05 novembre 2008
Le bus dans lequel nous avons passé la nuit était peu confortable par rapport aux bus « royal luxe» que nous avons pris jusque là, ils sont certes beaucoup plus chers mais beaucoup plus confortables pour dormir. Nous étions les seuls étrangers, et, le bus était plein. Franck a discuté un moment avec un péruvien jusqu'à ce que celui-ci s'endorme et se mettent à ronfler comme un dératé. Notre sommeil a été entrecoupé par les différents arrêts et le va et vient des passagers mais après 9h de trajet nous sommes arrivés à 5h du matin à Cuzco. « La Rome des incas », cette ville située à 3400 m d'altitude ainsi que ses environs font partie des endroits les plus beaux d'Amérique du sud et, il est certain qu'on ne démentira pas. Si Aréquipa est surnommée la ville blanche, pour Cuzco la couleur dominante est le rose. Du moins en ce qui concernent les églises et les édifices très anciens datant de l'époque coloniale. A l'heure à laquelle nous arrivons les rues sont vides, la ville commence à s'éveiller. Il fait frisquet. Nous prenons un premier taxi qui nous amène à une adresse très sympathique tenue par un normand marié à une péruvienne, mais malheureusement beaucoup trop chère pour nous. Il nous propose de garder nos sacs le temps que nous trouvions un autre hôtel, il est à préparer le nécessaire pour l'incas treck sur 4 jours, il partent ce matin. Après avoir écumé, tous les petits hôtels du quartier historique, nous finissons à l'auberge de jeunesse. Le taxi qui vient récupérer nos bagages et nous accompagner à l'AJ se prend pour Daniel dans « Taxi », la ville est bâtie dans une vallée et le quartier historique n'est fait que de pentes abruptes, d'escaliers à n'en pas finir, de ruelles pavées très étroites, bref, un vrai dédale. A deux reprises il prend de l'élan pour monter une grande côte, ou il n'y a la place que pour une voiture, mais se trouve coincé au beau milieu par, une première fois, une voiture, nous sommes obligés de redescendre toute la rue, (celle-ci étant très abrupte les freins n'ont pas intérêt à lâcher !) en marche arrière car impossible de redémarrer en pleine côte. Il remet ça une deuxième fois, et cette fois ci ce sont deux ânes qui nous freinent dans notre élan, rebelotte, on redescend. A la troisième tentative, nous restons coincés dans la côte dans un angle de la ruelle où il a voulu tourner faute de pouvoir continuer, il fait chauffer les pneus, ça sent le chaud, Franck descend pour l'aider et pousser la voiture mais celle-ci finit par caler....nous avons à moitié peur qu'elle ne reste pas en place et que le frein à main lâche le temps que nous dépotions nos paquetages. Il se fait rappeler à l'ordre par des ouvriers qui lui disent que ce qu'il vient de faire relève du n'importe quoi !!! Nous réglons la course et continuons à pied. On est complètement essoufflé, on a l'impression, chaque fois, d'avoir fumé la SEITA !! On se demande vraiment comment font les sportifs qui viennent s'entraîner à de telles altitudes, c'est incroyable !Nous prenons un petit déjeuner sur la terrasse, celle-ci surplombe toute la ville, on a une vue magnifique sur la plaza de armas, tous les toits de tuiles roses et les montagnes qui bordent la ville. Le soleil donne à la ville une atmosphère toute particulière. Nous nous renseignons pour un treck dans la vallée sacrée et le chemin des incas pour rallier le Machu Pichu. Finalement après d'âpres négociations, nous optons pour un treck de 4 jours, nous partons vendredi matin. L'accès au fabuleux site du Machu Pichu est devenu en peu de temps, quelque soit le moyen d'y accéder, l'un des sites les plus cher au monde, ça nous coûte une petite fortune. Nous nous promenons dans les rues, c'est très éprouvant physiquement. Franck va voir un match de football avec Victor. Je reste quant à moi avec Arthur à flâner dans les rues et faire les boutiques. Aux dires d'Arthur, nous avons quasiment traversé toute la ville pour trouver la poste pour y poster les cartes postales des mamies. En effet, nous avons beaucoup marché, et dans cette ville « beaucoup marcher » n'est pas une vaine expression, nous sommes très essoufflés avec toutes les marches et les montées que nous empruntons mais ça en valait vraiment la peine. J'adore cette ville, elle est splendide. Au détour d'une ruelle, nous rentrons dans une cour, une femme y est assise sur un carré d'herbe, elle a sur les jambes un drôle de métier à tisser qui fait à peu près sa taille. Elle tisse un chemin de table. Arthur s'asseoit à ses côtés, il est fasciné par la dextérité avec laquelle elle se sert de ses doigts et la vitesse à laquelle elle change les couleurs fonction de la façon dont elle manie ses bobines. Le soleil se couvre et un orage éclate en milieu d'après-midi, nous nous arrêtons dans un cyber café avec Arthur avant de retrouver Franck et Victor. Je discute avec une institutrice, elle me parle de la vie quotidienne des péruviens de la région, des enfants qui vont à l'école soit le matin, soit l'après-midi, voir même le soir, faute de personnel enseignant. Elle est très agréable, elle imprime des documents en quechua pour une agence pour laquelle elle travaille de temps en temps en plus de l'école. Elle parle un anglais scolaire, c'est marrant. Nous retrouvons les garçons sur la place des armes, nous allons prendre un verre dans un café tenu par des français pour avoir des renseignements mais ils ne sont pas là. Nous dînons dans un petit endroit très chaleureux puis rentrons, nous nous couchons tôt.
06 novembre 2008
Nous avons dormi comme des gros bébés, et, après un petit déjeuner sur la terrasse sous un soleil dominant et une vue toujours aussi belle, Arthur arrive avec une incisive dans les mains. Il vient de perdre une dent, il est tout content, la petite souris péruvienne va passer cette nuit. Il en a une autre qui commence à bouger, il s'interroge et fait des calculs savants quant à savoir de quelle nationalité sera la prochaine petite souris. Sera-t-elle Argentine, Chilienne ou Néo-zélandaise ? ....Nous nous rendons à la station de train pour acheter nos billets pour notre retour du Machu Pichu lundi soir. Après avoir pris un ticket comme à la sécu et attendu un bon moment, nous apprenons que dimanche et lundi aucun train ne quittera Agua calientes du fait des paysans qui doivent bloquer les voix ferrées ! C'est bien notre vaine, déjà que nous nous interrogeons sur notre arrivée en bolivie avec tous les mouvements et les manifestations qu'il y a depuis quelques semaines. Visiblement les routiers auraient trouvé des accords et signé un pacte afin de maintenir le calme pour le mois à venir mais d'après ce qu'on entend dire c'est loin d'être fait, et toutes les routes étaient encore bloquées jusqu'au week-end dernier. Apparement aucun bus, ni transport privé ne passe.....A suivre. On a beau retourner le problème dans tous les sens, nous n'arrivons pas à trouver de solution rationnelle afin de pouvoir faire un treck sur 4 jours et être de retour lundi soir à Cuzco. Nous devions allé au marché de Pisac ce matin, c'est à ¾ d'heure de route d'ici, mais au vu des circonstances, c'est trop tard ! Nous restons finalement la journée à Cuzco , nous restons sur notre fin et cherchons une solution. Nous allons déjeuner d'un poulet braisé à la broche, c'est très bon. Nous visitons la ville et achetons des bricoles . Tout ici n'est que tentation ; les lainages d'alpaga, les tissages, les bijoux, l'artisanat, les broderies, les masques......On a envie de tout acheter et, comme cette ville est belle ! On est vraiment au pays d'Esteban, Zia, Tao, les cité d'or.....Nous arrivons enfin à trouver un terrain d'entente avec de jeunes péruviens super sympats qui tiennent une petite agence qui organise des excursions. A défaut de prendre le train, nous rentrerons en transport privé qui nous récupérera à Ollantaytambo, après la visite du Machu Pichu, nous serons par contre obligés de rejoindre la ville à pied. Ils nous garantissent que nous serons arrivés à, temps pour prendre notre bus de nuit (si bus il y a, avec les grèves ce n'est pas encore sur) pour Puno à 22h00. Arthur essaie un VTT, demain nous commençons par une journée de vélo, en montagne, ça promet ! Le lendemain, c'est 8h de marche dans la jungle, le surlendemain idem mais cette fois en montagne et lundi, cerise sur le gâteau, l'ascension du Machu Pichu dés 4h00 du matin. Ça nous rappellera Tikal. Les négociations sont encore à couteau tiré, il faut toujours parlementer pour trouver le « juste prix » ! Nous devions rentrer à 18h pour travailler, c'est râpé ! On prend du retard sur le programme.......Nous dînons dans un petit resto tenu par un australien, on y mange hyper bien. On y rencontre un couple franco-australien avec qui nous discutons un moment. Lui est français, marié à une australienne. Ils vivent à Melbourne et ont également pris une année sabbatique, ils nous donnent des tuyaux pour notre futur séjour en Australie surtout pour l'open de tennis, ce sont apparement des passionnés, tout comme celui qui tient le resto, il nous dit jouer au tennis depuis plus de 20 ans, mais qu'ici avec l'altitude c'est difficile, on imagine aisément !!! Nous rentrons tranquillement, il faut que nous préparions le nécessaire pour 4 jours, tout en sachant que nous aurons les sacs sur le dos, il ne va pas falloir trop charger !! Nous partons à 7h30 demain matin.
07 novembre 2008
En temps normal, dans les grandes villes bâties dans des vallées encaissées, les gens riches vivent sur les hauteurs (pour la vue) et les gens pauvres dans les bas quartiers. Et bien, à Cuzco (tout comme dans les favelas de Rio, pour prendre un exemple), il n'en est rien. Tous les paysans et les habitants disposant de très peu de moyen vivent sur les collines entourant la ville, sur les hauteurs. Nous avons RDV avec nos guides sur la place des armes à 7h30. Lorsque nous arrivons, ils sont à installer les vélos sur le toit du colectivo. Nous sommes 11 au total avec les enfants. Deux australiennes, deux tasmaniens, un couple de suisse et un canadien. Nous sommes entassés dans le colectivo, mais peu importe, nous ferons la route comme ça ! Nous remontons une partie du flan nord de la ville pour accéder de l'autre côté de la montagne d'où nous partons en VTT pour la journée. Au cours des 3h de trajet qui nous séparent de notre point de départ, nous traversons des villages de paysans. Toutes les constructions sont en terre rouge (celle que l'on trouve partout autour de Cuzco) et torchis. On trouve d'ailleurs tout au long des routes que nous longeons, des tas de ces grosses briques façonnées à la main, elles sèchent en attendant d'être utilisées pour les bâtisses. Dans les villages, il n'y a ni chauffage, ni bien souvent de cheminée. Cette composition leur permet d'avoir une bonne isolation. Beaucoup de femmes en costume traditionnel sont dans les champs avec leur troupeau ; moutons, cochons (noirs), vaches et mules. Ces tons rougeâtres, voir vieux rose, et le vert des terres cultivées donnent aux paysages des allures de villages dignes des réalisation de Sergio Leone. Beaucoup de cactées envahissent les abords des routes et des falaises. Des petites filles se lavent et lavent leur linge dans la rivière. Afin d'éviter l'intrusion des indésirables sur leur modeste terre, à défaut des tessons de bouteilles plus communément utilisés chez nous, ils plantent des petits cactus à même le torchis. Nous venons d'écraser une poule, c'est le paysan qui va être content ! Il y a des volailles à traîner dans tous les coins, nous en croisons partout ; poules, coqs, dindons, canards et autres, c'est hallucinant.....Tout le long de la rivière, les terres sont très fertiles, le maïs (dont on dénombre pas moins de 30 variétés dans la région, du noir, du bleu, du rouge.....) y est cultivé en abondance. Nous venons de doubler le Péru rail, il n'y a donc pas de perturbations aujourd'hui. Après la piste, les routes qui amorcent la montée sont pavées comme dans nos villages classés. On double des ânes, des triporteurs. On est balloté comme c'est pas possible. Nous nous arrêtons faire une pause au fond de la superbe vallée sacrée pour le ravitaillement, dans un petit village du nom d'Ollantaytambo. De magnifiques ruines incas cernent le village. Victor s'achète une gourde avec un mousqueton. Il fait une chaleur terrible ! Nous discutons avec un groupe de motards qui se sont arrêtés. Une nouvelle fois nous sommes tiraillés par une énorme envie d'en faire autant, surtout avec ce temps. Nous reprenons la route pour monter jusqu'à 4600 m. Arrivés à notre point de chute, la météo a complètement changé. Il fait très froid, il pleut et nous sommes dans la brume. Nous enfilons bonnets, gants et vêtements de pluie avant de chevaucher nos deux roues. Et, nous voilà partis pour 4h de descente, jusqu'à 1200 m. Les premiers kms sont très difficiles, nous sommes tous gelés, on ne sent plus nos doigts et ça descend dur. De plus, il y a eu des éboulements à pas mal d'endroit, il faut zigzaguer entre les pierres et les troncs d'arbres sur des routes déjà très étroites sans rail de sécurité...puis, au fur et à mesure que nous descendons, le climat change, les degrés remontent, la pluie cesse et nous retrouvons un grand soleil. Les pointes de vitesses sont grisantes, mais je me surprends à plusieurs reprises à avoir de grosses frayeurs avec les enfants, ils foncent, ils n'ont peur de rien. Nous faisons une pause déjeuner et nous délestons de notre surplus de vêtements. Le soleil cogne de nouveau, on se badigeonne de crème solaire et de repelent, nous sommes aux portes de l'Amazonie et c'est truffé de Mosquitos ! Nous reprenons le chemin, mais cette fois c'est beaucoup plus ardu, on traverse pas mal de zones où de grandes mares d'eau traversent les routes, on est trempés. Evidemment, on reconnaît ceux qui ont une condition physique, le sexe masculin s'en donne à coeur joie. C'est vraiment génial, même si, au terme de notre ballade, nous avons les poignets, les bras et le dos brisés.....Je ne pensais pas que le VTT était à ce point si physique. ...Nous faisons connaissance avec Fanny et Yannick, le couple de suisse qui nous accompagnent, ils sont eux aussi partis pour 10 mois et nous échangeons une nouvelle fois plein d'anecdotes, de tuyaux et de bons plans, et surtout nous rendons compte une fois de plus du bonheur que nous vivons tous pendant cet extraordinaire périple. C'est curieux comme nous partageons tous les mêmes émotions et les mêmes envies. Nous apprendrons par la suite que les tasmaniens, Allyster et Tomas sont eux aussi partis pour plusieurs mois, tout comme les 2 australiennes. En arrivant au village où nous dormons ce soir, nous descendons boire une bière. Il n'y a pas grand chose à faire d'autre, puis nous dînons tous les 11 dans un petit restaurant avant de rentrer dormir. L'ambiance est vraiment très sympa. L'hôtel dans lequel nous passons la nuit est plus que basic, notre dortoir sent l'urine, c'est très roots ! Demain nous nous levons à 5h. Départ à 6h pour 8h de marche dans la jungle.
08 novembre 2008
Réveil en fanfare à 5h, nous disposons d'une douche pour tout le monde, on fait la queue. Petit dej' à 6h puis départ pour l'incas trail. En fait c'est le chemin des incas original que nous empruntons aujourd'hui et non pas le traditionnel Incas trail que tout le monde prend. Il fait déjà 31° à 7h15, ça promet, surtout que ça grimpe, et ça grimpe dur ! On grimpe, on grimpe, c'est très éprouvant physiquement avec la chaleur et les sacs sur le dos. La randonnée est extraordinaire mais difficile, parfois le sentier devient vertigineux avec des marches à flan de falaise. Tout au long de notre marche, nous traversons des paysages à couper le souffle. Le nom du chemin des incas lui a été donné du fait que les incas l'utilisaient pour rejoindre leurs sites sacrés sans emprunter les routes des vallées surveillées par les conquistadors espagnols. On se demande vraiment comment ils faisaient avec leurs mules et tout leur chargement du fait de l'étroitesse des chemins par moment. Nous traversons également des ponts à plusieurs reprises dont les planches sont par endroit complètement pourries, voir inexistantes. Il ne faut pas avoir le vertige. Nous croyons même quà un moment l'une des australiennes va rester coincée au milieu du pont, elle n'arrive plus ni à avancer, ni à faire demi-tour. Par contre les enfants adorent, malgré les précipices se trouvant au-dessous. Nous nous arrêtons faire une pause dans un drôle d'endroit en plein milieu de la montagne, il faut vraiment savoir qu'il existe pour s'y arrêter !! il y a des animaux partout, des poules, des dindons, un petit singe et un coati qui font l'attraction de tout le monde, dans la cuisine des cochons d'inde courent partout, ils sont là en attendant d'être cuisinés !! Le propriétaire nous offre une tranche de papaye, les canards se battent pour en attraper les peaux. Pour le déjeuner nous mangeons chez des habitants de la montagne, c'est très rustique, surtout les toilettes.....mais on apprécie vraiment la pause, d'autant que nous pouvons profiter de hamacs dans lesquels nous resterions bien le reste de la journée. Comme très souvent, nous déjeunons d'une soupe et d' un plat fait de poulet, de riz et de pommes de terre. Jamais de dessert. La basse cour rentre et sort à sa guise dans l'habitation, comme un peu partout chez les gens ou on est passé. On a même un petit cochon de lait marron avec de grosses taches noires qui se faufilent sous notre table pour chiner des restes...Il est l'heure de repartir. On renfile nous chaussures (qui sont dans un sacré état). Le ciel s'est couvert et le tonnerre gronde, nous allons sûrement avoir de la pluie. En redescendant, nous longeons des sentiers dont les arbres fruitiers couvrent la moindre parcelle ; avocatiers, cacaoyers, caféiers, orangers, papayers ainsi que des cultures de coca. C'est vraiment très beau. Comme il fallait s'y attendre, il se met à pleuvoir, juste au moment où nous arrivons à un endroit où la falaise s'est effondrée. Qu'est-ce qu'on fait ? Doit-on essayer de passer ? Doit-on faire demi-tour ? Notre guide (très imprudent) décide que nous pouvons y aller, bien qu'on ne soit pas dupe, la falaise risque l'éboulement à tout moment, en plus ça glisse. On a pas le choix, on y va. C'est ça où on rebrousse chemin, et personne n'en a envie. Nous pataugeons dans la gadoue, mais ça nous rafraîchit un peu et, finalement donne à cette randonnée une toute autre atmosphère. La pluie cesse après 20 bonnes minutes. Nous arrivons à « Hot spring », des sources d'eaux chaudes au pied de la montagne. L'endroit est encore plus beau que dans la canyon de colca. Et vu l'état de crasse dans lequel nous nous trouvons, on apprécie d'autant plus. C'est hyper relaxant de se prélasser dans les bassins d'eau chaude, surtout après les efforts fournis. Notre guide nous propose de prendre le bus pour rejoindre le village où nous dormons ce soir ou bien de continuer à pied encore 1h30 de marche. Nous optons tous pour le bus. On est claqué et en plus dévoré par les moustiques. Après le dîner, nous finissons à boire des bières au milieu de la rue principale du bled, .... sans pour autant nous coucher tard, il est 23h lorsque nous rejoignons « nos camas » ! Journée et soirée super sympa du haut de nos nationalités très différentes, et vraiment de belles rencontres. C'est surtout dans ces moments là que nous apprenons sur les autres, leurs habitudes et leurs pays.
09 novembre 2008
Un petit répit pour ce matin, levé à 8h00 pour départ à 9h00, l'une des australiennes et Jess le canadiens souffrent de grosses ampoules. Plutôt que de marcher les 3h00 prévues pour rejoindre les cascades ce matin, nous prenons le colectivo. Dans un sens c'est pas plus mal, vu le cagnat qu'il fait ! Notre guide, Diego, nous laisse aux cascades (comme bien souvent où il nous laisse seuls, nous nous disons d'ailleurs que nous aurions très bien pu tous nous débrouiller sans lui !), encore un endroit magnifique. Un arc en ciel en traverse le centre. Certains s'y baignent, dont Arthur. Nous reprenons notre marche à pied jusqu'à l'heure du repas où nous déjeunons au milieu de nulle part. On farniente une petite demi-heure puis repartons, cette fois jusqu'à notre point de chute ; Agua Calientes. Nous longeons la voix ferrée tout du long du chemin, je discute longuement avec Fanny, la jeune suisse qui fait le tour du monde. Elle est adorable et, comme c'est plaisant de parler français. Nous voilà enfin arrivés au pied du Machu Pichu dont on aperçoit les ruines au sommet. Comme ça nous paraît haut ! On en croit pas nos yeux......Le Machu Pichu !!!! Incroyable....Comme nous avons hâte d'en atteindre la cime. Quelle vision extraordinaire....Agua Calientes est un gros village concentré autour sa gare ferroviaire où se retrouvent tous les routards qui y passent la nuit. Ca fait un peu ambiance de village de pionniers....Notre hôtel est correct, depuis que nous sommes partis, ça va crescendo. Nous disposons tous d'une salle de bain privée, avec en plus de l'eau chaude....Quel bonheur ! On est tellement sale qu'on en apprécie la moindre goutte. Franck descend s'acheter un pantalon, le sien est dans un état....On avait pris 2 cahiers de TD, les enfants travaillent un peu avant d'aller dîner. On se retrouve tous dans un petit resto pour notre dernier repas en commun, puis nous rentrons tous sagement, demain, on se lève à 4h, c'est le grand jour ! Avant de rentrer on apprend qu'il ne devrait pas y avoir de grève et que les trains circuleront normalement, le guide nous demande nos passeports pour aller acheter les billets. Nos passeports ! Mais, nous ne les avons pas pris avec nous, nous les avons laissé à l'AJ à Cuzco. Bravo !! Alors là, c'est le mauvais plan, Diego passe plusieurs coups de fil et obtient finalement l'autorisation de nous faire prendre le train à condition que nous soyons avec lui demain matin pour prendre les billets, le guichetier exigeant de nous voir. Après ça, il nous faudra rejoindre les autres en chemin...Par contre, pas de tampons du Machu Pichu sur nos passeports.....
10 novembre 2008
4h ! ça toque à notre porte, il faut se lever. Une petite douche, on prend juste le nécessaire pour la journée puis let's go ! Nos compagnons de voyage prennent le chemin pour le Machu Pichu pendant que nous accompagnons Diego à la gare pour l'achat de nos billets de train. Celle-ci n'ouvre qu'à 5h, ça commence bien, il est 4h30, il faut que nous attendions une demi-heure. Nous devons rejoindre le reste du groupe pour 6h, un guide nous y attendant. En fait nous ne commençons la montée qu'à 5h45. Nous ne serons jamais en haut pour 6h....Nous entamons la montée à un rythme efreiné pour essayer de rattraper notre retard. En temps normal, il faut 1h30 pour arriver en haut, nous ne mettons que ¾ d'heure, mais à quel prix !! Nous sommes de vrais éponges, complètement trempés, nous venons de monter plus de 2000 marches !!! Et pas des petites.........Les garçons sont encore derrière, je me précipite à l'entrée pensant qu'on va nous sauter à la gorge du fait de notre retard....Mais personne. Nous apprendrons par la suite qu'ils ont pénétré sur le site dés son ouverture et que le guide ne les a rejoint qu'à 7h15......Nous n'avons pas chercher à les rejoindre pensant que nous avions loupé une bonne partie des explications, tu parles ! De toute façon nous n'avons pas de regrets, beaucoup de théories circulent sur le Machu Pichu et apparement pour beaucoup de symboliques, les guides avancent des hypothèses différentes. Nous prenons un plan à l'entrée et effectuons la visite nous-mêmes. Ce lieu est tout simplement grandiose. Nous avons en plus une chance inouïe, il fait un temps magnifique et il y a peu de monde, du fait des soient-disant grèves !! Nous apprenons également que le site sera fermé toute la semaine prochaine pour la visite de personnes importantes, on l'a échappé belle ! Sur la vaste esplanade de gazon, broutent les derniers alpagas du Machu Pichu. Comme pour la visite de Tikal (l'équivalent du Machu Pichu au Guatemala), au lever du soleil, la brume fait partie du paysage. Elle se déplace, tels de gros nuages, tantôt le Machu Pichu est découvert, tantôt il est complètement embrumé, jusqu'à ce que le soleil prenne définitivement place. A cette altitude, il fait vraiment très chaud et nous sommes encore dévorés par les moustiques, c'est infernal. Comme dirait Arthur à son frère « t'as plus un seul cm de peau sans bouton, on dirait que t'as la varicelle... »Pour dire à quel point nous avons été piqué, pauvre Victor, il en a jusque sous les yeux, les lèvres.....Nous ne l'avions encore jamais été à ce point, malgré les tonnes de repellent que nous mettons sans arrêt ! Nous n'avons pas fini notre ascension et nous demandons si nous devons grimper au sommet du Wayna Pichu. En effet, celui-ci culmine à 2700 m et son ascension est assez difficile avec des passages délicats à flan de montagne. Il faut être très vigilant et surtout ne pas être sujets au vertige. D'ailleurs au bas de la montagne, un gardien dans une cabane en bois nous demande d'inscrire nos noms, l'heure à laquelle nous partons ainsi que celle de notre retour lorsque nous redescendons, et ce, pour des raisons de sécurité. En cas de non retour, ils lancent des recherches, c'est rassurant ! Il faut également être pourvu en eau et ne pas porter de sacs de plus de 20 kg. On se dit que nous ne pouvons pas ne pas aller jusqu'au bout après ce que nous venons de faire durant ces 4 jours. On briefe les enfants (surtout Arthur qui grimpe toujours partout), et nous revoilà partis pour des centaines de marches, de hautes marches, un vrai supplice ! Mais alors, enfin là haut, on est largement récompensé, le panorama est absolument grandiose. On comprend pourquoi ce site est classé parmi les 7 merveilles du monde. Pour rejoindre Agua Calientes, nous redescendons bien évidemment les milliers de marches montées ce matin. Nos attrapons in-extrémis le train backpacker (le fameux train bleu en bois), celui-ci nous achemine jusqu'à Ollantaytambo ou nous devons reprendre un colectivo jusqu'à Cuzco. Lorsque nous descendons du train, il pleut des cordes et personne ne nous attend, comme c'était prévu. Nous attendons un moment abrités sous une terrasse de restaurant. Nous n'avons même pas de N° de tél pour rappeler l'agence. Nous finissons par trouver un autre colectivo qui rentre sur Cuzco, il faut encore palabrer avec le chauffeur qui veut absolument que nous payons la course. Nous ne sommes pas d'accord, le retour étant prévu dans notre forfait. Bref, nous réglerons ça dés notre arrivée. On a de toute façon pas le choix, nous nous ferons rembourser par le jeune péruvien de l'agence. Ces 4 jours ont été assez éprouvants physiquement mais pour rien au monde nous n'aurions échangé nos places, c'était que du bonheur à l'état pur, avec en prime de belles rencontres. Nous quittons d'ailleurs à regret Fanny et Yannick qui continuent leur chemin et nous le notre, tout comme les autres dont Tomas et Allyster qui nous ont appris pas mal de choses sur leur île. Nous échangeons nos adresses mail et promettons de se suivre tout au long de nos aventures respectives. Nous avons nos billets de bus pour Puno, nous repartons à 22h. Nous dînons, on est affamé, puis nous retournons chercher nos sacs à l'A.J. Franck consulte rapidement la messagerie et répond aux 5-Bicyclettons qui nous ont envoyé un message afin que l'on se retrouve. Le receptionniste nous autorise à prendre une douche. Le bus que nous prenons est plus que limite, le jeune de l'agence a du se mettre une partie de la somme que nous lui avions laissé dans les poches pour nous prendre des places au rabais.....On est reparti pour 8h de trajet, il n'y a que des locaux avec leurs énormes sacs remplis d'on ne sait quoi ! A peine partis, nous somnolons déjà, bien que le chauffeur conduise comme un fou, le bus crève, il répare la roue et on repart. Nous sommes de nouveau réveillés, on doit changer de place, des péruviens étant montés dans le bus sans payer refusent de nous céder leur place. Franck excédé avec Arthur qui dort debout commence à s'énerver, on est levé depuis 4h ce matin et, avec la journée que nous avons eu, nous avons besoin de dormir. Finalement tout s'arrange, ils sont obligés de descendre du bus, la jeune femme avec sa couverture me fait pitié.
11 novembre 2008
Nous arrivons sur Puno à 5h30, le soleil se lève sur le lac Titicaca, nous l'avons enfin devant nos yeux ! Nous débarquons à la station de bus, il fait frisquet. Puno est une grosse ville au bord du lac, au pied d'un cirque de montagnes pelées. Nous sommes à 3900 m, c'est la région des Andes où l'homme, possède une cage thoracique modèle supérieur, avec beaucoup plus de globules rouges que nous, les pommettes violacées des péruviens vivant ici s'expliquent d'ailleurs par cette augmentation du nombre de globules rouges. Comme d'habitude, il nous faut encore une bonne heure avant de trouver un hôtel qui nous convienne, nous laissons les garçons avec les sacs dans le premier hôtel auquel nous nous sommes arrêtés et partons arpenter le centre. La ville s'éveille peu à peu et le soleil est déjà bien présent, c'est très agréable. On se dit avec Franck que c'est vraiment plaisant de profiter de l'aurore matinale, d'autant que nous ne sommes pas particulièrement fatigués malgré notre manque de sommeil. Lorsque nous récupérons les enfants, ils se sont rendormis dans des fauteuils dans le hall de l'hôtel. Nous avons trouvé un petit hôtel prés de la place des armes, il y a un agneau dans les escaliers de nos chambres qui n'arrête pas de bèler. A peine défaits les sacs, nous avalons un petit déjeuner copieux puis réunissons tout notre linge sale, que j'emmène en vitesse à la laverie, j'ai presque honte de le donner au jeune homme qui le réceptionne (vu l'état de crasse et l'odeur des chaussettes mouillées qui sont restées à macérer dans un sac plastique...). 11 kgs de linge, bonjour la note ! Plus chère qu'une nuit d'hôtel pour 4.....Je laisse les garçons à l'hôtel, Franck fait un premier tri des photos que nous avons pris depuis Cuzco pour les basculer sur le blog (on en prend tellement que le choix est difficile, c'est un vrai casse-tête), les garçons prennent une douche et se coulent sous leur drap dans leur chambre devant la TV. Une fois n'est pas coutume. Quant à moi, je pars explorer la ville. Après 3h30 de vadrouille je retrouve Franck qui n'a toujours pas fini son tri, je lui donne un coup de main puis les garçons travaillent un peu avant que nous sortions pour déjeuner. Nous achetons des empanadas et des pâtisseries dans la rue puis nous dirigeons vers le lac en nous promenant, nous trainons dans les différents marchés puis rentrons pour retravailler un peu (nous avons pris du retard), nous sortons dîner, Victor a choisi le restaurant dans lequel nous allons (chinois), il nous y emmène avec un plan. On y mange copieusement pour quelques soles. Puis dodo de bonne heure et demain matin, on s'octroie une grasse matinée.
12 novembre 2008
En guise de grasse matinée, nous sommes réveillés au aurores, rien d'étonnant à cela, nous nous sommes couchés à 21h. Les enfants eux doivent encore dormir, nous les laissons récupérer et descendons déjeuner, nous allons aussi en profiter pour mettre à jour le blog. Le petit agneau est également réveillé, on l'entend geindre dans l'escalier. Nous descendons déjeuner, les garçons dorment profondément dans leur chambre. Nous passons deux bonnes heures sur internet avec Franck pour alimenter le blog et faire le tri dans notre messagerie, puis nous remontons à l'hôtel chercher Victor et Arthur. Depuis quelques jours, nous semons tour à tour nos affaires ; Franck a perdu ses lunettes de soleil (pour la 2ème fois...), s'est sûrement fait voler son polaire à Aréquipa, Arthur a oublié son sweat au sommet du Wayna Picchu, perdu lui aussi ses lunettes de soleil, et avons également égaré deux casquettes, une chèche, notre couteau et, on en est à notre 3ème gobelet métallique, que sais-je encore......bref, il faut refaire des achats. Comme hier midi, nous déjeunons dans la rue. Je ne sais pas si c'est le chinois d'hier soir, mais j'ai les intestins en vrac. Nous négocions un taxi pour nous rendre à Sillustani, à 37 kms de Puno. Situé à 4000 m d'altitude sur une presqu'île, le site au sommet duquel se trouvent plusieurs tours en ruines qui dominent le lac Umayo, jouit d'un panorama à couper le souffle sur la lagune et les environs. Aux époques inca et pré-inca, cet endroit était réservé à un petit nombre d'initiés qui choisissaient ce lieu pour dernière demeure. Ils cherchaient à se rapprocher du ciel. Le cimetière comporte les ruines d'une cinquantaine de tombes funéraires ou Ayahuasi (aya signifie mort et huasi maison). Les premières tombes (chullpas inkas) datent de la civilisation collas et les plus récentes datent de 1440 à 1535, lorsque l'altiplano a été conquis par le grand inca Tupac Inka Yupanqui. Certaines tombent possèdent des animaux gravés dans la pierre. Ce lieu dans lequel on éprouve encore une sensation de « seuls au monde » est emprunt d 'émotions. C'est vraiment très beau. Nous nous installons un moment au sommet pour écouter le silence sur le lac. Nous n'y restons malheureusement pas très longtemps, nous n'avons pas pris de chapeau et craignons l'insolation, tant le soleil tape. Les garçons ont encore pris de gros coups de soleil. Lors de notre retour sur Puno, nous traversons encore des villages restés intacts et très typiques, nous nous y arrêtons, des femmes lavent leur linges au beau milieu d'un champs dans de grosses bassines en zinc, les autres sont pour la plupart avec leur troupeau ; lamas, alpagas, moutons, mules....On assiste à la tonte d'un alpaga, les garçons sont fascinés par toute cette laine épaisse et emmêlée...Une des femmes nous explique la symbolique de leur maison. En effet, je l'interroge car sur tous les toits de chaumes se trouvent deux petits taureaux de terre cuite ainsi qu'un pneu de vélo. Peu banal, non !! Elle m'explique que les deux petits Torinos éloignent les mauvais esprits et je crois comprendre que le pneu est là pour éradiquer le mal et l'éloigner des maisons les nuits de pleine lune. En fin de journée, nous nous occupons de prendre nos billets de bateau pour les îles que nous allons visiter durant 2 jours sur le lac titicaca ainsi que nos tickets de bus pour Copacabana samedi matin. Nous franchissons la frontière Bolivienne. Nous rentrons travailler. Lorsque nous rentrons de dîner, nous constatons qu'il y a effectivement une pleine lune cette nuit.... Nous préparons nos affaires pour 2 Jours. Demain nous partons à 7h30.
13 novembre 2008
Franck s'est levé en pleine nuit avec un mal de tête l'empêchant de dormir et des nausées. Nous supposons que c'est du à l'altitude. Quant à moi, je n'ai pas réussi à me rendormir et une fois de plus nous sommes debouts aux aurores. On prend juste le nécessaire jusqu'à demain soir et rejoignons le port où nous embarquons. Le lac titicaca est le plus haut lac navigable du monde, il est situé à 3812 m d'altitude et mesure 175 kms de long, il couvre 8340 km². « Titikaka » signifie puma gris en ayamara. A cette altitude, la qualité de la lumière est particulièrement exceptionnelle, les montagnes qui semblent toutes proches sont en fait à plus de 20 ou 30 kms. Nous trouvons d'ailleurs surprenant avec Franck que le ciel soit d'un bleu si profond , sans aucun nuage alors que nous distinguons des nuages au-dessus des montagnes au loin. Une légende andine raconte qu'un trésor dormirait au fond du lac Titicaca. Il s'agirait d'une partie du grand trésor des incas du XVI éme siècle. Captivé par l'histoire qui entoure ce secret, le commandant Cousteau a effectué des fouilles sous-marines au cours des années 70. Il n'a malheureusement rien trouvé, mais la plus grande partie du lac n'a jamais été fouillée. Elle reste dons à explorer. Avis aux amateurs !!! D'autant qu'une autre légende circule comme quoi une cité serait enfouie au fond du lac (la fameuse cité d'or ? Allez savoir). Sur le lac, existent une quarantaine d'îles sur lesquelles vivent environ 2000 habitants. Certaines de ces îles, les îles Uros, où nous nous rendons, sont des îles flottantes, elles sont formées d'une couche compacte composée de roseaux flottants. Celle-ci mesure 3m d'épaisseur avec une base immergée formée de racines emmêlées et ressemblant à de la terre. A notre arrivée, les Uros nous expliquent tout ça avec beaucoup de fierté. Le roseau occupe une place très importante dans leur vie. Ils s'en nourrissent, ils nous y font d'ailleurs goûter. Apparement ça les rendrait très intelligents......Il sert aussi à fabriquer leurs maisonnettes, leurs huttes, leurs meubles et leurs barques. Il protège aussi les îles contre les vagues. Celles-ci sont ensuite fixées à l'aide de poteaux d'eucalyptus. Les habitants de ces îles vivent très modestement, grâce à la pêche, la production de canards et d'oeufs qu'ils vendent sur les marchés. Ils boivent l'eau du lac, d'ailleurs un tout petit bonhomme avec une grosse morve au nez, se rapproche de nous avec un petit pot de yaourt et prend de l'eau à nos pieds pour la boire ; c'est stupéfiant ! Surtout quand on sait que leur espérance de vie ne dépasse pas 45 ans pour la plupart. Il n'ont bien évidemment pas l'électricité et s'éclaire à la bougie ou pour quelques rares privilégiés à l'aide de panneau solaire. Les hommes pêchent ou travaillent à puno comme employés ou chauffeurs de taxi. Ils ne rentrent que le soir. Seules les femmes et les enfants restent sur les îles. Nous découvrons ce coin de bout du monde avec de véritables yeux d'enfants. On dirait des maquettes fabriquées en paille. Nous prenons un bateau de roseau pour passer d'une île à l'autre. Ces bateaux nous font penser à des bateaux de vikings. Nous repartons ensuite pour l'île d'Amantani. Nous sommes répartis dans des familles qui nous accueillent à notre arrivée. Notre hôte se prénomme Juan, nous le suivons jusqu'à sa modeste demeure. Il faut grimper, grimper et encore grimper, ça n'en finit pas. Nous avons vraiment beaucoup de mal avec le manque d'oxygène. On a constamment l'impression que nos poumons sont saturés, c'est vraiment une drôle de sensation. L'île d'Amantani est l'une des îles les moins peuplées et les plus sauvages du lac. Il n'y a ni hôtel, ni restaurant, ni magasin ; Rien ! Les habitants vivent sous le régime de la communauté et sont très pauvres. Les enfants sont par contre surpris car ils s'attendaient à dormir sur de la paille, et bien, il n'en est rien, nous disposons d'une petite chambre au confort très sommaire, j'en conviens, les murs sont en torchis mais les lits en dur avec des sommiers en paille, mais, tout de même de vrais lits...Nous jouissons d'une vue sur la cordillère bolivienne époustouflante, on a devant les yeux les monts enneigés, et le lac qui luit sous le soleil. Juan nous rapporte une infusion de muya pour lutter contre les maux de têtes en attendant le déjeuner (il est 15h30, on est mort de faim). Franck n'est pas très en forme, il se repose un peu. Juan nous appelle ; le repas est prêt. Nous descendons dans une pièce de l'autre côté de la cour d'environ 3m², c'est la cuisine, le sol est en terre battue et les murs en torchis. La femme de Juan cuisine par terre avec le strict minimum sur un feu de bois alimenté avec de la bouse de vache séchée. Au menu : soupe de quinoa et fromage cuit avec une espèce de pomme de terre que nous n'avions encore jamais vu qui ressemble à des racines. C'est très bon. Après le repas, nous descendons au stade de foot du village. Victor, Arthur et Franck se joignent à des jeunes qui font un match. Une fois de plus, le souffle manque........Ensuite nous montons jusqu'au sommet de l'île, à 4600 m. Franck est de nouveau pris d'une migraine épouvantable et a beaucoup de mal à respirer, il lui faut s'arrêter très souvent, Victor aussi est gèné, quant à Arthur ; aucun problème, il grimpe comme si il avait fait ça toute sa vie. Pour ma part, je commence à m'acclimater et ne suis presque plus embêtée. Arrivés en haut, c'est encore un véritable décor de carte postale que nous avons devant les yeux, la vue sur le lac est exceptionnelle. En plus nous assistons au coucher du soleil au pied du temple de Pachamama (la divinité de la terre). Lorsque nous redescendons, le vent s'est levé, il fait très froid, heureusement que nous avons nos petits bonnets et nos gants. Nous nous reposons un peu avant le dîner. Franck se coule au chaud sous les couvertures d'alpaga, il est vraiment patraque. Pour le souper, Maria, la femme de Juan, nous a préparé une soupe de verdure et des grosses galettes de quinoa. On est pris d'un fou rire avec Franck, on a l'impression de rejouer la scène « des bronzés font du skis » lorsqu'ils se retrouvent dans le refuge en montagne. A l'issu du repas nous enfilons des costumes locaux pour aller danser. Ponchos et bonnets pour les garçons et Chemise, coiffe, 2 jupons et une jupe avec 2 ceintures qui font office de corset pour moi. Je suis engoncée comme un bonhomme Michelin....Il va pourtant bien falloir bouger pour danser...Des musiciens jouent de la musique dans la salle municipale et nous y sommes conviés. Nous nous prenons vite au jeu et nous lançons sur la piste au son des flûtes de pan. Après un certain temps, alors que personne ne danse, Arthur se lève et invite une péruvienne, il nous surprend et ça fait rire tout le monde, surtout qu'elle n'est pas beaucoup plus haute que lui. Franck n'étant vraiment pas dans son assiette nous rentrons tôt.
14 novembre 2008
Juan toque à notre porte à 6h30. Pas de douche, nous sautons dans nos vêtements (Franck a dormi tout habillé, pratique...) . Il fait un soleil magnifique et de la maison nous surplombons le lac, c'est trop beau !! Il n'y a pas l'eau courante c'est avec l'eau d'une grosse bassine en zinc que nous nous débarbouillons ; elle est gelée ! Petit déj', fait de crêpes et d'une infusion de muya. Nous échangeons nos adresses, et Victor promet de leur envoyer des cartes postales des pays où nous passerons. Ils sont adorables tous les deux, ils ont 58 et 57 ans mais font beaucoup plus jeunes que leur âge, ils nous disent que cela vient du fait qu'ils ne se nourrissent que de produits naturels et qu'ils vivent en étroit lien avec la nature. Ils ont sûrement raison. De leurs sept enfants, seulement deux d'entre eux (dont nous avons fait connaissance hier soir) sont encore sur l'île, les autres sont partis sur le continent pour travailler, ils ne reviennent que pour noël. Nous les saluons chaleureusement et Juan nous raccompagne jusqu'au point d'embarcation. Nous repartons pour l'île de Taquile. Cette dernière île que nous visitons est une île de rêve ; pas de véhicules motorisés, même pas de vélo. Remarque, vu la déclivité, rien d'étonnant !!! En y débarquant, nous avons le sentiment d'amarrer dans un petit port de Crète. Les gens disent que cette île ressemble à l'Irlande ou à la Croatie (un mélange des 2 quoi...). Tout le monde se déplace à pied, ça monte et ça descend, c'est très fatiguant. Les maisons ressemblent à de petites chaumières entourées de bosquets d'eucalyptus. Il y a des moutons partout et dés l'aube, les hommes et les femmes ont un rituel, ils partent pour la corvée d'eau, une cruche attachée dans leur dos. On se croirait hors du temps. On a vraiment du mal à croire que de tels endroits existent encore ! Les habitants vivent en autarcie, d'une manière communautaire, comme à Amantani. La répartition des cultures et des récoltes se fait selon les besoins de chacun. Ils cultivent essentiellement des patates, du maïs et des haricots. Leurs costumes ne ressemblent en rien à ceux que nous avons vu jusque là. Les hommes portent de longs bonnets qu'ils tricotent eux-mêmes, c'est marrant de tous les voir avec leurs aiguilles à tricoter dans les mains en marchant (fonction de la couleur, nous savons si ils sont mariés où pas). Ils portent également une large ceinture, un boléro avec une chemise blanche avec des manches bouffantes et un pantalon foncé. Ils s'éclairent aussi à la bougie et n'ont pas non plus l'eau courante, malgré de nombreuses fontaines mais qui ne peuvent être utilisées faute de pompe. Nous accostons du côté Est de l'île, ce qui nous évite de grimper les 584 marches qui mènent à la place centrale, nous grimpons par un sentier pavé tout aussi abrupte mais peut-être moins éprouvant physiquement. Encore le soleil et une nouvelle fois l'altitude, nous souffrons un peu..... On dit qu'il faut entre 7 à 10 jours avant de s'acclimater à l'altitude. On espère que ça va aller car ça ne devrait pas s'arranger avec les hauteurs Boliviennes, surtout si nous partons plusieurs jours en treck dans la cordillère des andes, ce que nous avons prévu de faire. Après une visite nonchalante, il fait vraiment trop chaud !! Nous redescendons pique-niquer sur « le port », c'est fou ce que ça nous rappelle les petits ports enclavés de crête ou des îles grecques. Fin de journée, retour à Puno, nous transférons nos dernières photos. La clé USB est saturée, Franck descend en acheter une autre. Je tape mes notes et le rejoins dans un cyber-café avec Victor et Arthur avant d'aller dîner. Demain matin, nous prenons le bus pour la Bolivie ; direction La Paz via Copacabana.
Petite conclusion :
Nous imaginions et rêvions le Pérou depuis des années, mais jamais nous n'aurions imaginé une telle richesse et une telle diversité tant au niveau des paysages que dans la civilisation elle-même. On a trouvé ici une véritable richesse humaine et culturelle. Les gens sont d'une gentillesse hors du commun. Entre les côtes sablonneuses et désertiques, les villes telles que Nazca, Aréquipa, Cuzco, Pisco, Pisac, Puno, les îles et les vestiges incas comme le fameux Machu Picchu, les magnifiques sommets de la cordillère..... Nous sommes bluffés ! Autant (comme dirait Franck), j'ai tendance à m 'emmerveiller de tout et à m'attacher très facilement aux gens, autant Franck est souvent sur la réserve. Et bien, là, il a lui aussi, tout comme les enfants l'ont été, émmerveillé par ce pays qui nous a vraiment touché. En bref, nous avons ADORE !



















