13 juin 2008
vietnam
Superficie : 331 114 km² (60% de la France)
Population : 79,2 millions d'habitants
Capitale : Hanoi
Peuples et ethnies : Vietnamiens (84%), Chinois (2%), Khmers,
Cham et une soixantaine de groupes ethnolinguistiques
Langues : vietnamien, chinois, dialectes des ethnies
montagnardes
Religions : confucianisme, taoïsme, bouddhisme, christianisme
Institutions politiques : communiste, parti unique (Parti
Communiste Vietnamien, PCV)
Principales activités : Agriculture (riz, pêche), pétrole,
charbon, industrie (électricité, aciérie), tourisme.
Décalage horaire : + 5H en été, + 6H en hive
Formalités : Passeport valide 6 mois après le retour
Visa : 70€ (multiples entrées: 110 €, 2 photos, valable 30 j, date
d'entrée fixe, peut être obtenu à l'aéroport. Impossible de faire modifier la
date d'entrée dans le pays marquée sur le visa. 2700 Baths ou 60 USD à Bangkok
ou 32 USD au Cambodge Taxe d'aéroport 14 $
Consulat : 62, rue Boileau, 75016 Paris 01 44 14 64 20
Bureau d'informations : 69 rue Glacières 75013 Paris 01 45 88 56 70
Monnaie : Le dong : 1€ = environ 25 255 VND au 15 juin 2008
... peut être avec Frédo, Sylvain et leurs
enfants avec qui nous partons chaque été en vacances.
D'ailleurs, ils sont là en pleine pose sur les marches de Cannes, l'été dernier .... 

17 avril 2009
C'est un peu plus long pour l'entrée au Vietnam, pour commencer, en indisciplinés que nous sommes, nous ne prenons pas nos sacs avec nous ; nous les laissons dans le bus. Le service d'immigration est situé dans un grand bâtiment moderne avec une toiture conique ; rien à voir avec les cabanons de la frontière Lao/cambodgienne. Impossible de prendre des photos : Franck se fait rappeler à l'ordre à deux reprises. Notre commis a de nouveau pris nos passeports. Nous passons donc devant tout le monde. C'est pourtant à travers une véritable cohue qui semble attendre depuis longtemps, que nous traversons les portiques. Par contre, nous retrouvons tous nos sacs au beau milieu de la voie circulation. Nous avons l'obligation de repasser par la case départ pour les passer sous les détecteurs et sous les écrans de contrôle. Victor, encore dans la lune, disparaît à notre insu. Nous sommes sur le point de repartir sans lui, le chauffeur s'impatientant un tantinet....Nous voyons réapparaître notre Victor derrière le bâtiment. Il avait en fait, fait tout le tour du pâté de maison !!!! Et son sac ???? pas vérifié !!!!.....Alors, quand on nous parle de la frontière la plus stricte d'Asie du sud Est ; on a vu mieux ! Beaucoup de personnes vivent sur l'eau dans des bicoques de fortune et pour les plus chanceux sur des embarcations au milieu des lotus. Pas de changement notable avec les contrées cambodgiennes. Nous doublons un scooter avec à l'arrière un gros panier cylindrique en métal grillagé où sont enfermés trois gros chiens de style «berger». Nous supposons qu'ils se retrouveront incessamment sous peu sur les étals d'un boucher...un détail (et pas des moindres), nous interpelle, tous les motocyclistes sont coiffés d'un casque. Enfin casque, c'est un bien grand mot.....casque de chantier, casque de guerre, casque en pot de fer......bref, casque quand même.... Hô Chi Minh Ville est une grosse ville peuplée de 7 millions d'âmes, dont 4 millions se déplacent en motocyclettes !! L'ex Saigon rebaptisée officiellement Hô Chi Minh Ville en hommage au père de la révolution vietnamienne en 1976 est ultra bruyante. Nous optons pour un quartier populaire, un quartier super animé où grouillent des quantités de petits vendeurs ambulants dans des ruelles étroites. Nous y dégotons une petite pension de famille tout au fond d'une venelle imbriquée dans d'autres venelles. Nous déposons notre bardas et ressortons aussitôt nous plonger au coeur du chaos que représente cette ville. Pour commencer c'est déjà tout un sport pour rester en vie lorsqu'on traverse les rues. Personne ne s'arrête. Une technique déjà bien rodée nous permet en y allant au ralenti de passer au travers de centaines de «fourmis» sur roues. Ce qui n'empêche que ça reste tout de même le parcours de tous les dangers ! La première bibliothèque dans laquelle nous nous arrêtons est une véritable caverne d'Ali-Baba. Des centaines de vieux bouquins sont entassés dans tous les coins. Nous y trouvons 4 vieux «chairs de poule» pour Arthur ; il est ravit. Nous investissons cette ville et son brouhaha comme chaque fois que nous découvrons une nouvelle ville avec beaucoup d'enthousiasme et ce, malgré la chaleur suffocante. Peu d'espace vert offre des petits coins d'oxygène aux milliers de vietnamiens et autres passants qui arpentent les rues. Mais le peu de pseudo parc que nous traversons sont bondés. Tout d'abord, il y a un sens de marche et on nous le fait remarquer, c'est d'ailleurs assez drôle. Beaucoup de monde s'y détend ; badminton (sport très pratiqué dans ce pays), cours de gym en plein air, et jeté de pomh avec les pieds (ils sont super doués). Après plusieurs kms avalés et les pieds noirs et en compote, nous allons dîner dans un resto niché sur le toit d'une très belle maison coloniale ornée de colonnes, tomettes, parquets et bois patiné. C'est un lieu tellement réputé que beaucoup de monde attend une table. Les barbecues et les fondues au bouillon sont les spécialités de ce très bel endroit. Nous nous régalons tout en ruisselant ; les barbecues et les fondues n'étant pas ce qu'il y a de plus recommandé avec le climat actuel : dur ! Une petite glace en sortant. Toutes les terrasses sont envahit. C'est fou tout ce monde. Nous continuons dans le quartier huppé, où des tas de galeries d'art nous appellent à la contemplation. Tous les plus grands hôtels côtoient les boutiques chics et les belles bâtissent. Nous rentrons dans un grand centre commercial qui fait des soldes monstres et qui a attiré en ses étages des dépensiers et dépensières hors normes ; elles/ils ont les bras chargés de sacs, nous devons piétiner pour avancer.....Un truc de fou !!! Nous rentrons en xe-om (moto taxi), le pilote de Franck et Victor est un peu bizarre.....On a l'impression de partir en concentration, Arthur est complètement excité. De nuit c'est d'autant plus impressionnant. Il faut vraiment être un pilote avertit pour sillonner dans cette circulation.
18 avril 2009
La journée commence par quelques kms que nous absorbons sous une moiteur insupportable, nous n'échappons pas aux coups de soleil et à la peur d'avoir pris un coup de chaleur. Tout ça pour nous apercevoir que nous nous sommes trompés de musée. Celui-ci est fermé et ce n'est pas le bon. Nous reprenons des xe-om pour retourner dans le centre pour le musée HCMV, qui soit dit en passant n'a rien de bien folichon si ce n'est au sous-sol, un réseau de tunnels souterrains et de bunkers qui a été conservé. Nous y croisons quelques couples de jeunes mariés venus y faire des photos, l'escalier central étant un vrai chef d'oeuvre d'architecture coloniale. Nous nous rafraîchissons dans un joli patio à proximité sous des ventilos équipés de brumisateur. Le musée des souvenirs de guerre se trouve dans le même quartier et nous tenons à nous aguerrir un peu plus sur la guerre du Vietnam. Tout le RDC est consacré aux images les plus horribles de la guerre : photos de blessés, déchiquetés, témoignages des destructions de villages au lance-flamme. Les preuves matérielles des conséquences de déversement du napalm et des défoliants (qui continue de faire des ravages sur les terres et les cultures, les eaux étant toujours contaminées) se révèlent d'un réalisme atroce. Des enfants difformes plongés dans le formol, d'autres complétement défigurés et des centaines d'autres nés avec des malformations toutes plus monstrueuses les unes que les autres : c'est très choquant ! On est traumatisé par de tels témoignages. Par contre la partialité du point de vue vietnamien qui ne dit pas un mot sur les crimes de guerre des vietcong est assez interpellante. Mais que d'atrocités ! Pour mémoire, il faut savoir que le Vietnam a reçu pendant la guerre (la seconde dite « guerre contre les américains ») prés de 14 millions de tonnes de bombes sur son sol, soit 7 fois plus que la quantité totale larguée pendant la seconde guerre mondiale. Les visages atrocement mutilés des victimes des bombes au phosphore, de bombes à « l'agent orange ».....A l'extérieur les « cages à tigre du bagne », les tortures, les exécutions, c'est sordide et sinistre. On ressort de cet endroit, retournés, bouleversés. On marche, on marche....Le bruit nous permet de focaliser nos esprits sur autre chose, quelque chose de plus futile. Nos pas nous mènent devant la majestueuse cathédrale ; c'est très curieux de voir une cathédrale au coeur de l'Asie (des restes de la colonisation....). En face se trouve la poste centrale, un très bel édifice. Victor achète des albums de timbres. Le palais de la réunification est fermé lorsque nous y arrivons. Deux petits anciens nous proposent les services de leur cyclo-pousse. Nous nous laissons tenter malgré notre réticence à profiter de ces petits messieurs d'un certain âge pour notre bon plaisir. Mais nous savons qu'ils ont besoin d'argent. Alors rien que pour ça, nous y allons. Nous grimpons au sommet du Sheraton Saigon pour admirer le panorama sur la ville de nuit. Puis nous allons dîner de spécialités vietnamiennes dans une petite ruelle à proximité de notre pension. Malgré l'heure tardive à laquelle nous rentrons, il y a encore foule partout dans les rues, sur les trottoirs. Certains dorment, d'autres papotent, jouent, travaillent....bref, cette ville est en perpétuelle ébullition.
19 avril 2009
On s'est couché tard et lorsque ça « toc » à notre porte, le réveil est douloureux. Nous bouclons nos sacs car changeons de pension et partons pour la journée pour le grand temple caodaï. Cela va nous fournir la possibilité d'éclairer nos lanternes quant à cette religion (ou cette secte qui semble-t-il soit assez fascinante !) qu'est le caodaïsme, unique en son genre et dont nous n'avons jamais entendu parler auparavant. Le caodaïsme est une religion vietnamienne qui vise une croyance idéale fondée sur le mariage des philosophies religieuses de l'orient et de l'occident (en gros : un seul dieu représentant tous les autres !). Nous arrivons dans un village où toutes les maisons sont peintes de couleurs vives. Tât ninh, qui est une toute petite ville, est en quelque sorte le saint siège de cette religion. La cathédrale-temple supplante de toute sa splendeur ce lieu étrange qui se révèle être des plus atypiques et des plus insolites. Nous nous trouvons devant le sommet de l'art kitsch ! C'est l'un des édifices religieux les plus saisissants tant par son ampleur que par ses couleurs que nous ayons vu de nos propres yeux jusqu'ici. Une sorte de monastère entouré de grands murs peints en jaune abritent les dortoirs et réfectoire des moines d'un côté, et des nonnes de l'autre. Une messe a lieu à midi et nous avons la chance d'y assister. C'est un bien curieux rituel auquel nous assistons. Tous les fidèles sont habillés en blanc, seules leurs coiffes les différencient. En attendant le début de la cérémonie, les femmes caodaïstes attendent assises en tailleur à droite de l'entrée, et les hommes à gauche. Pour notre part, nous devons emprunter un couloir et ne pas passer par certains endroits. Nous montons au balcon pour nous faire discrets. Des musiciens entamant un morceau de musique hindou donnent le ton de l'ouverture de cette cérémonie. C'est avec beaucoup d'entrain que nous suivons le déroulement de cet office. Et le clergé semble être fort bien organisé. Les dignitaires rentrent les premiers. Ils portent de longues tuniques et des sortes de chapeaux mongoliens. Les couleurs les différencient : le rouge pour les confucianistes, le bleu pour les taoïstes, et le jaune pour les bouddhistes. Tous les fidèles leur emboîtent le pas et chacun prend sa place. C'est au son de la musique hindou que s'effectuent les prières et les prosternations. Certes, cet endroit n'a rien à voir avec l'église de Chamula dans le Chiapas, mais par certains côtés il nous rappelle les transes dans lesquelles se mettaient les femmes et les hommes en prières. Derrière l'autel, se trouve, posé sur 4 colonnes, un énorme globe terrestre avec en son centre « l'oeil divin ». En ressortant je discute avec un habitant du village. Aujourd'hui plus que tout autre, il fait une chaleur torride, le soleil nous bombarde de ses rayons brûlants. Impossible de marcher pieds nus, nous avions laissé nos chaussures dehors ; elles sont cuites ! L'ancien me dit qu'il fait 42° à l'ombre mais qu'à Hanoï c'est bien pire, ils ont relevé 45° à l'ombre.....ça promet, c'était les températures que nous avions à Melbourne. Nous déjeunons avant de repartir pour Dia Dao Cu Chi dans la région du « triangle de fer ». Cette région du Vietnam fait partie des régions qui a le plus souffert sous les bombes, le napalm et les défoliants largués par les GI. C'est aussi ici qu'ont été creusé d'immenses réseaux de galeries souterraines par les vietcong et ce, à la main avec pour seuls outils des petites pelles ressemblant à de grosses cuillères et leur fameux paniers que l'on retrouve toujours dans toute l'Asie servant à ramasser la terre. Hier, j'ai haï les américains, aujourd'hui, je hais les vietcong, ou plutôt devrai-je dire, je hais le fait de constater l'effroi que peut susciter les atrocités (dont nous n'avons en plus même pas pleinement conscience) commises par l'être humain quel qu'il soit. Je pourrais débattre des heures sur ce sujet que ça ne changerait pas la face du monde je le sais bien. Mais au nom de qui, de quoi ? Quelle force aussi absurde soit-elle engendre de tels massacres. Le pire n'aurait-il pas déjà été commis ? On pourrait être en droit de le penser pourtant, au vu et su de toutes ces horreurs perpétuées depuis la nuit des temps....Malgré le fait qu'elle nous ait éclairé sur certains domaines et sur la condition de vie des vietong dans ces 250 kms que représentaient ces galeries, mais, dont nous n'avons eu qu'un petit aperçu. La visite n'était pas du tout de notre goût ; un gouffre, que dis-je, un véritable piège à touriste réunissant tous les ingrédients pour contenter pleinement ces visiteurs en mal de gue-guerre pour certains qui ne trouvent rien de mieux à faire que de s'étourdir au tir de M16. D' une, ils nous ont fait une peur bleue et de deux, nous trouvons cela affreusement déplacé et d'un goût plus que limite.......Nous avons par contre pu approfondir certaines de nos connaissances avec les enfants. Ce système de survie était d'une ingéniosité sans faille, il faut bien le reconnaître. Tout avait été pensé dans les moindres détails. Des boyaux obscurs et angoissants débouchant après plusieurs centaines de mètres sur une sorte de ville clandestine comportant toutes les installations nécessaires à la survie de la guérilla vietcong et de ses villageois. Hôpitaux souterrains, dortoirs, cuisines, salles de réunion, fabrique d'arme....système d'aération ingénieux, approvisionnement de l'eau nécessaire aux besoins quotidiens. Le gigantesque souterrain commence à 3m sous terre et ce, pour éviter que le tunnel ne s'effondre lors du largage des bombes ou du passage des chars d'assaut. Puis suivent deux autres niveaux, un à 6m et le dernier à 8m au dessous du niveau de la terre. Par contre il ne fallait pas être gros et grand car les tunnels ne dépassaient pas 60 cm de hauteur et dans la largeur c'était tout aussi étroit ; nous le constatons lors de notre incursion dans l'un de ceux-ci, il ne fallait pas non plus être atteint de claustrophobie ! Inimaginable ! Un phénomène étrange se produit lorsque nous entrons dans le premier boyau, le ciel est d'un bleu sans tache et lorsque nous ressortons quelques centaines de mètres plus loin au milieu de la forêt de bambous, une tempête s'est levée, il fait quasiment noir. C'est sinistre. L'atmosphère est sombre et apocalyptique. Des branches d'arbres nous tombent dessus, tout s'envole sur notre passage. Arthur, qui n'en mène pas large, nous demande si on a changé de pays !!!!! L'orage éclate, tel un bombardement : ça fait froid dans le dos.....Nous courons à travers les arbres jusqu'à rejoindre le parking où nous attend notre bus. Curieux moment ! Sur la route, toutes les « fourmis sur roues » sont enveloppées dans de grands cirés colorés ou sous des bâches plastiques. Nous arrivons à Saigon ; il n'a pas plu.
20 avril 2009
Cela fait huit mois que nous sommes partis, nous sommes nostalgiques de notre départ et les enfants parlent de moins en moins du retour.....Nous parlons par contre de plus en plus souvent du « World tour N°2 » et faisons des plans sur la comète comme si nous y étions déjà, surtout Franck. Cette vie de nomades nous sied comme si nous étions nés pour ça ! Et vraiment rien ne nous manque.
Petit déjeuner à observer la vie matinale de cette petite ruelle où nous nous trouvons fort bien. Les petites échoppes préparent leurs « phos », ( ces soupes légendaires à base de nouilles de riz agrémentées de toutes sortes d'ingrédients selon les goûts de chacun) qu'avalent tous les locaux à tout moment de la journée et dont nous nous régalons nous-mêmes. L'huile bouillone dans les woks, les « deux-roues » livrent leurs volailles attachées au dessus des pots d'échappement, les marchands de fruits ont déjà coloré leur cage de verre à l'arrière de leur vélo, ça discute et ça s'engueule. La ruelle est déjà grouillante. Comme j'aime cette ambiance de quartier. J'ai mille misères avec le PC encore ce matin, je n'arrive pas à mettre mes notes à jours et j'ai pris beaucoup de retard. J'aimerai pourtant pouvoir transférer le carnet de voyage aujourd'hui. Tout du moins, clore le Cambodge. Heureusement, Franck me remet tout cela en ordre. La journée va encore être chaude bouillante. Je m'éponge rien que de boire mon café. La circulation dans cette ville dépasse vraiment tout entendement. Bangkok à côté c'est du « pipi de chat » !!! C'est pour dire .... « Serrer les fesses » reste une bien vaine expression lorsqu'il s'agit de franchir les carrefours sans que personne ne s'arrête. D'autant qu'à trois sur les motocyclettes n'est pas ce qu'il y a de plus prudent dans cette jungle urbaine, mais nous ne sommes pas les seuls, bon nombre de vietnamiens se balladent en famille sur ces deux roues. Les chauffeurs ne disposent que de deux casques ce qui fait que l'un d'entre nous s'en dispense à chaque fois. La masse des deux-roues est telle que traverser la rue s'apparente vraiment à s'engouffrer dans une ruche d'abeilles en évitant de se faire piquer ! Nous avons d'ailleurs fait l'expérience d'aider une petite dame qui avait laissé échapper son sac au milieu de la route ; elle essayait d'aller le récupérer. Nous l'avons tout de suite empêché de se jeter dans cette horde de fous du volant, et, c'est Franck puis Victor qui s'y sont collés.....Victor nous a dit avoir cru qu'il n 'en réchapperait pas !!! Un truc de fou, il était tétanisé au beau milieu de la route, mais a tout de même réussit à ramener le dernier petit gant que Franck avait oublié ; Bel exploit ! Les femmes sont trés souvent camouflées sous de larges masques leur cachant totalement le visage et le cou, et portent de longs gants leur couvrant la totalité des bras. Elles font ça pour se protéger de la pollution et surtout du soleil. Beaucoup d'hommes s'en soucient aussi. C'est à tel point qu'il m'est impossible de trouver de la crème pour le visage sans additif pour peau blanche depuis que nous avons quitté la Thailande. Le bronzage et les méfaits du soleil s'assimilent pour eux à de véritables fléaux. Nous stoppons devant le marché de Ben Thanh, le plus gros marché de Saïgon. Arthur veut acheter des fruits de cactus, mais les prix sont exorbitants, c'est au moins 10 fois plus cher qu'habituellement. Franck négocie un prix mais au final semble n'avoir pas bien compris. Et le prix n'est en fait pas du tout ce qu'il pensait. Le ton monte, la vieille dame nous crie dessus, j'en fait de même. Non mais, pour qui nous prend-t-elle ? Qu'elle se les garde ses fruits de luxe. Dés nos premiers pas dans les halles nous sommes harcelés par chaque vendeur. C'est un vrai gouffre à touriste. Nous achetons un t-shirt à Arthur et des petits ustensiles ainsi que du café vietnamien que nous trouvons excellent. Puis nous hâtons de ressortir de ce lieu puant. Arthur se plaint de se faire tripoter tout le temps, il en a marre. En effet, en Asie, toucher les enfants porte bonheur, et c'est sans arrêt qu'il est sollicité. Nous sentons bien que ça l'exaspère, même s' il a bien compris la signification de ces marques d'affection. Nous reprenons des xe-om pour traverser la ville et nous retrouver dans le quartier de Cholon, le chinatown d'HCMV. Plus l'ombre d'une tête d'européen, le marché central nous permet d'acheter des fruits pour presque rien. Ce quartier abrite un myriade de temples et de pagodes chinoises. Nous flânons dans les rues et rentrons dans chacune d'elle. Ces pagodes de quartier sont très anciennes et très belles. Par contre elles se ressemblent toutes. Cela nous fait drôle, nous ne sommes pas obligés de retirer nos chaussures. Nous nous en faisons tous les quatre la réflexion. Nous restons là, à observer les rites opérés et à humer les odeurs d'encens qui brûlent tels des abats-jour au-dessus de nos têtes et dont les cendres nous tombent dessus. En sillonant le quartier, nous respirons le parfum entêtant des plantes médicinales débordant des étals de rue. C'est surprenant. En début d'après-midi, ne tenant plus sous cette maudite chaleur, nous décidons d'aller nous délasser et nous rafraîchir dans un parc aquatique. Nous y avions déjà pensé du fait de la réputation de ces parcs dans ce pays mais nous voulions éviter la foule du week-end. Et, c'est bien ce que nous faisons ; il n'y a presque personne. Le « Dam Sen Water parc » est un walliby puissance 10 ! Un truc de fou....Attractions en tout genre, piscines multiples avec vagues pour certaines, tyrolienne larguant les nageurs dans l'eau, toboggans pour casse-cou, tubes ; bref, de quoi ravir petits et grands. Notre excitation est pourtant de courte durée. A peine avons-nous grimpé les dizaines de marches nous amenant au sommet des plus hauts toboggans qu'on nous en interdit l'accès. Les garçons ont sur leur short de bain des oeillets de métal que le contrôleur veut leur retirer avec une pince coupante....Non mais, ça ne va pas non ! Il ne veut rien entendre : un vrai petit soldat ! Idem pour le deuxième toboggan. Quant au troisième dont nous essayons de franchir l'entrée, ce sont les t-shirts qui posent problème ! C'ést bien la peine, nous qui pensions rentrer dans le moule en nous habillant un peu....Tu parles ; foutaise ! Franck ne décolère pas, il descend demander des explications, voir un remboursement. Après plus d'une demi-heure de palabres nous avons enfin l'autorisation du directeur en personne d'accéder à chaque attraction et pour cela il appelle tous ses contrôleurs pour leur laisser des consignes. Il nous faut un certain temps pour digérer ce nouvel affront et en restons amer. Ils sont vraiment lourds et leur rigidité les rend vraiment odieux. Surtout qu'à plusieurs reprises nous allons avoir la désagréable surprise de constater que les vietnamiennes se baignent pour certaines, avec des blousons dont les boutons sont en métal, d'autres, ont revêtu un maillot de bain par-dessus leur short en jean, d'autres portent un soutien-gorge dont les agrafes dépassent avec le dos nu, certaines ont un, voir deux t-shirt + un caleçon long.....Bref, le constat est écoeurant ; ils nous prennent vraiment pour des imbéciles.. ! C'est du grand n'importe quoi. Mais nous passons outre et, passons quand même l'après-midi à nous éclater (dans les deux sens du terme !) Aie ! Que ça fait mal et surtout que ça fait peur ! Certains toboggans et certains tubes sont très violents (voir dangereux), et nous en faisons l'expérience et les frais lorsque nous décidons de descendre en duo sur de grosses bouées. Nos poids étant mal répartis, nous nous sommes retournés et amochés. Franck a même cru un moment qu'Arthur avait perdu connaissance. Il a d'ailleurs du mal à s'en remettre notre petit loup. Ce qui ne les empêche pas d'y retourner dés la frayeur oubliée ! Pour ma part, je m'en abstiens. Dans trois de ces monstres, je me suis retrouvée sans dessus dessous, à moitié assomée avec pour résultat une grosse bosse, un doigt mâché et le pied presque foulé......Il faut croire que tout ça n'est plus de mon âge ! Je me rabats sur la rivière à contre courant, le jaccuzzi, les piscines à vagues et quelques longueurs de nage. Nous faisons la fermeture puis reprenons le chemin du centre, toujours en xe-om. Mais arrivés à destination, ça recommence, le prix de la course n'étant plus celui qu'on avait convenu avant de partir. Les passants s'en mêlent, ça crie. On a l'impression d'être pris pour des voleurs.....Franck leur laisse le prix négocié et pas un dong de plus ! Ils commencent vraiment à nous courir. Cela ne fait que 4 jours que nous sommes là, et nous constatons avec force rage ce que tous les voyageurs ayant fait le Vietnam avant nous, nous avait prédis. C'est une véritable institution ici que d'arnaquer les étrangers et en plus bonjour l'amabilité ! J'espère que ça sera plus sage dans les terres et dans le nord. Nous nous offrons le luxe de prendre un cocktail sur le toit du Windsor plaza hôtel, la vue panoramique à 360° y est à couper le souffle ! Nous allons ensuite savourer un pho puis ramenons les enfants faire dodo. Nous ressortons tous les deux. Je fais quelques essayages dont une robe de soie mais qui malheureusement se trouve être trop étroite pour moi, les asiatiques sont tellement mince que cela ne m'étonne pas. Dommage ! Si nous étions restés une journée de plus je m'en serai fait faire une, d'autant qu'il ne leur faut que 24h pour honorer une commande. Je le ferai sûrement plus tard. Pendant ce temps, Franck achete nos billet de bus. Nous avons longuement hésité à descendre deux jours sur le delta du Mékong mais l'expérience ultra touristique d'hier nous a vraiment refroidit et d'un commun accord, nous préférons nous abstenir plutôt qu'avoir a subir les déconvenues de cette virée. Et puis, nous supposons, surement a juste titre, que cela aura un gout de deja vu. Nous avons opté pour une formule open qui nous permet de sillonner tout le pays en gardant tout ou partie des dates en open. Nous les fixerons au fur et à mesure de notre avancée. C'est un peu le même système que nos billets d'avion. Nous prenons un dernier verre au bas de notre pension, notre petite ruelle est toujours aussi animée, c'est vraiment très plaisant, ça rit, ça crie......Il n'est pas très tôt lorsque nous nous couchons.
21 avril 2009
Nous prenons le bus à 7h30, Franck travaille avec Victor une bonne partie du trajet. La route qui sépare Saigon de Phan Thiet n'a rien d'extraordinaire. Si ce n'est lorsque nous commençons à apercevoir la mer de Chine et les plantations d'hévéas. La côte est déchiquetée et nous rappelle étrangement la « great ocean road » au sud de l'Australie. Les paysages deviennent très beau dés que nous approchons du village. Les plages bordées de cocotiers laissent remonter quelques kite-surfeurs au look « aussie », cheveux longs blonds filasses, carrures d'athlètes et bronzages parfaits ; (les bellâtres dans toute leur splendeur), avec leur planche sous le bras. C'est une destination très prisée des habitants de Saigon le week-end. Des rabatteurs nous proposent des hôtels sur la plage, nous partons chacun de notre côté derrière leur motocyclette à la recherche du lieu idéal. Nous optons pour une petite pension proprette à un prix défiant toute concurrence pour l'endroit. Nous réglons nos deux nuits d'avance afin d'éviter toute ambiguïté quant à une soudaine inflation dans les deux jours.....Nous déjeunons avant de repartir explorer les alentours en scooter que nous venons de louer pour 2 jours. Le port de Phan Thiet et sa multitude de bateaux de pêche bariolés de couleurs vives nous arrête en plein élan. Nous regardons les pêcheurs préparer leurs filets et admirons la dextérité avec laquelle ils rejoignent leur bateau à bord de petites embarcations rondes qu'ils dirigent avec une seule rame. Elles sont faites de bambou tressé. Arthur, a, depuis quelques jours une dent sur le point de tomber, ça le gêne de plus en plus. Franck lui a proposé de l'aider à l'arracher et c'est ce qu'il fait aujourd'hui. La quenotte est dans le sac ! Nous prenons ensuite une petite route nous conduisant tout droit au coeur du quartier où vivent les pêcheurs et leurs familles. Plus nous avançons et plus nous nous enfonçons dans un lieu miséreux, plusieurs des habitants nous font de drôles de signes, que nous finissons par traduire. Ils nous disent de faire demi-tour..... Mais nous continuons, les enfants nous saluent au passage et certaines femmes nous touchent. Ils sont très tactiles, surtout avec les enfants. C'est au terme d'un véritable méandre, une sorte de bidonville nauséabond que nous arrivons sur une plage puante ou flottent les pires immondices. Nous restons quelques minutes à fixer l'horizon et les quelques pêcheurs se préparant à partir. Nous rebroussons chemin, les enfants nous courent après en nous criant « hello, hello ! » Nous sommes la curiosité du moment, on est regardé comme de drôles de singes. De jeunes gens s'épouillent entre eux devant leur perron ou assis sur les pseudo-trottoirs. Le chemin de sable et boueux nous ramène au coeur du village où voulant éviter un chien se ruant sur nous, je me retrouve par terre avec Arthur. Rien de bien méchant, juste une glissade qui se traduit par quelques écorchures. Un petit monsieur relève le scooter pendant que j'ausculte Arthur rapidement, il est un peu éraflé et a pris la poignée d'accélérateur dans le thorax, mais, ça va. Tout un tas de curieux arrivent en courant, on se retrouve en l'espace de quelques secondes étouffé par la foule. Je redémarre vite fait et nous filons. Victor et Franck nous attendent un peu plus loin sur le bas coté. Nous continuons tranquillement notre balade tout en longeant la côte puis rentrons travailler avec les enfants. Franck trie quelques photos et je mets quelques notes à jour. Nous ressortons prendre un verre tous les deux puis avec les enfants allons dîner au bord de la piscine du resort d'en face. Un endroit sublime. Nous mangeons divinement bien et Franck nous fait la surprise de nous commander de succulents desserts. Nous avons de la variété française en musique de fond ; séquence nostalgie : Joe dassin, Michel Sardou, Jane Manson, Mireille Mathieu........Le bruit des vagues qui se brisent avec force sur la plage nous arrive aux oreilles. Nous faisons un petit tour et nous arrêtons au bord de ses grosses vagues venant nous souhaiter bonne nuit.
22 avril 2009
La petite souris est passée. Notre petit chat trouve qu'elle a été grandement généreuse. Victor aimerait de nouveau perdre des dents.....Arthur ne cesse de se gratter la tête, il a peur d'avoir attraper des poux ; je ferai une petite inspection ce soir. Nous partons tôt pour profiter de la lumière du matin. Au cours de notre excursion d'aujourd'hui, nous allons tour à tour traverser des paysages aussi diversifiés qu'incroyables. Petit port Africain et petites baies aux couleurs portugaises, une côte longeant la mer égée en Grèce ou en Crète, des dunes aussi belles qu'au Pérou, une oasis du Sahara tunisien telle que « ksar ghilan », les dunes rouges du bush et son merveilleux site d'Uluru, les canyons américains.....Tout sauf le moindre paysage nous rappelant que nous nous trouvons bien en Asie. La vue du port de Mui Ne est saisissante, plus d'une centaine de chalutiers bleus à rayures rouges et jaunes sont amarrés. Les plus éloignés se fondent dans l'horizon. Nous faisons une première halte dans notre endroit favori : le marché. Mais les toiles tendues pour filtrer le soleil, les mouches et la foule rendent l'endroit oppressant. Les étals de poissons sont par contre d'une rare fraîcheur, les femmes décortiquent et ouvrent les fruits de mer fraîchement péchés du matin. Nous continuons un peu plus loin. Le petit bout de parking que nous trouvons pour garer nos scooters est payant ; ça commence ! Nous nous stationnons un peu plus loin. Pas question que nous cautionnions ces procédés. On s'arrête sur le trottoir à l'ombre boire un verre. On demande le prix au préalable mais au moment de payer les prix ont subit une inflation fulgurante. Il n'y a pas l'ombre d'un étranger dans ces lieux. Le village est grouillant de monde et la circulation infernale, ça joue encore du klaxon et ça crie dans tous les coins. Franck vient de se voir remettre une notice en anglais par le patron de la gargote où nous sommes arrêtés, il lui montre du doigt la ruelle d'en face. C'est une notice pour Viagra. Mon chéri aurait-il la tête d'un pauvre mâle impuissant ???? Je la garde précieusement pour la mettre dans mon journal. Et qui sait.......pour nos vieux jours....En repartant nous traversons un petit restaurant faisant l'angle de deux rues, ouvert sur les deux côtés. Une femme nous invective en faisant de grands gestes nous montrant qu'on aurait du faire le tour.......Deux minutes plus tard, Franck s'accroupit à l'extrémité d'une allée où sont installées deux rangées de femmes coiffées de leurs chapeaux coniques faisant commerce de mangues et autres fruits assises par terre. Il n'y a pas la place où se frayer un chemin tant il y a de monde. Et Franck se fait jeter comme un mal propre par un type faisant sa loi. Ils sont vraiment détestables tous ces gens. Il faut voir comment ils nous regardent, tous les regards sont braqués sur nous. On a l'impression d'être de vraies bêtes curieuses. C'est bien au-delà de tout ce qu'on avait pu nous dire sur ce pays depuis qu'on est parti. En effet, nous n'avons pas rencontré un seul routard ayant apprécié son voyage au point de vouloir y revenir. Nous comprenons pourquoi. En fait seuls les groupes de touristes restant bien gentiment dans leurs circuits doivent y trouver leur compte. Seul le rapport à l'argent est dans ce cas de figure, pris en compte et les rapports doivent être outrageusement tronqués, mais ces gens là s'en moquent, l'échange arrangeant les deux parties !!! c'est scandaleux et pitoyable à la fois ! Qu'est-ce qu'on fait là ? Espérons que le fait de sortir des sentiers battus dans les plateaux du centre va nous redonner du baume au coeur. Nous sortons de ce village direction les dunes de sable rouge. Cheveux aux vents et peau brûlée par le soleil. Nous remettons de la crème prestement. Des lames de plastiques sont à louer afin de dévaler les dunes de sable mais nous jugeons qu'il est beaucoup trop risqué de s'aventurer en haut de ces dunes avec le soleil au zenith. Nous continuons notre route en précisant à nos chères têtes blondes que nous nous arrêterons au retour pour le couché du soleil. Nous avons encore pas mal de route avant d'atteindre les « whites sand dunes ». Au terme de ces dunes rougeâtres se trouvent des canyons dont l'érosion a sculpté le sable solidifié en piliers séparés par de petites gorges. C'est tout simplement superbe ! Le grand ouest américain en miniature. Nous filons jusqu'aux dunes blanches, la côte déchiquetée que nous longeons nous rappelle la Grèce. La luminosité est aveuglante et le sable blanc réfléchissant les rayons du soleil, brûlant. Nous sommes amenés à prendre des pistes de sable dans lesquelles nous nous enlisons. Arrivés au terme de cette étape « raid », nous stoppons sous une grande tôle pour abriter nos scooters du soleil, c'est une nouvelle fois payant mais là, nous n'avons pas le choix. Une fois passée la première dune nous arrivons dans une sorte d'oasis avec rizières et cocotiers puis nous nous retrouvons dans les collines arides et sablonneuses . Au pied des cocotiers et des conifères, un bivouac, plusieurs dizaines de personnes ont installé leur hamac sous ces arbres au pied d'un grand étang tapissé de fleurs de lotus d'un rose éclatant dans lequel des poneys sont immergés dans l'eau a y arracher des racines . On dirait des partisans en plein séminaire. Des drapeaux sont attachés dans les branches et la pluplart sont habillés en kaki et en bleu. C'est curieux ! Assoiffés, nous achetons une nouvelle bouteille d'eau fraîche. Nous louons à une petite dame des lames de plastiques équipées de poignées pour faire de la luge le long des dunes. Mais maintenant il va falloir marcher et grimper dans le sable. Un jeune garçon nous accompagne, nous supposons qu'il va nous demander de l'argent et lui faisons comprendre que nous n'avons pas besoin de ses services mais il ne semble pas comprendre un mot d'anglais.....Il nous ouvre le chemin. Qu'il fait chaud ! Ce n'est pas raisonnable, nous sommes fous. Les garçons montent deux ou trois fois les énormes dunes pour redescendre en 2 secondes. Ils sont écarlates et dégoulinants de sueurs, nous jugeons qu'il est temps de repartir avant d'attraper une insolation. En redescendant nous rachetons une bouteille d'eau. Les gens sont à déguster en famille des hot-pot, bouillon dans lequel cuisent des légumes et des fruits de mer. Nous y avions goûté à Saigon. Les partisans, eux, reviennent avec des provisions et cuisent sur des braseros une sorte de viande ou de poisson séché. Nous voulions aller voir une cascade se trouvant dans le coin, mais ne trouvons pas le chemin. Nous filons au travers d'une énorme piste nous conduisant tout droit au coeur d'un village niché au bord de la mer. Encore un village de pêcheur. Je démontre à Arthur le fait que nous puissions rouler en roue libre dans une descente, le sélecteur sur la position point mort. Ça l'amuse, tout comme les enfants rentrant de l'école qui rigolent et nous saluent à renforts de grands « hello !». Ils nous touchent dés qu'ils le peuvent. Tous les arbres sont en fleurs, la palette de couleur sur fond de ciel bleu ravirait tous les plus grands photographes. Le bout du village se situe sur la plage. Quelques bateaux et des pêcheurs raccommodant leurs filets occupent l'espace. Les troupeaux rentrent dans leur enclos de branchages. Nous remontons afin de récupérer la route principale. Les plages sont tellement belles et sauvages que nous nous arrêtons sur le bord de la route pour nous baigner. Les courants sont très forts par ici et il faut être vigilant. Heureuse surprise lorsque nous nous plongeons dans l'eau limpide. Nous avons rarement constaté une telle température. C'est divin ! Le sable est chaud et doux. Un homme camouflé sous des vêtements de paysans longe le banc de sable, un drôle de manche à la main avec à son extrémité un panier conique enfoncé dans le sable qu'il pousse devant lui. Nous nous demandons ce qu'il ramasse. Nous pensons dans un premier temps à des coques mais il s'agit en fait de tout ce qu'il trouve ! Sa femme le suit avec un grand panier et trie sa récolte pour en extraire les coquillages comestibles qu'ils pourront revendre ensuite. Nous blaqueboulons dans les vagues, mais encore une fois le maudit soleil ne nous épargnera pas si nous prolongeons de trop ce moment de détente. Nous sommes obligés d'insister lourdement auprès de nos chérubins pour les sortir de l'eau. Nous reprenons nos deux-roues, un petit vent s'est levé et des rafales de grains de sable nous criblent la peau. J'ai repris de l'essence un peu avant la baignade mais Franck pensant faire encore quelques kms a préféré attendre. Il tombe en panne. Je le retrouve devant une habitation au milieu de nulle part. Je repars chercher du carburant. Il n'est pas trop difficile d'en trouver. La moindre maison étant équipé d'une pompe de fortune. Je vide la bouteille d'eau et le petite dame me la remplit. Franck s'est entre temps fait emmener par le propriétaire et est en train de remplir son réservoir lorsque j'arrive. Il en remet dans le mien et laisse le reste au petit monsieur. Nous avons tous l'estomac dans les talons, il est temps que nous nous arrêtions manger. Nous repassons devant les dunes rouges où quelques gargotes proposent des petits plats. Nous stoppons devant mais nous n'avons même pas le temps d'éteindre le moteur que les enfants nous courent déjà après pour nous proposer leur luge. Cela m'agace au plus haut point et je les envoie paître. Les petites filles ont déjà de la répartie et insistent avec beaucoup d'agressivité en me demandant pourquoi. Je leur explique que je n'apprécie pas du tout leur façon de faire. Il n'y a pas un chat et la carte n'est pas de notre goût. Nous nous regardons et, en même temps pensons à la même chose : nous avons super bien mangé hier soir, alors nous retournons là-bas et commandons quatre « phos » aux crevettes. Les enfants se replongent dans la piscine mais nous avons beau leur demander de respecter les gens se reposant autour, Arthur ne peut s'empêcher de crier comme une marchande de poisson. Il écope du droit de sortir, d'aller se doucher et recopier à tous les temps « je ne dois pas crier !». Victor le rejoint un peu plus tard. Ils travaillent tous les deux jusqu'à ce que nous ressortions dîner. Franck repart acheter des livres d'occasion et je remets au propre mes notes de la journée. Franck racole deux heures de scooter en sus pour que nous puissions aller dîner indien à quelques kms d'ici. Nous prenons un shake à la noix de coco avant de rentrer. Je termine le carnet de route assez tard avec quelques incursions sur la messagerie quand la wi-fi ne plante pas en plein milieu de chaque message que j'envoie ! Nous pourrons de ce fait, transférer les photos et les textes demain matin.
23 avril 2009
Je m'extrais de la chambre à 7h en essayant de ne réveiller personne. Je prends le PC avec moi afin de corriger mes notes. Je vais acheter des yaourts, des gâteaux, du chocolat et du lait chocolaté pour les enfants et je m'installe sur le bord de la route à la terrasse de notre guethouse. Une vieille femme prépare des « phos » devant moi. Elle est en pleine discussion avec une autre vieille femme. Comme hier, elle me propose un pho mais je refuse. La soupe dés le matin, c'est pas mon truc ! Elle me fusille du regard et avec l'autre vieille s'occupe (je l'entends à leur façon de s'exprimer) de me refaire le portrait en me lançant des regards haineux. Elles prennent en plus à parti les hommes avalant leurs phos fumants à côté. Tout le monde m'observe....Quelles vieilles biques ! Je commande seulement un café noir et du pain, ce que ne semble pas apprécier la patronne, mais je m'en moque. Franck se lève vers 9h, puis c'est le tour des enfants. Ils déjeunent et commencent à travailler mais je juge qu'il sera bien temps de travailler dans le bus cet après-midi. Il fait tellement beau et chaud que nous descendons sur la plage nous plonger dans les vagues. Le courant est assez fort et je suis obligée de rappeler à l'ordre les enfants à plusieurs reprises. Ils dérivent vite. Arthur boit la tasse plusieurs fois. Nous nageons à contre courant mais faisons du sur-place tant le courant est fort. Mais comme c'est agréable. L'eau est chaude et le massage des vagues nous fait le plus grand bien. Après une bonne heure de lutte avec le courant et les vagues furieuses nous allons nous doucher. Je boucle les sacs. Franck s'est installé au bord de la piscine depuis ce matin pour transférer les photos sur le blog. Nous déjeunons et reprenons le bus à 13h30. Il s'agit en fait d'un mini-van qui semble être dans un drôle d'état. Il y a déjà 4 personnes à l'intérieur et beaucoup de bagages, je me demande où nous allons mettre les nôtres et où nous allons nous asseoir. Nous voyageons sur les strapontins avec les sacs débordant sur nos têtes. Et quel voyage !!!! La route est complètement défoncée et notre chauffeur complètement malade ! Il roule comme un cinglé voulant à tout prix arriver au plus vite. Nous prenons le talus plusieurs fois. Ce ne sont que des virages qui n'en finissent pas de grimper. La route est vraiment dans un état pitoyable et les paysages ressemblent en tous points à nos campagnes, même les taudis abritant de pauvres gens sont faits de tôles ondulées. Nous faisons une halte devant une petite gargote où quelques pauvres âmes dorment dans des hamacs. Je ne sais d'ailleurs pas comment, car une musique « latino » hurle dans de grosses enceintes. On se croirait en Amérique du sud ! .... Nous franchissons un premier col et amorçons un petit changement de décor mais cette région des hauts plateaux a tellement souffert des déboisements que seuls subsistent encore quelques parcelles de forêts entrecoupées de champs d'hévéas et de grandes cultures de caféiers, pour le reste, rien de bien transcendant. Nous passons une première ville où les habitations sont semblables aux nôtres. Puis nous prenons une voie express, une sorte d'autoroute avec lampadaires tout du long des rails de sécurité centraux, à l'identique de nos routes de montagnes. C'est vraiment bizarre. Nous n'imaginions pas du tout ce pays comme ça. Quelques paysans travaillent aux champs et cultivent des laitues et des carottes....comme nos maraîchers sur les bords de loire, avec les mêmes serres ! Nous reprenons les routes de montagnes au travers de forêts de pinèdes. Notre chauffeur roule à fond, pied au plancher. Nous roulons sur les disques, les plaquettes doivent être HS et chaque fois qu'il freine, ça fait un boucan d'enfer. Il s'arrête sur le bas côté et jette un coup d'oeil, puis repart. Je commence à regretter d'avoir insister pour venir ici, en plus le ciel s'est chargé et est devenu tout gris. Nous arrivons finalement, en vie, à Dalat. Alors là, pour le coup, on se croirait à Bagnoles de l'orne ! Bonjour le dépaysement.....Non pas que Bagnoles soit dénuée de charme, mais nous nous attendions tout de même à autre chose. Le centre ville jouxte un grand lac où pédalos, adeptes du modélisme et canoës s'exercent sur l'eau. De beaux jardins ornent le tout. La température a nettement chuté, nous sommes en altitude. Je remets une petite laine ; ça faisait longtemps ! Nous partons chacun de notre côté à la recherche d'un hôtel et trouvons notre bonheur à proximité de l'arrêt de bus. Le personnel y est très prévenant, ça nous change. Comme c'est agréable de retrouver un climat tempéré. La ville est bâtie tout en hauteur et surplombe le lac. Le marché central est lui situé dans un creux , on y accède par de nombreux escaliers, c'est assez original. Nous dînons dans une gargote de quartier avec les locaux dont quatre hommes assis à la table d'à côté. L'un d'eux se lève pour nous offrir un verre de vodka vietnamienne, elle se laisse boire et est beaucoup moins forte que les vodkas traditionnelles. Ils ne parlent pas un mot d'anglais mais nous comprenons à leur sourire et leur façon de nous aborder qu'ils sont heureux de notre présence. C'est plaisant. Nous rentrons par le lac et au passage nous renseignons des tarifs pour la location de tandems et de scooters : dérisoires ! Ici, les gens sourient, et un petit monsieur assis avec sa compagne sur un banc, nous entendant parler français, nous interpelle. Nous discutons un moment avec lui, il est charmant. Il nous raconte son exil en france avec sa famille. Il y a travaillé durant 43 ans et maintenant qu'il est à la retraite, il profite de son argent pour rentrer au pays. Nous rentrons gentiment. Je ressors acheter de la confiture de fraises pour demain matin, une des spécialités de la région. Quelle drôle de sensation que celle d'avoir le sentiment d'être en France, je flâne encore un peu dans les rues avant de rentrer.
24 avril 2009
La petite lueur d'espoir quant à une quelconque once sympathie de la part de ces gens s'est rapidement réduite à néant. Dés ce matin; au marché, nous faisons encore les frais de leur mauvaise foi et de leur antipathie. Pourtant, quel marché ! Une mine de fruits et légumes tous plus appétissants les uns que les autres : des avocats partout, des fraises, des artichauts, des radis, des carottes, des mures, des choux pommes, des laitues, des pdt, des pois, des tomates, des concombres, des betteraves,des poireaux......C'est notre marchande de fruits et légumes préférée qui serait heureuse de voir ça ! Rien de bien exotique il faut le reconnaître, mais de la marchandise haute en couleur et vraisemblablement de qualité. Nous goûtons aux friandises et spécialités de la région et en achetons quelques spécimens. Franck achète également un kilo de fraises à une petite dame installée sur le trottoir envahit par ses paniers remplis à raz bord. Je l'attends juste devant, ne touchant à rien. Et soudain, je reçois un violent coup dans les jambes......La vendeuse vient de m'asséner ce coup car visiblement je la gênait ! Quelle bourrique ! Je n'ai qu'une envie, mettre un grand coup de pied dans ces paniers de fraises, je m'éloigne avant que ça ne tourne mal.....Ca se passe de commentaires une nouvelle fois. Arthur qui l'a vu faire est atterré par ce comportement. Nous faisons réparer les lunettes de Victor puis sortons du centre ville pour aller voir l'étrange habitation de la célèbre architecte hang Nga. Il s'agit de la fille du bras droit d'Hô Chi Minh qui par la suite est devenu président. L'endroit est en effet très surprenant. Entièrement conçu de formes tarabiscotées ornées de sculptures de bêtes féroces. Fait de grottes et de toiles d'araignées géantes en fil de fer. Des petites passerelles de bois tordus dans tous les sens permettent de passer d'un bâtiment à un autre. L'ensemble est vraiment sidérant et le plus étonnant dans cette étrange construction, c'est que l'on peut y loger dans des chambres toutes plus abracadabrantes les unes que les autres. Une grosse averse nous interrompt dans notre élan. Nous nous égarons dans le dédale des rues de la banlieue sud de la ville. Nous longeons l'affluent du fleuve dont le niveau a doublé de volume avec la pluie. L'eau qui dévale le courant est de couleur rougeâtre. En fin d'après-midi, nous louons des tandems. Pas si évident que ça de se familiariser avec ces engins. Nous faisons le tour du lac puis nous dirigeons vers la gare. Non sans mal, car même équipés d'un plan, nous n'arrivons jamais à retrouver notre route, c'est très mal expliqué. Le nom des rues est la plupart du temps inexistant et lorsque l'on demande notre chemin aux gens, c'est jamais la même direction !!! C'est un joli monument de style époque coloniale. La copie de la gare de Deauville. Rétro à souhait. Nous restituons nos engins et refaisons un petit tour de marché. Celui de nuit vient de s'installer, et des petits stands de viennoiseries très appétissantes jonchent le trottoir. Pas besoin de gros efforts pour nos têtes blondes qui se plantent devant et n'en bougent plus....Nous nous y arrêtons. Un énergumène mi-femme, mi-homme nous arrive par derrière, nous faisant sursauter. Victor lui trouve une ressemblance avec José Garcia lorsqu'il se grimait dans ses sketchs avec Decaunes. Effectivement drôle de personnage ! Nous goûtons à ses chouquettes géantes fourrées à la crème pâtissière (style vietnamien), ainsi qu'aux croissants. Nous lui vidons son stock en prévision du p'tit déjeuner de demain matin, mais pas question de négocier le moindre dong et, ils sont au moins 6-7 agglutinés autour de nous au cas où nous tenterions d'escroquer le « travestit », qui du même coup recompte ses dongs plusieurs fois, au cas où !!! Toujours l'amabilité en personne ; c'est charmant. Mais, on commence à s'y faire. On s'est même demandé si nous n'étions pas un peu parano et de ce fait avons envoyé plein de messages pour avoir des avis avertits. Plusieurs réponses nous ont confirmé que nous n'étions pas complètement à côté de la plaque et que ce pays n'est vraiment pas une destination pour les baroudeurs de notre espèce qui aiment sortir des sentiers battus, mais bien « LE Gouffre à Touriste » par excellence. Nous espérons pourtant que le nord nous permettra de revenir sur nos positions. Nous rentrons à l'hôtel afin que Victor et Arthur travaillent. Avant de ressortir dîner, Franck nous achète une bouteille de vin de Dalat. Un petit vin considéré comme le premier cru vietnamien ; tout à fait honorable, voir même très bon. Nous dînons dans un « boui-boui » au coeur du marché où tout le monde remballe. Lorsque nous rentrons, il n'y a plus un chat dans les rues, et toutes les boutiques sont fermées. Seuls quelques jeunes transportant les baluchons sur des diables pour les ranger, partagent une partie de pomh, les garçons se greffent à leur groupe. Mais la pause est de courte durée et ils se retrouvent rapidement en manque d'effectif....Les ruelles sont affreusement sales et d'une puanteur.......On a le sentiment qu'un couvre-feu a été sonné : il n'est que 22h !



















