nouvelle fois des plus ancestrales, même si les « hommes singes » se trouvant au sommet sont équipés d'une tronçonneuse. Par contre, aucune sécurité ; un échaffaudage fait de morceaux de bois attachés par des cordes et aucun d'entre eux n'est harnaché. Nous filmons la scène ; à garder dans nos archives ! Le Preah Neak Pean est un temple de modèle balinais, tout à fait différent des autres. Une sorte de pagode se tient au centre d'un réservoir artificiel carré entouré par quatre autres bassins. Ils sont aujourd'hui à sec mais étaient autrefois alimentés par des fontaines représentant un homme, un cheval, un lion et un éléphant. Comme cet endroit devait être féerique....Nous terminons cette journée, somme toute, assez exténuante, par le Ta Som, une merveille. Il est lui aussi englouti par la forêt, et l'une de ses portes (le gopura oriental ), celle se trouvant à l'opposé de l'entrée principale, est prisonnière d'un gros banian. Il s'agit d'ailleurs de l'une des photos les plus célèbres d'Angkor. Ce temple est dédié à la mémoire des ancêtres des rois. Nous discutons avec une équipe de photographes coréens qui sont là pour faire des photos et les distribuer aux enfants, ils sont équipés de gros matériels et développent les photos sur place. Les enfants sont remplis de joie, et leur sourire et leur reconnaissance est vraiment l'un des plus beaux remerciements que peuvent recevoir ces artistes. Beaucoup d'associations et d'ONG oeuvrent un peu partout dans le pays en faveur des enfants et des plus démunis. Nous sommes d'ailleurs assez surpris et plutôt rassurés de ne pas croiser tant de mutilés qu'on aurait pu le penser en appréhendant ce pays. C'était d'ailleurs l'une de mes plus grosses angoisses. Nous succombons aux charmes désuets de deux petites cambodgiennes, l'une d'elles ne lâche plus Arthur, ils sont en pleine discussion (en anglais), ils ont en fait le même âge, même si celle-ci en paraît 4 de moins. Tous les asiatiques paraissent beaucoup plus jeunes que leur âge, c'est assez impressionnant. Ils sont très peu ridés et ont un très beau grain de peau. Une autre s'acharne sur Victor. Arthur ne peut résister, et nous leur achetons deux petits bracelets contre les dix qu'elles étaient parvenues à nous vendre. Nous leur laissons pour une prochaine vente. Nous achevons cette visite, ruisselants....il est temps, car l'intérêt des troupes commencent à s'émousser. Nous avions prévu de retourner au Angkor Vat afin d'y admirer le coucher du soleil, mais nous verrons ça demain. Nous rentrons. Sur le chemin du retour nous nous arrêtons tout de même au Angkor Ballon, un ballon captif s'élevant à 200 m au-dessus de la plaine pour dominer tous les temples. Arthur nous taraude les oreilles avec ça depuis hier, mais se désiste au dernier moment.....la peur que les cordes lâchent !!! Nous repartons. Une école pour sourds et aveugles prodiguent des soins et des massages dont les bénéfices sont intégralement reversés à leur association. Une expo sur le Tonlé Sap y est abritée en ce moment. Je me renseigne pour les massages afin de revenir demain. De retour au Lodge, nous travaillons avec les garçons, Franck s'étant aperçut qu'il avait oublié quelques photos sur le Laos les transfèrent puis nous sortons dîner. Déposons notre linge sale à la laverie et rejoignons le khmer kitchen restaurant où nous faisons encore un festin. La cuisine cambodgienne est vraiment succulente, et pour une fois, on fait l'unanimité. Nous craquons pour de savoureuses patisseries et glaces à la « pumpkin blue ».Nous flânons un peu dans les rues, dans le vieux marché pour essayer d'y dégoter des bouquins français. Nous ne nous couchons pas très tôt. Arthur et Franck dorment du sommeil du juste lorsque nous éteignons la lumière avec Victor. Nous avons terminé nos bouquins respectifs. Il est 1h. Nous nous levons Franck et moi, à 4h30 pour aller admirer le levé du soleil au pied de l'Angkor Vat.

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08 avril 2009

Nous nous hissons hors de la chambre telles des chattes à pattes de velours ne voulant pas réveiller leur progéniture. Notre chauffeur est déjà là, il fait nuit noire. Nous apprécions la fraîcheur ambiante et le vent qui nous fouette le visage. Les rues sont vides, seules quelques personnes nettoient les rues et vident les poubelles. Sans la circulation et ses embouteillages, nous rejoignons rapidement le site. La magie opère autant la seconde fois. Nous craignons malheureusement de ne pouvoir assister au levé du soleil. En effet, le ciel est obstrué par de gros nuages et le jour se levant ne laisse apparaître aucun espoir d'y voir la boule de feu nous faire face. Nous assistons au défilé qui ne cesse de s'accroître, des déferlements de touristes.....c'est fou, ce monde. Mais où étaient-ils tous passés hier et avant-hier ??? Ce sont pour la plupart des asiatiques ; japonais, coréens, chinois et indiens. Nous mettons un certain temps à retrouver notre chauffeur sur le parking où sont stationnés tous les véhicules. La quasi totalité des chauffeurs de moto-remorque sont endormis sous leurs parapets. C'est assez drôle. De retour en ville, ça fourmille de partout.....tous les petits étals distribuent leurs soupes brûlantes et autres mets en guise de petit déjeuner. Chacun sort de la torpeur nocturne à son rythme. Nous restons un peu en ville ; dégustons des viennoiseries françaises croustillantes à souhait ; chausson aux pommes et moelleux à la noix de coco ( pour le même prix qu'une nuit !!). Achetons des pains au chocolat pour les garçons et retournons au Lodge tranquillement. Sur le chemin nous tombons sur un jeune français rencontré à deux reprises dans les transports au Laos. Nous l'avions laissé sur le bord d'une route pour qu'il rejoigne les montagnes en stop au nord du Cambodge peu de temps après le passage de la frontière. Il est sur le départ pour le site d'Angkor. Arrivé au Lodge, Franck s'en veut de ne pas lui avoir laissé son pass, ils ont à peu près la même physionomie. Nous devions retourner voir le couché du soleil plus tard mais le ciel étant menaçant ce matin, nous décidons d'annuler. Malheureusement, lorsque Franck arrive à la gargote où il se trouvait il a déjà chevauché son vélo et s'en est allé....Dommage ! Nous déjeunons, les enfants ne tardent pas à se lever. Ils sont matinaux aujourd'hui. Je passe la matinée à mettre mes notes à jour : pas simple de se remémorer précisément les deux jours précédents. Les enfants travaillent. Franck bouquine, nous avons acheté un livre autobiographique sur l'histoire d'une jeune femme qui était enfant lors du génocide : « D'abord, ils ont tué mon père » de Loung Ung. La matinée passée, nous végétons. Qu'il est bon de se laisser happer de temps à autre par la nonchalance.....Il est déjà 14h et nous commençons tous à avoir faim. A peine sortis du Lodge, la chaleur nous assomme littéralement. Nous déjeunons au Lodge sous la terrasse ombragée. Un jeune cambodgien nous approche en nous parlant français. Nous discutons un moment avec lui puis Franck retourne se plonger dans son livre et les garçons travailler. Je reste avec lui, il est très interesssant. C'est en fait le propriétaire qui l'a appelé l'informant qu'il pouvait venir entretenir son français avec nous. Il profite de son temps libre pour pratiquer les langues étrangères. Il me parle de son pays, de l'école, du génocide sur lequel je l'interroge longuement. Il me dit aussi que le pays souffre profondément d'un manque de toursites depuis le début de l'année du fait de la crise qui touche le monde actuellement, et qu'ici, ils vivent essentiellement de ça.  Une projection sur le génocide a lieu tous les jours en version française à 16h15. Nous avons besoin d'approfondir nos connaissances et y emmenons les enfants. Celle-ci s'avère être très instructive et pas trop dure en terme d'images. Un peu plus loin se trouve un petit établissement tenu par des aveugles qui prodiguent des massages. L'endroit est un peu glauque mais dés le premier contact nous sentons toute la chaleur humaine qui se dégage de ces coeurs remplis de générosité. Deux écoles forment ces personnes à Phnom penh et à Siem Reap. Ils massent selon la tradition japonaise, à travers le tissu du pyjama que je suis obligée de revêtir. Je profite d'un moment de pure relaxation. C'est la première fois que je me fais faire un massage japonais. Et c'est, je crois l'un des meilleurs que je n'ai jamais fait. La dextérité et la sensibilité dégagées de ces mains expertes révèlent des points de tension méconnus. Les garçons sont revenus, je les entends discuter avec un jeune aveugle. Victor fait la lecture d'un article de presse à un jeune aveugle, Ils discutent de foot et Victor en arrive à lui demander s'il connaît la couleur des maillots de l'équipe de Manchester......!!!!!!! Je ressors complètement détendue, à la limite de l'endormissement. Nous faisons un petit tour de marché, croisons un jeune couple de français avec qui nous avons voyagé au Laos, échangeons des anecdotes. Nous mangeons dans la rue. Avant de rentrer, nous nous arrêtons devant un petit étal où une petite dame vend de drôles de petits mets colorés, nous y reconnaissons dans une gamelle du riz gluant à la noix de coco avec des pousses de mango et sucre de coco. Nous lui prenons des petits bols avec un mélange de sucreries. Certaines sont très spéciales et d'autres très agréables. A côté de nous sont assis des jeunes cambodgiens, ils mangent des oeufs, nous les observons. Les oeufs, ici, tout comme au Laos sont fécondés. Ils en gobent le jus noirâtre et nous proposent de goûter, ce que nous refusons biensur. Les enfants s'approchent pour regarder de plus près l'embryon de poussin. Ensuite, ils aspirent la tête d'un seul coup ! Bon appétit, biensur !!!! Nous avons vraiment du mal avec ces habitudes alimentaires dont tous ces pays sont coutumiers. Nous récupérons notre linge et rentrons.

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09 avril 2009

Nous passons la matinée tranquillement à l'hôtel. Franck passe encore un temps fou à trier les photos, les enfants travaillent pendant que je fais des recherches pour la suite de notre périple sur internet et sur des bouquins. Nous déjeunons tard puis partons pour le village de Chong Kneas. La route pour accéder jusqu'à l'embarcadère est complètement défoncée et parsemée d'ornières et de grosses pierres. Où sont passés les amortisseurs ??? Avant d'arriver aux abords du lac, nous longeons des villages posés sur des échasses. C'est impressionnant la hauteur à laquelle sont perchées ces habitations. Lors de la saison des pluies, le lac Tonlé Sap, qui est le plus grand lac d'Asie du Sud Est, multiplie sa surface par quatre et sa profondeur par 10. Le mékong en crue atteignant un niveau supérieur à celui du lac, force le courant de la rivière Tonlé Sap à s'inverser pour aller remplir le lac en amont. Près de trois millions de personnes vivent à proximité, où sur le lac Tonlé Sap, dont plus de la moitié sur des villages lacustres. Ils sont ici depuis des siècles et vivent au rythme des eaux. On imagine difficilement le changement, qui doit être radical, et la transformation des paysages dus à ces mouvements, et l'eau submergeant une telle superficie. Nous louons un bateau pour atteindre le village de Chong Kneas. Les villages allongés au bord du canal que nous longeons pour y accéder nous revoient tout la misère du monde....L'eau est un véritable méandre d'ordures où petits et grands se plongent pour pêcher, se laver, faire des besoins beaucoup plus intimes....et surtout, ils boivent cette eau !!! Cela nous atterre. Vingt minutes nous sont nécessaires pour entrer enfin sur le lac où se trouve le village flottant. A droite, une petite communauté vietnamienne de pêcheurs dont on reconnaît facilement les femmes avec leurs bras couverts et le foulard qu'elles portent sur leur visage ne laissant apparaître que leurs yeux. Et à gauche, un spectacle plein de couleurs. C'est surprenant. Les paillotes de paille et de bambou sont fixées à des flotteurs ou à de gros bidons vides. D'autres, plus cossues en bois, sont attelées à des embarcations. Nous croisons un bateau-épicerie et bien d'autres transportant divers matériaux. Les bâtiments les plus imposants sont des usines de paille où l'on y fait sécher le poisson. Ils le pilent ensuite pour en faire du prahoc, cette pâte de poisson qui agrémente la cuisine cambodgienne. Nous nous arrêtons sur une grosse plate-forme ; une ferme à poissons où des milliers de poissons s'agitent dans de gigantesques viviers. Des crocodiles sont aussi élevés dans de grands parcs en bois semi plongés dans l'eau. Tout comme des serpents qui font aussi partie des denrées consommées par la population locale. Un élevage ingénieux se trouve un peu à l'écart. Il s'agit d'un élevage de porcs élevés en cage au-dessus de l'eau. Ils sont nourris de bouillie de riz et de bananes !!! Nous assistons du haut d'un parapet au couché du soleil sur les paillotes flottantes au fil de l'eau : un véritable décor de cinéma se trouve devant nos yeux. C'est géant ! Notre pilote s'impatiente, ça fait deux fois qu'il vient nous chercher pour que nous rentrions. Il ne veut, semble-t-il pas rentrer de nuit. Nous le suivons de mauvaise grâce, n'ayant absolument pas envie d'abréger ce moment......Nous passons devant une église catholique ; édifice insolite en ces lieux......De retour en ville, nous allons acheter nos billets de bus pour demain matin et prendre un verre. A cette heure-ci l'animation est à son comble ; nous adorons cette ville ! Nous adorons ce pays ! Les rues sont décorées de guirlandes et les arbres de lampions pour le nouvel an Khmer qui a lieu la semaine prochaine ; c'est très beau. Nous repassons au marché de nuit. Arthur achète des souvenirs pour ses copains. Nous laissons ensuite les enfants au Lodge devant un film et ressortons dîner en amoureux.

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10 avril 2009

Après un petit déjeuner copieux, nous rejoignons la station de bus en vue d'un départ pour la province de Battambang. Nous attendons sur le trottoir que le bus arrive. Comme bien souvent au Cambodge, les stations de bus sont installées en plein centre ville. Ce ne sont pas à proprement parlé, des terminaux mais plutôts des agences devant lesquels stopent les bus et où sont entassés les colis en partance. Nous bouquinons, nous partons avec une heure de retard. A peine sortis de la ville la route est encore désastreuse. Des mauvaises pistes sablonneuses coupent la route sur de grosses portions. C'est la première fois que je voyage assise sur une chaise de camping dans l'allée centrale.....Et oui, on n'arrête pas le progrès ! Lors de la pause nous achetons des mangues, qui n'ont vraiment pas leur pareil ailleurs. Elles sont foncièrement délicieuses. Franck mange des crickets grillés.....Notre chauffeur est un vrai fou du volant, il roule comme un dingue et passe son temps à faire hurler son klaxon. C'est usant ! Nous arrivons pourtant sans encombre à destination. Nous nous installons à l'hôtel et sortons grignoter un peu. Toujours cette horrible chaleur qui nous fait suer sang et eau.....Nous allons jusqu'à une école de cuisine khmer. Celle-ci est malheureusement fermée pour 3 jours, mais un numéro de téléphone laissé sur l'affichette accrochée sur la porte, nous permet d'appeler. Le propriétaire nous dit ne pas être sur d'être revenu lundi matin afin d'y donner ses cours. Dommage, ça nous branchait vraiment. Nous sirotons des tukaloks (sorte de milkshake aux fruits), je ne bois plus que ça. La diversité de leurs fruits étant un vrai bonheur pour les papilles. Une grosse averse éclate, mais ne dure malheureusement que quelques minutes. Pas le temps de rafraîchir l'atmosphère. Nous allons terminer l'après-midi à la médiathèque francophone. Un article parut dans le « cambodge soir » nous informe que le pays souffre cruellement d'un manque de touristes du fait de la crise actuelle et, que de ce fait, beaucoup d'établissements sont obligés de revoir leurs prix à la baisse ou dans le pire des cas, de fermer. Ce qui est le cas à Siem Reap. Nous comprenons mieux pourquoi, nous avions le sentiment de nous sentir parfois bien seuls....En rentrant à l'hôtel, nous tombons sur une petite annonce proposant des cours de cuisine : Super. Nous appelons et prenons rendez-vous pour dimanche matin. Nous allons faire un petit apprentissage de leur succulente cuisine, les enfants sont ravis. Ils montent travailler et nous partons en quête de deux-roues pour aller visiter les environs demain. Nous faisons affaire avec deux jeunes se trouvant dans la rue à deux pas de notre hôtel, qui nous louent leur scooter pour un prix très avantageux. Nous retrouvons les garçons. Je tape mes notes, Franck se repose un peu avant de descendre ou de monter manger ; notre hôtel nous offrant un superbe panorama sur la terrasse du toit, ainsi qu'à première vue, une excellente restauration.

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