27 février 2009
Après que les enfants aient travaillé nous louons des vélos et partons à la découverte de Nong-Kkai. Nous longeons le mékong pour aller voir le fameux chédi Lao, habituellement submergé puisqu'il n'émerge qu'en saison sèche lorsque le niveau du mékong baisse d'au moins 30 m. Il a en fait commencé à baisser dans le lit du fleuve en 1847 et n'a cessé depuis de se déplacer. Il est désormais arrivé jusqu'au milieu du mékong ! Quelle curieuse vision, ils l'ont de plus orné de drapeaux colorés. C'est vraiment incroyable que celui-ci soit encore conservé de la sorte....Nous continuons ensuite notre "musardage" au travers des ruelles de la ville, beaucoup de villas coloniales françaises et de Wat donnent à cette ville un côté rappelant les vieux films sur l'indochine. Enormément de maisons en bois sur pilotis sont construites un peu partout dont certaines avec de très belles architectures. Nous débouchons sur un marché où une multitude d'odeurs se mêlent à la moiteur ambiante. Se trouve à quelques kms au Sud-Est de la ville un bien étrange site que certains décrivent lorsque l'on s'imprègne soit-disant de l'endroit, comme un voyage surréaliste...... Walter, l'italien, rencontré à Pak Chong m'a dit y avoir vu d'étonnants phénomènes.... Avait-il fumé des substances hallucinogènes ???? Nous allons voir ça par nous même. Nous nous arrêtons dans une école sur le chemin de Sala Kaew Ku. Les enfants sortent sur le balcon et se mettent à nous chanter une chanson ; c'est très amusant. Le parc des sculptures de Sala Kaew ku est en fait un grand parc qui a été aménagé pendant 20 ans par un dénommé Luang Poo Boun Leua Sourirat mort en 1996 et dont la dépouille repose dans une pièce vitrée sous une bulle de verre. On a le sentiment qu'il dort ; ça fait un drôle d'effet ! Le parc ressemble en fait à un immense jardin abritant une étonnante collection de sculptures gigantesques où sont représentées d'innombrables divinités hindoues et bouddhiques, ainsi que Shiva, Vishnu, Bouddha (sous différentes formes), également de biens curieux animaux, comme des dragons et des serpents à plusieurs têtes, des éléphants, des chiens. Certaines de ces statues atteignent plus de 25 m de hauteur. C'est véritablement un lieu extraordinaire. Un étang dans lequel se trouvent d'énormes poissons, attirent les écoliers venus en visite. Chacun leur donne à manger. C'est ahurissant la façon qu'ils ont tous de se ruer sur la nourriture, de grosses têtes, bouches grandes ouvertes, sortent de l'eau les uns sur les autres......Nous rentrons, nous arrêtant au marché pour grignoter des galettes de riz, des fruits et légumes crus. Nous terminons la journée par une virée sur le mékong à la tombée du crépuscule. Le bateau remonte avec, pour horizon le coucher de soleil jusqu'au pont de l'amitié. Ce pont est historiquement le second pont sur le mékong après un premier construit en République Populaire de Chine. Il n'a par contre jamais été terminé. Tout du moins en ce qui concerne la prolongation de la voie ferrée. En fait, les rails s'arrêtent au milieu du pont et, il semblerait que les laotiens attendent les subsides d'un pays riche pour achever les travaux, et ce, depuis 1994 !.... Arthur est encore mis à contribution pour des photos, les asiatiques ne cessant de vouloir l'avoir avec eux dans leur « boîte à image » !! Nous faisons du même coup connaissance avec un jeune espagnol accompagné de son ami Anglais ainsi que d'un homme insistant pour nous offrir un verre. Il nous explique vouloir s'excuser auprès des étrangers concernant le blocage de l'aéroport à Bangkok il y a 2 mois. Il remet ça un peu plus tard avec des noix de cajou et des fruits frais qu'il nous fait apporter. Il est apparemment offusqué que ses compatriotes aient pu retenir en « otage » des ressortissants étrangers contre leur gré au nom de revendications ne les concernant pas ! De retour à l'hôtel, nous nous coulons sous la douche avec beaucoup de plaisir. Je donne le linge à laver puis nous ressortons dîner. Nous profitons de la TV pour regarder TV5 monde, ça fait tellement longtemps !!!!!
28 février 2009
Dernier jour du mois, dernière journée en Thailande......enfin, qu'on croyait !!!!! Car en relisant des messages pour des recherches, on s'est rendu compte que nous nous étions trompés sur le jour et l'heure de RDV !!! En effet, Lili, Mitch, Pierre et Jerem' arrivent en fait lundi matin à la gare de Nong-Khai (c'est à dire où nus sommes) et non demain matin !! Fort heureusement il nous est possible de rester une nuit de plus dans notre petit havre. Je commence par ouvrir la messagerie et, j'en profite pour embrasser toutes et tous de mes collègues m'ayant envoyé des petits messages : je vous envoie plein de soleil, de chaleur, de douceur de vivre et de zenitude. Nous partons pour le petit village de Tha Bo, un petit village authentique où la plupart de la population arrive du Vietnam et a paraît-il donné à ce lieu une véritable identité vietnamienne. Il se trouve sur les bords du mékong à 1 h de Nong-Khai. Pour cela, il nous faut prendre un bus local : un bus « jaune ». Nous remontons le centre en direction du lieu qu'on nous a indiqué pour attraper le bus. Il n'y a pas de station et pas l'ombre d'un bus (et pas d'ombre du tout !). On re-questionne les commerçants du coin. Ils ne comprennent absolument rien puisque chaque fois on nous oriente dans des directions différentes.... Et même les panneaux s'en mêlent, il n'y a aucune indication dans notre alphabet !!! C'est pas gagné ! Une passante semble enfin comprendre avec le plan que je lui montre et le nom du village en Thai où nous voulons aller. Elle nous dit que le bus va passer dans la rue d'en bas et que nous n'avons qu'à attendre qu'il passe, et lui faire signe pour qu'il s'arrête !!! Mais, au bout d'une heure, toujours pas de bus ! Et, ce soleil qui nous assomme, qui nous nargue.....Nous capitulons avant d'attraper une insolation. Retour à la « guest » et, TV, sous les planches avec la clim' à fond. C'est bon, on ne bouge plus !!! Repos ! Juste une petite escapade pour aller acheter des fruits ; même pas faim ! Ce n'est qu'à la tombée de la nuit lorsque le soleil a enfin daigné battre en retraite pour laisser sa place à la lune et à un semblant de fraîcheur, que nous remettons le bout du nez dehors pour aller dîner vietnamien sur le bord du fleuve : Un régal ! A défaut du village.....
01 mars 2009
Le sommeil ne veut plus de moi et les mosquitos se sont, semble-t-il ligués pour me sucer jusqu'à la dernière goutte de sang !.... Je sors prendre l'air ; il est 5h15, le jour est sur le point de se lever et la lune a terminé sa nuit. Je descends sur les bords du mékong. Une passerelle accrochée à un ponton d'où partent les bateaux pour l'autre rive est éclairée par deux guirlandes de loupiotes rouges, au raz des marches, ce qui lui donne une allure d'entrée de cinéma des années 50 avec sa cahute accueillant les passagers. Assez étrange ! Des pêcheurs semblent somnoler sur leur ligne et leur filet dans ce havre de tranquillité. Ca ne va pourtant pas durer car un peu plus haut, la ville s'éveille et le bruit assourdissant des engins à moteur commence à donner des décibels. Les petits marchands ambulants s'installent et, les brochettes de viande, de poisson, de mais, de riz sont déjà sur les grilles des barbecues de fortune. Les soupes fument et renvoient une violente odeur dans la torpeur de l'aube naissante. Comme j'aime ce moment de la journée ; lorsque le soleil n'a pas encore sorti ses armes....je reste là un moment à contempler le fleuve qui reprend sa couleur grisâtre tout en se réveillant. Des bonzes sont déjà à se frictionner et à laver leur linge sur l'autre rive. Ils commencent une bataille d'eau dans de grands fous rires. Ils finissent à l'eau avec les draps qu'ils essorent telles des grosses cordes de paquebots puis les étendent sur les berges à même le sol. De retour à la « guest », je déjeune sous la végétation du jardin donnant devant notre chambre. Toujours ce défilé de vieux « chnoques » rebutants sortant de leur nuit avec de belles jeunes filles qui semblent toujours aussi jeunes. Ce n'est pourtant pas un hôtel de passe, M..... ! Tout le monde ferme les yeux comme si de rien n'était ! Je sais c'est leur quotidien ! Que d'injustices en ce bas monde. Aucune expression ne filtre sur ces doux visages, même pas l'esquisse d'un sourire auquel je tente d'obtenir une réponse. Je me sauve. Les garçons ont émergé entre temps un à un. Seul Arthur m'accompagne. Nous partons nous perdre dans les petits villages où les gens vivent très chichement, qu'avec le strict minimum. Ils nous saluent toutes et tous, les enfants sont sans cesse à nous crier « alo », nous leur répondons dans leur langue : Sà-wàt-dii (khrap/khâ), en choeur. Des grandes plaques de pousses de mango sont exposées sur le bord des routes pour sécher. Cette province n'est pas la plus sauvage qui soit, mais elle est extrêmement verdoyante. Des nids de poules ponctuent ces routes peu fréquentées qui nous conduisent dans de paisibles coins reculés. Un petit garçon est assis à l'étroit dans une bassine d'eau à jouer avec de petites figurines pendant que sa grand-mère le surveille du haut de son hamac. Tous les hamacs sont d'ailleurs occupés. Par cette chaleur, tout le monde se repose en début d'après-midi. De plus nous sommes dimanche, et même si tout le monde semble travailler. Certains sont au repos et profitent de leur famille. Des toutes petites femmes âgées sont assises au milieu de champs ramassant les petits oignons blancs. Je m'arrête quelques instants pour les photographier, ça les fait beaucoup rire, comme très souvent. Pour la plupart, leur bouches sont édentées, et je trouve ce tableau véritablement attendrissant et authentique. L'un de leurs hommes avec son chapeau conique peine à pousser son motoculteur d'un autre temps, le long des bosquets bordant les champs. Toute la campagne est entourée de bananeraies et de cultures maraîchères. Rien de bien étonnant à cela ; le mékong n'est pas loin. Nous allons le longer pour le retour. Beaucoup de jeunes couples et de familles y pique-niquent à l'ombre de paillottes très succintes installées le long du fleuve. Par endroit, c'est curieux, ça me rappelle mon enfance sur les bords de la loire. Il n'y a pourtant pas de peupliers, mais des effluves de feuilles tombées, de vase sèche......Le soleil ne nous a encore pas épargné, nous écopons une fois de plus de gros coups de soleil malgré la crème. Juste avant de rejoindre la ville nous bifurquons sur la gauche où une « beach » est indiquée. Il y a en effet, une plage aménagée sur les berges du mékong, proche du pont de l'amitié et c'est apparemment un lieu très prisé de la population locale à en voir le monde. De nombreux abris très rustiques coiffés de chaume sont installés à même le sable. Pleins de petits restaurants de fortunes y préparent des poulets grillés, des poissons grillés pour les personnes installées sur les nattes. La jeunesse s'abreuve de whisky soda. Et d'innombrable loueurs de bouées à touche touche permettent aux petits comme aux grands de s'adonner aux plaisirs de la baignade. C'est fourbus que nous rentrons au bercail, très contents de cette petite journée.
02 mars 2009
C'est aujourd'hui que nous retrouvons les membres de la tribu Retiere. Nous nous rendons à la gare pour 8h30 tout en sachant qu'il y a de fortes probabilités que le train ait du retard. En effet, il y a du retard, et pas qu'un peu....car, après d'âpres explications, nous comprenons que celui-ci n'arrivera pas avant 14h. Tout du moins c'est l'heure qu'on leur a annoncé. Le train serait apparemment à Khorat (à 200 kms de Bangkok !). Ils ne sont pas arrivés ça commence bien !.....Nous rentrons donc à la « guest » travailler en attendant d'avoir des nouvelles un peu plus concrètes sur l'heure d'arrivée du train. Nous ne savons pas trop quoi faire. Doit-on rester une nuit de plus ici ? Le poste frontière du Laos ferme à 17h et ça risque d'être juste pour les visas. De plus, ils risquent d'être fatigués par le voyage. Nous prenons donc l'initiative de rester une nuit de plus ici et de leur prendre des chambres. Pas si aisé, car il nous faut 4 chambres avec la clim' de préférence. Je fais le tour des « guest » avoisinantes ! Full, full, full !....Ok, nous arrivons finalement à négocier une magnifique « suite familiale » en bois ornée de végétation et aménagée à la Thai au « Ruan Thai Guesthouse ». Reléguons une de nos chambres à Lili et Mitch et Pierre et Jérem' auront pour la nuit une chambre sans clim' mais tout de même équipée de fans. Un coup de fil à la gare nous confirme que pour le moment le train devrait arriver vers 14h30. Nous allons déjeuner et verrons plus tard pour rappeler. Le Mat Mue, un petit resto installé en haut des berges préparent de l'excellente cuisine et nous terminons notre déjeuner par une grosse part de fondant au chocolat ; c'est délicieux. Nous battons encore une fois des records de température, à croire que ça nous suit ! Il faisait hier, 41° et certainement guère moins aujourd'hui : Dur ! Des long-thai boat sont à quai pour embarquer des marchandises. Une multitude de manutentionnaires (véritable fourmilière) est à pied d'oeuvre pour acheminer tous ces colis des quais aux bateaux à l'aide d'une sorte de long toboggan fabriqué avec des planches sur lesquelles sont jetés tous les paquets. Les garçons mettent la main à la pâte et leur donnent un coup de main. Ils sont très vite en sueur et se rendent très vite compte qu'il faut un minimum de force pour faire le travail. Une équipe récupère les colis en bas, en pleine vitesse, ça déboule sec. Ils les entassent pour les passer ensuite sur la longue barque bâchée (nos containers !). Notre réceptionniste rappelle la gare afin de savoir si le train arrivera à l'heure prévue. C'est bon, dans 20 minutes, il rentre en gare ! Nous reprenons un tuk-tuk. A peine stationnés devant les voies ferrées, le train arrive. Un long train. D'où nous ne voyons du quai, ni de droite, ni de gauche, de têtes de « Retière ».....Où sont-ils ? Est-ce le bon train ? Franck me fait un signe, ils sont dans le dernier wagon, Pierre arrive vers nous, puis les autres. Les garçons se précipitent dans les bras de leur papy et de leur mamy. Retrouvailles émouvantes. Ils sont tout pâlots !!! Comme les « Guitton » à leur arrivée à l'aéroport......Serions nous habitués à des teints un peu plus hâlés ?????? Une fois arrivés à la guest, petite douche pour tout le monde. Ils apprécient finalement notre initiative de les avoir installés pour la nuit dans cette petite bourgade pleine de charmes. Nous allons prendre un rafraîchissement et reprenons ensuite le chemin du « friendship bridge » pour aller faire leur visa. Mais c'est encore toute une histoire, car faute de pouvoir nous faire comprendre et malgré leur bonne volonté, nous n'obtenons qu'une balade qui nous fait tourner en rond un moment. Nous retrouvons les fous-rire de Lili.....On abdique ! Demi-tour, on rentre, on les fera faire demain matin lors de notre passage à la frontière. Nous partons nous balader sur la digue jusqu'à la tombée de la nuit. Puis, petite surprise. Installés devant le temple, surplombant le fleuve, Lili et Mitch sortent dans leur besace une bouteille de champagne et Pierre et Jerém' un bloc de foie gras. Nous les dégustons avec beaucoup de plaisir en portant un toast à mes « 40 hivers » et à nos retrouvailles. Nous savourons ce moment avec ses notes frenchy ! Puis après un bon dîner ou nous festoyons, nous rentrons. Tout le monde est fatigué.



















