01 juin 2009
Avons très peu dormi, un orage a éclaté cette nuit et des trombes d'eaux sont tombées sur les routes. Notre bus n'a pas été épargné et les colmatages de fortunes n'ont pas tenu. Nos sacs sont trempés....De plus notre chauffeur était un vrai fou du volant et nous avons bien cru ne jamais arriver où faire une casse mécanique tant les nids de poule que nous avons pris nous ont tassé les vertèbres....On se serait cru sur des pistes africaines ! Bref, Franck ne décolère pas, d'autant que nous avons payé le prix d'un « exécutif », l'équivalent d'une première classe ! Nous arrivons vers 8h à Jakarta et la journée promet encore d'être chaude bouillante. Le soleil tape déjà fortement. Nous prenons un bus de ville pour nous acheminer à Jalan Jaksa, un quartier dont je me rappelle le nom et conseillé par Mahjum. Le taxi nous dépote à l'angle d'une rue où nous laissons les bagages et les enfants pour aller à la recherche d'un hôtel. Drôle de quartier, semblant sortir de sa torpeur nocturne.....mais comme indiqué, la plupart des pensions bon marché sont concentrées dans ce périmètre où se retrouvent les routards du monde entier. Il faut absolument que nous trouvions une carte et un guide autre que bali/lombok car dés que nous voulons sortir des sentiers battus, les infos nous manquent. Je me rends dans un premier temps dans l'hostelling internationnal, généralement réputé pour sa tenue son sérieux et son exemplarité. Les chartes ne semblent pas être parvenues jusqu'ici.....Où suis-je ? Dans un hôtel de passe ? Une ancienne prison désaffectée ? C'est épouvantable. Les chambres sont de vraies geôles et sentent l'urine à plein nez, quant au reste, je n'en parlerai même pas.....Les deux autres wisma sont similaires en terme de propreté.......Franck a également fait chou blanc de son côté. Nous repartons ensemble, mais après une demi heure d'investigation, rebroussons chemin. Nous n'avons visité que des taudis où des hôtels de luxe. L'hôtel devant lequel nous avons posé nos sacs acceptent que nous dormions tous les 4 dans la même chambre avec les enfants par terre, et ce, malgré son standing, nous prenons. Une bonne douche nous remet d'aplomb. Je me mets au travail, je suis affreusement en retard quant à la mise à jour du blog. Nous sortons ensuite retrouver la circulation intense, le bruit et la pollution. Nous prenons un taxi pour aller retirer de l'argent, puis un bus pour rejoindre l'office du tourisme. Nous devons remonter toute l'île de Sumatra pour aller voir les orangs-outangs de Bukit Lawang. C'est l'un des derniers endroits au monde où il est encore possible de les observer avec l'île de Bornéo. Nous nous sommes renseignés ce matin en arrivant à la station de bus pour rallier Pedang ou Medan à Sumatra. Pour la première il faut 45 heures et pour la seconde 55heures ! Alors vu l'état des routes, de certains bus et des chauffeurs intrépides qui les conduisent, nous allons opter pour un autre mode de transport. Le bateau nous semblait une bonne idée mais il n'y en a pas avant le 23 juin. Nous prendrons donc l'avion. Nous allons faire quelques recherches sur des compagnies « lowcost ». Pendant ce temps, les enfants vont au cinéma. Un très beau complexe, ultra moderne, se trouve juste au-dessus du cyber où nous sommes et les garçons sont déjà allés en repèrage pour voir ce qui passe. Ils ont le choix entre le dernier « terminator » ou « la nuit au musée II », les deux en version originale, sous-titrées en indonésien. Je vais voir avec eux l'heure à laquelle terminent les séances. Ils optent finalement pour « Terminator ». La place ne coûte que 15.000 roupiahs l'équivalent d'1 euro contre 2700 yens, soit 20 euros, à Tokyo ! C'est incroyable ! Nous trouvons des billets intéressants sur internet mais ne pouvons aller jusqu'au règlement. Il nous faut descendre dans un ATM dans les trois heures pour procéder au paiement. Ce que nous faisons, mais cela ne fonctionne pas. Nous demandons conseil à une jeune employée de la banque dont les grilles sont à demi-fermées. Elle est adorable et fait un essai avec sa carte bancaire. Il s'avère qu'en fait nous devons être en possession d'une carte spécifique. Nous cessons nos recherches, allons chercher les enfants, surexcités par leur film. Nous mangeons au Mc Do, un immense fast-food bondé et équipé d'un service de livraison à domicile. Les prix y sont aussi doux tout le reste dans ce pays. Sur le chemin du retour nous nous arrêtons dans une agence et prenons des billets d'avion pour mercredi matin. Nous rentrons ensuite.
02 juin 2009
Je suis barbouillée depuis hier et ai les intestins en vrac, je suis visiblement la seule. Je descends malgré tout déjeuner. La majorité des gens fument dés le matin, c'est surprenant, on n'était plus du tout habitué. Le check-out a lieu à 13h, ce qui nous laisse du temps pour « ne rien faire ». Nous passons la matinée à l'hôtel. Lorsque Franck remonte, un jeune libyen effectuant ses études à Kuala Lumpur s'installe à ma table et entame la conversation, Victor me rejoint un peu plus tard, ils parlent de foot, c'est apparement un passionné. Nous refaisons nos sacs que nous laissons en. Notre avion n'étant qu'à 6h30 demain matin, nous partirons vers 4h. Nous sortons manger et tentons des transferts sur le blog mais le débit est très lent et nous n'avançons à rien. Nous réessaierons ultérieurement. N'étant pas très en forme, je reste dans les parages ; il fait de plus hyper chaud : c'est assommant ! Franck se rend de son côté à la gare et faire un tour du côté des technologies électroniques. Victor l'accompagne, Caillou reste avec moi. Toujours les mêmes binômes me direz-vous.....Curieusement, c'est vrai ! Franck prétend qu'Arthuro souffre encore du complexe d'Oedipe et qu'il refuse de se détacher de sa maman.....Peut-être.....Je garde donc ma glue à mes côtés, qui commence lui aussi à ressentir de gros maux de ventres. Nous nous « lopéramidons » et, je finis mes corrections sur le PC même si, chaque fois que je fais des relectures, je m'offusque d'omettre autant de fautes. Je prie, d'ailleurs, à cette occasion mes fidèles lectrices et lecteurs de bien vouloir m'en excuser. Plus de batterie : interruption forcée ! Ce qui arrange Arthur qui commençait sérieusement à s'impatienter. Nous allons dans un complexe commercial ; au moins il y a la clim'. Je laisse mon p'tit loup sur internet, fais quelques boutiques et le rejoins pour répondre aux messages de nos potos. Nous les bisons toutes et tous au passage. Nous reprenons le chemin de l'hôtel vers 18h, les grands ne sont toujours pas revenus. Je m'installe au salon, mots fléchés en main en les attendant. Ils arrivent vers 20h. Des quantités de boui-boui installés dans les rues donnent l'impression de prendre feu tellement leurs barbecues de fortune fument à n'en pas finir. Les bars s'animent et les terrasses se remplissent. Nous dînons et rentrons vers 22h30. Nous demandons au réceptionniste et au gardien de nuit de nous appeler un taxi pour 4h et si nous pouvons nous installer dans un petit coin dans les fauteuils du salon. Nous ressortons pour continuer le transfert de l'album photo du Japon sur le blog. L'ambiance de la rue est assez singulière. Tout un attroupement de « black » est réunit devant un bar semblant être leur QG. Ils ont le verbe haut, nous n'entendons qu'eux ! Ce côté de l'Afrique est si loin de celui de l'Asie......si discrète......Des voitures rutilantes (jaguar, gros 4x4, coupés sport.....) sont apparus soudainement avec la tombée de la nuit. Les tenues pour certaines se sont allégées.....Bref, pas vraiment l'endroit où s'attarder avec les garçons. Même si de leur côté cela ne les dérange en aucune façon ; ils ont même repéré un bar avec un billard !!!! Ben, voyons.....Vers minuit, je rentre avec eux afin qu'ils essaient de dormir un peu.
03 juin 2009
Victor n'a pas fermé l'oeil durant les quelques heures nous séparant du départ, il a bossé un peu (français/math) et a bouquiné. Il aurait bien rejoint Fanck mais je l'en ai empêché ne voulant pas qu'il sorte dans le quartier en pleine nuit. Il est incroyable : incouchable !!! J'ai quant à moi, avec Arthur trouvé un p'tit coin afin de nous laisser emporter les dernières heures restantes dans les bras de Morphée. Mais à défaut de sommeil, ce sont les moustiques que nous avons trouvé et qui se sont acharnés à nous « dévorer » et nous ont tenu en éveil. Le gardien nous informe à 4h20 que le taxi devant nous conduire à l'aéroport nous attend devant la porte. Franck n'est pas revenu. Je pars le chercher. A cette heure de la nuit, la Jala Jaksa Str n'a rien d'une promenade de courtoisie...Des types jonchent les trottoirs, d'autres ramassent leurs gamelles, jettent leurs déchets et leurs eaux crasseuses usagées dans la place.....les bars déversent leurs flots d'âmes en quête d'autres points de chute pour y finir la nuit.....Les dames de petite vertu ont l'air, pour certaines, d'être affublées de plus d'attributs qu'il n'est normalement prévu chez la gent féminine.......Serait-ce des travestis, des « Banci » comme ils les appellent ici ? Certain (es) sont superbes. Et d'autres, beaucoup plus pathétiques....Tout cela est sordide. Je me fais siffler, héler, et interpeller avec de petits « honey », « baby ».....Bref, je n'ai aucune envie de traîner plus longtemps ici, seule. Je retrouve Franck enfermé dans sa « cage internet », depuis plus de 5 heures ! Il y a des personnes qui sont affalées dans l'entrée, endormies. Il vient juste de terminer le transfert des photos ; quelle galère ! Il a eu l'heureuse surprise de tchater avec la belle Kiki. Je t'envoie tout plein de gros poutous ma poupette et pense très très fort à toi et tes nennettes....... Le taxi met 1h pour atteindre l'aéroport, il faut que nous sortions nos billets pour régler la « highway », le chauffeur n'ayant pas d'argent, comme bien souvent. Il y a pas mal de trafic et les abords de l'aéroport domestic sont bondés de voitures, de personnes poussant leurs chariots chargés de bagages. Nous enregistrons et allons patienter en salle d'embarquement. Nous sommes les seuls, semble-t-il à n'avoir pas fermé l'oeil de la nuit, on a des têtes de déterrés. Les seuls visages « pâles » aussi. Nous ne voyons pas le vol car somnolons tous les 4 à peine installés dans nos sièges. Nous atterrissons donc juste après avoir décollé ! Franck nous fait remarquer que nous venons d'éviter 42 h de bus à côté des toilettes, avec nos sacs trempés, l'eau nous coulant sur la tête et l'urine sur les pieds..... ! Vu sous cet angle là, la nuit blanche que nous venons d'encaisser nous paraît soudainement beaucoup plus supportable ! Nous prenons un bus local pour rejoindre le centre ville. Une halte nous arrête juste devant le concessionnaire CAT : Trakindo. Le bus qui nous conduit en ville est kitsch à mourir, de gros coeurs en peluches roses et rouges, des rideaux à dentelles, des pompons et des fleurs en plastique se balancent au-dessus de nos têtes. Le commis du bus prénommé Andy est un garçon gentil et très tactile.....il ne parle pas un mot d'anglais mais nous réussissons à lui faire comprendre, non sans mal, que nous n'avons pas d'hôtel. Il nous dépose devant l'un d'eux : Minable et très cher ! Nous reprenons un taxi qui nous dépose un peu plus loin. Pas possible d'obtenir de rabais raisonnable mais le personnel est très avenant et c'est propre alors nous restons là. Une bonne douche nous requinque un peu. Nous sortons grignoter des pâtisseries et errons dans les rues tels des zombies. Nous serions mieux couchés......Un immense marché nous happe dans son labyrinthe de ruelles. Les enfants se sont trouvés un nouveau hobby : le yoyo. Mais ceux avec lesquels ils commençaient tous deux à faire des prouesses, surtout Victor, sont cassés. Ils veulent à tout prix en retrouver, en bois, ils sont soit disant plus solides et plus techniques ; dixit Mahjum, notre chauffeur d'un jour qui leur a parlé du champion de yoyo de Jakarta. C'est une véritable étuve, nous sommes sur le point de nous liquéfier.....La chaleur + la fatigue = mauvaise opération et surtout très mauvais calcul ! J'ai en plus l'impression qu'on nous regarde comme des bêtes curieuses. Même si les regards sont bienveillants, c'est dérangeant. Les gens sont pourtant toujours aussi gentils. Ils sont tous à nous saluer, nous accompagnent dés qu'on a besoin d'aide sans que nous ne leur demandions quoi que ce soit, et ce, sans aucune contrepartie. Nous passons devant une école où toutes les petites filles portent le voile. Elles sont adorables et nous courent après. Dans cette ville, 95% des femmes sont voilées et il y a des mosquées un peu partout. Elles sont ouvertes sur les rues et nous assistons aux prières. Les musulmans nous parlent sans aucune gêne, nous demandant systématiquement d'où nous venons. C'est inhabituel et somme toute, très déroutant. De retour à l'hôtel nous végétons et je finis par m'assoupir aux côtés de Franck qui procède à un premier écumage de nos photos d'Indonésie. Il me réveille pour que nous allions dîner, dans un énorme bruit sourd. Il pleut dehors où plutôt devrais-je dire , il tombe des trombes d'eau. La pluie tombe comme à l'équateur, dont nous sommes juste sous la ligne : en vrac !!!! Nous patientons puis revêtons nos capes de pluie pour héler un taxi qui nous dépose devant chez Pizza Hut.
04 juin 2009
Nous avons fait le tour de l'horloge, je me lève la première, prends mon petit déjeuner et vais faire quelques courses pour les enfants sachant que le buffet ne satisfera pas leur appétit ce matin ; il n'y a que des plats salés et épicés. La danse des bémos-camionnettes a commencé depuis déjà quelques heures sûrement. C'est un vrai défilé de peintures naïves. Toutes les carrosseries sont revisitées de dessins de Walt-Disney, de personnages de science fiction ou encore pour les plus récentes de mangas. Au travers des fenêtres, celles qui ont la gageure de pouvoir respirer laissent apparaître leur tête coiffée du voile islamique ; c'est surréaliste ! Surtout avec la musique « à donf » !!!! D'autres oplets, transport en commun tout aussi répandu que les bémos, sorte de voiture semi-sportive break......équipé de tunning jusqu'à ne plus avoir que quelques centimètres de garde au sol, ressemblant plus à une discothèque ambulante qu'à un transport local, d'où on ne voit quasiment rien au travers des pare-brises tant il sont peinturlurés , jouent du klaxon continuellement et slaloment sur les routes n'importe comment ! Heureusement qu'ils sont censés rouler à gauche (en théorie), en pratique ils font vraiment n'importe quoi. Tous les pilotes, ici, se prennent pour des pilotes de formule 1. Je viens d'ailleurs d'avoir la réponse à la question que je me pose depuis que nous sommes arrivés sur le territoire indonésien ; à savoir : pourquoi roulent-ils à gauche ? En effet, les hollandais roulant à droite contrairement aux anglais qui eux roulent à gauche, il me semblait surprenant qu'ils aient adopté cette règle de conduite. Et bien, cela n'a rien à voir avec une quelconque colonisation mais c'est tout simplement par civisme et par soucis de politesse. En Indonésie, on ne se croise pas à gauche, c'est tout. Si nous écoutions les enfants, nous resterions toute la journée à l'hôtel à faire des jeux. Même s'il est vrai qu'il n'y a pas grand chose à voir dans cette ville, nous sortons tout de même et allons en nous promenant jusqu'à l'estuaire de la rivière Murua qui se jete dans l'océan indien. C'est la partie de la ville la plus sauvage. Nous traversons un parc où le manège pour les petits est actionné par un pédalier que fait tourner un vieux monsieur, tout comme la machine à faire les barbes à papa : un autre âge, un autre temps ! Franck n'en revient pas des regards que l'on nous lance, c'est vrai qu'on a vraiment le sentiment qu'ils ne sont pas habitués à voir des « blancs », mais nous nous faisons la remarque tous ensemble : ils sont vraiment très gentils....Nous longeons la rivière. Notre première halte nous fait rentrer dans une patisserie regorgeant de gourmandises. Nous en remplissons un plateau de tout ce qui met en éveil nos papilles et y retournons jusqu'à en être repus ! Franck est patraque ; c'est son tour. Ils courent les toilettes depuis hier. Seul Victor semble ne pas être affecté par ces petits désagréments intestinaux. Nous trouvons un petit tailleur qui accèpte de réparer le short d'Arthur. Cela fait deux jours qu'il le porte lacéré. Pendant ce temps, Franck se rend chez le coiffeur d'à côté. Nous arrivons ensuite dans un petit port, rempli d'immondices stagnant sur les eaux troubles.......De jeunes enfants se baignent encore dans ces méandres, c'est stupéfiant ! Le port est surplombé par une colline envahit de singes et où sont dispersés de nombreux tombeaux chinois. Nous arrivons ensuite sur la plage, Franck n'est vraiment pas en forme, nous nous arrêtons nous rafraîchir et pendant ce temps les garçons s'en donnent à coeur joie dans les flots ; ils sont trempés et ne souhaitent qu'une chose : se plonger dans les vagues. Ce que nous refusons, la mer, ici étant beaucoup trop dangereuse. Nous passons notre soirée dans un fast-food équipé de la wi-fi, nous espérons pouvoir y transférer nos premières photos d'Indonésie, mais c'est plus que laborieux, le débit est encore très faible.
05 juin 2009
C'est aujourd'hui l'anniversaire de notre petite princesse, c'est sous un beau ciel bleu que nous venons te le souhaiter et t'envoyons des milliers de bisous et de rayons de soleil. D'ailleurs, n'entends-tu pas le coassement des grenouilles que tes cousins sont à chasser ? S'agirait-il du prince charmant qui attend ton baiser ?
En effet, il fait un temps superbe mais la chaleur nous plombe déjà dès ce matin. Je me suis pour ma part, levée tôt et suis allée faire mes petites courses. J'ai ensuite déjeuné d'une soupe et de riz frit. Les enfants m'ont rejoint un peu plus tard. Franck est toujours malade et est resté couché. Les jardiniers sont à entretenir le parc de l'hôtel. Ils ont vidé les bassins, transférer les poissons dans des bacs afin d'effectuer le nettoyage qui s'impose. Arthur est pied nu à les aider. Quant à Victor je le vois passer devant moi depuis tout à l'heure avec des grenouilles dans les mains. Il a dans l'idée de les amener dans un autre bassin où selon lui elles seront mieux ! Depuis, leur coassement ne cesse de nous casser les oreilles.......Y aurait-il dans le lot un joli prince charmant pour notre margoton ? Si tel est le cas, qui doit l'embrasser pour qu'il reprenne forme humaine ? Je referme le PC et vais voir où en est mon grand malade. Il faut de plus que nous bouclions nos sacs, nous repartons pour Bukittinggi, en plein pays minang. Apparement, après avoir pris de l'aspirine, il se sent un peu mieux pour le moment. Nous prenons un bémo qui nous conduit jusqu'à la station de bus. Mais l'endroit où il nous dépose ne ressemble en rien à une station de bus et nous nous voyons obligé d'engager d'âpres négociations auprès des chauffeurs se rendant sur Bukittinggi. En effet, la plupart des gens empruntent ces transports privés pour plus de sécurité et plus de confort, c'est pour cela que le bémo nous a déposé ici. Personnellement, cela m'agace, j'aimerai savoir où se trouve le terminal de bus mais personne ne comprend un mot d'anglais dans le coin. Je crois comprendre que ce n'est pas très loin de l'aéroport, c'est à dire à plus d'une heure et surtout à l'opposé d'où nous nous trouvons. Nous abdiquons et Franck finit par obtenir le tarif indonésien, nous payons une place en plus pour nos bagages, mais l'attente est longue ; il faut remplir l'auto ! Un gros bonhomme se retrouve collé à nous à l'arrière. Puis une jeune fille et enfin un jeune homme qui doivent se trouver une place auprès de Franck. Nous objectons, nous ne pouvons pas faire 3h de route dans ces conditions, c'est à peine si nous pouvons respirer......Nous dégoulinons....Nous n'avons pas le choix ; c'est comme ça ! Les paysages sont heureusement splendides, cela apaise notre énervement. Nous traversons les montagnes. C'est curieux, le ciel est d'un bleu laiteux partout excepté au sommet des montagnes et des volcans où de gros nuages stagnent. C'est vraiment très beau. La végétation tropicale est luxuriante et très éxubérante. Nous arrivons à bon port dégoulinants de sueur et tout courbaturés par le voyage que nous venons de faire complètement saussissonnés......Nous reprenons un bémo qui nous conduit à l'adresse d'un hôtel que nous a communiqué le réceptionniste de l'hôtel que nous avons quitté ce midi. Il est complet, nous visitons les quelques autres se trouvant à proximité et nous trouvons 2 chambres avec matelas par terre et SDB sur le palier sans douche mais un bac et un broc pour se laver au bout du couloir. Les draps sont tâchés, on dirait de petites tâches de sang, ce qui signifie qu'il doit y avoir des punaises.....je fais une petite inspection, les chambres semblant propres. Autre petit inconvénient, si inconvénient il y a, nous sommes juste à côté de la mosquée ! Nous allons faire un petit tour malgré la petite forme de Franck, il est fiévreux et souffre de forts maux de têtes. Nous montons jusqu'au fort, le point de vue de la ville où se trouve un zoo (minable) où les animaux ont vraiment triste mine.....un musée que nous ne visitons pas. Nous traversons en revanche un joli pont nous menant de l'autre côté de la ville. Nous sommes encore constamment sollicités pour des photos.....décidément......Victor est à son tour malade, il lui faut des toilettes ! Et les photos le rendent impatient......Le pauvre.....Nous cherchons l'office du tourisme, mais il s'avère fermé lorsque nous y arrivons. La petite place où trône une très belle horloge est animée d'une foule joyeuse. Le marché se trouve à proximité, mais nous n'avons pas le courage de nous y aventurer. Nous n'avons quasiment rien mangé depuis ce matin et l'estomac d' Arthur crie famine depuis un moment. Nous nous arrêtons dans un fast-food. Franck et Victor se contentent d'un peu de riz. Nous ne rentrons pas trop tard. A 19h45, Franck est couché, il a de la température, ça ira surement mieux demain. Les garçons bouquinent dans leur chambre et je tape mes notes.
06 juin 2009
Nous avons bien évidemment été réveillés par la prière de minuit et celle de 4h, le minaret se trouvant dans une cuvette, l'écho est étourdissant, nous avions l'impression d'y être.....Franck est toujours souffrant et a toujours la fièvre, ses céphalées le rendent nauséeux et il souffre de douleurs derrière les yeux. Je le laisse dormir et sors faire mon petit tour matinal. J'achète des pâtisseries, vais faire une petite visite internet et remonte sur les hauteurs de la ville où se trouve notre wisma. Franck est levé, il a avalé de quoi se remettre d'aplomb pour tenir la journée. Nous ne bougeons pas, nous allons rester dans le coin et faire les environs de Bukittinggi. De l'autre côté de la colline où nous logeons se trouve un canyon. Nous y descendons à pied, une partie de la route est ombragée, heureusement car les températures sont encore à la limite du supportable. Nous arrivons dans des rizières en train d'être moissonnées. Les paysans taillent les gerbes de riz à la faux et utilisent des machines ancestrales pour égrener le riz. Un jeune homme nous aborde et partage une partie de la ballade avec nous. La montée pour accéder aux petits villages d'orfèvrerie en argent est très abrupte et envahit de végétation. Franck est obligé de s'arrêter. Nous avons encore la campagne à traverser avant d'y arriver et de nous désaltérer. Une femme nous invite à venir admirer ses broderies et la façon dont elle et ses voisines exercent cet art. Elle nous présente sa famille dont sa fille âgée de 10 ans comme Arthur. Celle-ci vient de confectionner des galettes de maïs que nous goûtons avec plaisir. Elles sont particulièrement épicées. Elle parle très bien l'anglais. Franck est resté allongé sur un banc.....petite forme et petits mouvements. Nous repartons par la route et rentrons dans un atelier de tissage. Franck s'est de nouveau laissé choir sur une pelouse, nous optons pour un retour en bémo. Les jeunes qui le conduisent sont à moitié « foldingos » et roulent comme des cinglés, musique à fond, oblige !!!! Ils nous dépose au terminal de bus où nous voulons prendre des renseignements pour repartir lundi matin. Demain, nous souhaiterions louer des deux roues afin d'aller explorer le lac de Maninjau. Nous grignotons, faisons quelques boutiques et quelques achats dont un jean pour Franck dans une boutique Levis, plus cher qu'aux Etats-Unis mais tout de même 2 fois moins cher qu'en France ! Puis rentrons tranquillement. Les enfants s'occupent de leur côté, Franck se repose et je tape mes notes. Nous ressortons pour manger, mais les restos avoisinant ne nous disent rien qui vaille....Nous mangeons dans la rue ; épis de maïs grillés et d'énormes pancakes comme nous n'en avons encore jamais mangé !!!!! Aucun de nous ne les termine....il s'agit en fait de pancakes pour 4 personnes normalement (nous ne les avions pas vu avant de les commander)!!! Nous les donnons aux personnes de la table d'à côté.
07 juin 2009
Les prières du muezzin nous ont encore réveillé aux aurores et comme nous sommes dimanche, ça hurle encore dans les hauts parleurs à 6h30 ! Franck est toujours fiévreux, il commence à s'inquiéter, ses céphalées et ses douleurs retro-orbitales deviennent insupportables. Il s'habille et descend en ville afin de faire des recherches sur internet quant aux symptômes qui le taraudent depuis 3 jours. Si cela persiste en fin de journée, nous irons à l'hôpital. Je le rejoins, vais acheter nos pâtisseries du matin et remonte réveiller les enfants. Nous avons loué des 100 cc à vitesse pour la journée. Nous prenons la route au travers de paysages splendides. Les 40 kms qui nous séparent du lac Maninjau où nous nous rendons ne sont que virages au travers de montagnes et de rizières. Les derniers kilomètres se font sur une route qui descend du sommet de la montagne et dévale subitement vers le lac en décrivant 44 virages en épingle à cheveux, où les chiffres sont indiqués sur des pancartes rigolotes. La vue y est extraordinaire. On y aperçoit une ribambelle de maisons minang enfouies dans les fleurs et les arbustes, ainsi que les dômes brillants des mosquées émergeant des cocotiers. Plus bas, dans la plaine, recommencent les rizières d'un vert éclatant, elles s'étendent sur les rives jusqu'au bord de l'eau. Le lac est bordé de versants encaissés et de montagnes couvertes de végétation tropicale. La brume coiffe tous les sommets pendant que le soleil nous brûle la peau. Le lac Maninjau fait 16 kms de long et 8 kms de large. Pour en faire le tour, il faut parcourir les 70 kms l'entourant. Ce que nous faisons. Les villages que nous traversons semblent vivre en laissant passer le temps. Ils sont tous emprunts d'une sérénité exemplaire. Les paysans travaillent, nous saluant au passage avec de grands sourires. La vie locale y est vraiment authentique. Nous nous arrêtons prendre des photos, mais quelque soit le plan où nous nous trouvons, l'endroit est propice au cliché, nous ne faisons que ça.......Franck s'allonge chaque fois que nous stoppons les moteurs, il n'est vraiment pas bien. Il y a des tas de bassins d'élevages de poissons émergeant à quelques mètres des rivages. Victor et Arthur s'y rendent et aident les pisciculteurs à les nourrir. Nous trouvons un petit coin sous des cabanons installés sur l'eau pour un moment de contemplation. Franck s'est endormi. Les enfants ont quant à eux investit une pirogue pour rejoindre les bassins.....Ils vont se retrouver à l'eau, je vois ça gros comme une maison ! Arthur débarque et Victor l'abandonne à son sort en plein milieu des eaux calmes. Qu'à cela ne tienne, il trouve un système ingénieux pour rejoindre le bord ; un radeau attaché à une corde coulissante. Pendant ce temps, Victor s'est emparé d'une deuxième pirogue et a fait le tour pour la lui amener, il est empêtré dans des filets......Une fois Franck réveillé, nous reprenons le chemin du retour. Des dizaines de macaques jonchent les routes pour remonter au sommet des 44 virages, ils sont tous surexcités et sautent partout. La route étant déjà très accidentée et pas du tout sécurisée, un moment d'inattention et nous nous retrouverions dans le vide comme de le dire ! D'autant que les bus et les autres véhicules roulent comme toujours, comme des dingos. Il faut faire très attention et j'appréhende grandement qu'ils nous sautent dessus......Ils traversent sous nos roues, sautent d'arbres en arbres au-dessus de nos têtes. Nous ne les avions pas vu ce matin ; ils devaient dormir. Nous arrivons finalement en ville. Nous nous enquérons de l'adresse de l'hôpital le plus proche, on nous indique l'hôpital privé. Il est apparemment doté de médecins plus compétent qu'à l'hôpital public nous dit-on ! Nous appelons l'assurance afin d'ouvrir un dossier au cas où.... Arthur s'est entre temps fait mal au talon et ne peut plus poser le pied par terre, il manquerait plus qu'il se soit cassé quelque chose ! La façade de l'hôpital n'a rien d'une clinique privée, mais il ne faut peut-être pas se fier aux apparences, l'habit ne faisant pas toujours le moine ! Il n'y a personne dans la salle d'attente et le médecin vers lequel on nous oriente est installé devant la TV ( ça en laisserait rêveur certains ; n'est-ce pas Pierre !!!!) il est de plus, à peine plus âgé que Victor.....Le matériel ne semble pas avoir été changé depuis l'époque des poilus !!!! Nous lui expliquons ce dont souffre Franck. Une infirmière lui prend sa tension. Le diagnostic est fort succinct mais il est tout de même mis sous antibiotique. Le docteur lui délivre une ordonnance d'une page ! Nous nous rendons chez l'apothicaire d'à côté afin d'y acheter les remèdes....Nous ramenons ensuite les motorbikes. Il s'avère en fait que ce n'était pas du tout l'hôpital privé, ni le public, mais l'hôpital militaire, enfin du moins une sorte de dispensaire. Ce n'est pas bien grave, si Franck se remet rapidement. En plus tout cela ne nous aura coûté que la modique somme de l'équivalent d'à peine 3 euros.....consultation et apothicaire compris !
08 juin 2009
Nous nous sommes réveillés aux aurores ; difficile de faire autrement avec la mosquée et les appels à la prière.....Franck se sent mieux, surement grâce aux médicaments. Petit rituel du matin, je descends en ville pour nous ravitailler en viennoiseries. Nous débarrassons ensuite les chambres et descendons nos sacs en attendant notre mini-bus. En guise de mini-bus, une espèce d'estafette datant de Mathusalem avec à son bord un très jeune couple et leur petit bébé ; ils vont faire le voyage avec nous. Il est prévu que nous mettions 10h pour rejoindre Padangsidenpuan, la ville où nous avons décidé de faire une halte pour la nuit. Nous avons choisi de faire ce trajet de jour car on nous en a vanté la beauté. Il s'agit apparemment d'une route magnifique et de surcroît en bon état. Dés les premiers kilomètres, nous sommes tout de suite mis devant le fait accompli. De droite comme de gauche, la jungle nous enserre. Il faut dire qu'elle recouvre la moitié de l'île de sumatra, ce qui n'est pas rien vu sa superficie. Nous allons en traverser le coeur. La route que nous empruntons est en fait la seule route reliant le sud de l'île au nord ; on l'appelle la trans-sumatra. Les virages incessants nous mettent tous les quatre dans un état nauséeux. Nous nous arrêtons sur le bord de la route, Franck vomit, Victor est blanc comme un linge, il fait quelques pas pour s'aérer un peu, mais ne réussit pas à vomir. Quant à Arthur il va passer une bonne partie de la route, la tête à l'extérieur de la vitre.....On ne peut pas vraiment dire que la route soit en bon état, bien au contraire, c'est plutôt un parcours de raid tout terrain. Par moment, les nids de poule sont tellement énormes qu'on pourrait y nicher une fiat 500 ! D'autres parties ne sont même plus asphaltées et ce, je crois à cause des pluies torrentielles qui doivent tout emporter sur leur passage lorsqu'elles tombent. A d'autres endroits, des éboulis et des arbres entravent la quasi totalité du passage. Alors vu comment roulent les gens ici, il faut avoir un certain degré de folie pour circuler sereinement.....Notre chauffeur conduit vite mais assez bien dans l'ensemble, même si à plusieurs reprises nous nous voyons contraints de fermer les yeux et serrer les fesses.... mais ça passe ! Il n'arrête pas de fumer et de nous enfumer. Franck trouve pour sa part que comparé aux trajets que nous avons fait précédemment, celui-ci ressemble plus à une promenade du dimanche. Pourtant il est à l'avant et loin d'être au mieux de sa forme.....A une cinquantaine de kilomètres, au nord de Bukittinggi, passe dans la ville de Bonjol, l'équateur, la fameuse ligne terrestre imaginaire cernant notre belle planète. Nous demandons à notre driver de nous y arrêter afin d'y REmettre un pied dans l'hémisphère sud. Assez drôle en fait de se dire que nous foulons d'un côté l'hémisphère nord et de l'autre l'hémisphère sud ! Une stèle en marque le passage. Nous traversons quantité de villages dont les habitants semblent vivre très chichement, à la limite de la pauvreté et de la misère. Beaucoup sont à se baigner dans des eaux stagnantes où ils lavent leur linge et se lavent eux mêmes. Dans la rivière que nous longeons, des orpailleurs, surtout des femmes sont immergés jusqu'au cou et tamisent le sable qu'elle roulent au creux de leurs bras espérant y trouver la fameuse pépite qui changera leur vie. Durant plusieurs heures, nous traversons de véritables décors de cartes postales ; les chromos classiques des calendriers des postes ! Les panoramas, les habitations, la végétation et les villageois nous donneraient envie d'appuyer sur le clic de l'appareil sans discontinuer.....Bien que semblant sortis tout droit d'un autre temps.....à se demander si dans ces coins reculés ils ont déjà vu des étrangers. Tout nous apparaît très rudimentaire et les habitants nous donnent le sentiment de détenir des personnalités si différentes fonction de leurs origines qu'on aimerait avoir le temps de les approcher un peu plus. Ils ont des tenues vestimentaires très distinctes et pour certains peu conventionnelles.....Chaque fois que nous nous arrêtons, nous retrouvons leur gentillesse légendaire. Toute la région est très sauuvage et la flore et la végétation vraiment magnifiques. Un village fort atypique, que nous traversons, abrite des petites maisons dont les façades ressemblent à des coques de navires, elles sont surmontées de toit de chaume en grande pente ; assez rare puisque toutes les toitures sont généralement en tôle ondulée. Dans un autre village, 100% Musulman fait de cabanon de bois, tous les jeunes garçons et les hommes sont vêtus d'une liquette blanche, d'un chapeau rond blanc et d'un sarong ; pas de pantalons.Tous les dômes des mosquées rutilent au soleil du fait de leur couleur argent. Nous arrivons à Padangsidenpuan vers 18h. Nous allons y passer la nuit avant de repartir pour Prapat très tôt demain matin. Cela nous évite pour le coup, 18 heures de bus d'affilé. Nous trouvons le gîte dans un petit lomen familial où le chef de famille, un petit bonhomme bien rond et fort sympathique tente de nous conseiller pour rallier Prapat. Mais il ne parle pas un mot d'anglais et la conversation est franchement laborieuse. Il nous répète sans cesse les mêmes phrases dont nous ne comprenons pas un traitre mot. Nous optons de toute façon pour le bus public. Il accompagne Franck sur son Vespa jusqu'à la station afin que nous y réservions des places ; toujours cet aspect de leur personnalité qui ressort : nous être agréable et nous rendre service. En revenant Franck suppose qu'ils n'ont jamais vu un étranger ou alors dans une autre vie.......Il ne se sent encore pas bien et se couche dés que nous rentrons de dîner.
09 juin 2009
« Huggy les bons tuyaux » nous réveille à 6h en toquant à la porte, et revient ¼ d'heure plus tard n'entendant pas de bruit, et de sa grosse voix, nous susurre qu'il faut que nous nous levions....c'est du moins ce que nous supposons......nous avons tous entendu le mot « lamb », du moins ce que nous confirme Arthur. Aurait-il égorgé un mouton ? Que nenni, il nous apporte des « cup of tea » and « cup of coffee »......trop mignon, Huggy ! Notre bétaillère, car c'est bien d'une bétaillère dont il s'agit joue du klaxon en arrivant. Tous nos sacs sont chargés sur le toit, bien qu'il n'y reste plus beaucoup de place, la bétaillère étant déjà bien full...Avant de quitter la ville nous allons pourtant entasser 23 personnes (nous y compris), dans un habitacle prévu pour 16 ! Et, tout autant de sacs, de caisses, de cartons, de paniers et, le pompon lors de notre dernier ramassage : quatre énormes sacs plastiques remplit d'eau et gonflé à l'air comprimé sous nos yeux, contenant de gros poissons aux portes de l'asphyxie. De mémoire, nous n'avions encore pas voyagé avec des poissons, quoi que.....Victor est encore malade et Franck pas beaucoup plus en forme, malgré les comprimés qu'il prend depuis 2 jours......et, ça fume et ça refume dés le matin. Ils fument tous comme des pompiers : clope sur clope ! Du fait de notre chargement, nous n'avons pas pu fermer la porte, et deux petits hommes sont installés sur un petit tabouret de bois calé avec des pierres pour ne pas tomber. Je ne sais pas comment ils tiennent assis dessus car à chaque virage, ça chavire.....Nous avons les pieds dans la paille.....nous ne savons pas vraiment à quelle heure nous devrions arriver. Dans le meilleur des cas, sept heures de route nous mèneront au village où nous devons changer de bétaillère. Lorsque nous nous arrêtons, nous avons le sentiment que personne n'a jamais vu d'étrangers. Ils nous scrutent tous sous tous les angles, c'est vraiment curieux. Nous débarquons notre déménagement à chaque arrêt, puis vient le tour de nos poissons que nous déposons au coeur d'un marché.....Quel foutoir ! Victor est très malade, il lui faut des toilettes. Je retrouve Franck dans le fond d'une gargote appuyé contre un muret le visage déconfit ! « Que se passe-t-il ? » L'endroit est tellement immonde qu'il en reste coi ! Je précise que ce sont les toilettes qu''utilisent les habitants de ce charmant petit logis.....J'y vais, j'y vais pas....Je passe la première.....il faut bien que quelqu'un se dévoue, et puis nous n'avons pas le choix, à moins de nous soulager au beau milieu de la route.....Franck chipote...... « Je me demande comment ils font pour vivre dans de tels cloaques ! » me dit-il. Sont juchés par terre autour du lieu de nos tourments, vaisselle sale, linge sale, nourriture.....et ce, dans des eaux usées......C'est immonde ! Il est clair qu'il n'est pas question de se poser là un magazine sur les genoux ! Comme je le disais plus haut, c'est petite forme pour tout le monde, Franck rechute, il est encore fiévreux, souffre de nouveau de douleurs rétro-orbitales et de céphalées. Il a froid et a revêtu mon sweat qui soit dit en passant, lui sied à merveille..... Bien qu'il fasse au moins 40° dehors ! Nous arrivons à Prapat, un gros bourg au bord du lac Toba. Nous avons juste le temps de descendre nos sacs à l'ombre d'une petite place qu'un bémo s'arrête à notre hauteur. Une jeune anglaise, sac sur le dos se rend sur la même île que nous, nous faisons le petit trajet jusqu'au port d'embarquement ensemble. Cela faisait un moment que nous n'avions pas vu d'autres voyageurs, ça nous fait drôle. Curieusement il n'y a personne sur ces îles, c'est pourtant tellement plus sauvage et authentique que Bali ! A croire qu'il n'y a que les endroits ultra touristiques qui attirent les gens. Le prochain bateau ne part que dans une heure. Nous achetons des fruits sur le marché, cela fait 3 jours que nous nous alimentons n'importe comment, mais comme nous sommes malade tour à tour, nous devenons de plus en plus réticent à manger la nourriture locale...Nous qui pensions être plus où moins immunisés, tu parles, il faut que nous arrivions en fin de parcours pour être enquiquinés de façon fort déplaisante. Un vieux rafiot de bois nous fait traverser jusqu'à Samosir et nous dépose à quai au pied du lomen que nous souhaitions voir en premier. Cela tombe bien. Situés au bord du lac et d'architecture batak traditionnelle, les bungalows sont mignons comme tout. Nous en prenons un ressemblant à un petit appartement plongeant directement dans le lac. Les enfants sont ravis, il y a un billard, un très beau jardin équipé d'un filet pour jouer au badminton et surtout de plongeoirs pour se rafraîchir dans les eaux bleues du lac. Ce qu'ils font à peine arrivés. Cela va nous faire un bien fou de nous poser 2, 3 jours ici. C'est si paisible et si joli. Le lac est encerclé par les montagnes. Franck s'est allongé et les garçons sont au billard.
10 juin 2009
Il fait un temps splendide et la vue que nous avons sur le lac dés notre réveil est divine. Franck a dormi comme un gros bébé mais ne touche pas plus à son p'tit déj', qu'il n'avait touché à son dîner hier soir. Il est encore fiévreux et fortement asthénique. Ce n'est pas normal cette fièvre qui perdure depuis 5 jours. Il se rend au dispensaire le plus proche, y rencontre la doctoresse qui lui prescrit une prise de sang afin de diagnostiquer et de déterminer d'où proviennent ces montées de température. Tous les symptômes semblent indiquer qu'il est probablement affecté par la dengue. Par contre, l'hôpital se trouve à l'autre extrémité de l'île, à environ 2 heures de trajet d'où nous nous trouvons et pas question de couper à travers le centre, le chemin indiqué sur la carte traversant la jungle. Nous louons des scooters, nous munissons d'un plan, des explications des membres du lomen et prenons la route pour l'hôpital. Le soleil tape très fort, il fait très chaud et Franck est épuisé lorsque nous arrivons. C'est un grand hôpital fait de plusieurs bâtiments sur un niveau. Il n'y a apparemment pas grand monde, toutes les infirmières sont aux offices et ne paraissent pas débordées. Nous sommes orientés vers le laboratoire où il nous faut appeler pour y trouver quelqu'un. Deux jeunes filles nous prennent en charge.... mais « faut pas se presser ».........C'est du 2 de tension.......Elles font la prise de sang et l'analyse dans la foulée. Au moins ça, ça ne traîne pas. Un médecin ausculte ensuite Franck. Il y a foule autour de nous. On fait encore l'attraction de la journée. Le médecin nous confirme qu'il s'agit bien de la dengue au vu du faible taux de trombosits qu'il a dans le sang et des symptômes dont nous lui avons fait part : céphalées, douleurs rétro-orbitales, nausées, asthénie et, le docteur décèle en plus sur son torse et sur ses membres une éruption cutanée que nous n'avions pas perçu tant les points sont petits. Il nous donne les conseils de circonstances, comme de boire au moins 6 bouteilles d'eau par jour.... Rien que ça ! Et nous suggère de revenir d'ici 48 heures afin d'effectuer un deuxième prélèvement qui infirmera ou confirmera le diagnostic. Nous patientons, le médecin nous pose des questions afin de remplir le dossier administratif et nous informe vouloir avoir l'avis d'un de ses confrères avant de nous laisser repartir. Franck n'est vraiment pas bien. Le docteur en question arrive peu de temps après, et ne tarde pas à prendre la décision d'hospitaliser Franck. Il est déshydraté et souhaite l'avoir en observation afin de suivre de près l'évolution de sa température. Il est tout de suite mis sous perfusion. Je remplis les formalités d'admission. Je suis inquiète et surtout très ennuyée car notre lomen se trouve de l'autre côté de l'île et je n'ai nullement envie de laisser Franck seul ici et de faire les longs trajets qui feront l'objet d'une perte de temps et d'une fatigue supplémentaire, si l'hospitalisation doit durer plusieurs jours. Nous reprenons les deux-roues avec les enfants et allons voir en ville si nous ne pouvons pas trouver un hôtel nous permettant de rester à proximité de l'hôpital. Mais nos recherches s'avèrent infructueuses, nous ne visitons que « trous à rats » ou alors des taudis. J'ai déjà le moral dans les chaussettes.....pas question de déprimer encore plus dans ces endroits sordides. Nous allons faire des courses pour Franck, le nécessaire de toilette, des boissons et des chips (les enfants se sont fait un plaisir de lui choisir des sodas et autres cochonneries). Il serait bien qu'il s'alimente un peu. J'ai pris la décision de faire la route entre Tuk-Tuk et Sigaol, tant pis pour les longs trajets. Notre lomen et son petit village sont tellement agréables. Nous retrouvons Franck dans la chambre VIP que je lui ai choisit (sans la voir au préalable), nommée « Flamboyant I », je ne sais pas où ils sont allés chercher un nom pareil pour cette pièce qu'ils appellent « chambre » ! Le ménage n'a pas du y être fait depuis plusieurs mois. Sur les murs et les portes, des traces de crasses infâmes, au sol, des détritus, restes de nourritures, sacs en plastiques. La table de chevet collante, pas nettoyée depuis des lustres. Quant à ce que l'on peut considérer comme une salle de bain.....n'en parlons même pas. Les toilettes et le bac servant à être remplit d'eau (il n'y a pas de douche), et son broc sont immondes. Le bassin et l'urinoir traînent par terre...Pauvre chouchou, heureusement qu'il est à moitié dans le cirage, au moins il ne va pas passer son temps à observer ce taudis. Il s'est assoupit. Il a au moins une belle vue sur le lac, même si elle est derrière sa tête. Tiens, voilà un balai et une serpillère qui apparaissent sous nos yeux. En deux temps, trois mouvements voilà la « Flamboyant I » débarassée de quelques uns de ses détritus....Pas trop n'en faut, non plus ! Nous attendons qu'il se réveille, passons un petit moment avec lui puis reprenons le chemin du retour. La route est longue. Je suis exténuée, nous avons de plus pris de gros coups de soleil. Victor a ramené le scooter de Franck et je m'interroge si je dois les relouer la durée de l'hospitalisation ou bien opter pour le bus. Je me renseigne sur les éventuels bus pouvant nous emmener jusqu'à l'hôpital, c'est un peu la croix et la bannière, mais possible. Les garçons réinvestissent le billard et vont se baigner. Je passe plus d'une heure à faire des recherches sur internet concernant la « dengue fever », je trouve pas mal d'articles assimilant la dengue au virus H1N1, ou H1N5, surtout sur les îles de Sumatra et de Java. C'est encourageant et surtout très rassurant ! J'ai l'impression de faire un retour en arrière de 10 ans....J'envoie un message à Pierre afin d'en savoir plus mais tout en sachant qu'avec le décalage horaire je n'aurai probablement pas de réponses dans l'instanté. Je reste avec mes doutes et mes angoisses, bien que je sache que la dengue en règle général ne génère pas de complications. Je vais faire un tour dans le village, la nuit est tombée mais cela me fait un bien fou de m'aérer l'esprit. Les enfants se sont commandés à manger et sont installés sur la table jouxtant le billard, je les rejoins. Se prépare à côté, un spectacle de danses et chants batak. Le jeune Coaw, qui avait accompagné Franck chez la doctoresse ce matin me dit avoir croisé la doctoresse et discuté avec elle. Il serait peut-être possible que Franck soit transféré, à notre demande, au dispensaire d'à côté. J'irai la voir à la première heure demain matin, mais du fait qu'il ait besoin d'un nouveau prélèvement sanguin, je ne suis pas certaine que ce soit judicieux. Le docteur qui le suit a de plus l'air très compétent. Nous dînons, assistons au concert pendant que je relate notre journée. Lorsque je rappelle les garçons à l'ordre afin qu'ils ne rentrent pas trop tard, je les retrouve tous les deux avec les jeunes du lomen, Victor faisant des photos avec les filles et leur mobile.....De vraies mascottes. Victor finit sur une partie d'échec, puis ils rentrent tous les 2. Nous bouquinons avec Victor jusque tard dans la nuit, j'ai mille misères à trouver le sommeil.



















