22 mars 2009
Finalement, nous décidons de ne pas repartir ce soir mais plutôt demain matin pour Savannakhet. Nous sommes par contre obligés de changer de chambre, la réceptionniste n'acceptant pas de nous faire le même prix pour ce soir. Franck avait pourtant super bien négocié. Alors, quitte à payer le double du prix, nous optons pour une grande chambre avec SDB privée et deux grands lits à baldaquin ; c'est très romantique......Nous partons pour la journée visiter des grottes dans les environs. Nous ne prenons pas le tuk-tuk proposé par l'hôtel, cela nous revient au double du prix d'un tuk-tuk négocié en ville. Nous déposons une jeune française à la station de bus au passage. Notre chauffeur en profite pour démonter une roue de secours sur le tuk-tuk d'un de ses collègues. IL nous la dépose à nos pieds à l'arrière ; ça promet ! Il compte crever.......de toute façon, vu l'état de la roue de secours, une fois réparé, on ira pas bien loin !.....Dés que nous sortons de la ville, la route cède le pas une fois de plus à une piste de latérite. Pour manger de la poussière, on en mange ! Il y a des travaux routiers partout et des matériels de TP qui travaillent sur les routes. On est pourtant dimanche, mais ici, pas de jours chômés et pas de jour de congés pour la plupart des travailleurs ! Seules quelques corporations bénéficient de leur dimanche, comme les administrations, les banques....Nous nous arrêtons dans un tout petit marché local où nous achetons des épis de maïs grillés. C'est en fait les seuls mets comestibles que nous nous sentons capables de manger !!!! Nous découvrons des tapettes à souris en bambou et regardons comment deux hommes scient de grandes planches en n'utilisant qu'une scie à bras à lame horizontale ; quel boulot ! Le paysage composé de formations karstiques est magnifique. C'est de plus beaucoup plus vert que dans le nord. Et sur le bord des chemins nous longeons pas mal de rizières très vertes. Les pics calcaires, tous plus impressionnants les uns que les autres et semblant nous dominer sous les nuages abritent de très belles grottes. Elles sont « mortes » à la saison sèche mais les concrétions continuent à se former à la saison des pluies. Nous en visitons 4, elles sont toutes traversées par une rivière. La première est aménagée et immense. Quelques cages terriblement vétustes abritent des singes, macaques, un porc-épic, et deux grands cervidés dont un bouquetin asiatique. La deuxième grotte possède de très belles concrétions où plusieurs statues de bois très sobres de Bouddhas sont exposées sur les autels sous un dais où maintes offrandes y ont été déposées. Après une courte marche mal aisée, nous débouchons sur un lac vert émeraude éclairé par un puits de lumière, d'une beauté saisissante. Il fait une température très agréable et les grottes sont traversées par un courant d'air frais, ça fait vraiment du bien. Sur le bord de la route, des paysans vendent des iguanes à moitié morts, serpents, écureuils, racines et autres plantes médicinales. Partout où il y a un point d'eau, des enfants se baignent, ils nous saluent très souvent d'un geste de la main et de leur sempiternel « sabaï dee ». Il y a de l'eau partout dans ce pays et les enfants semblent y passer le plus clair de leur temps. Toutes les maisons sont construites en bois par ici. Un peu plus loin il est possible de piquer une tête et nous demandons à notre chauffeur de nous y emmener. Quelques jeunes et quelques familles sont installées sur les bords de la rivière à pique-niquer où dans l'eau. L'eau y est délicieusement fraîche et d'un beau vert. Je regrette seulement de ne pas avoir de chaussures pour pouvoir m'y aventurer plus en avant. En effet, il y a énormément de grosse pierres et des blocs de calcaire érodés forment des îlots coupants avant de pouvoir arriver au centre du bras pour pouvoir y nager. Les enfants s'en donnent à coeur joie. Ils sautent dans l'eau du haut de gros rochers en faisant des acrobaties avec de jeunes laos. Ils partagent ensuite une partie de ballon avec une grosse pastèque qui bien évidemment finit par éclater dans l'eau ......Franck me prête ses chaussures. La troisième grotte forme un long tunnel naturel, haut de plafond et en courbe. Les concrétions forment deux personnages et un éléphant. La traversée est un peu difficile. Des caractères chinois marquent le niveau de l'eau à la saison des pluies. La différence est impressionnante. La plupart de ces grottes ne sont d'ailleurs visitables qu'à la saison sèche. Nous éprouvons un plaisir enfantin à visiter ces grottes non aménagées, seuls, comme des explorateurs. Pour finir, après un assez long trajet au milieu des rizières, nous parvenons à la dernière grotte. Nous devons nous contenter de riz gluant et de quelques concombres et tomates pilonnées avec du citron vert pour le déjeuner ainsi qu'un peu de poulet grillé. Un pont de branches nous amène au pied d'un grand escalier de bois. Cette grotte est sacrée. Je dois enfiler un sarong, les femmes ne devant pas y pénétrer en pantalon et encore moins en short ! Nous devons ôter nos chaussures et les photos y sont interdites. Nous grimpons jusqu'en haut et pénétrons par une petite ouverture dans une grotte située à mi-hauteur de la falaise. Une multitude de statues de Bouddhas de différentes tailles y sont exposées. De nombreuses personnes prient, déposent des offrandes et consultent un homme et une femme qui leur disent quelque chose et leur accrochent autour du poignet un bracelet de laine orangé. Nous nous souvenons avoir vécut ça dans un temple de montagne gardé par des bonzesses il y a 4 ans de cela. C'est la cérémonie du Baci. Une femme récupère l'eau s'écoulant de certaines stalactites pour l'offrir en offrande. Une autre la recueille pour en mouiller la tête de son enfant. Bien que très différent, cela me rappelle l'église de Chamula dans la région du Chiapas au Mexique. Nous redescendons (pas très pratique avec une jupe longue !). Nous allons visiter les grottes basses à l'aide d'une pirogue. Pas très stable, il ne faut surtout pas faire un faux mouvement si nous ne voulons pas nous retrouver dans l'eau. Cette grotte et la façon dont nous y pénétrons à un charme fou. En repartant, nous croisons pas mal de laotiens venant se recueillir ansi que des moines. Notre chauffeur nous attend à l'ombre des arbres où il s'est encore assoupit, il a du dormir plus de la moitiè de la journée ! Il y a de l'ambiance sous les gargotes, et quelques personnes nous hapent au passage, ils sont à chanter et bien partis......Il nous offre une bonne « lao beer » bien fraîche, c'est l'occasion de faire quelques clichés à leur demande ; ça nous fait beaucoup rire. Ce n'est pas l'envie qui nous manque de rester en leur compagnie, mais il nous faut rentrer. Encore des nuages de poussières tout le long du retour. Comme il fait chaud, nous retournerions bien nous plonger dans l'eau. Nous demandons à notre chauffeur de nous emmener jusqu'au temple Wat Pha That Si. Celui-ci se trouve au bord du mékong avec sa réplique en face côté thaïlandais. C'est un endroit très paisible où nous discutons avec certains moines. Franck se fait également expliquer le masticage de certaines femmes qui se retrouvent avec la bouche rouge orangée. Ce n'est pas, comme je le croyais des noix de bétels. Il s'agit en fait d'un mélange de plusieurs racines, d'herbes et d'une étrange substance qu'elles mélangent, mâchent et recrachent. C'est très repoussant ! Nous nous arrêtons un moment sur une petite place donnant sur le mékong boire un verre puis rentrons. Arthur reste faire du skateboard avec un petit garçon. Nous repartons quant à nous avec Victor flâner dans le marché. Encore un de ces endroits inimaginables tant que nous n'y avons pas mis les pieds......Des peaux de cochons avec les oreilles, le nez et l'emplacement des yeux sont à vendre. Franck en attrape une et plaisante avec pour s'en faire un masque ! Quelle horreur....Il trouve le moyen; un peu plus loin, d'étudier de drôles de petites choses blanchâtres. Il se demande si ce ne sont pas des vers. Il en prend un dans sa main, et l'observe un moment avant d'appuyer dessus. Il explose. Je me suis entre temps penchée sur lui pour regarder de plus près......On en prend tous les deux plein le visage......charmant !!!!! C'est à chaque fois, de nouvelles découvertes.....décidément.....Nous achetons un gros paquet de cacahuètes (on pense évidemment à Pierre...) et du savon. Puis nous rentrons. L'eau de la douche est rouge brique après nous être passée sur le corps. Nous sommes horriblement crasseux et, après la douche, nous dînons au restaurant du Lodge, comme hier soir. Celui-ci s'avère être très bon. Ensuite, les enfants se remettent un peu au travail. Dictée pour tout le monde. Victor se fait un malin plaisir de nous en faire une à Franck et à moi. Nous obtenons la même note !
23 mars 2009
Nous reprenons un bus pour Pakse à 7h de route de Thakhek. Le temps de charger tout un tas de bardas, de bidons vides et un scooter à l'intérieur du bus, nous quittons le terminal à l'heure. Le bus s'arrête sans arrêt. A chaque coup de frein, nous avons l'impression que nous allons télescoper quelqu'un ou nous retrouver dans le décor. Il roule relativement vite, et il y a sans arrêt des animaux qui traversent la route, surtout des buffles et, ils ne sont pas pressés ! On s'arrête à plusieurs reprises pour que le chauffeur fasse une pause et que chacun puisse faire un petit pipi......Mais chaque fois nous nous demandons si nous pouvons descendre car ce n'est pas devant de petites gargotes mais en plein milieu de la route, au bord de fossés que chacun descend se détendre quelques minutes. Nous faisons une vraie pause déjeuner à Savanakhet, il fait une chaleur éprouvante et rend chacun de nos mouvements très pénibles. Nous passons un bon moment à négocier une boîte de vache qui rit et 4 morceaux de pain frais que veut nous vendre une petite femme un prix fou. Nous obtenons gain de cause. Heureusement que nous avons la clim' dans le bus. Le trajet passe vite. Nous regardons le deuxième « Mesrine » avec Franck et bouquinons. En profitons également pour travailler. Des jeunes filles se bousculent encore pour nous vendre des cuisses de poulet fixées sur des tiges de bambou, du riz gluant, des boissons, et des brochettes de gros scarabées noirs, mais nous nous abstenons ! Nous arrivons à l'heure, 18h, à Paksé. Nous n'avons pas l'impression de nous trouver dans le centre ville. En fait le bus nous a déposé à 8 kms de la ville et les tuk-tuks nous demandent un prix dingue pour nous y emmener.......Nous apercevons un peu plus loin un pick-up avec des étrangers en descendant. Nous nous permettons de leur demander s'ils ne rejoignent pas la ville. En fait, il s'agit d'un couple allemand/thai qui viennent de raccompagner deux russes afin de faire les traductions avec le chauffeur lao.....Ils acceptent gentiment de nous prendre avec eux en nous précisant que la guesthouse dans laquelle ils se trouvent est tout à fait charmante, un peu excentrée mais très au calme et tenue par des gens très avenants. En effet, dés notre arrivée, nous sommes tout de suite charmés par l'endroit et les propriétaires qui se mettent en quatre pour nous. La jeune femme de Peter (l'allemand) qui est thailandaise fait la traduction entre nous et le propriétaire qui malheureusement, ne parle pas un mot d'anglais. Il peut, à notre convenance, nous faire profiter de son véhicule durant toute la journée en restant à notre entière disposition, il a de plus un ami parlant le français. Nous partageons une pastèque avec eux pendant qu'Arthur s'éclate sur son skate dans la grande cour cimentée. Il nous accompagne dans un petit resto situé devant un night club où nous dinons avant de rentrer. Nous verrons demain ce que nous allons faire les jours à venir.
24 mars 2009
Joyeux anniversaire à mon frérot à qui nous penserons bien fort en trinquant à sa santé devant une « lao beer » et non une « chang beer ».....
Nous sommes réveillés par la femme de ménage qui est en fait l'épouse du guide parlant l'anglais. Dés ce matin, nous sommes donc obligés de nous justifier quant à notre emploi du temps ! Ce n'est pas vraiment ce que nous avions prévu.....nous lui expliquons que nous préférons aujourd'hui nous rendre dans le centre afin d'y organiser par nous même, si c'est possible notre circuit sur trois jours et, le cas échéant, nous ferons appel à lui. Nous prenons un tuk-tuk qui nous dépose près du marché du matin. Nous avons une adresse pour prendre un petit déjeuner digne de ce nom. Ce que nous n'avons pas fait depuis des lustres. Il s'agit d'une sorte de bistrot à la française, un endroit super plaisant proposant des cafés laos provenant directement de chez le patron-producteur dans les bolovens. Nous y dégustons un café vivement torréfié, fort en bouche mais super bon. Avec des croissants au beurre, du pain français croustillant avec du beurre et des feuilletés à l'abricot à damner un saint !!!! Ensuite nous allons à l'office du tourisme nous renseigner sur les possibilités de circuit sur trois jours. En effet, nous aimerions louer des motos où plutôt des trails, pour aller découvrir le plateau des bolovens et ses cultures de cafés, de thé et de litchis. Ce n'est malheureusement pas possible, une fois de plus dans cette ville ; ils ne louent que des scooter 100 cc à vitesses. Nous avons beau écumer toutes les agences suceptibles de louer des deux roues, il nous est en effet impossible d'en trouver. On ne nous a donc pas menti ! Nous faisons le tour de la ville (qui n'est pas très grande) en longeant le Sedon qui se jette sous nos yeux dans le mékong. Nous dégoulinons de sueur....Nous nous arrêtons au marché central puis faisons un tour dans le seul supermarché du Laos ! IL n'y a pas grand chose mais tout de même des caisses enregistreuses. Franck est entre temps parti chercher des toilettes, il revient trempé !!! Nous ne comprenons pas ce qui lui est arrivé et nous sommes sur le point d'éclater de rire. Il nous explique avoir eu des problèmes de tuyauterie ! Là, nous éclatons de rire....... Ensuite nous cassons une petite graine et allons louer nos deux roues pour 3 jours. Ils sont quasiment neufs et donc en excellent état ; ça change ! Nous repartons nous perdre dans les rues de la ville. C'est l'heure de pointe, et ça grouille de partout, la circulation s'est intensifiée tout à coup ; c'est impressionnant ! Nous sommes pris en sandwichs dans une véritable nuée de scooters, samlow et vélos pour traverser un pont. De l'autre côté, de très belles maisons coloniales ainsi que des bâtisses sur pilotis en bois bruns jonchent les routes. C'est de plus très vert. Ce côté de la ville n'a rien à voir avec l'autre, c'est d'ailleurs assez curieux de voir comment le gouvernement a su conserver autant de témoignages de la présence française en ces lieux. Nous nous retrouvons malgré nous où nous sommes passés à pied ce matin le long du Sedon. Le soleil est sur le point de se coucher et une petite brise nous rafraîchit le temps d'un petit break. Juste en face de nous se trouve la « Bank of Lao » et, dans son enceinte un match de volley est entrain de s'y jouer. Nous nous joignons au public les encourageant. Il s'agit en fait des employés de la banque. Leur femme respective sont également présentes avec leurs enfants. C'est marrant, elles sont toutes habillées de la même façon avec un chemisier ou une veste blanche assorti d'un sarong. Juste à côté, il y a un terrain de pétanque et comme à chaque fois, Franck ne peut s'empêcher de titiller la boule et de donner le change aux joueurs de boules laotiens.....Il se joint donc à eux. Son duo perd la première partie 13-4 mais gagne la seconde 13-9, enfin si on peut dire, la partie ayant duré une éternité ; ils sont loin d'être mauvais les laotiens......Ils sont soudain interrompus par le chef, (Nous supposons qu'il s'agit du directeur de la banque), en tenue de sport, venu requisitionner le terrain afin d'y jouer. Tout le monde s'écarte du terrain et nous quittons les lieux. Franck me dit qui si Sieur Piron avait été là, ils n'auraient pas quitté le terrain comme ça et qu'ils leur auraient mis la pâté aux laotiens !... Nous reprenons la route de notre guesthouse pour y travailler un peu avant de ressortir pour dîner au bord du mékong dans un resto indien, faire quelques transferts sur le blog et aller partager une partie de bowling, ce que nous n'avons pas fait depuis plus de 8 mois......
25 mars 2009
réussi à transférer quelques photos pour terminer l'album photo de Thaïlande ainsi que les premières photos du laos avant d'aller nous dépenser au bowling. C'était une première pour Arthur, qui s'est débrouillé comme un chef ! Cétait vraiment une soirée sympa. Avions également fait réparer les lunettes de Victor chez un opticien lao !....Rien que le fond de commerce valait son pesant d'or ! Quant à la réparation et le couple d'opticiens ; pendables ! Je pense que les tous premiers opticiens devaient être équipés de la sorte..... La colère de Thor nous a réveillé à l'aube. Le tonnerre a grondé si intensément que les fenêtres de notre chambre en ont tremblé à plusieurs reprises. On a entendu des trombes d'eau se déverser durant un long moment mais avons tout de même finit par replonger dans notre sommeil. Les enfants, eux, n'ont absolument rien entendu. Nous émergeons à 9h30. Nous préparons 2 petits sacs avec le strict nécessaire pour nos 3 jours d'escapade. Thor n'aura pas fait que gronder et nous envoyer ses éclairs du haut de son immense territoire, il a aussi permis à l'atmosphère de se délester de quelques degrés ; quel bonheur !! Retournons prendre un petit déjeuner frugal au Sinouk coffee avant de prendre la route. Mais au moment de franchir un des ponts de la ville, nous nous voyons sifflés par un fonctionnaire qui nous demande dans l'instant de nous ranger sur le côté. Nous ne comprenons pas bien ce qui lui prend ! Mais il nous somme d'éteindre nos moteurs et d'attendre là. Que se passe-t-il ? Et, qu'avons nous fait ? On ne comprend rien, il ne parle pas un mot d'anglais ! Il part chercher un autre agent, qui, lui parle 3 mots d'anglais !! Super les gars, vous êtes mignons, mais on aimerait bien comprendre ce qu'il se passe ! Nous aurions apparemment grillé un feu rouge. Ah bon ! Et, où est il ce feu ???? Je n'ai pas le droit d'aller voir. Seul Franck y est autorisé. Il commence à me chauffer ce gringalet avec ses airs de ne pas y toucher......Entre temps, une vieille femme à vélo parlant le français se voit apostrophée par le deuxième agent se prenant un peu moins au sérieux que le premier. Il lui demande de nous traduire ses dires. Effectivement, nous avions bien compris, nous avons grillé un feu rouge. Sauf que ce fameux feu se trouve sur l'autre voie de circulation caché par des arbres, et, il nous était impossible de le voir. Nous avons beau nous expliquer, la vieille femme nous dit que si nous ne réglons pas l'amende qu'ils nous réclament (50.000 kips, soit 5$), ils ne nous lâcheront pas, que nos « motorbikes » seront réquisitionnées et que nous allons passé quelques heures au commissariat. Bref, ça ne sent pas la corruption à plein nez tout ça encore.......Je réussi à calmer le jeu.....nous payons les 50.000 kips qui ne sont rien d'autre qu'un « pot de vin » que le gringalet s'empresse de se mettre dans la poche. J'exige un reçu. La vieille femme nous demande de partir avant que ça ne dégénère. De mauvaise grâce, nous nous exécutons. Franck fulmine....Le pays est véritablement scindé en deux. Le ciel nous renvoie en permance un bleu intense et toutes les contrées y sont beaucoup plus vertes que dans le nord. Nous croisons beaucoup de monde. Poignée en coin nous piquons des petites pointes de vitesse, au grand bonheur des enfants qui nous encouragent à faire la course.....de vrais gamins ! Mais ce ne sont que de petites pointes de vitesse car nous sommes constamment obligés de freiner où de ralentir pour ne pas percuter : un cochon, une chèvre, une vache, un buffle, des poules, des canards, des oies....bref, tout ce qui est en mesure d'avancer et de traverser une route. Nous apprécions pleinement cette liberté dont nous disposons pour nous arrêter où bon nous semble. De tous côtés des cultures de cafés, des bananiers, des papayers, des arbres à calebasses, des hévéas, des tecks, des arbres à durians, de la cardamone, des fruits, du rotin et bien d'autres dont nous ne connaissons pas l'origine. Tous les villages nous semblent encore vivre pour la plupart avec des moyens ancestraux. Presque tous les enfants n'ont pas de culottes. La route grimpe vers le plateau des bolovens. Les maisons sont en bois sur pilotis avec des vérandas. Les bordures du toit, les piliers de la véranda et les rampes d'escalier sont parfois peints en bleu et blanc, ce qui égaie l'ensemble et change des bois sombres utilisés pour les autres habitations. Au XVII ème siècle, la frontière Laos/Vietnam avait été délimitée de façon étonnante, ceux qui habitaient des maison sur pilotis avec véranda étaient laotiens, les autres étaient vietnamiens. Nous nous arrêtons dans un village katu. Les katus vivent dans des huttes disposées en cercle. Ils confectionnent eux-mêmes les cercueils en bois pour leur famille respective et les entreposent dans des greniers à riz en attendant qu'ils soient utilisés.....C'est assez morbide ! Le chef de famille en crée un pour chaque membre de sa famille dés sa naissance. Il faut dire que le taux de mortalité infantile est de 120 % (le paludisme étant la principale cause de décès), et l'espérance de vie de 40 ans ! Je crois que nous n'avons encore jamais croisé une quantité aussi impressionnante de cochons. Ils sont énormes et se rapproche beaucoup plus de nos sangliers que de nos cochons. Le terme « gras comme un cochon » prend ici toute sa signification. C'est curieux, mais ces animaux me fascinent, je me surprend à passer beaucoup de temps à les observer. Ils sont très peureux mais me font rire. !!! Il y a des petits partout. Sous une des maisons sur pilotis, une vingtaine de porcelets sont allongés les uns sur les autres....Nous descendons jusqu'à la rivière où des enfants se baignent et lavent du linge. Juste avant de nous arrêter dans le village, je me suis brûlée le mollet avec le pot d'échappement de Franck. Une brûlure de la taille de la paume de ma main. C'est très douloureux. Un gentil monsieur m'a badigeonné la plaie avec une pâte blanchâtre dont nous nous demandions bien ce que c'était. Franck ne voulait d'ailleurs pas qu'il me touche avec ça......C'était en fait du dentifrice. Et, il est vrai que sur le coup ça m'a fait du bien, c'était frais. Mais, ça sèche, le dentifrice. Et, je me suis vite retrouvée avec un plâtrage en guise de pansement. J'en profite donc sur les conseils de Franck pour me plonger les jambes dans la rivière durant une quinzaine de minutes. Arthur en fait autant puisqu'il lui est arrivé la même chose peu de temps après moi.....Nous nous sommes arrêtés dans une gargote avec l'appellation « pharmacy ». mais le pharmacien n'a pu nous proposer que de la bétadine où un onguent qui ne me disait rien qui vaille.......Une jeune femme nous a cassé une feuille de cactée dont elle a pressé l'extrémité afin d'en extraire une sorte de résine qu'elle a appliqué sur le mollet d' Arthur. Il s'est de plus, en arrivant dans le village, blessé au pied. Heureusement que j'ai dans mon petit sac une mini trousse de secours. Désinfectant + pansement. Pour le reste, nous avions tout ce qu'il fallait dans notre grosse trousse à pharmacie restée à Paksé, mais c'est toujours comme ça.....C'est la sortie de l'école, je prends beaucoup de plaisir à filmer les enfants qui se prennent au jeu. Comme ils sont souriants et curieux. C'est fou, rien à voir avec les enfants du nord du pays, beaucoup plus réservés. La terre est ici d'un rouge intense, comme le bush le plus lointain, le plus central d'Australie. Une terre poussiéreuse, colorée mais meuble et visiblement très fertile. Nous adorons ces paysages qui sont dominés par les montagnes. On se sent en profond décalage avec le reste du pays. Au gré d'une de nos incursions en pleine nature. Nous arrivons au coeur d'une nature luxuriante, la route pour nous y amener est déjà jonchée de palmiers. C'est généralement prometteur. En effet, on se retrouve au pied d'un endroit enchanteur. De grandes chutes d'eau viennent se jeter dans un lagon que l'on traverse à l'aide d'un pont de lianes. 90 kms après avoir quitté Paksé nous arrivons enfin au point que nous nous étions fixés. Tad Lo. Un village niché au pied de chutes d'eaux féeriques où des échelles de bambou sont accrochées pour grimper jusqu'au sommet. Nous trouvons deux chambres dans un Lodge plongeant dans le plus grand bassin où des enfants se laissent glisser sur des rigoles de gadoue, nus comme des vers. D'autres jouent aux pirates sur des radeaux de fortune, toujours nus comme des vers.... Nous dominons les cascades de notre balcon, c'est fantastique. Franck et Arthur partent escalader les cascades pendant que Victor s'est approprié mon « deux roues », et s'en va explorer les environs. J'en profite pour me relaxer dans une chaise longue en bambou et prendre des notes en sirotant une « lao beer ». Comme on est bien ici ! Tout du long du balcon sont suspendus de magnifiques orchidées dont les racines sont entrelacées entre elles. Des buffles sont à se prélasser dans l'eau tandis que des vaches et cochons semblent faire une course sur les berges......ça ne court pas bien vite......Une nuée de gamins sautent et re-sautent de gros rochers en aval de la rivière. Franck et Arthur reviennent trempés ; c'était apparemment parsemé de rochers glissants agités par des flots se jetant dans les bassins. Nous buvons un verre puis dînons au son des chutes d'eau sur la terrasse. Délicieuse soirée à la lumière des bougies. Nous jouons aux cartes, bouquinons. Franck partage une partie de cartes avec des locaux, puis allons faire une petite balade au clair de lune. Au milieu du pont, nous stoppons net. Le ciel est tout étoilé et en fond de décor nous avons les cascades étagées qui du fait du débit de l'eau générée par les écluses ouvertes en fin de journée, sont illuminées par les lumières du Lodge toisant ce magnifique spectacle. On s'est réconcilié avec le laos.
26 mars 2009
Trois petits garçons se trouvent sur les berges juste au-dessous de la terrasse où nous prenons notre petit déjeuner. Ils se sont mis en tête de désenvaser leur radeau. Nous les regardons faire, ils mettent du coeur à l'ouvrage et, malgré qu'il soit tôt, il fait déjà chaud. Ils enlèvent chacun leur tour les guenilles qui leur servent de tee-shirt. Quelques rondins se détachent au passage, ils en bavent. Mais, après de sacrés efforts, un peu de jugeote et une bonne suée, l'embarcation s'extrait de la vase. Ils nous font bien rire pendant presqu'une heure. L'un d'eux sort des clous d'une de ses poches. Et, oui, il faut réparer avant de prendre le large......Un bloc de bois leur sert de marteau. Il se partage une boule de riz à 3, c'est la pose syndicale.....et c'est reparti. A l'aide de grandes tiges de bambou qu'ils enfoncent dans le fond de l'eau et qui leur permettent d'avancer lentement. Une petite fille pêche entre de grosses pierres à l'aide d'un cône en rotin. Un vieux monsieur jette des filets et un autre petit garçon munit d'un masque et d'un harpon de bois plonge sa tête sous l'eau pour attraper les poissons. Il fait un temps splendide et l'endroit est tout ce qu'il y a de plus agréable. Je monte réveiller les enfants qui doivent encore dormir. Effectivement, ils sont tous les deux enfouis sous leur moustiquaire. Après le petit déjeuner nous partons aux chutes d'eau. Nous remontons le torrent qui roule des flots gris et furieux, mais la végétation verdoyante qui croît sur les bords mitige cette fougue. Nous remontons en escaladant les rochers noirs en nous prenant pour de vrais aventuriers, nous sautons de rochers en rochers, traversons dans les courants dans lesquels on se laisse porter. On se fait parfois des frayeurs. Surtout les enfants qui, à un moment se retrouvent, accrochés à de grosses pierres, luttant pour ne pas être emportés.........Ils ont le droit de se faire remonter les bretelles ! Après avoir profité des joies de la baignade où Franck nous a encore bien fait rire, nous redescendons après avoir escaladé une paroi de terre très abrupte mais pas infranchissable puisque nous l'avons grimpé, parfois accrochés à des lianes....Le chemin qui nous ramène au village est brûlant, le soleil ne va pas nous épargner aujourd'hui ! Nous reprenons la route pour Pakson, un petit village situé au coeur des cultures et des productions de café et de thé. Ces dernières n'ont absolument rien à voir avec les gigantesques étendues de champs de thé de Thaïlande organisées en espalier. Elles sont beaucoup plus modestes. Nous mettons un certain temps avant de trouver l'endroit où se tapit Mister Koffie. Mr Koffie est un allemand marié à une lao exploitant un gros domaine produisant un excellent café. Avec un nom pareil, il aurait été dommage de louper ça. Il fait profiter de son savoir à qui le lui demande en expliquant les techniques de ramassage, séchage, torréfaction......Il est malheureusement absent. Nous goûtons tout de même son café, mais les deux personnes étant présentes ne comprennent rien aux questions auxquelles nous tentons d'obtenir des réponses. C'est donc bredouilles que nous repartons, en espérant pouvoir visiter une plantation un peu plus loin. Franck a crevé, nous nous arrêtons pour faire réparer la roue. Sur la route, de grands filets contenant des grains de café sont à sécher. Nous rentrons chez des lao qui sont en train de trier les récoltes. Une odeur très intense, nous replonge dans des souvenirs d'enfance lors des vendanges chez nos grands-parents respectifs. L'odeur du raisin écrasé qui commence à fermenter.... C'est fou ces souvenirs olfactifs. Franck est comme moi, une petite note de nostalgie passe au-dessus de nos têtes..... Les laos ont un procédé similaire avec le café. Certains tas qu'ils trient avant de les remettre à sécher, ont fermenté. Nous n'en comprenons pas bien le sens. Nous les interrogeons mais biensur sans succès. Ils rient, c'est tout, ça les amuse. Nous continuons pour nous arrêter à Tad Fan, les plus hautes chutes du Laos. Le point de vue y est superbe. 200 m de dénivelé ! Un bruit assourdissant. Nous tentons d'y descendre. Mais c'est trop dangereux. Un cable a même été installé sur le chemin en interdisant l'accès. Nous n'avons pas d'autres choix que rebrousser chemin. En remontant nous regardons de jeunes travailleurs vêtus de haillons, partageant une partie de Kataw ; quelle souplesse !! Nous sommes pris d'un fou rire, quatre sur six des garçons ne portent pas les mêmes chaussures, ils ont chacun des dépareillés. Il y en a même un qui porte une tong et une vieille basket, idem pour les chaussettes....IL y a vraiment des jours où l'on se demande à quel point nous sommes obsédés par le soucis du détail.......N'ayant pu prolonger notre incursion dans les plantations de cafés, nous décidons de rentrer sur Paksé. Nous restituons nos motorbikes, dînons chez l'indien et hélons un tuk-tuk pour rentrer.
27 mars 2009
Happy birthday cousine Sophie et cousin Sébastien ?? (27 ou 29, desolee mon grand mais je suppose que tu es au Sénégal et ne m'en voudras pas trop de cette petite lacune...)).
La journée commence bien. Franck vient de s'apercevoir qu'il n'est plus en possession du passeport de Victor récupéré hier soir lors de la restitution des scooters. Nous l'avions laissé en caution. Impossible de mettre la main dessus. Le propriétaire de notre guesthouse ne parlant pas un mot d'anglais nous a trouvé un vieux monsieur parlant un peu le français. Nous lui demandons de nous emmener en ville où, peut-être en refaisant les endroits dans lesquels nous sommes passés hier soir, nous aurons la chance de l'y retrouver. Nous chargeons tous nos sacs dans la benne du pick-up. Premier arrêt : bonne pioche ! Il l'avait en fait laissé au cybercafé avec sa casquette.....Nous changeons de l'argent puis repartons pour la station de bus qui se trouve à l'extérieur de la ville. En guise de bus, ce sont des taxis collectifs, des jumbos équipés de 3 bancs à l'arrière, deux latéraux et un central. Nos sacs sont chargés sur le toit, celui-ci ne part que lorsqu'il est plein. Nous avons donc le temps d'acheter de quoi déjeuner. Franck tape la causette avec un gus ressemblant à Albert Dupontel dans la peau de Rambo !!!! Pas piqué des vers le coco......Une demi heure plus tard, le commis du jumbo nous fait signe, il est l'heure de partir. D'accord, mais, on monte où ???? Il n'y a plus la moindre place et des sacs de riz ont été entassés entre les bancs avec un tas d'autres sacs. Et bien si, il y a encore de la place.....On est littéralement collés les uns aux autres. Et, quand je dis « collés », c'est « collés ». Avec la chaleur et la poussière.......Heureusement que c'est aéré partout sinon nous ne serions pas loin de la syncope ! Franck a les jambes mortifiées. C'est folklo, il a en plus à côté de lui une smala avec un petit chien. Nous nous arrêtons plusieurs fois pour reprendre du monde, il faut rentabiliser le trajet ! En tout, 7 de plus personnes vont réussir à s'agglutiner dans la benne à nos côtés. Nous prenons le bac pour traverser de l'autre côté du fleuve. Il s'agit en fait d'une grosse embarcation faite de grandes planches à moitié cassées posées sur trois coques de bateau dont la centrale est équipée d'un toit de tôle en guise d'abri et d'un gouvernail. Notre « bétaillère » ayant repris du monde, nous sommes sur les marches-pieds accrochés au toit à l'arrière. Nous trouvons une chambre dans une guesthouse au bord du mékong. Y louons des vélos avec l'intention d'aller visiter le Wat Phou, la petite représentation d'Angkor construite bien avant pourtant....., se trouvant à 10 kms d'ici, mais la chaleur est tellement insupportable et le soleil beaucoup trop fort, qu'on est incapable d'aller plus loin que le visitor center, on ruisselle....Nous déjeunons puis nous contentons de traverser le village. Celui-ci s'étend sur trois kms longeant le mékong. Franck et Victor en profite pour s'arrêter chez le coiffeur/barbier. Comme toujours, Franck vérifie que les lames de rasoir sont neuves mais en voulant lui couper les poils du nez, il le coupe avec sa paire de ciseaux....pas cool ! Victor est satisfait de sa coupe de cheveux (pour l'équivalent de 1 euro....), pour une fois ! Dans l'enceinte d'un temple, nous tombons sur une équipe franco/lao s'occupant d'un festival de cinéma. Ils font en fait une tournée des villages pour y distraire la population avec un spectacle de marionnettes dont ils ont reformé une troupe et recréé les savoirs-faire d'autrefois. Ils ont refaits toutes les marionnettes et restaurés les anciennes entièrement fabriquées en peau de buffle. Ce spectacle n'avait pas eu lieu depuis plus de 35 ans. La projection d'un film est également au programme. Un film des années 20 par le réalisateur de King-Kong. Les traductions sont effectuées sur des cartons en lao. IL y a tellement peu d'événements que ce genre de manifestation attire beaucoup de monde. Quelque petits stands y sont aussi les bienvenus. Nous retournons à l'hôtel pour travailler un peu. Deux femmes françaises sont à discuter avec un jardinier en mission ici pour une dizaine de jours afin de créer une équipe pour paysager les jardins d'un bâtiment gouvernemental. Il est détaché par le ministère de la culture, il travaille à Pau. Il semble assez perplexe quant à l'avancée de l'équipe dont il est en charge de trouver. Il faut apparemment tout leur apprendre et revenir sur beaucoup de points essentiels. De plus ils ne parlent pour la plupart pas un mot de français et à peine 2/3 mots d'anglais.....ce n'est pas simple. Il faudrait faire évoluer leur mentalités sur des techniques de compostage, de défrichage....afin qu'ils arrêtent de tout brûler. D'autant qu'ils ne maîtrisent rien. Les soubassements de tous les temples sont complètement noircis et irrécupérables. Mais ce n'est pas dans leur culture, ça va être très long......Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir avant de trouver un équilibre entre l'homme et la nature sans pour autant tout saccager. Et, c'est loin d'être leur priorité, ce qui peut se concevoir vu l'urgence de tant d'autres points. Nous nous retrouvons sans électricité. Plus rien, le noir le plus noir ! Tout a sauté. Il y a pourtant du monde partout dans les rues et aux abords du festival.
28 mars 2009
Bon anniversaire à Michel
Je me suis réveillée en pleine nuit avec un mal de tête épouvantable, et, c'est Franck ce matin qui se retrouve avec une tête comme une « coucourge », il a en plus des nausées. Nous mettons ça sur le compte de la chaleur d'hier. Nous retraversons le fleuve à bord, cette fois d'une toute petite embarcation. De l'autre côté du fleuve, un Van nous attend pour nous conduire jusqu'à Donkhong, l'île la plus grande du mékong et aussi la plus au nord de ce qu'on appelle le Siphandhone, mot qui signifie « les quatre mille îles » en lao. Arrivés à quai, nous retraversons donc une fois de plus, un des bras du fleuve pour arriver à destination. Nous trouvons immédiatement une guesthouse avec beaucoup de charme. De vieux meubles en bois exotiques lui donnent beaucoup de cachet et la déco est super raffinée avec de très beaux parquets.Un splendide jardin et surtout une immense terrasse avec une vue sublime sur le mékong complètent le tout. Des chaises longues et des lits laos nous invitent au farniente. Sur la berge, les oiseaux chantent dans les cocotiers. Ici le mékong se divise en de multiples bras, atteignant une largeur de 14 kms, surtout au sud. C'est aussi une zone de rapides avec une grande cascade sur les îles plus au sud et surtout le seul endroit où l'on peut encore croiser des dauphins blancs d'eau douce, les Irrawadys. Nous commandons pour ce soir un menu fait de poisson frais du mékong cuit dans une feuille de bananier et servit avec du lait de coco. Il faut plusieurs heures de préparation avant de déguster cette spécialité. En attendant, nous allons déjeuner un peu plus loin dans un endroit paradisiaque. Nous commandons des spécialités laos dont un dessert à se rouler par terre (une sorte de riz gluant au chocolat avec de la noix de coco ; un délice). La vue sur le mékong est spectaculaire, l'eau y est beaucoup plus limpide qu'en amont, d'une couleur verte. Nous observons tout en sirotant une « lao beer », les pêcheurs en équilibre sur leur petites coques lançant leur grands filets. Franck se délecte de ce moment de pur bonheur, comme il dit, mais qu'il regrette de ne pouvoir partager plus encore. Nous ne savons plus quel jour on est, mais on a l'impression d'être un dimanche au bord d'une guinguette........à écouter le temps s'écouler.......il fait encore tellement chaud que nous décidons de ne rien faire cet après-midi. Nous bouquinons, farnientons, et travaillons avec les enfants sur le balcon. Nous reprenons une douche froide pour nous rafraîchir, encore une......puis reprenons nos bouquins. Nous redescendons prendre un verre, nous discutons avec la propriétaire qui parle le français. Elle était institutrice et a vécut la guerre du Vietnam. Puis nous allons dîner. Celui-ci s'avère excellent. Franck s'aperçoit qu'il est encore démunit de son sac.....Où est-il ? Où l'a-t-il laissé ?? Il y a tout dedans, appareil photo, passeports, argent, archos....Il l'avait oublié sur une chaise au bar où nous étions tout à l'heure.....!!Les garçons n'étant pas rassasiés, ils retournent engloutir un dessert où nous avions déjeuné ce midi. J'ai suffisamment mangé, en ce qui me concerne et la chaleur ambiante étant toujours aussi pesante, je préfère monter me rafraîchir et bouquiner. Ils ne tardent pas non plus à rejoindre le nid. Nous espérons avoir un nouveau rendez-vous skype avec tous nos potos oudonnais que nous n'avons malheureusement pas pu honorer dimanche dernier.
29 mars 2009
Du fait de la chaleur, nous avons décidé de nous lever tôt pour profiter de la fraîcheur matinale. 6H30, debout ; p'tit déj' à la lumière du soleil terminant son éveil au-dessus du mékong. Quelques pêcheurs sont déjà à l'eau. Franck m'a rejointe. Nous laissons les enfants dormir et partons à vélo tous les deux, explorer le nord de l'île. Des femmes sont à trier du kapok, fraîchement récolté dans les kapokiers. Il y a beaucoup d'arbres fruitiers et d'arbres fleuris qui sentent très bon. De très belles rizières, comme nous n'en avions pas encore vu ici, ayant atteint au moins 80 cms tapissent la campagne. C'est vraiment très beau. Par moment une cabane sur pilotis agrémenté d'un énorme datura nous rappelle les clichés des cartes postales. On confirme, ce pays a une photogénie exceptionnelle. Nous remontons jusqu'à l'extrémité de l'île. Il est 8h et on ruisselle déjà. Nos t-shirts respectifs sont trempés, et Franck n'a pas pris de casquette. Nous sommes écarlates......Le garde-boue de mon vélo a perdu un écrou et ne fait que se détacher. Dans un premier temps nous le réparons avec un petit bout de ficelle qui ne tient pas longtemps. Franck trouve une paille sur la route et réussi à faire un noeud avec, ce qui le maintient un moment. Mais après quelques kms, ça recommence. Je roule comme ça jusqu'à ce que nous rentrions. Le bras du mékong donnant sur la partie nord de l'île est quasiment à sec. Les buffles traversent aisément. En repartant, nous avons une petite brise nous faisant face ; ça fait du bien. On étouffe déjà littéralement. Trois heures plus tard, nous sommes liquéfiés. Nous faisons une petite pause sur internet et retrouvons les garçons allongés sur la terrasse à bouquiner. Nous repassons sous la douche froide et nous mettons au travail avec eux. Pause déjeuner et de nouveau école une bonne partie de l'après-midi. Nous avons pris pas mal de retard, ça tombe bien ! Ensuite nous faisons un petit jeu. Nous allons nous dégourdir un peu les jambes en direction du sud de l'île. Nous visitons le Vat Phuang Kaew, ce temple est dominé par une immense représentation moderne de Bouddha « protégé par les naga ». les paysages sont vraiment magnifiques au bord du fleuve et à l'intérieur de l'île vallonnée. On y traverse plusieurs petits hameaux, comme ce matin. Ils possèdent tous un Vat. Le vent s'est levé tout à coup ; ça fait un bien fou ! Nous admirons le coucher du soleil sur le mékong. Il nous fait penser à la loire, bien que Franck nous fasse remarquer qu'il fait rarement 40° et plus, sur les bords de Loire....Nous prenons un verre au bord de l'eau, nous commandons un cocktail lao-lao : ça décoiffe !!! En effet, le lao-lao est l'alcool de riz local. Il est pourtant réputé pour être, ici, plus doux qu'ailleurs......Mais malgré le mélange avec le miel et le citron, c'est extrêmement fort.
30 mars 2009
Nous quittons Don Khong pour Don Det, une île un peu plus au sud. Nous sommes au nombre de neuf entassés sur une petite pirogue avec tous nos sacs. Le moindre mouvement à droite comme à gauche ne pardonnera pas en plein mileu du fleuve. Il nous faut 1h30 pour rallier Don Det. Une île beaucoup plus petite que sa grande soeur Don Khong. Nous arrivons en fait dans un endroit exceptionnellement paisible où il n'y a ni électricité, ni voiture, ni TV......Seuls des groupes électrogènes viennent perturber ce silence de 18 à 22h. Nous trouvons encore un endroit nous convenant tout à fait dés notre arrivée. Encore un petit havre de paix au bord de l'eau. Nous faisons un petit tour qui nous amène jusque dans une école. C'est un peu l'anarchie dans les classes où les maîtresses ne semblent absolument pas maîtriser ce chahut ! Elles continuent leur cours comme si de rien n'était.......Je filme les enfants ; ça les amuse. Nous déjeunons d'un lap de porc et achetons un peu plus loin des patisseries maison au chocolat. Un australien s'est installé ici depuis peu dans une petite cahute au bord de l'eau et confectionne des tartes, des patisseries et des tourtes ainsi que quelques spécialités laos. Il a visiblement beaucoup de succès. Vu le cadre et les recettes, rien de bien étonnant. Nous cherchons ensuite une pirogue pouvant nous emmener aux chutes de Phapheng. On les appelle ici, « le niagara du mékong ». Ce sont les plus larges d'Asie du Sud-Est et aussi les plus impressionnantes que nous ayons vu dans ce pays. Du haut du panorama, nous jouissons d'une vue exceptionnelle. De puissants rapides entrecoupés de chutes se jettent à l'est du mékong dans un bruit d'enfer. Nous apercevons des pêcheurs en contrebas sur des rochers. Fous ou téméraires ????? Ils ont construit un échaffaudage très rudimentaire et surtout très dangereux en bambou, pour pouvoir accéder au fond des chutes et y ramener du poisson. Les gens d'ici prétendent qu'ils ont signé un pacte avec le « génie des chutes ». Et, on comprend pourquoi. On en observe un jetant un filet, .....on en frissone pour lui......Si jamais, il bascule....Adieu ! Nous reprenons la route pour aller voir les dauphins de l'Irrawaddy. Les derniers dauphins d'eau douce. Un pêcheur faisant office de batelier pour l'occasion nous y emmène sur sa pirogue. Nous passons la frontière cambogienne. Elle est marquée par 2 petits cabanons en bois installés sur les deux rives. Nous voyons défiler devant nos yeux des roches volcaniques et un étrange spectacle d'arbres penchés dans le sens du courant ! Des dizaines de petits îlots tapissent les eaux du mékong, c'est incroyablement beau. Même Franck qui est souvent avare en compliment, manque pour une fois de superlatifs..... C'est un vrai « no man's land », il n'y a pas d'habitations sur les rives, ni pêcheurs. Nous contournons de gros tourbillons, et, de hautes bornes de béton jalonnent le trajet pour guider les bateliers. Nous débarquons sur un minuscule îlot fait de rochers, mais pas la moindre trace d'ombre......Les enfants sont aux anges. Ils peuvent plonger d'en haut à loisir et nager dans les eaux calmes au beau milieu du fleuve. Nous observons les dauphins, comme si nous nous étions donné rendez-vous, ils sont là ! C'est incroyable, nous avons vraiment à chaque fois une chance inouï......Pendant une demi-heure, nous les voyons évoluer près des berges cambodgienne. On les voit même sauter et se donner des coups de queues, comme si ils jouaient. On nous avait pourtant prévenu qu'il n'était absolument pas sur que nous en apercevions, où alors juste leurs ailerons......tu parles, c'est la fête, aujourd'hui ! Par contre, nous pensions qu'ils étaient blancs alors qu'ils sont de couleur foncée, presque gris. Ce sont les derniers de l'espèce. Une espèce menacée. Il n'en reste que quelques dizaines dans les eaux du mékong et au Myanmar, et ce sont les seuls dauphins d'eau douce. Nous remontons dans la pirogue pour nous approcher d'eux, on y va au moteur puis, à la main pour pagayer pour ne pas les effrayer. IL faut écoper de temps en temps car l'eau à tendance à s'engouffrer dans la coque assez facilement.....C'est très paisible. Seuls quelques embarcations qui remontent le fleuve viennent troubler ce silence par moment. Nous nous laissons glisser jusqu'à un banc de sable au milieu du fleuve pour une baignade près des dauphins. Le soleil décline doucement ; on resterait là des heures. De retour à la réalité, et sur la terre ferme, nous apprécions une bonne douche. Nous ne savons pas trop quoi faire pour demain. Reste-t-on une journée de plus pour farnienter. Nos visas n'étant valables que jusqu'au 1er avril, il ne nous reste de toute façon qu'une seule journée ! Ou bien, nous passons la frontière pour aller directement à Siem Reap (Angkor), mais le trajet qui n'est normalement que de 400 kms nous oblige à traverser le pays du nord au sud pour remonter le lendemain. Un trajet apparemment, cauchemardesque..... La route y est parait-il infernale ! On hésite, d'autant que le temps caniculaire ne va pas s'amèliorer, bien au contraire !!!!! Une autre solution nous permet de descendre un peu en bâteau mais il faudra de toute façon qu'on reprenne un bus pour remonter.....Aah, les maudits trajets....c'est bien compliqué....Nous allons dîner. On réfléchit mieux le ventre plein, n'est-ce pas !!! Optons finalement pour une toute autre solution. Descendons jusqu'à Phnom Penh, la capitale. Il nous faut entre 12 et 14h pour y parvenir, c'est à dire la journée de demain. Nous allons y passer quelques jours, y retrouver le brouhahades des villes qui grouillent que nous aimons tant et nous remonterons ensuite sur Angkor. Depart prévu demain matin 8h. Nous nous sommes definitivement reconcilies avec le laos.
31 mars 2009
On reprend une pirogue pour retrouver le continent. Il y a déjà pas mal de circulation sur le fleuve, un tas de petites embarcations qui tracent des lignes et font de grosses vagues nous doublent, nous croisent et nous secouent......Les unes partent pour s'approvisionner sur le marché juste en face sur la plage et les autres rentrent chargées comme des « mulets » ou bien font office de taxi. Nous attendons une bonne heure avant qu'un van qui se remplit doucement nous fasse monter pour nous conduire à la frontière. Nous passons le poste frontière Lao sans encombre et assez rapidement. Il nous faut par contre régler un backshish de 1$ par passeport, et, on ne peut y déroger.....C'est comme ça nous dit-on ! Un peu plus loin se trouve le cabanon du poste frontière cambogien, occupé par six douaniers assis sur des chaises à l'ombre, attendant le client !!!! Nous remplissons les formulaires pour les visas, une p'tite photo pour Franck qui n'en a plus, un p'tit supplèment de 2$... Et, en 10 minutes c'est bouclé ! Ensuite, passage de la frontière, dans le cabanon d'à côté. En remplissant les formulaires d'entrée sur le territoire, je m'aperçois que le visa d'Arthur est à mon nom, à l'identique du mien. J'en fait part au douanier qui me dit ne pas comprendre. Je le suis, nous retournons voir ses collègues du cabanon d'à côté, qui selon lui n'ont pas fait leur travail correctement.....Ils ne comprennent pas, se consultent tous les six, tournent et retournent nos passeports dans tous les sens en s'envoyant des mots doux, que je ne comprends pas biensur mais à l'intonation, dont je devine la teneur....!! Je suis à la limite du fou rire. Ils concluent finalement que c'est : NO problèm, No problèm !!!! Bon, bah, si c'est No problèm, alors on y va. Tu parles, ils ne savent pas comment faire et de toute façon vu qu'ils ne comprennent rien.......Bref, j'espère qu'on n'aura pas de problème à la frontière vietnamienne.....Je retourne donc au service d'immiration avec mes passeports et visas tels quels. Il faut encore repayer 1$ par passepot. Et, encore un p'tit backshish dans la poche...Sauf que, nous arrivons à biaiser avec un billet de 100 $ dont ils n'ont pas la monnaie, alors profitons d'un petit moment de confusion pour ne pas payer.....et nous hâtons pour rejoindre le bus .Bien fait ! On est en fait entassé dans un bus sans soutes et sans galerie !!! tous nos sacs à dos sont empilés dans le fond et dans l'allée centrale. Le trajet promet .....On avait en plus négocié 2 places pour le prix d'une pour les enfants. Sauf qu'au contrôle des billets ; pas possible. Franck ne veut pas repayer , et, à juste titre. On a déjà payé 28 $ par personne : c'est hyper cher ! Il prend Arthur sur ses genoux, ça à l'air de passer. Mais, ils reviennent à 4. Et, là, on a le droit à un couplet sur la sécurité. « Au Cambodge, ce n'est pas du tout comme au Laos, la sécurité, c'est très important et il faut absolument que chacun ait une place assise.... » A croire, qu'ils nous prennent vraiment pour des démeurés....Il n'y a qu'à regarder, l'état du bus et la surcharge.....D'autant qu'avec tous les sacs, ceux qui sont assis à l'arrière seraient bien incapables d'évacuer le bus en cas d'accident.... Bref, nous repayons une demi-place. Nous attendons dans la chaleur que le bus démarre.



















