Les globe-tretieres

06 décembre 2008

Une pensée toute particulière aujourd'hui pour l'anniversaire d'Alexandre à qui nous envoyons toute notre tendresse et à qui nous pensons très fort ainsi qu'à sa douce et tendre dulcinée.

Nous n'avons pas trop mal dormi, je me suis levée vers 8h00, je pensais aller courir sur la plage mais n'en ai pas eu le courage. Pourtant la météo s'y prête vraiment, il fait un temps magnifique, et à cette heure là encore pas trop chaud. A force de prendre notre temps, l'heure passe, il est déjà 10h, je me dis qu'il serait bon que j'aille faire quelques courses pour ce soir dans le bus (malgré le nombre d'heures que nous allons y passer, un seul repas y est prévu). Il y a un « carrefour express » à quelques blocs de notre hôtel. Je m'y rends rapidement tout en ayant bien conscience que l'heure tourne, notre bus part à 10h35. L'attente à la caisse n'en finit pas, je demande à passer devant tout le monde. Les prix pratiqués ici sont à l'identique de l'Europe, voir parfois plus élevés. Je cours rejoindre les gars. Zut, j'ai oublié de prendre du pain, je m'arrête vite fait dans une boulangerie. J'arrive à l'hôtel, Franck est toujours sur l'ordi, et les sacs sont à peine bouclés....On hèle un taxi et arrivons une fois de plus avec quelques minutes de retard au terminal. Le bus n'est pas encore là. Nous allons l'attendre plus de 2h. Il a visiblement été retardé par un autre bus tombé en panne dont il a récupéré les passagers. C'est l'anarchie dans l'attribution des places.....Arrivés à Trelew (plaque tournante du sud de la Patagonie), nous nous retrouvons à changer de bus. Tous nos sacs sont dépotés dehors en plein cagnat ; il fait 36,5° !! Il est 14h lorsque nous prenons la route et nous étions censé (en partant à 10h35) arriver à 5h15 demain matin pour reprendre une correspondance pour Ushuaia à 8h30. Nous allons avoir du retard. C'est pas plus mal, on attendra moins longtemps au terminal. Faute de suffisamment de places en cama, les garçons se retrouvent avec Franck en 1ère classe en bas et je me retrouve en haut en semi-cama. Je ne comprends pas tout ce que me raconte ma voisine. En effet, en Argentine ils ont tendance à remplacer les « ll » par des « ch » ce qui donne par exemple « pocho » au lieu de « pollo », et leur accent est beaucoup plus prononcé qu'au nord. De plus elle parle super vite. A force de la faire répéter, nous finissons par nous comprendre. Les paysages sont toujours aussi désertiques. Après en avoir pris plein les oreilles avec la musique de fond, on nous repasse pour la énième fois « Indiana Jones et le piège de cristal ». Cette traversée de la steppe toujours aussi désertique, est troublée de temps à autre par quelques guanacos et quelques choiques. Il s'avère que depuis notre dernière escale, un cama s'est libéré. Franck vient m'en informer et me propose de le prendre. Je rejoins donc ma troupe en soirée et passe la nuit à leur côté confortablement installée.

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07 décembre 2008

Feliz cumpleaños à Nico.

Nous arrivons à Rio Gallegos au petit matin, il est 6h00. Le bus n'a pas pris tant de retard que ça. Le chauffeur a du foncer. On l'a déjà remarqué, lorsqu'ils sont en retard ils s'arrangent toujours pour rattraper ce retard en roulant parfois comme des dingues. Il fait un vent à « décorner les vaches ». Nous prenons un p'tit déjeuner et les garçons entament une partie de monopoly en attendant le bus de 8h30. Il y a plein de monde en transit dans cette gare, pour la plupart des étrangers qui comme nous descendent sur Ushuaia. Le bus est à l'heure. On rembarque. Après 3h de route, nous passons le service d'immigration Argentin, ça traîne en longueur, 1h30 après avoir remplis les formalités d'usage, nous repartons pour de nouveau nous prêter au même jeu côté chilien. Entre temps le « comis » du bus nous a confisqué tous les fruits et légumes et autres objets étant susceptibles d'irriter les douaniers et nous permettre d'éviter des amendes de 300 dollars. On fait une petite heure de route et, cette fois c'est dans une interminable file d'attente de camping-cars, de camions et autres véhicules que nous échouons ! Tout le monde est en attente de pouvoir traverser le détroit de Magellan pour rejoindre les côtes. Mais le vent souffle tellement fort qu'il est impossible aux ferrys de pouvoir prendre la mer. Nous ne savons donc pas combien de temps nous allons rester là. La mer est déchaînée, c'est impressionnant mais en même temps très beau. Finalement un ferry rejoint la côte dans l'après-midi et nous permet de traverser. Les bus étant prioritaire sur les autre véhicules. Il y a des camions de marchandises qui attendent depuis plus de 48h ! Ca souffle affreusement et ça tangue....Nous reprenons la route pour environ 7h. Les contrées sont beaucoup plus vertes et vallonnées et, il y a plein de moutons. Ces plaines ressemblent en tous points à l' Ecosse. Depuis un bon moment déjà nous ne roulons que sur de la piste et les cailloux et la poussière volent de partout. Le chauffeur essaie visiblement de rattraper son retard, il est complètement cinglé, il roule super vite. A un moment on prend un gros cailloux dans une vitre (qui éclate) juste derrière Franck et Arthur. Il répare tant bien que mal avec du carton et du scotch et, ça a du le refroidir car on reprend une vitesse un peu plus normale. Quand on dit que c'est toute une expédition que de descendre dans cette région du monde, on confirme, c'est vraiment le cas ! Deux bonnes heures après avoir traversé le détroit, nous sommes de nouveau soumis aux contrôles à la frontière Chilienne. Nous reprenons la piste le long de laquelle nous pouvons observer des petits castors pataugeant dans de petits rus. Egalement des flamants roses dont on se demande bien, tant le vent souffle fort, comment ils peuvent rester debout, de surcroît, sur une patte, sans s'envoler ! Ultime contrôle, nous repassons la frontière Argentine. « La frontière de la terre de feu ». Nous y voilà, enfin presque, encore 300 kms avant d'atteindre Ushuaia ; soit environ encore 5h de route. Nous arrivons finalement aux alentours de 23h et, avant de pénétrer dans la ville avons déjà un aperçu des paysages majestueux de cette ultime étape avant l'Antartique. Toutes les cimes des montagnes sont enneigées et à plusieurs reprises nous passons sous des téléphériques. C'est vraiment splendide. Il fait encore jour. La lune est pourtant bien présente. Comme nous aurions pu le prévoir toutes les auberges de jeunesses et les hôtels abordables sont complets. Le compteur du taxi à force de tourner monte à la vitesse grand V. IL appelle plusieurs fois son central et nous trouve finalement un appartement prévu normalement pour 7 personnes, horriblement cher. Nous avons essayé de négocier le prix avec le propriétaire, le prix annoncé va nous engloutir notre budget. Il s'agit par contre d'un grand duplex très bien aménagé comme dans les stations de sports d'hiver pour voyageurs aisés. Nous sommes sur le point de nous coucher quand nous apercevons à l'extérieur devant leur taxi 4 israéliennes ayant fait le voyage en bus avec nous qui cherchent désespérément à se loger. Nous leur proposons de partager l'appart', ce qu'elles acceptent illico. On leur enlève une belle épine du pied et nous, ça nous permet de limiter la casse en divisant le prix en deux. Nous leur laissons la chambre matrimoniale et dormons tous les 4 dans la chambre dans laquelle se trouve 2 lits superposés et un autre lit. Arthur dort par terre dans un sac de couchage. Il y a en plus un lit en bas et le canapé dans le salon. Après avoir toutes et tous appréciés une bonne douche, nous ne mettons pas longtemps avant de sombrer dans un profond sommeil.

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08 décembre 2008

On a super bien dormi, lorsque Franck et moi nous levons les filles sont parties. Nous déjeunons et descendons en ville. Je frappe au carreau de l'un des voisins venant de démarrer sa voiture, il accepte de nous y déposer. Il faut que nous allions à la banque et que nous trouvions un dortoir pour ce soir. Cette ville ressemble vraiment ni plus ni moins à nos stations de sports d'hiver les plus huppées. C'est super chic, cher, classe ! Il y a énormément de monde, beaucoup d'étrangers et tout y est horriblement onéreux, c'est fou. Nous réussissons à retirer de l'argent, heureusement car nous n'avions plus que quelques pesos en poche. Il n'y a pas de station de bus, il nous faut donc trouver une agence de voyage vendant des billets de bus pour le Chili. Nous apprenons qu'aujourd'hui c'est une journée fériée et que beaucoup d'endroits sont fermés. L'hôtesse de l'office du tourisme nous fait également remarquer qu'il est trop tôt pour le check-out et que de ce fait il lui est impossible de savoir si oui ou non des chambres vont se libérer dans les heures qui suivent. Elle nous transmet tout de même 2 adresses susceptibles d'avoir des lits dispos une fois le check-out effectué. Nous nous séparons et je finis par trouver 4 lits dans un dortoir, non sans mal, la réceptionniste étant réfractaire au fait d'accepter des enfants en dortoir. Je plaide notre cause du mieux que je peux en faisant ma cosette, j'obtiens finalement son aval. Pendant ce temps Franck s'est renseigné sur les excursions et leur prix.....On va finir en slip à ce rythme là !!!!! Nous faisons du stop pour rejoindre notre appart' et y récupérer nos affaires et les enfants. Un taxi nous dépose à l'auberge et pendant que je fais les lits Franck part avec les garçons faire les courses. J'envoie quelques messages et Franck prépare la cuisine, il a acheté des steaks de lomo, un vrai régal. Puis, nous partons sur le port embarquer sur « l'explorer Ushuaia » pour la canal de beagle. En s'éloignat d'Ushuaia, on se rend mieux compte que la baie est entourée de montagnes, nous apercevons la queue des Andes, la fin de la cordillères de Andes. Le canal de Beagle, long de 185 kms est le plus grand cimetière de bateaux au monde. Il relie le pacifique à l'atlantique et se situe à 150 kms du Cap Horn. La frontière entre le Chili et l'Argentine est en fait une ligne imaginaire reliant les points les plus profonds du canal. Nous avons de nouveau l'occasion de voir des colonies de lions de mer entassés sur des rochers, nous approchons aussi des îles Bridges, ces îles abritent des centaines de cormorans impériaux (au cou blanc, et qui font leur nid au sommet du rocher) et de cormorans Magellan (au cou noir, et qui font leur nid sur le flan de la falaise). Les pingouins sont aussi de la partie, il y en a partout. Et enfin nous arrivons au phare du bout du monde, d'où nous apercevons nettement les deux côtes ; sur la droite l'Argentine et sur la gauche le Chili. Tous ces sommets enneigés, les  montagnes qui se jettent dans la mer et le soleil réflechissant donne à cette balade un authentique dépaysement. C'est super beau !. De retour sur le continent, nous allons nous prendre un bon chocolat chaud et nous renseigner pour les bus pour Puerto Natales. Il n'y en a que 3 par semaine. La jeune femme nous annonce qu'elle n'a plus de places pour le prochain mais nous propose tout de même de se mettre en relation avec le Chili pour obtenir de nouvelles places. Nous attendons un certain temps, et par chance elle nous obtient 4 Places pour mercredi matin. Il est 20h mais on a l'impression qu'on est en plein milieu de l'après-midi, ça nous fait un drôle d'effet, le soleil est encore bien haut. Nous allons voir le bagne d'Ushuaia. Le bagne du bout du monde qui se situe à côté du musée du bout du monde. Ici tout porte le nom de « bout du monde », hotel, restaurant, agence, musée.....Bref, on est bien au bout du monde. Ushuaia étant la ville la plus australe du monde. A vrai dire, ce n'est pas tout à fait exact, Puerto Williams, une petite base militaire quasiment inaccessible au Chili est encore plus au sud. Mais, on ne va pas chipoter, non......L'Antartique n'est qu'à 1000 kms et le pôle sud à 4000 kms. Bref, à portée de main ! C'est en tout cas ce qu'on se dit quand on voit les kms qu'on a fait pour descendre jusqu'ici. Aprés ça, nous rentrons nous restaurer. L'ambiance de l'auberge est très conviviale, il y a des gens de toutes nationalités. Tout le monde prépare sa popote, avec des recettes diverses et variées, les fourneaux sont pris d'assaut, c'est très drôle. Franck et moi piquerions bien dans les gamelles de certains voisins. Il y en a qui « s'en mettent plein la panse ». Nous faisons la vaisselle avec Victor qui monte ensuite avec son frère travailler un peu. Pour ma part j'ai 3 jours de note à mettre à jour. Lorsque je les rejoins ils sont déjà couchés. Je ne fais pas de bruit, nos voisines de chambrée dorment aussi.

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09 décembre 2008

Aujourd'hui, nous ne partageons pas les mêmes activités. Franck et Victor partent pour le parc national et Arthur et moi pour le glacier Martial. Un taxi nous amène sur les hauteurs d'ou nous prenons un télésiège qui nous conduit au départ de la balade. Le premier sentier que nous empruntons longe une belle cascade le long des pistes. Ce sont en fait les pistes de ski qui sont bien évidemment enneigées l'hiver. Quel dommage que nous ne puissions pas en profiter. Nous mettons environ deux heures pour atteindre le sommet du glacier Martial, ça grimpe dur et on attrape de bonnes suées. Mais quel spectacle arrivés en haut ! Une vue plongeante sur toute la baie d'Ushuaia, les montagnes et la ville. Il y a plein de neige au sommet, Arthur s'éclate comme un p'tit fou avec ma doudoune qu'il s'est approprié en guise de luge. Il me fait même quelques frayeurs tellement il descend vite. Une vraie flèche. Il finit les pieds trempés et les mains gelées......Mais super enthousiaste. Nous profitons de cet endroit de rêve pour pique-niquer puis redescendons en ville à pied. Il y a un sentier balisé qui traverse le parc. Enormément d'arbres gisent à terre, tous ces arbres morts sont en fait le résultat de plusieurs années de travail des bagnards et, la couleur gris clair qu'ils ont pris au fil du temps sur fond de montagnes verdoyantes donne à cette promenade un brin de magie. On se croirait presque rentré dans un livre de Merlin l'enchanteur, atterrissant au beau milieu d'une forêt.......Nous croisons un Zorro (renard), c'est en fait le 2ème que nous apercevons. Des castors dont on distingue nettement les maisons et les barrages qu'ils ont construit. Apparement depuis l'importation de 25 couples de ces braves petites bêtes depuis 1946, ils se sont reproduits à vitesse grand V provoquant des dégâts considérables dans toute la terre de feu (inondations, destruction de routes). On en compte aujourd'hui plus de 40.000. Après une bonne quinzaine de kms, au terme du balisage, on se retrouve dans un drôle d'endroit, qui ne me dit rien qui vaille....Une sorte de vieille « casse » de vieilles bagnoles.....à l'orée de la forêt. Nous arrive dessus une meute de chiens, hurlant à tout va. On est tétanisé. J'ordonne à Arthur de ne pas bouger, il se fige sur place, tremblant comme une feuille. Ils s'arrêtent tous à 50 cms de nous ! Nous tentons d'emprunter un chemin sur lequel ils ne nous suivent pas mais celui-ci ne mène nulle part où plutôt vers un lieu encore plus glauque que celui-ci. On rebrousse chemin, on voit une issue qui me semble-t-il doit nous ramener sur la bonne route, sauf que la meute de chiens ne l'entend pas de cette oreille et à peine avons-nous fait une centaine de mètres qu'ils se remettent tous à courir vers nous en hurlant. On va retenter le coup trois fois mais en vain, ils ont décidé de ne pas nous laisser passer. L'endroit est vraiment sordide et, plutôt que finir en « pâté pour chiens », nous optons pour une « violation de propriétés privées ». En effet, n'ayant pas d'autres recours, nous allons tout au long de la route qu'il nous reste à faire pour rejoindre le centre, traverser des terrains, passer des grillages, par dessous, par dessus, grimper des murs. Bref, rien de bien autorisé mais nous sortons indemne de cette petite excursion. Ça descend tout le temps et c'est vraiment pentue, on se faisait d'ailleurs la réflexion hier, en se disant que les rues étaient sensiblement les mêmes qu'à San Franciso. On en a plein les jambes. On a marché 7h non stop en ne faisant que monter et descendre et c'est avec un grand soulagement que nous rejoignons l'A.J. et nous y reposons un peu. Les garçons ont eux aussi de leur côté fait une très belle excursion qui les a conduit le long de la côte marine dont ils ont pu apercevoir le canal Murray et le rio Lapataia ainsi que le sommet du mont Condor qui marque la frontière avec le Chili. Et, au détour du paysage de tourbes ils sont tombés sur une sorte de fjord à l'eau turquoise. Ils ont terminé leur journée par le train du bout du monde. Un train touristique reconstitué à l'identique de celui qu'utilisaient les bagnards au début du XXème siècle. Il fait étrangement penser à celui qui servait de bureau à James West et Artimus Gordon dans les Mystères de l'Ouest. Nous dînons à l'auberge. Est assis à notre table un couple de suisse qui voyagent énormément et qui détiennent une mine d'information. On monte boucler nos sacs afin d'éviter de réveiller à 5h30 la jeune guatémaltèque qui partage notre dortoir, il est déjà tard.

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10 décembre 2008

Le veilleur de nuit nous réveille à 5h30. Il fait déjà grand jour. Nous disposons de la cuisine pour déjeuner, nous ne sommes pas les seuls. Un taxi nous dépose au bus. Nous nous préparons encore à une journée bien remplie. Entre les passages qui deviennent désormais une habitude et la traversée du détroit de Magellan en ferry. Le détroit de Magellan sépare la terre de feu du reste de l'Amérique du sud. C'est en fait un véritable archipel, quasiment inhabité. La plus grande île s'appelle l'île grande et c'est généralement à elle qu'on pense quand on évoque la terre de feu. Et, Ushuaia est la capitale de la région à laquelle sont rattachées la partie Argentine de l'antarctique et quelques îles de l'Atlantique sud. Pour la p'tite histoire, c'est en 1520 que Magellan arriva dans la région. En raison d'une mer démontée, comme c'est très souvent le cas ici, il mit cinq semaines pour traverser le détroit qui porte à présent son nom. Mais contrairement à ce qu'on pense souvent il n'a jamais fait le tour du monde. Il a été assassiné à son retour par un chef des Philippines. Et seulement un seul des bateaux sur les 5 embarqués dans cette expédition est revenu en Espagne. Mais le voyage de Magellan a eut d'énormes répercussions par la suite puisque de nombreux marins espagnols, français, hollandais et anglais ont suivit ses traces. En fait lorsque nous arrivons au détroit, le bus embarque directement sur le ferry. Nous arrivons à Punta Arenas vers 18h30, nous changeons de bus pour Puerto Natales. Nous avons encore 3h de route. Je me lie avec une française qui voyage sur une longue période, elle est éducatrice pour enfants et passe son temps à voyager, elle est bordelaise. Le voyage passe très vite. Nous arrivons vers 22h30 et, le temps de trouver un logement minuit arrive vite, nous trouvons finalement une chambre chez une petite dame adorable, à nos petits soins mais qui n'a malheureusement pas de place pour demain soir. Ce sera donc « chez Paulette » que nous dormiront demain, une voisine à elle. 

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16 décembre 2008

On s'est finalement couché tard, on a trié nos photos et discuté un bon moment avec un chilien et un israélien qui rentraient du Torres, mais eux l'avaient fait sur 7 jours. Ils en ont visiblement bien bavé !!! Le chilien avait dans son PC des photos extraordinaires, dignes de vrais pros. Il est clair qu'il y avait vraiment matière à s'adonner à ce loisir. Le réveil est donc plutôt pénible, on saute pourtant dans la douche et avalons un bon p'tit déj'. Victor est encore plongé dans son sommeil, je vais à 3 reprises aller le secouer, on va encore l'attendre ! Nous prenons le bus à 8h pour El Calafate. El Calafate est situé au pied de la cordillère des Andes, c'est la ville étape incontournable pour visiter le fabuleux parc des glaciers. Nous sommes encore obligés de nous plier au passage des frontières.....A peine arrivés au terminal de bus, nous attrapons un colectivo pour le parc. Nous y arrivons une heure plus tard. Nous bénéficions d'un magnifique soleil mais le fond de l'air est frais. En roulant on a l'impression d'avancer dans un univers surréaliste, la plupart des arbres sont morts, ils n'ont en fait pas résisté aux inondations successives provoquées par les glaciers. Ils sont gris avec des formes bizarres, tout comme à Ushuaia. Nous arrivons au pied du glacier. Celui-ci est encore plus spectaculaire que ce que nous imaginions. Un chemin nous mène à un superbe panorama d'où nous pouvons contempler le lago Argentino. Sa couleur est frappante. Elle est d'un bleu laiteux. En fait, la glace qui constitue les glaciers est tellement dense et vieille qu'elle donne une coloration profonde à l'eau. Le Perito Moreno est l'un des seuls glaciers au monde qui continue sa croissance. C'est un véritable monstre. Il fait 15 kms de long et 5 de large et atteint 80 m de hauteur au-dessus du lac. La glace se forme au sommet des montagnes à 2000 m d'altitude puis descend peu à peu en épousant les reliefs et forme tous les nombreux pics que nous avons devant les yeux. On est scotché ! Ah ! Oh ! Ouah ! C'est tout ce que nous trouvons à dire.....Le spectacle est tellement surprenant. D'autant que nous avons encore une chance inouïe, le soleil pénétrant sur la glace nous permet d'assister à plusieurs reprises à des chutes d'énormes morceaux de glace. On a même le droit à une grosse vague tant la glace d'un des blocs se fracasse avec puissance. Ca fait un moment que nous observons un gigantesque pan dont plusieurs morceaux sont déjà tombés, on se dit que ce serait trop beau pour qu'il s'effondre aujourd'hui et, surtout devant nous ! Les sinistres craquements qui ressemblent en tout point à des coups de tonnerre nous font pourtant penser que nous allons assister à un gros boum. Et c'est le cas, le fameux pan de glace finit par s'effondrer. Cette vision de quelques secondes justifie à elle seule le déplacement !!!!! C'est énorme...!.On se dit chaque fois, qu'on ne verra pas mieux et pourtant c'est chaque fois encore mieux, la nature nous réserve toujours de magnifiques surprises. Et c'est vraiment au nom de toutes ces merveilles qu'il est clair qu'une mobilisation générale de préservation est impérative ! Nous remontons nous désaltérer et visionner nos photos et, sur les coups de 19h, Franck et moi redescendons l'admirer une dernière fois. C'est trop beau, il n'y a presque plus personne, nous, le vent, le soleil et les crissements..........Nous reprenons le bus pour El Calafate où nous trouvons 4 lits chez un petit monsieur dont l'extérieur du chalet est déjà illuminé et le sapin de noël installé dans le salon clignote de mille feux. Nous ressortons dîner. On se fait un super resto dont une parilla (plat de viandes grillées, agneau patagonien, mouton, boeuf,volaille.....à volonté). C'est repus que nous rejoignons notre petit chalet. Le sapin qui scintille dans le salon nous fait une drôle d'impression. Il est encore tard lorsque nous nous couchons. Franck est resté au salon partagé une partie d'échec avec le propriétaire.

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