13 juin 2008
bolivie
Superficie : 1 098 581 km² (2 fois la France)
Population : 8 500 000 habitants
Capitale : La Paz (1,4 million d'habitants) est le siège du gouvernement, Sucre (160 000 habitants) la capitale constitutionnelle
Peuples et ethnies : Indiens Quechuas 30%, métis 28% environ, Indiens Aymaras 25%, Européens 10% environ (principalement d'ascendance espagnole)
Langues : espagnol et langues indiennes (aymara et quechua)
Religion : catholique à 95%
Institutions politiques : démocratie
Principales activités :
agriculture, stupéfiants, étain, gaz naturel. La Bolivie fait partie
des pays pauvres très endettés et dépend encore en grande partie des
organismes multilatéraux comme la Banque Mondiale
Décalage horaire : - 4H
Formalités : Passeport valide 6 mois après le retour
Pas de visa pour un séjour < 30j (à vérifier au moment du départ, réglementation fluctuante)
Monnaie : Le Boliviano : 1€ = 9,83 BOB - 1 BOB = 0.10 € au 15 juin 2008
15 novembre 2008
Bon, encore une nuit écourtée, mais cette fois ce sont nos intestins qui nous jouent des tours. A 5h30, nous sommes debout et douchés, Franck est sorti faire un tour. Nous avons un virus dans le P.C., qui infeste tout élément extérieur, ça le travaille. En l'occurrence, hier c'étaient les clés USB. On a des photos qui n'ont pas été transférées sur le blog et nous ne les retrouvons plus...Il va falloir trouver une solution, mais d'ici c'est pas si simple ! La solution la plus simple serait de reformater le disque dur, mais dans ce cas là, on perd tout....Nous partons à 7h pour le terminal de bus. Pour une fois nous prenons un bus de jour car la frontière ferme à 19h et ne rouvre qu'à 9h le lendemain matin. Par ailleurs le trajet de nuit est de plus en plus risqué. Jusqu'au passage frontalier, nous avons l'impression de visionner un film ou un docu sur les plus beaux paysages andins, le long du lac c'est très désertique. Beaucoup d'animaux et de paysans occupent les immenses champs arides. C'est donc sur fond de Téléphone, Aubert, Capdevielle, Paul Personne, Renaud, Gainsbourg et bien d'autres (je sais, c'est pas tout jeune mais tellement approprié au moment, que je ne regrette pas un instant d'avoir chargé mon I.pod de ces monstres sacrés de la chanson française), que je me laisse aller à mon imagination en voyant défiler cette beauté à l'état pur. Comme d'hab', arrivés à la frontière il nous faut descendre du bus, remplir les formalités d'usage au service d'immigration péruvien puis une fois la frontière franchit à pied avec nos sacs, remettre ça du côté bolivien, Arthur nous fait remarquer qu'il faut que nous changions d'heure, et oui, encore une fois, on a l'impression de ne faire que ça.... Nous remontons dans le bus jusqu'à Copacabana. Non, non, on est pas au Brésil ! Même si ça nous rappelle de sacrés souvenirs avec nos compagnons de voyage, un fameux bain à 5h du matin sur la plage de Copacabana à Rio.......On pense très fort à vous. D'ailleurs pour la petite histoire, c'est à la suite d'une promesse faite par un marin égaré au large des côtes du Brésil, à la vierge de Copacabana, qu'une plage de Rio doit son nom à cette ville. Copacabana est une petite ville au bord du lac Titicaca, nous longeons la plage un moment puis remontons vers le centre, sur la place de la cathédrale, qui, soit dit en passant, est un véritable bijou d'architecture. Nous avons devant les yeux une vision surréaliste !!! En effet, nos sommes samedi, et, une quantité de voitures (de la plus petite à la plus grosse voiture de marque), collectivos, taxis et même bus, attendent à la queue d'être baptisées.... oui, oui, d'être baptisées ! Elles sont toutes parées de fleurs, rubans et icônes religieuses....telles les voitures de mariés. Un prêtre les baptise tour à tour et les bénit (avec de l'eau bénite, biensûr), pendant que le chauffeur et autres concernés arrosent l'événement...à la bière ou au vin blanc !!! Franck ne peut s'empêcher de se joindre à eux, un chauffeur lui donne une bouteille de bière qu'il secoue pour en baptiser sa voiture. Au moment de reprendre la route pour La Paz, le chauffeur (que l'on réveille), nous dit qu'il faut que nous changions de bus car il retourne à Puno. Ah bon, c'était pas prévu au programme ça !! On se retrouve dans un minibus à moitié déglingué, nos sacs sont jetés sur le toit sans aucune précaution...Nous voilà repartis pour 4 h de route. Toujours des paysages de folie, jusqu'à Tiquina ou nous prenons le bac pour traverser le lac. Toute la bande de terre que nous venons de prendre jusqu'au point de traversée surplombe le lac, les lacets à flan de montagne nous donnent une vue plongeante des plus sauvages. C'est splendide, Aucun regret pour le bus de jour. En arrivant dans la banlieue de La Paz, une extrême pauvreté nous saute aux yeux, en plus les routes sont défoncées. En nous enfonçant dans la ville nous sommes pris dans les embouteillages, ça part dans tous les sens, les fameux camions bennes boliviens klaxonnent sans arrêt pour forcer la route. C'est très sale. On arrive par les hauteurs. Ouah, quelle vue ! La Paz est la capitale la plus haute du monde, étagée de 3200 m à 4000 m. C'est la seule ville de la planète ou il faut monter pour descendre dans les bas quartiers. La ville est entourée de pics enneigés de plus de 5000 m. Le bus nous dépose dans le centre ville et un taxi nous descend à l'hôtel. Une ancienne demeure coloniale superbement restaurée. Par contre le prix n'est pas du tout dans nos cordes, on a beau essayer de grappiller quelques bols, le réceptionniste ne cède pas. Je repars donc en quête d'un hôtel dans nos moyens. Après plusieurs posadas dont le confort est plus que sommaire, mais dont les prix (une fois négociés !!) rentre dans notre budget, je redescends retrouver les garçons. Franck entre temps a réussi à se mettre d'accord avec le jeune homme. Bonne nouvelle, l'endroit est vraiment accueillant et très soigné, et en plus, il se trouve dans l'une des rues les plus pittoresques de La Paz. C'est vraiment chouette ici, j'adore ces vieilles bâtisses. Il y trône plein d'objets anciens, de vieux tourne-disques, de superbes tableaux antiques qui sont mis en valeur avec la hauteur des plafond, il y a même des motos dans les couloirs et les différents paliers organisés autour du patio. Victor et Arthur restent à l'hôtel pendant que nous partons explorer la ville et essayer de trouver des blousons chauds pour aller skier. Nous sommes scotchés par le brouhaha et le chaos qui règne dans cette ville, c'est de la folie, il y a du monde partout, taxis, collectivos, voitures se poussent quasiment pour passer, ils font hurler leur klaxonnent et rabattent les clients en criant à tout va....Des marchés bariolés s'étendent dans toutes les rues, qui deviennent de plus en plus étroites. Nous n'avons pas souvenirs d'avoir vu ça, si ce n'est à Mumbay, en inde...Et vu que la ville est étagée, nous ne faisons que monter et descendre....Nous rentrons bredouille, mais près de l'hôtel faisons connaissance avec un couple de marseillais et leurs petites filles partis en bateau depuis 6 ans, celui-ci étant resté amarré au Panama pour leur permettre de visiter quelques pays plus facilement. Nous nous disons que nous irions bein faire du ski ensemble. Nous les retrouvons au restaurant, les enfants font connaissance, un autre petit Victor se joint à eux, ses parents sont eux aussi partis pour plusieurs mois. Ils sont tous surexcités.....Une petite pensée pour Kinette et Beber, le resto dans lequel nous dînons est digne de vos dons de décorateurs ! De vieux objets trônent ici ou là, du vieux mobilier avec de magnifiques tables en bois massifs, des horloges, des tableaux, et tout un bric à brac délirant. Nous dînons à la bougie sur de très beaux chandeliers. L'atmosphère est des plus romanesque..... Nous rentrons repus, nous devrions faire une bonne nuit.
16 novembre 2008
Une journée à flâner dans La Paz. Avons passé une très bonne nuit pour la première fois depuis 3 mois, avons regardé les infos en français sur TV5 monde hier soir, ça nous a fait un drôle d'effet et rappelé combien parfois, on peut être déconnecté de la réalité...Le p'tit déj était soit-disant compris dans le prix de la chambre mais finalement nous ne trouvons personne derrière le coin cuisine et apprenons par une petite dame qui fait le ménage, qu'il n'y a pas de gaz, donc « no desayunos » ! ...Qu'à cela ne tienne, nous sortons p'tit déjeuner à l'extérieur. Ensuite nous nous enquérons auprès d'agences pour faire un treck dans la cordillère royale. C'est apparement mal parti. Tout d'abord les conditions climatiques sont loin d'être idéales en ce moment et il n'y a pas assez de neige pour skier sur Chacaltaya...Pourtant on était vraiment entousiaste à l'idée de skier sur la haute piste de ski du monde. Que fait-on ? Nous sommes vraiment indécis. Doit-on prendre le risque de nous retrouver dans le brouillard et sous la neige durant 3 jours, sachant qu'on monte jusqu'à 6380 m au sommet du Huana Potosi, et ce, de nuit : départ à 1h du matin le 3ème jour du refuge. Tentant non !!!Nous nous donnons 2 jours pour réfléchir, en espérant que la météo tende à s'améliorer en altitude. Nous tombons sur Magalie et Jean-Luc (les français partis depuis 6 ans en bateau), nous papotons un moment sur le trottoir et décidons de faire le site de Tiwanaku demain ensemble. En attendant, ils rentrent travailler avec leurs filles thaïs et Gaïa, ils ont des évaluations à renvoyer pour le CNED avant ce soir. Quant à nous, nous partons visiter le musée de la coca. Très instructif, celui-ci retrace toute l'histoire de cette petite feuille pleine de vertues euphorisantes.On y apprend plein de choses sur la coca et ses dérivés (dont le fait que la plus célèbre des boissons au monde, le coca ne contiennent plus de cocaïne depuis 1960). De sa découverte par les incas, en passant par ses vertues médicinales, les méfaits de la cocaïne depuis que celle-ci ait été prise en main par les conquistadors, à nos jours et les incidences diplomatiques et les drames que cela a engendré sur les pays de production. Puis nous visitons la cathédrale et l'église San Francisco. Nous déjeunons ensuite (il est 16h00....) d'empanadas et parcourons le marché aux sorcières. On y trouve toutes sortes de potions magiques, de remèdes , d'herbes, de pierres magiques, tout un tas de mixtures mystérieuses et surtout des foetus de lamas accrochés ou entassés dans tous les étals, ça me hérisse les poils tant c'est déroutant, je prends quelques photos, Franck trouve ça déplacé, mais je veux que vous voyiez ça..... Dés qu'une construction débute, quelle quelle soit, on y insére ou enterre un foetus de lama pour porter chance, c'est vraiment très glauque. Des envouteuses préparent des potions quelque peu suspicieuses. .....un bien étrange endroit ! Nous sommes toujours à la recherche de blousons chauds. Le magasin que nous avions repéré et, le seul à vendre du « North Face », « Columbia » ou « Nikko » est fermé le dimanche. On verra ça demain en rentrant ou mardi. Victor nous tâne pour avoir un t-shirt du Ché, je lui en achète un et il rentre à l'hôtel avec Arthur. Pendant ce temps nous essayons de trouver une solution pour le P.C., par chance nous tombons sur un jeune bolivien tenant un cyber café, super compétant. Il ne parle que l'espagnol et ne comprend ni l'anglais ni le français, mais avec son savoir, après près de 3 h de bidouille, il réussit à nous « désenvouter la machina ». Normalement plus de virus ! Nous transférons nos dernières photos du Pérou retrouvées. Au moment de partir, nous nous rendons compte que nous n'avons plus notre guide. Je repars illico refaire les boutiques et agences dans lesquelles nous sommes passées avant de nous arrêter là. Je suis à peu près sure que celui-ci est resté dans une agence dans laquelle nous avons acheté une carte routière d'occasion de l'Amérique du Sud, mais la jeune femme me soutient mordicus (un peu trop fermement à mon avis), qu'elle ne l'a pas trouvé ....Elle vend des guides d'occasion de tous les pays (minimum 20 $ US), et j'ai beaucoup de mal à la croire, mais bon, je ne vais pas fouiller la boutique...Il y aurait peut-être une autre agence dans laquelle nous sommes passés ou nous aurions pu l'oublier, mais c'est fermé. On verra demain, sinon, on est bon pour en racheter un ! Je ne suis pas du tout rassurée, les rues, dés la nuit tombée, sont truffées de camés et de mendiants. Il y a de plus, pas mal d'aliénés dans les rues à traîner. Il y en a un qui m'accroche le bras violemment et qui ne veut pas me lacher. Je le bouscule pour qu'il lache prise mais il m'attrape l'autre bras avec une force décuplée...j'ai beau le secouer, il me serre de plus en plus. Réflexe inconscient ou je ne saii quoi, je lui envoie un énorme coup de pied ou il faut. Il tombe à la renverse. Je pars en courant en tremblant comme une feuille. P..... le c.. , il m'a foutu une sacré trouille ! Personne n'a bougé. Je retrouve les enfants à l'hôtel, Franck n'est pas rentré. Dés son retour, nous sortons dîner ; 100% naturel ; fruits et légumes. C'est tellement copieux qu'aucun d'entre nous ne finit son assiette, je suis un peu secouée par mon altercation de tout à l'heure. Lorsque nous rentrons il se met à pleuvoir des cordes.
17 novembre 2008
C'est sous un grand et beau soleil que nous retrouvons J-Luc, Magalie, Thaïs et Gaïa à 8h30 devant leur hôtel. Ce matin pour le petit déjeuner, nous avons mangé du pain. Du vrai pain, à l'identique de nos baguettes traditions, ça faisait tellement longtemps, on s'est régalé ! Nous prenons un taxi pour monter jusqu'au cimetière ou nous devons prendre un colectivo qui nous emmène jusque sur le site de Tiwanaku. Nous remontons toute la ville et la vue est une fois de plus saissisante d'autant que nous traversons des forêts d'eucalyptus dont les effluves nous arrivent dans les narines, (ça sent vraiment bon), qu'en face nous avons les glaciers de la cordillère royale ensoleillée et en bas une vue plongeante sur toute la ville.... Les ruines sont situées à 70 kms de La Paz et ce site est le symbole de la civilisation Tiwanaku qui a précédé la civilisation incas. Cette civilisation a connu son âge d'or entre les VIII ème et les XII ème siècle au terme d'une évolution de plus de 2000 ans. Nous sommes stupéfaits de constater que ce peuple a en fait vécu presque plus de 1900 ans de plus que les incas et que nous n'en ayons jamais entendu parler. Nous supposons, très certainement à juste titre, que tout le savoir des incas a été puisé dans l'intelligence de ce peuple, puisqu'appartement les tiwanakus avaient de fines connaissances en maths, en astronomie, en agronomie et en ingénierie hydraulique. Les ruines n'ont rien de semblable aux ruines incas et mayas, elles sont beaucoup plus rectilignes et d'énormes blocs monolithes qui rappellent un peu l'art polynésien où les fameuses statues Maori de l'île de pâques s'imposent tout au long de la visite. La petite Gaïa s'entend comme larron en foire avec Arthur (c'est le clone de Margo, incroyable ! même petit bout de femme tout aussi rieuse et espiègle). J-Luc et Magalie nous racontent leur fabuleux voyage depuis 6 ans à bord de leur bateau et toutes les belles escales dont ils ont profité. Tous ces merveilleux endroits où ils ont vécu des moments extraordinaires et rencontrés des gens de tous horizons. On les écoute avec avidité. Une fois rentrés sur La paz, nous redescendons toute la ville à pied à travers les nombreux marchés qui jonchent les trottoirs. Il y a des étals de viande en plein soleil au milieu des carrefours, les gaz d'échappement (et pas des moindres, le contrôle technique, ils connaissent pas ici ...)embrument la viande qui séche à vu d'oeil....On se dit qu'avec tout le bric à brac qui se trouve à vendre un peu partout, il y aurait de quoi construire une maison de A à Z. C'est hallucinant, on y trouve vraiment de tout. Nous nous achetons des fruits, des murs, des prunes et des abricots. Puis nous nous quittons pour rentrer travailler chacun de nos côtés. On se retrouve pour le dîner. Au moment de rentrer, nous rentrons dans une boutique pour acheter un guide sur l'Argentine d'occasion, nous tombons sur Fanny et Yannick, nos compagnons de route du Machu Picchu. Nous sommes super contents de les revoir. Ils se renseignent également pour l'ascension du Huana Potosi, ils sont avec un couple qui, lui aussi fait le tour du monde. On a jamais croisé autant de français depuis notre départ, mais ce sont surtout des voyageurs au long cours...La Paz est un peu la plaque tournante de l'Amérique du sud comme bangkok l'est en Asie. On s'arrête ici pour quelques jours, c'est le départ pour les glaciers, les grands parcs, les déserts, il y en a qui remonte et d'autres qui descendent. On y fait des achats, on revend, on échange, et surtout, on aime ou on aime pas ! Nous devons nous revoir plus tard pour prendre une bière. Nous rentrons à l'hôtel pour qu'Arthur et Victor travaillent un peu et, à 18h30 nous retrouvons la famille Tarasco, nous allons faire des photocopies des évaluations de Thaïs du CNED pour Arthur, elle est également en cm². Entre temps, nous sommes repassés à l'agence où nous avons acheté notre carte et où nous sommes sûrs d'avoir oublié notre guide, aujourd'hui, c'est un jeune homme qui est derrière le comptoir et, il l'a effectivement retrouvé...Comme quoi, en insistant ! Nous faisons un p'tit tour des boutiques, J-Luc se fait prendre ses mesures pour se faire faire un polaire ; il sera prêt demain. Franck verra ça demain matin. Nous retournons dîner au 100 % naturel, les enfants mangent ensemble et nous de notre côté. Nous mangeons encore beaucoup trop, nous sommes ballonnés. Nous sommes passionnés par leurs récits de mer, leurs escales et les anecdotes qu'ils nous racontent, toutes ces merveilleuses îles qu'ils ont sillonnés, l'Afrique...... Nous ne connaissons pas très bien ce milieu et, ça nous donne vraiment envie de partir sur un bateau pour voir de quoi ils parlent. Nous nous disons que nous le ferons surement lors de notre voyage. La patagonie, pourquoi pas ? Ou alors en indonnésie, louer un catamaran ? Nous finissons à discuter dans la rue, nous les écouterions pendant des heures.....Nous nous quittons sur de bien belles histoires. On va faire de beaux rêves.....On se revoit demain matin, les enfants feront surement leurs évaluations ensemble. Nous avons encore pris de gros coups de soleil, il faut vraiment que nous fassions attention, le soleil tape vraiment dur ici.
18 novembre 2008
Encore du pain croustillant à la française pour le p'tit déj, quel bonheur ! Nous restons à l'hôtel pour travailler ; évaluation de maths et de français pour Arthur et dissertation pour Victor. Franck est parti lui imprimer le dernier contrôle de math reçu par messagerie. Il revient bredouille, aucun cyber n'est équipé d'imprimante dans le quatier. Finalement, Arthur ne fait que l'évaluation de math, cela lui prend 1h30, c'est ce que préconise le CNED, il est donc dans les temps. Résultat : 15/20, nous sommes contents de lui. Quant à Victor, il prépare un petit texte sur ses impressions durant ses premières semaines de voyage. Idem, il s'est pas mal débrouillé, tant au niveau de la grammaire qu'au niveau de l'orthographe et du vocabulaire (même si il ne manque pas de superlatifs...!! comme sa maman...). Il doit en recopier un extrait et le basculer sur le blog. Nous sortons en fin de matinée. Franck s'achète un blouson, puis nous continuons nos investigations pour les enfants. Entre temps, nous nous arrêtons manger, des empanadas, croissant au jambon et goûtons au chullas (maïs pilé et cuit à la vapeur avec des plantes aromatiques dans des feuilles de maïs) , Franck prend une tarte à la pomme et à la cannelle. Nous nous arrêtons à la poste pour écrire et envoyer des cartes postales aux mamies, la fameuse poste d'où partent tous les énormes colis que renvoient les étrangers. Nous finissons par trouver une polaire pour Arthur dans un magasin de sport, non sans mal, les magasins spécialisés ne courant pas les rues. Nous passons une bonne heure sur internet afin de répondre à tous les messages que nous avons reçu, nous avons du retard, surtout Arthur. Yannick et Fanny (nos petits amis suisses) nous ont envoyé un petit message pour nous donner RDV au resto demain soir, Yannick étant parti pour l'ascension du glacier Huana Potosi sur 2 jours, Fanny, elle est restée sur La Paz. Nous ne nous verrons donc pas ici puisque nous partons ce soir. Nous devions aller visiter le musée de l'or, mais il trop tard, nous rejoignons notre quartier tranquillement. Entre temps, nous tombons sur une sorte de marché aux fripes, que des fringues d'occasion à gogo. Evidemment nous y trouvons notre bonheur, nous y passons pas loin de 2h ! Franck en laisse même son sweat, tellement nous avons racheté de choses pour quelques bols.....Si on s'était écouté on les aurait dévalisé (je ne sais pas ou on va caser tout ça, nos sacs étant déjà full-up !!). Les enfants commencent à en avoir marre, alors on rebrousse chemin. Nous avons décidé de repartir ce soir et de prendre un bus de nuit pour Potosi, il est 18h30 et nous devions voir nos amis les marins aujourd'hui, nous passons à leur hôtel pour leur dire au revoir. Jean-Luc se trouve juste dans le hall, il monte chercher Magalie et les filles. Celle-ci est passée à deux reprises à notre hôtel et nous y a laissé 2 messages. Nous dînons ensemble avant de nous quitter une nouvelle fois au 100 % nature, on se fait reconfirmer le dernier départ pour Potosi par le réceptionniste de l'hôtel qui appelle le terminal de bus. Le dernier bus part à 21h30, ce matin on nous avait dit 20h30.... bon on a le temps. On espère qu'il restera des places, nous n'avons pas pris de billets. Quelques photos de familles avant de partir, de gros bisous et nous promettons de nous recontacter par mail, on ferait bien le treck de 4 jours dans le Ssalar d'Uyuni ensemble, les enfants seraient trop contents. Nous rejoignons notre hôtel pour y récupérer nos sacs, on saute dans un taxi, direction le terminal de bus. Le dernier départ est effectivement à 21h30, sauf que ce n'est pas un bus camas, et il ne reste que des places dans le fond du bus prés des toilettes, on a pas le choix. En attendant d'embarquer, on surveille de près nos sacs, la station de La Paz est super mal réputée, en plus il y a une bagarre dehors, et du monde partout. Au final le bus n'est pas pire que le dernier bus de nuit que nous avons pris, par contre Franck et moi avons devant nous deux vieilles boliviennes avec tous leurs bardas, elles puent, c'est infernal, d'autant que Franck est de nouveau migraineux,barbouillé et nauséeux (c'est sur, c'est l'altitude). Nous voilà repartis pour 10 heures de voyage.
19 novembre 2008
Arrivés à 6h30 à Potosi. Il fait très froid dans le petit matin, c'est l'altitude. Nous galérons une fois de plus pour trouver un hôtel bon marché, on commence à avoir l'habitude, et après avoir visité plusieurs taudis nous finissons par négocier 2 chambres avec p'tit déj dans une auberge de jeunesse pour pas trop cher (par contre PQ, serviettes de toilettes et internet payant !!). C'est un ancien couvent datant de l'époque coloniale dont la restauration n'est pas encore terminée, avec vieux parquets, peintures vives et une magnifique cour d'où l'on rejoint la terrasse qui surplombe la ville. Nous ne trouvons pas la Bolivie si bon marché que ça et ne sommes pas les seuls. En ramenant les sacs à l'A.J., sur les pavés, je me suis tordue la cheville, c'est la troisième fois en quelques jours, mais là je ne me suis pas loupée, je suis bonne pour porter ma chevillère quelques jours. Les enfants restent à l'A.J. sur internet pendant que nous allons découvrir cette ville pleine de charme. Potosi, la ville de plus de 100 000 habitants la plus haute du monde. Inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco, elle est ainsi reconnue comme l'une des plus belles villes d'Amérique du Sud, mais aussi comme l'un des plus pathétiques témoignages de l'histoire humaine avec l'exploitation de ses mines d'argent. Nous passons évidemment beaucoup de temps dans les marchés à fouiner et observer les gens. On trouve dans le marché central des veilles boutiques vendant de vieux bibelots et des bijoux anciens et plein d'objets en argent. Nous remontons chercher les enfants et continuons notre balade dans les ruelles pentues. Potosi est une ville pleine d'églises. Nous rentrons dans l'église San Lorenzo, le bâtiment présente l'une des plus fascinante façades qui soient, d'une exubérance totale. Un joyeux mélange appartenant aux cultes indigènes et catholiques. Ensuite nous nous renseignons pour la visite des mines demain matin. Entre temps sommes retournés à l'hôtel et avons discuté un bon moment avec un couple de français remontant du Chili. Nous débattions depuis deux jours sur notre itinéraire, ça tombe bien, ils nous apportent les éléments qu'il nous manquait. Ils viennent de nous donner la solution. En effet, il y a un match de football à la Boca à Buenos Aires le 30 novembre que Franck ne voudrait pas manquer sauf que ça remet tout notre itinéraire en question. Nous devions dans un premier temps rejoindre le désert d'Atacama au nord du Chili avant de passer la frontière Argentine pour nous rendre à Iguazu sauf qu'au vu du timing, ça va être impossible...Nous décidons donc d'écourter notre séjour en Bolivie et passer la frontière au sud en espérant être à temps à Buenos Aires. C'est pas gagné car il va falloir jongler avec les bus et on va manger des kms d'asphalte pendant quelques jours.....Mais avons aussi décidé que nous descendrions jusqu'à la terre de feu et Ushuaia. Nous trouvons un guide sur l'argentine que nous ne pouvons pas acheter mais l'empruntons et le rendrons demain. On étudie les passages les plus faciles avec notre carte routière et regardons s'il est possible d'attraper des bus. Certains ne circulent que certains jours de semaine. Il va falloir qu'on se fasse reconfirmer tout ça rapidement. Il est 15h00, on est mort de faim, on profite d'une adresse que viennent de nous donner Sandrine et Didier pour aller nous restaurer au Musée San Marco. On y mange super bien, un menu complet avec un dessert, ça faisait longtemps, et pour pas trop cher. Ensuite on décide d'aller visiter la casa de la Moneda, le plus grand et le plus important bâtiment civil colonial des Amériques ! On arrive trop tard, c'est fermé, on reviendra demain. On retourne à l'A.J. répondre à nos messages et se reposer un peu. On dîne dans un pub puis rentrons nous coucher. Il est 22h.
20 novembre 2008
Aujourd'hui, ça fait 3 Mois que nous sommes partis, notre premier trimestre. Le bilan est plus que positif, même si le temps passe trop vite. Nous apprécions pleinement chaque instant passé loin de notre quotidien. Nous faisons un petit point de ce qui nous manque le plus. Curieusement pas grand chose. Pour Victor, ce sont ses copains de temps en temps mais il nous dit aussi qu'il aimerait bien partagé avec eux ce qu'il vit tous les jours. Arthur n'émet aucun manque, lui qui adore courir et les grands espaces, il est servit et heureux comme tout. Franck non plus, il ne pensait pas profiter à ce point de tous ces moments uniques et aussi intenses, il dit se sentir vraiment bien. Quant à moi, je suis comme un poisson dans l'eau, et, pour rien au monde je n'échangerai ma place, je me délecte de tous ces moments de vie hors du commun . On ne pensait pas, je crois que tous ces instants partagés tous les 4 et cette ouverture sur le monde nous enrichirait autant. Conclusion : C'est que du bonheur ! On verra dans 3 mois......
Nous avons RDV avec notre guide à 8h30 pour la visite des mines. Elle parle le français et nous ne sommes que tous les 4 avec elle. Apparement la visite est très chargée physiquement, culturellement et émotionnellement parlant. Nous avons donc souhaité en avoir la teneur exacte dans notre langue maternelle, surtout pour les enfants. Dans un premier temps nous sommes équipés de vêtements de protection, de casque et de lampe et nous achetons des nez de cochon. Le Cerro Rico doit son nom aux espagnols ; « la colline riche ». Exploitée pendant 3 siècles, la mine aurait produit suffisamment pour paver d'argent une route à deux voies jusqu'à Madrid. Il y a eu jusqu'à 10.000 galeries de creusées et plusieurs milliers d'entrées. On a tous gravé dans nos mémoires l'histoire de Germinal qui vécut en direct au XXe siècle sa rencontre avec ceux qu'on appelait les condamnés des couloirs de la mort. Bien qu'ayant déjà enterré plus de 8 millions de morts, le Cerro Rico continue d'être exploité. Par contre les mines ne sont plus ce qu'elles étaient, le coût de l'exploitation de l'argent et de l'étain revenant à plus de 3 fois le cours mondial. Mais l'état a cependant encouragé les mineurs à continuer à y travailler en s'organisant en coopératives privées. Par contre le rendement est toujours aussi faible et les mineurs s'exploitent eux-mêmes. Il n'ont aucune protection sociale ; rien ! En plus sont déduits de leur salaire, l'achat du carbure de calcium qui sert à faire fonctionner leur lampe au fond de la mine, la dynamite qu'ils utilisent pour faire sauter les veines de minerai et les détonateurs. Aujourd'hui on dénombre 120 mines dans le Cerro Rico et 6000 mineurs y travaillent encore dans des conditions inhumaines....On se demande vraiment à quoi servent toutes les richesses qui gisent des entrailles de la Bolivie. Notre guide nous arrête dans un marché dans lequel nous faisons quelques courses pour les mineurs. En effet, il est d'usage de leur apporter quelques choses. Arthur achète de la dynamite et 3 détonateurs et Victor un sac de feuilles de coca et des boissons. Puis nous partons visiter une sorte de raffinerie où sont effectués les premiers traitements des minerais. Ensuite ils sont exportés. La visite des mines commence par de longs tunnels très étroits, nous sommes obligés de nous coller contre les parois pour laisser passer les wagons remplis de roches. Il ne faut pas être claustrophobe !!!.....C'est très oppressant. D'ailleurs après quelques centaines de mètres Victor commence à se sentir mal. Il est vrai que malgré les nez de cochon que nous avons acheté et les foulards que nous avons en plus sur le visage, l'air est irrespirable. En plus il y a tellement de poussière que nous n'y voyons pas grand chose. Il faut être très vigilant, nous marchons la plupart du temps courbés en deux ou en rampant sur le ventre ou sur le dos. A plusieurs endroits les étais sont effondrés. Nous entendons distinctement le son des coups donnés dans la roche et les wagons qui descendent ou montent selon si ils sont pleins ou vides. Plus nous descendons plus il fait chaud, il peut faire jusqu'à 55 ° selon les niveaux......Nous descendons des escaliers ou plutôt des sortes d'échelles dont on se demande comment elles tiennent. Quand on pense que les mineurs les remontent sans cesse avec 30 ou 40 Kgs de minerai sur le dos. Leur espérance de vie est de 45 ans. Ils meurent pratiquement tous de silicose ou d'accidents dus aux explosions. Lors de notre progression, nous parvenons dans une excavation très étroite ou travaille un jeune homme de 18 ans, Victor lui demande depuis combien de temps il fait ça, il lui répond tout doucement, comme si il n'avait plus d'énergie, qu'il travaille dans les mines depuis l'âge de 14 ans (certains commencent à 12 ans). Il sue sang et eau, il est entrain de creuser à la barre à mine un trou pour y insérer un bâton de dynamite. Cela lui demande 7h de travaille et des efforts surhumain pour faire un trou de 10 cms de long. Il a l'air complètement ailleurs. Son travail est très très dur et les conditions plus qu'inhumaine. Nous sommes choqués et très éprouvés par ce que nous voyons. Il mâche de la coca et a une énorme joue due à la boule qu'il s'est formé depuis le matin. Arthur lui laisse la dynamite et nous gardons les boissons pour les mineurs qui suent beaucoup plus aux niveaux d'en bas. Lorsque nous rejoignons la sortie nous traversons des tunnels ou il fait beaucoup plus froid, on patauge dans la boue. Il y a plusieurs petits endroits dans des cavités au milieu des tunnels qui font office de chapelle ou les mineurs viennent déposer des offrandes lors d'un décès ou pour que la mine leur apporte la fortune......Nous terminons la visite par la démonstration faite à un groupe de jeunes espagnols d'une explosion de dynamite nous trouvons ça vraiment déplacé, surtout quand on sait ce que la dynamite coûte à un mineur, quel gaspillage !!! ça nous retourne ! Nous discutons un peu avec des mineurs qui viennent de terminer leur pose, ils remplissent des wagonnets de bois pour les acheminer dans les niveaux. Ils sont très sympathiques et Arthur prend la pose avec l'un d'eux. Nous sommes tous les 4 complètement atterrés par ce que nous venons de voir. On était prévenu, pourtant mais jamais nous n'aurions imaginé ça. Nous rejoignons notre hôtel, nous nous douchons et donnons notre linge à laver (encore 10 kgs...). Et c'est tout chamboulés que nous allons déjeuner. Ensuite nous faisons la visite de la casa de la moneda, même chose nous demandons un guide en français. C'est un édifice extraordinaire. C'est ici qu'on a frappé la monnaie jusqu'en 1869 sur d'antiques matrices poussées par des esclaves d'abord puis par des chevaux ensuite. Tout est encore en place, il y a également une cinquantaine de salles qui regroupe de riches collections. A la sortie les enfants achètent des pièces et les frappent eux-mêmes comme le faisaient les ouvriers d'autrefois. Visite très intéressante et très instructive. Nous redescendons dans les marchés terminer la journée, dînons dans la rue puis rentrons. Nous sommes sur le point de nous coucher lorsqu'on frappe à notre porte. Le réceptionniste nous dit qu'un homme nous demande. Franck descend, il s'agit en fait du gérant de l'A.J. qui prétend que nous ne l'avons pas payé. Après de maintes explications, chacun campe sur ses positions, nous sommes surs de l'avoir payé et lui prétend le contraire. D'autant que c'est une jeune femme qui était là à ce moment là et qu'elle n'a pas grand chose pour se défendre.....Bref, on en reparlera demain matin......
21 novembre 2008
C'est un grand jour aujourd'hui, alors c'est avec beaucoup de tendresse que nous venons souhaiter une nouvelle décennie à Fredo ; Féliz cumpleaños ! C'est vendredi, nous imaginons donc que la fête va battre son plein.....Pas trop d'abus tout de même.....on pense à toi. Une petite pensée également pour Pierre qui fête ses 14 ans aujourd'hui.
On se lève tôt, on déjeune et bouclons nos sacs. Finalement, tout à l'air de s'arranger en ce qui concerne le fait que nous devions repayer notre chambre, même si nous n'avons pas tout compris....Nous reprenons un taxi pour rejoindre la station de bus. Nous descendons sur Uyuni. Le premier bus part à 10h, il ne reste que 3 places, c'est donc dans un bus entassé que nous allons passer nos 7h de voyage. Nous patientons sur le trottoir la demi-heure qu'il nous reste avant que le bus n'arrive. Les étals de rue commencent à se monter et à se remplir. Puis le bus arrive, il fait chaud. Nous sommes tous sur le bord de la route à attendre de passer tous nos paquetages au chauffeur qui les installe sur le toit. Les boliviens ont encore d'énormes sacs de vivres, des cartons, et autres bagages encombrants. Nous entassons nos sacs contre un mur en attendant de pouvoir se frayer un passage pour les passer à notre tour. Les enfants sont montés dans le bus et Franck est devant moi à attendre. J'ai dans les mains le gros sac à dos noir de Victor, prête à le passer à Franck pour qu'il le monte. Je me retourne instinctivement. Je m'aperçois tout de suite que le sac à dos rouge d'Arthur n'est plus sur le dessus des autres sacs. Nous venons de nous le faire voler. Je lâche le sac noir et cours alentour en questionnant les gens qui, bien évidement n'ont rien vu.....J'en fais part à Franck qui de son côté fait de même, il grimpe même dans un autre bus et attrape un bolivien pensant avoir aperçu le sac d'Arthur, mais en vain. Faut pas rêver, ils sont supers bien organisés....Bon, bah on a gagné notre journée, ça devait bien nous arriver ! Comme quoi il ne faut absolument pas baisser la garde.......on le sait pourtant.....quelques secondes d'inattention.....Arthur n'a plus rien, toutes ses affaires étaient dans son sac. En plus nous venions de récupérer le linge et le ranger dans chaque sac. Plus de pyjama, plus de doudou et plus aucun vêtement, plus de cape de pluie, de bonnets, de gants, de sac à viande.... Nous avions en plus nos casquettes, nos chèches.....Nous nous disons avec Franck qu'en fait les vêtements que nous avons acheté d'occasion l'autre jour sont sûrement des vêtements qui viennent de sacs volés. Nous retrouverons peut-être les affaires d'Arthur sur un marché....qui sait ! Bref, c'est avec un gros chagrin que nous prenons la route, P'tit poil pleure son doudou, et s'imagine difficilement sans lui. Fort heureusement le chagrin s'éloigne rapidement. Nous le consolons. C'est sur, c'est embêtant mais ça aurait pu être pire ! La route que nous empruntons jusqu'à Uyuni est une piste, durant les 7h de voyage, ça ne va être que sable, pierres et route en travaux (7h pour faire 200 kms...), à plusieurs reprises nous manquons nous enliser et notre chauffeur se prend pour un pilote de rallye. Nous croisons à plusieurs reprises des camions bennes qui nous font faire marche arrière ou doubler pour passer les premiers. Les camions citernes qui roulent plus vite que nous nous doublent dans des nuages de poussière, nous n'y voyons rien. Vous vous souvenez « du salaire de la peur » et bien par moment on a l'impression d'être la nitro !!! Les paysages sont par contre toujours aussi stupéfiants, nous traversons des vallées ou paissent des lamas, des flans ou trônent des quantités de cactus cierges dignes des décors de westerns. La route est longue et fatiguante, il fait de plus très chaud dans le bus, on avale de la poussière et Franck a une nouvelles fois à côté de lui deux boliviens qui ne doivent pas se laver tous les jours, il mâchent de la coca tout au long de la route.....Nous arrivons enfin à Uyuni, il est 17h. Niché à 3700 m d'altitude, Uyuni est le point de départ de tous les périples à travers le Salar d'Uyuni et la région du sud Lipez. La population y est majoritairement indienne. Cette ville est construite au beau milieu du désert. Ici seuls les travailleurs de sel et les paysans restent dans cette région très hostile. Après 3 hôtels, nous déposons nos sacs et partons faire le tour des agences pour notre virée dans le salar d'Uyuni. Nous voulons partir dés demain matin. Nous avons deux adresses fiables auxquelles nous nous adressons. La première nous prend pour des américains, et pour rallier la frontière argentine, c'est pas si simple. Quant à la deuxième, elle nous fait changer d'itinéraire. Nous passerons finalement la frontière chilienne comme initialement prévu !! Et oui, en terme de timing, ça va être moins serré et en plus nous devrions gagner du temps. A voir ! Nous retrouvons des colombiens que nous avions déjà vu à Paracas et à Huacachina. Nous discutons avec eux, ils rentrent du treck de 3 jours et sont enchantés comme bien d'autres, c'est visiblement bien au delà de ce que nous imaginons tous.....Nous parlons également de nos itinéraires respectifs, de leur côté, ils traversent le Paraguay pour rejoindre Iguazu par le brésil puis descendent sur l'argentine, nous y avions également pensé mais avec la date butoir pour le match du 30, c'est trop juste pour que nous remontions sur Sucre et sur Santa cruz. Nous partons donc 3 jours dans le salar puis après direction San Pedro de Atacama au Chili et l'argentine. Nous nous rachetons des bonnets, nous dînons dans une pizzeria et rentrons à l'hôtel. Si nous avons un peu de temps devant nous demain matin nous essaierons de trouver quelques vêtements pour Arthur.
22 novembre 2008
Après avoir mis au propre mes notes sur le P.C. Jusqu'à minuit. Petite nuit, je me suis réveillée tôt, notre hôtel est juste à côté d'une église dont les cloches sonnent toutes les demi-heures......Il n'y a pas d'eau dans la douche....Toilette sommaire, et je descends prendre l'air. Je fais un petit tour de ville, les marchandes installent leur petits étals, je m'arrête prendre un petit déjeuner sur une petite terrasse ensoleillée sur la place. Franck est resté trier les photos. Nous aimerions transférer nos 3 derniers jours sur le blog avant de partir, ce que nous n'avons pas pu faire hier soir. La connexion étant plus que faible. Nous n'avons donc, faute de débit, pas pu envoyer de petit message à Frédo pour ses 20 ans....Je réussis tant bien que mal à le faire ce matin, mais pour le reste, mission impossible, je ne peux pas me connecter sur canalblog, ça ne passe pas ! On verra ça ultérieurement. Je retrouve les garçons qui sont à déjeuner sur la place à leur tour. Nous chargeons nos sacs sur le toit du 4x4 et partons pour 3 jours dans le désert de sel et le sud du Lipez. L'immense désert de sel est le plus grand du monde, on l'appelle le « Ténéré blanc ». Sur 40 m d'épaisseur s'alternent des couches de sel et de glaise. Une vision maculée, l'horizon à l'infini sur fond blanc avec en toile de fond, les cimes des montagnes et du volcan Tunupa. Ici, pourtant dans ce que les autochtones appellent plus communément l'enfer blanc, quelques centaines d'hommes piochent et creusent à longueur d'année pour dégager des briquettes de sel non iodé. Ils sont payés 6 bol (0,60 €) la tonne de sel chargée. Ils ont tous la tête couverte d'un passe-montagne, de lunettes noires qu'ils portent toute la journée, la réverbération étant beaucoup trop intense. Ils ont les mains et les pieds brûlés et rongés par le sel (exactement comme au lac rose au sénégal, on a souvenir d'avoir vu de jeunes enfants et des femmes dans des états de douleurs insoutenable...). Si nous mettons un instant ce côté noir et macabre de cet endroit si envoûtant, nous sommes subjugués par tant de blancheur et de splendeur. Par contre, obligation de se badigeonner de crème solaire indice maximal, de se couvrir la tête et porter des lunettes. Nous nous arrêtons voir le cimetière de trains ; atmosphère Mad-Max...Nous longeons une piste ou paissent des vigognes, nous n'en avions pas revu depuis le canyon de Colca. Puis nous entrons tout de suite sur le Salar : 11 500 km² de pure blancheur. Il fait 39° au moment ou nous nous arrêtons déjeuner, le camouflage est vraiment de mise, Franck remet une tonne de crème aux enfants. Au menu, que nous prépare notre guide : crudités, steak de lama et quinoa puis terminons par de la pastèque. Nous déjeunons sur l'isla del pescado, cette île nous fait penser à un vaisseau posé en plein milieu d'un océan blanc (un peu comme dans pirates des caraïbes), il y trônent des centaines de cactus cierges mesurant jusqu'à 12 m de hauteur ; vision très phallique !! Nous prenons ensuite des quantités de clichés, beaucoup se prêtent au jeu des photos. ça cogne dur ! Nous reprenons ensuite la route sur des dizaines de kms, rien à l'horizon, aucune végétation en vue, rien que le soleil qui domine de toute son envergure cette immense étendue blanche. C'est vraiment au delà de ce que nous pensions voir. J'avais vu une émission d'Ushuaia consacrée à cette région du monde et, c'est encore plus beau qu'à la TV. Comme si on sillonnait une nouvelle planète à la recherche de traces de vie......Franck nous fait remarquer qu'on aperçoit la courbe de la planète. En effet, droit devant, l'horizon est bombé, et nous avons vraiment une vision de bout du monde ; c'est à dire, Rien ! Après avoir empruntés quelques kms de pistes sablonneuses et longés des champs de quinoa ou nous avons encore vu des quantités de lamas et d'alpagas, nous arrivons dans un petit village où nous devons passer la nuit. Le soleil se couche. Nous logeons dans un refuge « de luxe », un refuge construit en sel, par contre il n'y a que des chambres de 3 lits. Je partage donc une chambre avec une mexicaine (Ana) et une bolivienne (Elvira). Les garçons restent ensemble. En attendant que notre chauffeur nous prépare le dîner, nous prenons une boisson chaude et les garçons jouent aux cartes. Le dîner est très appréciable. Nous nous couchons vers 23h.
23 novembre 2008
J'entends mes compagnes de chambrée se donner l'heure, il est 5h30. J'ai du mal à émerger, pourtant j'ai dormi d'une traite, ça fait du bien. Le soleil filtre déjà au travers des rideaux. Tous les sacs sont dans la chambre des garçons, je toque à leur porte, Franck met un petit moment avant de m'ouvrir. Après un p'tit brin de toilette, je sors m'aérer, le fond de l'air est très frais, mais comme c'est vivifiant ! Le sexe masculin s'extirpe à son tour de la douceur de la nuit. Le refuge est entièrement monté de pavés de sel du sol au plafond, itou pour les lits, les chevets, les tables et les assises sur lesquels sont posés des coussins. C'est charmant et en plus très isolant, il fait bon à l'intérieur. Par contre toutes nos affaires sont poussiéreuses et blanches, le sel étant recouvert de sel à l'état brut. Après un p'tit déj frugale, nous reprenons la route où plutôt la piste. Après une heure de trajet, le 4x4 crève. Le chauffeur et Franck réparent la roue, je sors mon cahier de route pour prendre des notes, j'ai la riche idée de vouloir m'installer sur une touffe qui me paraît fort confortable mais qui n'est autre qu'une sorte de cactus...Ouïe !!! je me retourne en l'espace d'un quart de seconde avec le fessier planté d'épines.....La roue de secours est complètement lisse, il n'est que 8h, on n'est pas rendu, d'autant que la piste que nous reprenons est complètement défoncée. Nous nous retrouvons d'ailleurs quelques kms plus tard à descendre du 4x4 pour continuer un moment à pied, le chauffeur n'étant pas sur de grimper avec le surpoids du véhicule. Les paysages sont toujours tout aussi saisissants, le volcan Olleque qui crache des volutes de fumées dans le bleu limpide du ciel nous toise au loin. On arrive au sommet d'une colline pour surplomber la lagune cañapa. Ouah ! Ça va vraiment crescendo....Quelle vue....Que des flamants roses, la nature et nous ! La chauffeur a laissé sa porte ouverte et nous avons en fond sonore de la musique andine ....un peu plus loin nous nous arrêtons à la lagune Hedionda ; même constat, des centaines de flamants parent la lagune de leur couleur vive. Le blanc du sel nous fait penser à de la neige. Quel contraste ! Nous déjeunons au bord de la lagune, Victor nous fait remarquer qu'aujourd'hui on est le 23 novembre et que dans un mois c'est son anniversaire. Nous réalisons difficilement que nous arrivons au mois de décembre....comme c'est curieux de ne pas se projeter dans le temps, ne serait-ce qu'à quelques semaines. Le repas terminé nous grimpons au sommet d'un mont : à droite, la lagune bleu Hedionda; à gauche la lagune rouge Honda avec sur l'étendue blanche de sel des vigognes ; un truc de fou......surtout avec le soleil au zénith ! Victor filme et nous l'entendons commenter : un p'tit paradis bleu à droite et un p'tit paradis rouge à gauche. Il ne croit pas si bien dire. En bref, Dame nature dans toute sa splendeur, et surtout un endroit de rêve pour tous les photographes. Et encore une, cette fois couleur émeraude avec des plaques ocres qui sont en fait du souffre. Nous traversons ensuite des vallées qui ne sont autre que des lacs asséchés avant de rentrer dans le désert Siloli où là les couleurs changent radicalement. Les plateaux sont d'un rouge puissant qui tire sur le marron. Nous roulons plusieurs heures sur des pistes de sable pour arriver au désert de pierre. Des pierres gigantesques où vivent des sizcachis (sorte de lapins) peu sauvages. Les enfants s'éclatent à grimper et escalader les « arbres de pierre ». en fin d'après-midi nous entrons dans la réserve de faune andine « Edouardo Avaroa » située à 4300 m. On loge dans un refuge hyper rustique ; c'est roots de chez roots, très très rudimentaire, pas d'eau courante, pas d'électricité ! Et on se prépare à passer une nuit des plus froides, en ce moment les températures chutent jusqu'à -10° la nuit pour – 20° en juillet et août, on s'en sort plutôt bien ! En tout cas nous sommes encore dans un décor complètement irréel ; la lagune colorado est entourée de volcans rouge comme le sang. L'eau de la lagune est d'un rouge très puissant qui selon l'orientation du soleil change de ton, ce qui est d'ailleurs le cas à l'heure qu'il est du fait que le soleil décline. Cette couleur est due aux algues microscopiques qui servent de nourriture aux flamants roses. Nous nous habillons chaudement, bonnets, doudounes et gants pour affronter le vent qui s'est levé et grimper au sommet de la réserve pour y admirer le coucher du soleil. On prend tellement de clichés depuis quelques jours que nos deux cartes mémoires sont pleines....C'est du délire, mais c'est trop beau, on peut difficilement faire autrement. Le plus dur va être de les trier pour n'en mettre que quelques unes sur le blog; le reste c'est pour nous, rien que pour nous. En plus vu qu'il n'y a pas d'électricité, il va falloir attendre. En attendant on en efface. Après avoir pris le vent glacial au dessus d'un décor de folie, nous rentrons travailler un peu avec les garçons, Franck fait un feu dans un poêle de fortune, on a l'impression d'être au début du siècle, les carreaux sont cassés et il n'y a aucune isolation, le vent glacial s'infiltre partout. Notre chauffeur répare la roue crevée de ce matin et vient nous informer qu'il y a eu un accident avec un 4x4 et quatre jeunes dans le désert et qu'il doit partir pour aider aux recherches. C'est une autre bolivienne qui nous prépare le repas, on se la joue une fois de plus « les bronzés dans leur refuge », personne ne mange mis à part moi. Je suis la seule à table, les gars sont scotchés devant le poêle. Pourtant la soupe réchauffe, j'en prends deux grands bols pleins de légumes, par contre les pâtes ne sont pas cuites et le fromage que vient de râper la jeune bolivienne à un goût de très prononcé de rance....J'arrête là ! Je suis déjà barbouillée depuis quelques jours....Nous sortons le jeu de cartes pour passer le temps et partageons une partie de UNO avec Ana et Elvira. Elles ont trouvé une bouteille de vin chilien et notre guide nous offre une autre bouteille mais cette fois du vin argentin. Je finis par aller me coucher à 23h30, nous nous levons à 4h ! Franck et Victor restent à parler voyage, avec nos deux compagnes, Arthur quant à lui dort depuis un bon moment. Ils se couchent vers 0h30, même si celles-ci ne voulaient pas se coucher dans les lits. Il faut dire qu'il faut s'accrocher, les draps sont infâmes. On s'est d'ailleurs tous couchés habillés et heureusement que nous avons nos sacs à viande....



















