Les globe-tretieres

09 avril 2009

Nous passons la matinée tranquillement à l'hôtel. Franck passe encore un temps fou à trier les photos, les enfants travaillent pendant que je fais des recherches pour la suite de notre périple sur internet et sur des bouquins. Nous déjeunons tard puis partons pour le village de Chong Kneas. La route pour accéder jusqu'à l'embarcadère est complètement défoncée et parsemée d'ornières et de grosses pierres. Où sont passés les amortisseurs ??? Avant d'arriver aux abords du lac, nous longeons des villages posés sur des échasses. C'est impressionnant la hauteur à laquelle sont perchées ces habitations. Lors de la saison des pluies, le lac Tonlé Sap, qui est le plus grand lac d'Asie du Sud Est, multiplie sa surface par quatre et sa profondeur par 10. Le mékong en crue atteignant un niveau supérieur à celui du lac, force le courant de la rivière Tonlé Sap à s'inverser pour aller remplir le lac en amont. Près de trois millions de personnes vivent à proximité, où sur le lac Tonlé Sap, dont plus de la moitié sur des villages lacustres. Ils sont ici depuis des siècles et vivent au rythme des eaux. On imagine difficilement le changement, qui doit être radical, et la transformation des paysages dus à ces mouvements, et l'eau submergeant une telle superficie. Nous louons un bateau pour atteindre le village de Chong Kneas. Les villages allongés au bord du canal que nous longeons pour y accéder nous revoient tout la misère du monde....L'eau est un véritable méandre d'ordures où petits et grands se plongent pour pêcher, se laver, faire des besoins beaucoup plus intimes....et surtout, ils boivent cette eau !!! Cela nous atterre. Vingt minutes nous sont nécessaires pour entrer enfin sur le lac où se trouve le village flottant. A droite, une petite communauté vietnamienne de pêcheurs dont on reconnaît facilement les femmes avec leurs bras couverts et le foulard qu'elles portent sur leur visage ne laissant apparaître que leurs yeux. Et à gauche, un spectacle plein de couleurs. C'est surprenant. Les paillotes de paille et de bambou sont fixées à des flotteurs ou à de gros bidons vides. D'autres, plus cossues en bois, sont attelées à des embarcations. Nous croisons un bateau-épicerie et bien d'autres transportant divers matériaux. Les bâtiments les plus imposants sont des usines de paille où l'on y fait sécher le poisson. Ils le pilent ensuite pour en faire du prahoc, cette pâte de poisson qui agrémente la cuisine cambodgienne. Nous nous arrêtons sur une grosse plate-forme ; une ferme à poissons où des milliers de poissons s'agitent dans de gigantesques viviers. Des crocodiles sont aussi élevés dans de grands parcs en bois semi plongés dans l'eau. Tout comme des serpents qui font aussi partie des denrées consommées par la population locale. Un élevage ingénieux se trouve un peu à l'écart. Il s'agit d'un élevage de porcs élevés en cage au-dessus de l'eau. Ils sont nourris de bouillie de riz et de bananes !!! Nous assistons du haut d'un parapet au couché du soleil sur les paillotes flottantes au fil de l'eau : un véritable décor de cinéma se trouve devant nos yeux. C'est géant ! Notre pilote s'impatiente, ça fait deux fois qu'il vient nous chercher pour que nous rentrions. Il ne veut, semble-t-il pas rentrer de nuit. Nous le suivons de mauvaise grâce, n'ayant absolument pas envie d'abréger ce moment......Nous passons devant une église catholique ; édifice insolite en ces lieux......De retour en ville, nous allons acheter nos billets de bus pour demain matin et prendre un verre. A cette heure-ci l'animation est à son comble ; nous adorons cette ville ! Nous adorons ce pays ! Les rues sont décorées de guirlandes et les arbres de lampions pour le nouvel an Khmer qui a lieu la semaine prochaine ; c'est très beau. Nous repassons au marché de nuit. Arthur achète des souvenirs pour ses copains. Nous laissons ensuite les enfants au Lodge devant un film et ressortons dîner en amoureux.

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10 avril 2009

Après un petit déjeuner copieux, nous rejoignons la station de bus en vue d'un départ pour la province de Battambang. Nous attendons sur le trottoir que le bus arrive. Comme bien souvent au Cambodge, les stations de bus sont installées en plein centre ville. Ce ne sont pas à proprement parlé, des terminaux mais plutôts des agences devant lesquels stopent les bus et où sont entassés les colis en partance. Nous bouquinons, nous partons avec une heure de retard. A peine sortis de la ville la route est encore désastreuse. Des mauvaises pistes sablonneuses coupent la route sur de grosses portions. C'est la première fois que je voyage assise sur une chaise de camping dans l'allée centrale.....Et oui, on n'arrête pas le progrès ! Lors de la pause nous achetons des mangues, qui n'ont vraiment pas leur pareil ailleurs. Elles sont foncièrement délicieuses. Franck mange des crickets grillés.....Notre chauffeur est un vrai fou du volant, il roule comme un dingue et passe son temps à faire hurler son klaxon. C'est usant ! Nous arrivons pourtant sans encombre à destination. Nous nous installons à l'hôtel et sortons grignoter un peu. Toujours cette horrible chaleur qui nous fait suer sang et eau.....Nous allons jusqu'à une école de cuisine khmer. Celle-ci est malheureusement fermée pour 3 jours, mais un numéro de téléphone laissé sur l'affichette accrochée sur la porte, nous permet d'appeler. Le propriétaire nous dit ne pas être sur d'être revenu lundi matin afin d'y donner ses cours. Dommage, ça nous branchait vraiment. Nous sirotons des tukaloks (sorte de milkshake aux fruits), je ne bois plus que ça. La diversité de leurs fruits étant un vrai bonheur pour les papilles. Une grosse averse éclate, mais ne dure malheureusement que quelques minutes. Pas le temps de rafraîchir l'atmosphère. Nous allons terminer l'après-midi à la médiathèque francophone. Un article parut dans le « cambodge soir » nous informe que le pays souffre cruellement d'un manque de touristes du fait de la crise actuelle et, que de ce fait, beaucoup d'établissements sont obligés de revoir leurs prix à la baisse ou dans le pire des cas, de fermer. Ce qui est le cas à Siem Reap. Nous comprenons mieux pourquoi, nous avions le sentiment de nous sentir parfois bien seuls....En rentrant à l'hôtel, nous tombons sur une petite annonce proposant des cours de cuisine : Super. Nous appelons et prenons rendez-vous pour dimanche matin. Nous allons faire un petit apprentissage de leur succulente cuisine, les enfants sont ravis. Ils montent travailler et nous partons en quête de deux-roues pour aller visiter les environs demain. Nous faisons affaire avec deux jeunes se trouvant dans la rue à deux pas de notre hôtel, qui nous louent leur scooter pour un prix très avantageux. Nous retrouvons les garçons. Je tape mes notes, Franck se repose un peu avant de descendre ou de monter manger ; notre hôtel nous offrant un superbe panorama sur la terrasse du toit, ainsi qu'à première vue, une excellente restauration.

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11 avril 2009

Il fait dés ce matin une chaleur torride. Nous remontons mettre des manches longues ; une journée tête et bras découverts sur sur les motorbikes ça ne pardonne pas ! Comme toujours, aucune route, mais de pistes sablonneuses et des chemins de terre quasiment impraticables !! La campagne est très belle par ici et les gens toujours aussi souriants. Après une trentaine de kms à manger de la poussière, nous arrivons « peaux-rouges » que nous sommes devenus, au pied du vat Phnom Sampeau. Des centaines de marches très raides, nous conduisent au sommet. Nous pourrions étreindre nos chemises tellement nous transpirons....Le mois d'avril le plus chaud : on confirme !! Juché en haut d'une colline calcaire, le Vat principal est surmonté d'un stûpa et entouré de petits temples. Un grand bouddha doré veille sur le site. Une grande effervescence a lieu un peu partout. Des moines et des nonnes donnent le ton dans ce décor des plus surprenant. Beaucoup de personnes sont à préparer des cérémonies précédant le nouvel an khmer. Des offrandes opulent dans les temples et les encens embrument l'atmosphère. Les gens arrivent petit à petit, dont beaucoup, reviennent au pays pour l'occasion. Des cambodgiens qui se sont éxilés après la guerre ; aux Etats-Unis, en Europe, au Canada......Nous faisons connaissance avec une famille québécoise. Ils nous offrent des pâtisseries cambodgiennes préparées dans des feuilles de bananier. Ils nous parlent de leur exil et de la famille restée ici. Nous expliquent certaines choses sur les cérémonies se déroulant sous nos yeux. Les moines festoient des offrandes leur étant destinées. Le jasmin et son doux parfum nous caresse les narines. Une vue splendide épouse les paysages alentours. Un dédale de sentiers nous amène à un petit escalier qui descend vers une plate-forme couverte de crânes et d'ossements. Ces grottes à la sinistre réputation, servaient de charniers lors du génocide. Les khmers rouges y ont assassiné au moins 10.000 personnes. L 'ouverture par laquelle ils matraquaient les victimes avant de les précipiter dans la grotte nous toise tel un trou béant ! L'endroit est morbide, oppressant et l'atmosphère chargée.....D'autant que certains squelettes sont entassés à même une cage ouverte...Nous redescendons par un chemin tortueux. Nous ressemblons à des « peaux-rouges » fardés !....Notre chauffeur et sa moto-dop nous attendent en bas. Nous reprenons la piste pour le vat banan. Il s'agit d'une version réduite du célèbre Angkor Vat. Avec ses cinq tours , ce temple est une merveille d'architecture. Il nous faut encore grimper d'innombrables marches pour en atteindre le sommet. Mais quel spectacle, une fois en haut. La vue sur la campagne environnante est saisissante. D'ailleurs, on dit que la province de Battambang est l'une des plus belles et des plus fascinantes du Cambodge. En redescendant le ciel s'est obscurcit d'un coup et une énorme averse se met à tomber. Nous nous abritons sous une gargote le temps que ça se calme et y achetons des bambou-cakes, les enfants se prélassent dans des hamacs. La piste est devenue gadoue. Des paysans essaient en vain de sortir une vache d'une mare, elle est apparement très malade et son train arrière semble paralysé, ils sont au moins six à tirer à l'aide de gros morceaux de bambou, nous nous arrêtons et Franck descend les aider. Ils vont l'abattre. Nous refaisons quelques kms avant qu'un orage monstrueux comme nous en avons rarement vécut, nous tombe sur la tête. Des éclairs foudroyants et un tonnerre hurlant sa colère nous stoppent en plein élan. Heureusement, nous arrivons au temple où ont élu domicile une race de chauve-souris géantes. Nous les voyons nous survoler avant de nous mettre à l'abri sous le monastère des novices. Elles ne vivent pas comme leurs consoeurs dans des grottes mais à l'air libre. Elles sont toutes, malgré la pluie qui tombe en trombe, suspendues dans des arbres jouxtant les temples. C'est très impressionnant. Leur envergure est semblable à des faucons. Des batmans miniatures ! Durant une demi-heure, les trombes d'eau vont transformer radicalement la campagne. Nous commençons alors une étape du « Camel trophy » !!Franck s'en donne à coeur joie......Nous nous enlisons à plusieurs reprises. Les flaques d'eau se sont muées en de véritables mares qu'il faut traverser sans savoir où nous passons ! Quelles cachottières ces ornières.....Nous sommes hourdés de boue. L'eau qui nous éclabousse est chaude bien que l'air se soit nettement rafraîchit. Nous pouvons lire le bonheur sur le visage des gens sous la pluie. Même s'il faut déblayer, creuser des rigoles pour permettre à l'eau d'évacuer les habitations. Les enfants pataugent, les vélos sont à moitié noyés dans les mares bordant les routes. Les boeufs tirant des charrettes se frayent des chemins comme ils peuvent. Incroyable cette vision. Nous traversons des villages semblant sortir du néant. On se croirait être revenu dans les favela de Rio lorsque l'eau ravinait dans les ruelles. En plein coeur de cette jungle, après avoir fait nos preuves en terrain hostile, nous arrivons dans un coin de bout du monde (encore un !) Au milieu de nulle part se trouve une gare,enfin ce que les habitants appellent une gare,car rien n'indique qu'elle en est une. Nous nous retrouvons à monter un plateau plutôt précaire fait de bambous sur des essieux que deux jeunes cambodgiens viennent de monter sur les rails. Un moteur de style tondeuse entraîné par une courroie (tendue par le pied du pilote!). A l'aide d'un petit banc nous y montons les scooters. Franck n'en croit pas ses yeux. Ils nous répète sans arrêt « c'est de la folie, vous avez vu où on est... », il est complètement abasourdi par ce à quoi nous assistons encore. On est encore dans la 6ème dimension....Sur une autre planète.....A l'aide d'un lanceur, le moteur démarre. Nous sommes tous les quatre assis sur les bambous et nous voilà partis. Un truc de dingue. La pluie ayant laissé place à la brume, nous plonge en plein scénario fantastique ! Les enfants n'en reviennent pas. Sur les premiers kms, pas âmes qui vivent, puis le long de la voie, nous croisons quelques âmes à pied ou à vélo. Il faut démonter l'engin lorsque nous croisons un autre « norry ». Nous le redémontons lors de notre arrivée dans une station fantôme......pour permettre aux conducteurs de repartir dans l'autre sens. Encore quelques "embourbages" et d'étonnantes rencontres avant de retrouver la civilisation. La pluie se remet à tomber dés que nous rentrons dans le centre. Nous nous arrêtons avec Victor au marché Munk pour y acheter des tuniques et des tissus safrans, je souhaitais également ramener un bol à aumône mais ils ne me plaisaient pas. Un fois les emplettes faites nous rentrons à l'hôtel. Je commence par nettoyer les chaussures puis à défaut de karcher, nous restons une éternité sous l'eau propre.......Nous dînons sur la terrasse de l'hôtel.

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12 avril 2009

Réveil matinal ; 6h30. Je descends acheter du pain frais, nous avons trouvé un pot de nutella hier dans une petite boutique ; tout le monde apprécie. Au retour, je m'arrête essayer un petit pantalon repéré la veille mais n'ayant pas le courage ni l'envie de marchander dés ce matin, et le prix étant beaucoup trop élevé (comme toujours : prix barang !!!), je continue mon chemin et achète des fruits sur le marché : des ramboutans, des poires chinoises et des dragon fruits. Je monte réveiller mes hommes afin qu'ils me rejoignent au « Sunrise coffee house », mais celui est fermé pour trois jours pour cause de nouvel an. Bon nombre d'établissements sont fermés à cette occasion. C'est donc sur la terrasse de l'hôtel que nous prenons notre petit déjeuner. A 8h, nous avons rendez-vous avec notre chef devant l'hôtel, une jeune bulgare s'est jointe à nous. En premier lieu, nous nous rendons au marché pour y faire nos achats. Un énorme marché comme on les aime, mille couleurs, mille saveurs, mille odeurs !!!! Haricots verts géants, aubergines, patates douces, carottes, oignons, ail, échalotes, citronnelle, coriandre, gingembre, chou-fleur, poivrons, piments, coco, ananas, feuilles de bananiers......commencent à alourdir notre panier. Nous avons du mal à nous frayer un chemin entre les étals tellement il y a de monde. C'est la cohue partout, ça grouille. Entre ceux qui vendent, qui achètent, qui troquent, qui déjeunent, qui cuisinent, qui dépècent......Bref, un vrai lieu de vie quotidienne. Les étals de viande nous permettent d'acheter boeuf, porc et poulet. Des grenouilles décapitées et « déshabillées » continuent de remuer et d'avancer !....une tête de chien gît dans une bassine avec ses attributs à côté. Arthur me dit y avoir également vu les cadavres de deux chiots, mais je n'ai pas pu maintenir mon regard plus longtemps car cette vision m'a submergé d'effroi ! D'autant qu'en général les cambodgiens ne mangent ni les chiens ni les chats. Seuls quelques magasins spécialisés vendent de la viande de chien mais c'est très cher ! C'est considéré comme un mets de choix (nouvel an...). Tanya, la jeune bulgare ne s'en offusque pas plus que ça, elle vit et travaille en chine et est habituée à ce genre de chose. Un poisson chat vient de traverser en rampant avec ses nageoires l'allée devant nos yeux....Nous en achetons un gros pour le cuisiner. Achetons également des crevettes et autres denrées dont nous aurons besoin puis repartons en tuk-tuk en direction de la maison familiale de Bat, notre chef cuisinier. Sa femme et ses enfants nous accueillent chaleureusement, ils ne parlent pas l'anglais ; seul Bat l'a appris. Victor et Arthur sont très impatients depuis deux jours à l'idée de tenter cette nouvelle expérience, et de jouer les apprentis cuisiniers. Sur de grandes tables sont disposés, des feux, des couteaux, mortier et pilon, des woks et bien d'autres ustensiles de cuisine. Bat nous fournit des tabliers et nous attaquons. Nous commençons par éplucher tous les légumes, les racines et les fruits. Leurs techniques sont bien différentes des nôtres ; c'est assez amusant. Tout un tas d'ingrédients vont venir compléter notre liste de course. Nous allons préparer quatre plats. : un curry de poulet au lait de coco, un amok de poisson dans des feuilles de bananier, un loc-lac de boeuf, des légumes frits et des crevettes marinées que nous ferons revenir au wok. Nous apprenons à faire une pâte de piment (assez long mais la base de bien des plats cambodgiens), ainsi que du lait de coco. Les racines, les herbes et tubercules font également partie des ingrédients nécessaires à tous ces mets. Ces trois heures de préparation et de dégustation sont un vrai régal pour nos sens. Nous mangeons outrageusement, mais quel plaisir ! Tanya est tout aussi enchantée que nous. Elle fait partie des belles rencontres que nous avons la chance de faire. D'origine bulgare, elle a vécut plusieurs années en Allemagne avant de s'expatrier pour la Chine dans le cadre de son travail d'ingénieur en architecture navale qu'elle exerce actuellement à Shangai. Bat est également un être adorable. Nous discutons longuement avec lui et Tanya des difficultés que rencontrent leur pays respectifs avec la corruption, la pauvreté et le manque d'éducation. Même si la Bulgarie est difficilement comparable au Cambodge faisant partie de la CEE. Bat a le même âge que Franck mais comme la plupart des cambodgiens, il ne connaît pas sa date de naissance. Le nouvel an leur sert de repère pour changer d'âge. Ils n'ont pas de jour d'anniversaire comme nous. La conversation dérive encore sur les horreurs que le peuple cambodgien a subit. Bat nous raconte sa famille, l'humiliation, la famine et ce qui en a découlé.....Chaque histoire nous semble similaire mais pourtant si personnelle. Bat possède une ferme où il cultive des oranges. Des dizaines de ces fruits sont entassés dans le fond de la pièce, les enfants n'arrêtent pas d'en manger et d'en extraire le jus. Nous nous quittons repus et conquis par la gastronomie Khmer. Nous échangeons nos adresses avec Tanya que nous retrouverons peut-être à Sihanoukville. Nous bouclons nos sacs. L'un des employés de l'hôtel avec qui nous avions sympathisé dans le bus lors de notre voyage Siem reap-Battambang nous offre quatre kramas, des foulards khmers. C'est très touchant. Nous reprenons le bus pour Phnom Penh à 13h30. Avons encore affaire à un « fêlé de la route ». Un accident a eut lieu peu de temps après que nous soyons partis. Un corps sans vie gît en plein milieu de la route recouvert d'un drap. Je ne sais pas si c'est pire qu'en Inde, ici, mais c'est en tout cas tout aussi dangereux. Les conducteurs ne respectent aucune règle de sécurité et conduisent excessivement vite et n'importe comment. C'est au premier qui passera.....Une loi a été votée au mois de janvier dernier afin d'endiguer le nombre de morts sur les routes. Le taux de mortalité des motocyclistes étant en forte hausse, le port du casque est désormais obligatoire. Je lisais l'autre jour un article à ce sujet qui soulignait le fait que personne ne se donnait la peine de faire un effort et respecter cette obligation ; les usagers prétendent qu'il fait beaucoup trop chaud et les jeunes ne peuvent décemment pas défaire leur coiffure artistique......Aucune sanction n'est pour le moment appliquée......On croit rêver !!!! des gros fours à briques recrachent leurs fumées. Ils ressemblent à de gros igloos rouges. La brique est très répandue dans cette région. Après une pause fruits et bambou cake, nous repartons. Le chauffeur du bus pile comme un malade, debout sur les freins, mais il ne peut éviter de culbuter une vache qui traversait......Il ne s'arrête même pas.....Il ne fait que freiner et klaxonner. Je commence l'histoire de Loung Ung et surprends Arthur relisant derrière moi. Je l'attends et nous finissons par lire ensemble. Cela fait l'objet de nouvelles questions. Lire ce livre sur les traces de ces personnes nous affecte encre plus que si nous le lisions dans un autre contexte. D'autant que nous arrivons à Phnom Penh et que c'est de là qu'est partie l'exode, elle s'est poursuivit jusqu'à Battambang, entre autre, dont nous sommes partis ce midi. Les khmers rouges étaient rentrés dans la ville et avaient obligé toute la population à quitter la capitale prétendant que les américains s'apprêtaient à bombarder dans les heures qui suivaient et qu'ils pourraient rentrer chez eux d'ici trois jours. Trois millions de ces personnes ne sont jamais revenues.....Arrivés, nous achetons nos billets pour demain matin. Les deux premiers bus sont déjà complets (nouvel an oblige!), nous n'avons pas d'autre choix que de prendre le bus de 11h15. Nous retournons au Burly's Hôtel où nous étions descendus la première fois, y récupérons le sac de vêtements des enfants qu'ils nous avaient mis de côté et sortons dîner chinois. Toutes les rues sont décorées de guirlandes qui scintillent de milles feux.

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13 avril 2009

Réveil difficile ce matin malgré les fans qui ont tourné toute la nuit, la chaleur nous terrasse. Il fait si chaud que même les enfants restent à l'intérieur des maisons pour éviter la chaleur durant la journée. Il fait en moyenne 42°. Et, aujourd'hui est encore une de ces journées. Nous allons déjeuner tous les deux avec Franck. Nous ne pouvons pas faire nos visas pour sortir du territoire cambodgien pour le Vietnam à la frontière, nous sommes obligés de passer par l'ambassade. Mais celle-ci est fermée pour trois jours avec le nouvel an. Nous laissons nos passeports à la station de bus qui va se charger de nous les faire faire pour vendredi. Nous sommes de toute façon obligés de repasser par Phnom Penh pour rallier Ho Chi Minh. Nous descendons dans l'extrême sud passer quatre jours sur les plages. De retour à l'hôtel, nous ruisselons, nous reprenons une douche.....C'est aujourd'hui que commence le nouvel an khmer mais c'est aussi aujourd'hui que les cloches passent en France. Arthur nous serine les oreilles avec ça depuis un certain temps....Sauf que « les oeufs au chocolat » ne courent pas les rues ici, nous aurions pu acheter à l'occasion une douzaine d'oeufs fécondés mais je ne suis pas sure que cela aurait été du meilleur effet !!!! Nous n'avons trouvé que des m&m's sous plusieurs formes, les chocolats n'étant pas très répandus du fait des températures. Nous les cachons dans le hall de l'hôtel (on fait avec les moyens du bord !). et allons les réveiller. Nous rejoignons ensuite la station de bus pour Sihanoukville. Les rues sont encore surpeuplées et la circulation très dense, pas la moindre parcelle de trottoir ne dispose d'un coin d'ombre. Le soleil nous brûle la peau. J'éponge le visage des enfants à plusieurs reprises. Heureusement, le bus est climatisé. Les bus cambodgiens ne sont pas toujours de premières jeunesses mais ils sont relativement confortables et la plupart du temps pourvus de clim' (lorsqu'elle fonctionne....). Au fur et à mesure que nous nous éloignons de la ville, les immeubles cèdent la place à des huttes aux toits de chaume dispersées au milieu des rizières. De très belles fleurs de lotus ornent certaines parcelles de campagne, comme c'est beau ! Tout l'arrière pays est extrêmement sauvage, rien ne nous indique que nous nous rapprochons de la côte. Et pourtant, après une grosse averse, nous commençons à humer les embruns venant de la mer. La route est bordée de nombreux villages chams. Pour notre première nuit nous trouvons une guesthouse au bord de la plage à un prix raisonnable. Ce qui n'est pas le cas pour les trois nuits suivantes puisque les hôteliers triplent leur prix avec le nouvel an. De plus, la majorité des établissements sont complets. Ce qui ne va pas nous rendre la tâche facile. Nous verrons demain. En attendant nous allons nous baigner. La baie est très agréable et très jolie ; sable blanc, cocotiers et d'innombrables petites gargotes les pieds dans l'eau nous appellent au farniente. De jolies embarcations de bois colorées tapissent l'horizon. Savourons ce moment sous un magnifique couché de soleil ; apéro et poisson grillé au barbecue. Les enfants achètent des fusées qu'ils tirent au-dessus de la mer. Des feux d'artifice sont tirés un peu plus loin. Victor se lie d'amitié avec un petit groupe de jeunes cambodgiens ; il disparaît avec eux.....Arthur observe de très près des saltimbanques crachant du feu et faisant des exhibitions très « enflammées » ! Il rejoint ensuite son frère : il va danser nous dit-il !!!!! Nous rentrons tard.

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14 avril 2009

Nous déjeunons les pieds dans l'eau sur la plage. Un gros orage vient interrompre cette collation, nous nous abritons sous les parasols. Tous les baigneurs restent dans l'eau...beaucoup de familles cambodgiennes sont venues passer plusieurs jours ici pour le nouvel an, mais il y a très peu d'étrangers. Il faut dire que le Cambodge n'est pas non plus renommé pour ses plages : A tord !! Puisqu'il nous est impossible d'obtenir un pris correct pour ce soir, nous partons à la recherche d'une autre guesthouse. Quand elles ne sont pas complètes, elles affichent toutes des prix exorbitants, ils ont tous triplé en une nuit, et, aucun moyen de négocier. Ils savent qu'ils rempliront de tout façon. La chance nous sourit une nouvelle fois, il reste une chambre dans un hôtel avec piscine, de surcroît. Soit, sans aucune authenticité et un peu plus loin de la plage que celui dans lequel nous étions hier soir mais super clean avec bar dans la piscine, billard, happy hour....Après un moment de rafraîchissement dans l'eau, les enfants travaillent et nous redescendons à la plage. C'est marrant toutes ces familles qui se baignent habillées. Nous achetons des petits en-cas à des vendeurs ambulants et louons une grosse banane tractée par un bateau, nous allons faire nos fous sur l'eau. Les enfants adorent ça et en redemandent. Arthur n'arrête pas de crier au pilote d'aller plus vite. Nous nous retrouvons à deux reprises dans l'eau. Ce petit moment d'euphorie passé, nous remontons pour que les enfants refassent des cours. Je mets mes notes à jour et Franck les photos. Puis, nous repartons déguster un barracuda grillé sur la plage dans une atmosphère des plus romantiques.... Soirée à traîner sur le sable et profiter de la tièdeur ambiante ; parties de billard, musique........

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15 avril 2009

Happy birthday Seb.....

A peine avons nous ouvert les yeux que nous sommes déjà tous les quatre plongés dans les eaux limpides. Ca réveille ! Rien de spécial de prévu pour cette journée à venir. Quand je disais que la nonchalance nous happait en son sein de plus en plus souvent.....Il est clair que nous nous engouffrons dans la moindre brèche de « glanditude » ! C'en devient indécent !....Il est 16h lorsque nous nous décidons à déjeuner. Profitons donc de ces moments avec beaucoup de plaisir. Après tout, la vie n'est-elle pas un long fleuve tranquille ? Quelques incursions sur internet ainsi que quelques devoirs d'école viennent ponctuer ces temps morts. Je récupère le linge à la laverie, écume quelques boutiques sans grandes convictions. Les enfants passent leur temps dans l'eau pendant que Franck bulle....Un p'tit massage me ferait le plus grand bien. Il y a un centre d'aveugles dans la ville haute. Je m'y rends à pied. Sur la route, beaucoup de jeunes gens sont installés sur le bord et s'amusent à jeter des poches d'eau sur les passants et les nombreux motocyclistes pendant que d'autres courant derrière, les aspergent de farine. D'où le nombre croissant de personnes que nous croisons depuis hier entièrement blanchis !!! Cette pratique est semblable à celles du Brésil lorqu'il y a des festivités. Lors du carnaval, un peu partout dans les villes, tout comme dans le stade du Maracana lors d'un match, nous avions assisté et subit ces métamorphoses, et ce, sous la même chaleur (ça colle deux fois plus....)!! Le centre de massage est malheureusement fermé. Une jeune aveugle se trouvant sur les lieux m'informe qu'il ne rouvrira que le 17 après les festivités du nouvel an khmer. Dommage ! Un peu plus loin, je tombe sur un autre salon de massages où sont également prodigués des massages par des aveugles mais c'est à l'identique : les portes sont closes. Je m'arrête dans deux librairies échangeant des livres en français mais n'y trouve pas mon bonheur ; encore un coup d'épée dans l'eau.....Je retourne à l'hôtel me plonger et surtout me rafraîchir dans la piscine où les enfants sont encore. La nuit est tombée. Ils retravaillent avant que nous ne ressortions dîner. Je retrouve Franck au billard. Il est en pleine discussion avec un jeune couple franco/anglais voyageant comme nous depuis sept mois. Nous les avons croisé à plusieurs reprises et ils repartent eux aussi pour le Vietnam, vendredi, mais en bateau. Les feux d'artifice explosent dans le ciel, c'est très beau......

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16 avril 2009

Joyeux anniversaire à ma petite soeurette à qui nous envoyons des milliers de bisous plein de tendresse

Qu'on soit seul ou tous les deux, on nous propose constamment de l'«ô» (opium), ou plus ouvertement d'autres «drug» ; c'est hallucinant ! On comprend pourquoi certains jeunes avides de «night life», s'attardent dans certains endroits. Nous profitons jusqu'au dernier moment des plaisirs de la baignade, du levé jusqu'à notre départ. Nous reprenons le bus pour Phnom penh à 14h. Un bus sur deux étages, l'un des plus confortables que nous ayons pris dans ce pays. On nous projette même un american movie «Superman III» ! c'est pour dire......Plus nous approchons de la ville, plus les chaussées sont inondées. Il semblerait qu'il ait beaucoup plu aux abords de la capitale. Des immondices voguent dans les courants et remplissent les flaques et les fossés formés par des trous béants qui bordent les routes ; ça déborde de partout.....De très belles fleurs de lotus égaient un peu ces paysages. Tous les arbres sont également fleuris, c'est très coloré partout. N'ayant pas voyagé avec la même compagnie que lorsque nous étions descendus sur Sihanoukville, nous arrivons à l'autre bout de la ville. Les banlieues traversées sont très pauvres et très sales. Nous reprenons un tuk-tuk pour retourner dans notre quartier préféré. Nous récupérons nos passeports. Nos visas sont faits. Et, prenons un petit hôtel à proximité de la station de bus, non sans mal car ils sont tous complets. Nous repartons demain matin à 8h pour Ho Chi Minh. Il y a un monde fou à dîner dehors, on en prend encore plein la vue et plein les narines.

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17 avril 2009

Un gang de moustiques s'est insidieusement immiscé dans la chambre et a fait feu sur ma peau afin d'écourter mon sommeil en pleine nuit ; il est 3h20. Et, impossible de me rendormir. Ce n 'est qu'à 6h30 lorsque ça frappe à notre porte afin de nous réveiller que je me sors d'un mauvais rêve, quoiqu'un peu prématurément à mon goût, pourtant.....Je saute dans la douche et descends déjeuner dans la rue laissant franck et les enfants émerger doucement. On ne change pas les bonnes habitudes, et, c'est encore et toujours avec un chauffeur fou, et amoureux de son klaxon et de sa pédale d'accélérateur que nous voyageons. Et biensur le sempiternel karaoké passé en boucle. Comme hier nous croisons et doublons des camionnettes bondées à craquer de gens, les coffres sont ouverts pour que ceux qui sont installés à l'arrière puissent y loger leurs jambes à l'extérieur. Comment font-ils pour entasser autant de personnes dans de si petits espaces ???.... Nous prenons le bac pour traverser le mékong et là encore une nuée de scooters se bousculent pour monter à bord, il y a des files d'attente à n'en plus finir des deux côtés du fleuve. Des fleurs de lotus à perte e vue nous éblouissent tant c'est superbe. Victor nous le fait remarquer en nous précisant qu'on pourrait faire une photo de couverture de guide ou de magazine.....Nous nous arrêtons juste avant de passer la frontière pour déjeuner : maïs, pain vache qui rit (c'est amusant, nous n'aurions jamais pensé autant apprécié la vache qui rit......c'est le seul fromage que nous mangeons lorsque nous en trouvons, depuis des lustres !), yaourts. Etant les seuls étrangers dans le bus, c'est le commis qui se charge de récupérer nos passeports et de nous les faire tamponner. Nous n'avons plus qu'à descendre pour montrer nos «trombines» au douanier. La sortie du cambodge se fait donc relativement vite.

Posté par Frankana à 12:31 - 4n- Cambodge - Commentaires [0]


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