05 mai 2009
Nous passons la matinée à l'hôtel à travailler. Puis déjeunons d'oeufs sur le plat/bacon, de pain français et d'une purée maison (à se rouler par terre), pour finir par de délicieuses crêpes au chocolat : craquage ! Début d'après-midi internet, puis allons à la bibliothèque francophone bouquiner et faire une petite revue de presse. Nous faisons le plein de viennoiseries à la boulangerie française avant de monter dans le bus que nous prenons pour remonter sur Hanoi ; arrivée prévue vers 6h30 demain matin. Les enfants sont une nouvelle fois enchantés à la perspective de voyager de nuit. Nous sommes installés dans le fond du bus avec des suisses-allemands. Victor est devant nous. Nous regardons un film sur l'archos « la boussole d'or ». Puis à la pause, Arthur et moi allons chercher un sandwich à « la vache qui rit » tandis que Franck et Victor s'avalent un plat de noodle dans une gargote du coin. Un gros rat traverse sous nos yeux, on ne s'en offusque même plus, c'est un peu comme les cafards dans nos chambres d' hôtel, ces petites bêbettes font partie du décor ici. Remontés dans le bus, nous nous gloutonnons de nos brioches au chocolat, de nos pains au lait, de nos tartes au citron et à la noix de coco. Vous devez trouver cela, d'un banal effrayant, mais je peux vous assurer que j'en salive rien qu'en l'écrivant. C'est le genre de chose qui fait vraiment partie des extras dont nous nous délectons dés que nous en avons la possibilité, les viennoiseries et patisseries françaises ne courant pas les rues.
06 mai 2009
Arrivée matinale à hanoi. La ville est déjà bien réveillée, la foule, la circulation et le bruit sont déjà au rendez-vous. Nous sommes juste à l'entrée de la vieille ville et en franchissons le porche d'une de ses entrées, nos gros sacs sur le dos à la recherche d'un hôtel. Toutes les petites ruelles grouillent et il est difficile de se frayer un passage dans cette cohue. D'autant que tous les trottoirs sont destinés au stationnement des motos, des vélos et aux déballages des vendeurs ambulants. Nous esquivons plusieurs deux-roues...On ne risque pas de se faire tailler un short, on y est déjà, mais on va finir en slip, si ça continue ! Nous sommes déjà en sueur, dégoulinants. Premier stop, premier hôtel, premier choc des prix ! Heureusement c'est pas mal, propre, p'tit déj compris et surtout hyper bien situé. Nous laissons nos sacs et repartons voir plus loin. Nous sommes vraiment dans le centre névralgique de la vieille cité. En plein coeur des réjouissances. Toutes les petites pensions sont dans les mêmes prix nous retournons donc à notre point de départ. Regrapillons quelques dongs et nous installons avant de redescendre déjeuner. Au moment de repartir, nous nous apercevons que nous n'avons pas l'ordi. Je l'ai oublié dans le bus. Bravo, Anna ! Nous retournons à la station de bus d'où ils appellent le chauffeur qui l'a fort heureusement récupéré (notre bonne étoile !). Nous devrions le revoir ce soir. Nous p'tit déjeunons sur un bout de trottoir pour nous imprégner et humer cette opulence de survoltage. Ce quartier est un vrai coeur battant. Quel plaisir de déambuler dans ses ruelles étroites. Les marchés sont déjà installés. Nous croisons une file de cyclo-pousses en file indienne trimbalant un groupe de touristes (ils bloquent la circulation), alors ça, on ne l'avait encore pas vu, c'est le pompon ! (à ce propos, nous n'allons pas cesser d'en voir durant notre séjour prolongé sur Hanoi). Nous commençons par le temple Ngoc Son au nord du lac Hoan Kiem, on y accède par un joli pont laqué rouge. Le temple se trouve sur un îlot, c'est assez mignon. Nous faisons un détour obligé par le marché où nous dégustons des mangoustans (avons une petite pensée pour Sylvain). Des petites venelles nous amènent à déboucher sur des ateliers où sont sculptées à la main des pierres tombales, c'est assez étrange surtout la façon qu'ils ont d'utiliser l'acide pour achever les gravures dans le marbre. Nous nous arrêtons à la maison commémorative. Une ravissante demeure chinoise rassemblant de très belles antiquités. Les enfants s'y font « tirer le portrait » par un petit monsieur âgé, un portrait à l'encre de chine. Je viens quant à moi de faire le deuil de « mes inséparables », mes tongs, que j'ai usé depuis 4 ans jusqu'aux derniers millimètres de gomme, les seules chaussures que je crois bien avoir mené jusqu'au bout du bout. Et surtout, fait non négligeable vous dirait Franck, celles que j'ai payé le moins cher ! Le vieux quartier de Hanoi s'est constitué du XI ème au XIX ème siècle, mais presque toutes les anciennes maisons dans ce quartier qui existent encore aujourd'hui ont été construites à la fin du XIX ème. Nous visitons quelques temples cachés dans des fonds de cours ou alors à l'étage de petits immeubles renfoncés dans des endroits très sombres. Les offrandes abondent, les enfants n'en reviennent pas, des monticules de canettes de coca, de fruits, de plats préparés et décorés avec soin, des confiseries. Nous avons rarement vu autant de dons dans de si petits endroits de culte. De vieilles femmes font leurs dévotions, des plus jeunes psalmodient. Nous croisons un jeune couple dont la femme nous offre des bonbons, elle caresse au passage la tête d'Arthur, ça lui portera chance. Ils ont préparé une énorme volaille trônant sur un grand plat de riz, cou dressé dont la tête arbore une rose et parée de rubans. C'est d'un goût ! Celle-ci est destinée à Bouddha. Nous nous retrouvons ensuite rapidement dans le plus grand marché de la ville abrité sous de grosses masses de béton. Mais nous préférons aller nous perdre dans les petites rues y attenant. Les gens commencent à remballer et les ordures flottent dans les caniveaux sur l'eau employée à nettoyer. Des femmes nettoient des amas de boyaux dans des bassines qu'elles renversent dans le caniveau. Elles les déposent ensuite sur leurs étals pour les vendre. C'est à vomir.....Cette ville est très sale et peu entretenue, pourtant classée au patrimoine mondiale de l'Unesco, quel paradoxe ! Pendant que Franck négocie des machettes, je m'arrête dans une école avec les garçons, c'est la récréation et les jeunes gens de l'âge des enfants s'amusent à nous faire des démonstrations de « smurf ». Nous traversons le quartier chinois et ses boutiques de contrebande. Plus loin nous passons devant les forgerons, les ferblantiers, les miroitiers, les herboristes.....Bref, nous sommes dans les rues des 36 métiers. Pour terminer nous effectuons un passage à la cathédrale St Joseph. Comme à l'accoutumée, nous avons beaucoup marché, nous piétinons depuis 6h30 ce matin et n'en pouvons plus. Nous trouvons pourtant le moyen de nous perdre dans le dédale de ruelles étant censé nous ramener à l'hôtel. Toutes les rues se ressemblent et elles nous donnent même, une fois la nuit tombée, l'impression de s'être métamorphosées.....Et puis, quel bain de foule, mais d'où sortent tous ces gens ??? Tel le petit poucet, nous finissons par retrouver notre chemin. Une bonne douche et je ressors pour aller chercher le PC. Mais rebelotte, je me perds. Je tourne en rond et impossible de savoir où je suis malgré le plan que j'ai en main. Chaque fois que je demande des renseignements, je me retrouve à l'opposé d'où je souhaitais aller. Après maintes tentatives infructueuses, une heure d'errance et un gros coup de chance, j'arrive enfin devant notre home. Franck ne va mettre que 5 minutes à retourner chercher l'eeepc ! Les enfants sont à travailler. Nous ressortons dîner dans la rue avec les locaux dans un boui-boui à ciel ouvert, mais pas de chance, l'addition s'avère élevée (il n'y avait pas de prix sur la carte, c'est mieux, comme ça ils appliquent des tarifs à la tête du client !), c'est cher et c'est infecte, personne n'a terminé son assiette. 170.000 dongs, environ 10 $ ! Soit, c'est très peu cher pour les occidentaux que nous sommes, mais ici c'est vraiment nous arnaquer une fois de plus d'une façon éhontée : raz le bol ! Nous lui faisons remarquer que c'était immangeable, elle ne nous fait payer finalement que 100.000 dongs.....
07 mai 2009
Nous avons réservé nos premières nuits à Tokyo. Hésitons par contre à remonter à la frontière chinoise dans les montagnes du nord, trekker et y voir des tribus ethniques. Nous sommes tellement échaudés que nous craignons un nouveau leurre. C'est comme pour la baie d'Along, nous traînons la patte. C'est bien parcequ'elle serait classée comme huitième merveille du monde (vous me direz, il y en a des tas comme ça !), que le passage nous y semble obligé. Mais ce n'est pas avec grand entrain que nous entamons notre quête d'infos. D'autant que les échos qui nous en reviennent sont constamment les mêmes : Super, méga, ultra, supra TOURISTIQUE......et il est apparemment très difficile de passer outre les circuits organisés. Les agences d'Hanoi et d'Along ayant le quasi-monopole sur la baie. Pour obtenir un bateau auprès d'un pêcheur ou d'un batelier particulier, il faut connaître quelqu'un et c'est de plus très cher. Nous allons essayer de faire au mieux et pour cela nous donnons la journée. Après que les enfants aient travaillé un peu et que nous ayons fait quelques recherches sur internet pour le Japon. Nous allons au théâtre prendre des billets pour un spectacle de marionnettes sur l'eau. Nous déjeunons ensuite au « little Hanoi » de spécialités locales. On se régale. Puis nous embourbant dans notre timing à force de vouloir passer outre les circuits touristiques pour la baie d'Along et les villages du Nord-Est, nous finissons par capituler et prendre un circuit sur trois jours dans la baie d'Along avec une exigence tout de même, pouvoir faire un trek d'une vingtaine de kms dans le parc national sur l'île de Cat ba. Nous partirons donc demain matin et pour nos trois derniers jours, nous aviserons au retour. Ne sachant plus vraiment que faire. Nous avons trouvé une agence louant des motos, des 250 cc et de vieilles « minsk », ces vieilles pétoires russes, surnommées "mules des montagnes". Alors pourquoi n'irions nous pas faire un petit tour dans les montagnes ne se trouvant finalement pas si loin ? Nous nous donnons le temps de la réflexion. Nous allons pour le moment voir le spectacle de marionnettes. Il s'agit en fait d'un art millénaire qui était jusqu'en 1960 un divertissement pour les paysans qui travaillaient dans les rizières. Ils sculptaient ces marionnettes dans du bois de figuier, un bois imputrescible, en s'inspirant des habitants, des animaux ou des créatures mythiques telles que les licornes, les dragons ou des phénix. Ils donnaient leurs spectacles sur des étangs, des lacs ou des rizières inondées. Pour le coup, ils ont reproduit ce spectacle dans un ancien cinéma dont ils ont transformé la sous-scène en bassin carré qu'ils ont rempli d'eau. Ce spectacle comprend une succession de tableaux évoquant aussi bien des scènes de la vie quotidienne que des légendes. C'est vraiment très bien fait. Nous retournons dîner au même resto qu'hier midi, nous y avions très bien mangé. Puis, nous préparons un sac pour trois jours.
08 mai 2009
Nous partons pour la baie d'Along ce matin, nous faisons connaissance avec notre guide Tchang. Il pleut. Nous passons devant des rizières où l'on repique le riz et laboure avec des buffles. Nous longeons des cultures maraîchères, des plantations de fleurs. Dans les villes, les maisons ont toujours la même forme : ce sont des maisons tubes, très étroites, peintes de couleurs vives en façade, sans fenêtre sur les côtés en prévision de celles qui s'accoleront prochainement. Une seule famille habite en générale dans ces maisons, mais avec plusieurs générations. Les cimetières émergent au milieu des rizières. Le corps du défunt est mis en terre sous un monticule pendant deux ans, puis les ossements sont déterrés et inhumés dans l'autel familial déterminé par une stèle ou un sarcophage. Nous traversons une région où émergent de grands pains de sucre au milieu des champs. C'est probablement une partie de ce qu'on appelle ici, « la baie d'Along terrestre ». Nous arrivons à Along. Les promoteurs n'ont guère épargnée cette ville comme tant d'autres dans ce pays et le port est bondé de bateau, ce qui nous surprend, nous ne nous attendions pas du tout à cela. Encore une déception de plus, nous sommes parqués comme du bétail avant d'embarquer. Nous sommes 15 sur le bateau plus l'équipage. Notre groupe est très cosmopolite car composé d'une italienne parlant très bien le français et installée au Japon depuis 33 ans, d'une colombienne (enseignant l'anglais au Japon), d'une québécoise, d'une indienne, d'un thaïlandais, d'un japonais, un australien, un suédois, un irlandais et d'un couple d'anglais. Notre guide est un peu pressant et peu patient. Il ne cesse de nous hâter. Par ce temps un peu brumeux, le paysage a une beauté sauvage et confère aux lieux un aspect irréel. C'est effectivement très beau. Nous déjeunons de plusieurs plats, tous disposés sur la table. On ne peut pas dire que ce soit de la grande gastronomie, le repas est vraiment de piètre qualité. Nous avalons au moins du riz. Les îles défilent devant nos yeux, émergeant les unes après les autres de la brume. Il y en a deux milles dont 900 qui sont assez importantes pour avoir un nom. Nous alternons les périodes sur le pont et celles à l'intérieur du bateau. La pluie a cessé et le temps est de nouveau agréable. Nous croisons de petits bateaux de pêche. Nous appontons pour aller visiter des grottes dont une située à mi-hauteur d'une montagne. Elle a été découverte au début du XX ème siècle par une aventurière française qui poursuivait un singe. Elle est d'une taille impressionnante. A la sortie, nous constatons avec effroi une véritable concentration de bateaux de touristes. Les embouteillages demandent à chaque capitaine une certaine dextérité pour manoeuvrer. Cela enlève beaucoup de son charme à l'endroit. Le port était pourtant bondé de bateau lors de notre départ, nous ne comprenons pas bien. Notre guide nous explique que c'est en fait très calme en ce moment et qu'il n'y a pas grand monde.!!!....On imagine le pire en pleine saison ; ça doit être terrible ! La marée est basse et plusieurs arches se sont formées au pied des pains de sucre, jusqu'au niveau de l'eau à marée haute. Nous dépassons plusieurs villages de pêcheurs flottants. Comme toujours les enfants ne vont pas à l'école et ils commencent à travailler dés 10 ans. Nous les croisons sur les petites embarcations. Nous stoppons dans l'un d'eux pour y faire du kayak, c'est un peu l'usine à touristes avec son flot de personnes qui attendent de pouvoir accéder aux gilets de sauvetage et aux kayaks. Les enfants veulent embarquer tous les deux, notre guide est réticent et nous force la main pour que nous en prenions un chacun avec nous. Nous refusons, sa façon de nous dire ce que l'on doit faire sans arrêt nous insupporte au plus haut point. Il insiste mais finit par accéder à notre demande de mauvaise grâce. Malgré le fait que nous soyons cernés par les bateaux de touristes ayant jeté l'encre dans la baie, la balade est sympa. Les garçons rentrent trempés.....Nous repartons un peu plus loin pour pouvoir aller nager. La nuit commence à tomber mais les enfants se plongent dans le golfe du Tonkin sans demander leur reste. La température de l'eau est par ici plus fraîche qu'en mer de Chine, mais tout de même très agréable. Ils sautent sans aucune crainte du toit du bateau ; c'est vraiment haut ! Le guide est encore sur leur dos......Il commence à nous plaire celui-là. Il nous demande de ne pas les quitter des yeux ; biensur ! Tous les bateaux mouillent dans un lieu très paisible enserré dans des formations calcaires, c'est très beau. Mais il faut une certaine dose d'imagination pour occulter les milliers de petites lumières émanant des autres bateaux tout autour de nous. Nous profitons de la douceur de la soirée sur le pont avant de dîner. Celui-ci s'avère tout aussi insipide que ce midi. Nous passons par contre une excellente soirée en compagnie de tous les globe-trotters partageant le bateau avec nous. Victor profite de Cléda, habitant au Japon pour lui soutirer quelques traductions en japonais, notamment sur des prénoms et des syllabes de leur alphabet hiragana et katakana. Arthur finit au lit de bonne heure (punition). Il partage avec Victor une chambre en rez, nous nous trouvons quant à nous au-dessus d'eux, juste sous le pont. La soirée se termine pour certains sur le pont, pour d'autres avec de gros fous rires lors de parties de cartes dans lesquelles Victor s'est joint. Il leur explique même de nouvelles règles de jeux en anglais, il nous fait rire. Il reste avec les derniers en liste avec la promesse de ne pas se coucher trop tard (de qui tient-il cette envie systématique de ne pas vouloir se coucher ???...), nous rejoignons quant à nous notre cabine. Nous entendons les éclats de rire, ça chahute pas mal......
09 mai 2009
Notre nuit sur le bateau n'a pas été des plus reposante. Le bruit des bateaux d'à côté ayant fait la fête jusqu'au petit matin. Nous sommes de plus réveillés tôt par la musique, dont le son doit être au maximum, des cuisiniers qui préparent le petit déjeuner. Nous prenons un tas d'informations auprès de Cléda et de Leica pour notre séjour au Japon. Le jeune japonais, juzu, nous valide également quelques suggestions. Nous échangeons nos adresses ; encore de brèves mais belles rencontres. Nous sommes ensuite transférés sur un autre bateau ainsi que le jeune couple d'anglais, pour rallier l'île de Cat ba. Depuis ce matin, c'est marrant, mais nous sentons le coup fumant pour notre trek d'aujourd'hui. Notre guide ayant pris Franck à part ce matin pour lui faire un petit débreifing sur le timing et deux, trois allusions bizaroides.....Nous arrivons au port de l'île, celui-ci est assez important, A flan de colline, les ponts et chaussées terminent de construire, « la promenade des anglais ». Nous devons attendre qu'un bus nous prennent en charge pour nous accompagner à l'hôtel avant de partir marcher. L'attente est longue ; comme je déteste ces contraintes de « programmes organisés » ! Le guide qui nous a laissé au port a transmis des informations à un autre guide nous concernant, étant les seuls à faire le trek de 20 kms. Je n'ai pas compris ce qu'il lui a dit mais j'ai senti, qu'il y avait « anguille sous roche » et qu'il allait essayer de nous rouler ....ça ne loupe pas, une vingtaine de minutes plus tard, le jeune vietnamien vient nous trouver pour nous annoncer qu'il ne sera pas possible de faire le long trek pour des raisons complètement tordues......Je monte dans les tours directement ; là, c'en est trop ! Je ne peux plus les supporter.....Tout le monde nous regarde, mais je m'en fiche : Nous ferons le grand trek, point ! Il nous plante sur place un moment puis nous fait monter dans le bus pour nous arrêter en plein milieu d'une route, nous sommes les seuls à en descendre. « long trekking, ok », nous dit-il. Nous n'avons aucune autre info, nous laissons nos sacs dans le bus sans trop savoir où nous les récupérerons......Nous voilà partis, au pas de charge !!! Il faut suivre, mais nous, nous sommes venus pour voir la forêt tropicale, son parc national, sa faune et sa flore, alors il va nous attendre !! J'essaie de désamorcer l'ambiance un peu froide planant au dessus de nos têtes. Finalement, il est très sympa et prend Arthur avec lui en lui donnant la main. Celui-ci lui pose des tas de questions. Il me fait rire avec son anglais approximatif ! Le chemin est très boueux, il a plu tôt ce matin mais il fait très chaud maintenant et avec l'humidité ambiante, c'est suffocant. De plus les sentiers sont parfois très escarpés, à la limite du dangereux. Nous faisons attention de ne pas glisser. Nous croisons divers animaux assez étranges dont des crabes rouges traversant devant nous en avançant de biais. Il se cache sous les grosses pierres. De grosses chenilles velues qu'il ne faut surtout pas toucher sous peine de grosses brûlures. Nous montons et descendons sans arrêt au gré des montagnes, le parcours est vraiment très physique et nous sommes trempés de sueur. Un serpent brun nous coupe le passage : petite frayeur. Par moment, nous devinons à peine le chemin, tant les herbes sont hautes ; nous faisons du bruit, au cas où. Certains passages ne sont vraiment pas évidents, à la limite de l'escalade. Les rochers de calcaires forment des grottes et des successions d'arrêtes très coupantes. Les rochers sont très glissants. Nous arrivons au bord de la mangrove où a lieu la ponte des oeufs de grenouilles. Nous en entendons les croassements ainsi que d'autres bruits plus étranges les uns que les autres. Nous avons par moment le sentiment de nous trouver en pleine scène de film fantastique, Arthur extrapole sur des histoires abracadabrantes.....il faut dire que les lianes et les arbres épiphytes (ou saprophytes selon le cas) forment des figures très étonnantes et très étranges. Notre guide nous congratule à plusieurs reprises sur le rythme qu'ont les enfants pour marcher, ça le surprend. Par moment, nous avons l'impression d'être plus endurants que lui. Nous terminons par l'ascension d'une colline d'où un mirador a été érigé afin d'y avoir une vue spectaculaire sur les pics calcaires émergeant de la forêt et la canopée. C'est vraiment splendide, mais en tout point similaire au parcours « d'Indiana Jones » pour y accéder. Nous redescendons maculés de boue orange et dévorés par les bestioles. Au terme de ces 6h de marche, il est 15h, personne ne nous attend, nous n'avons toujours pas mangé et nos estomacs crient famine. Le petit village se trouvant aux portes du parc national est fait de maison de torchis, de vieilles maisons où les gens semblent vivre très chichement. Notre guide rappelle le chauffeur du bus censé nous récupérer, il est tombé en panne, le bus est cassé ! Nous en avons assez d'attendre et finissons par arrêter un bus sur la route et grimpons dedans. Le repas est encore plus que moyen ; tofu (que les enfants n'aiment pas), légumes baignant dans une sauce suspecte, et d'autres plats auxquels nous ne touchons pas tant ils nous paraissent immangeables. Nous mangeons du riz. Comme d'habitude le guide mange à part. Nous rejoignons la plage pour une baignade bien méritée. Petite soirée tranquille. Cette petite escapade nous a fait le plus grand bien. Nous allons bien dormir.
10 mai 2009
Ils ne nous ont pas réveillé, mais vu leur amabilité, cela ne m'étonne pas du tout. Nous descendons déjeuner et reprenons le bus pour le port. De là nous rembarquons sur un bateau qui nous ramène à Along. Nous naviguons le long des fjords entre les îlots karstiques, cela nous rappelle les paysages de Krabi dans le sud de la Thailande. Nous subissons les embouteillages des bateaux naviguant dans la baie pour rejoindre le port. J'en dénombre pas moins d'une cinquantaine autour de nous : du délire ! Nous débarquons pour déjeuner à Along puis reprenons le bus pour Hanoi. Celui-ci nous dépose devant l'hôtel où nous récupérons nos sacs qui sont entreposés dans une pièce au-dessus de la cuisine. Les rats qui semblaient s'être installés dessus se sauvent dés notre appartition : Charmant ! Nous passons la fin de l'après-midi à végéter puis ressortons dîner dans la vieille ville. Toujours, tout ce monde, tout ce bruit, et cette métamorphose des ruelles dés la nuit tombée.....
11 mai 2009
Nous consacrons notre matinée à la recherche d'informations sur le Japon. Les logements étant extrêment chers, il nous est très difficile de trouver « chaussures à nos pieds ». De plus, le fait qu'il y ait plusieurs festivals en même temps sur Tokyo et ses environs ne nous facilite pas la tâche. Tous les ryokans sont complets, tout au moins, ceux tournant aux alentours de 100 euros la nuit (et ce, sans le petit déjeuner et le dîner qui sont habituellement inclus!!!) Sinon, c'est hors de prix. Nous bookons pour nos trois premières nuits dans une AJ où nous avons pu trouvé 4 lits dans un dortoir de 12 personnes, c'est déjà ça et on va s'atteler au reste avant de repartir d'Hanoi. A défaut de pouvoir repartir, les 3 jours où nous sommes cloués ici, vont au moins nous permettre de dégrossir tout ça. Mis à part le fait que le Japon soit le pays le plus cher au monde, il est très difficile d'y voyager à moindre coût. Déjà rien que le trajet pour rejoindre le centre ville de l'aéroport nous coûte la modique somme de 90 euros. IL existe un système de pass, ne pouvant s'acheter que de l'étranger, mais qui, dans notre cas, rien que pour 7 jours, s'élève à 1650 euros pour 4 (de la folie !), de plus il ne nous permet pas de sillonner toutes les régions. Bref, un vrai casse-tête, vous l'aurez bien compris .......Vers 12h, nous sortons prendre l'air et découvrir le sud de la ville. Nous recherchons des livres d'occasions et avons récupéré plusieurs adresses à ces fins. Nous trouvons le centre culturel français mais malheurreusement il est fermé le lundi ; c'est la déception. Par contre, se trouve un peu plus loin, une grande librairie sur 3 étages dont la partie française est très bien achalandée. J'y trouve même des livres bilingues dont j'en achète un exemplaire. Evidemment les garçons ont tout de suite disparu pour bouquiner, livres en mains, vers le petit salon prévu à cet effet. Le temps passe et nous n'avons pas mangé. Une fois n'est pas coutume, nous passons commande dans une pizzéria, d'une pizza géante, de satays de poulet au curry, de pains à l'ail et de coca....Et allons nous installer au bord du lac pour pique-niquer. Il fait très chaud, nous étions mieux au frais à bouquiner. Ayant sortis les enfants de leur lecture respective en plein milieu de moments visiblement fascinants, semble-t-il, ils nous réclament d'y retourner. Nous les y accompagnons et allons prendre un petit café dans une ruelle à côté avec les employés du coin. Puis nous retournons à l'hôtel, nous plonger dans nos recherches. Nous ne récupérons les enfants que vers 19H30. Arthur, crayon en main, est en plein recopiage de recettes......Ah, celui-là, il n'est pas près de se laisser mourir de faim......Quant à Victor, il a dévoré une série de manga, et malgré ces plusieurs heures de « déconnexion », ils ne sont pas vraiment pressés de partir. Nous dînons de l'autre côté de la ville dans un resto n'employant que des jeunes sortis de la rue afin de leur permettre de se réinsérer dans la vie et dont tous les bénéfices sont au profit de l'association s'en occupant. Le resto se trouve au fond d'une cour dans un endroit un peu sombre mais on y mange très bien. Nous flânons au bord du lac où se presse une foule de vietnamiens venus se délasser, manger des glaces et rêvasser. C'est très agréable, et la température est beaucoup plus supportable à cette heure de la journée.
12 mai 2009
Nous passons de nouveau notre matinée à l'hôtel. Arthur, qui se retrouve être le dernier à prendre son petit déjeuner, fait connaissance avec les rats de la cuisine....Surement les mêmes ayant élu domicile au sein de nos sacs, il y a 2 jours. Je me trouve à ses côtés sur internet et les observons ensemble attraper les déchets tapissant le sol. Bonjour l'hygiène ! Nous sortons pour aller bouquiner. Le centre culturel est ouvert, nous y restons quelques heures à décortiquer les derniers « potins people », les tendances mode de l'été, les derniers règimes en date pour être la plus belle sur les plages, les cures de remise en forme, la rencontre de Carla et Nicolas (un peu vieux, ça...)....Mais surtout de très beaux reportages dans Géo, dont un sur le Japon et un autre sur l'Indonésie et la Papouasie Nouvelle-Guinée (nous aimerions tellement y aller). Ces 3 derniers jours sont longs, et nous n'avons plus vraiment l'en train pour aller visiter temples, pagodes et monuments de la ville ou alentour. De plus nous avons affaire, malgré nous, à des personnes de plus en plus odieuses....Il nous tarde vraiment de partir. Nous envoyons des cartes postales aux grand-mamys et rentrons travailler avec les enfants. J'avais répéré une petite tunique que je voulais retourner négocier mais je ne retrouve pas le boui-boui. Je tombe par contre sur un office échangeant des bouquins, dont 2 « chairs de poule », Arthur va être ravi. Nous dînons dans un resto conseillé dans le « lonely » d'un steak de thon/purée. Entre deux services, les employés sont vautrés dans la place ou assis par terre.......c'est la même chose à notre hôtel. On vit vraiment aux antipodes de ces gens là !
13 mai 2009
Enfin, le jour du départ. Nous prenons l'avion ce soir pour Tokyo. Il est 9H30, lorsque j'émmerge. Les garçons dorment encore du sommeil du juste. Je descends, le PC sous le bras, pour taper mes notes et mettre le carnet de voyage à jour. Les employés de l'hôtel sont encore pour la plupart devant internet ou la TV. On ne peut pas dire qu'ils soient stressés......La jeune fille qui me sert le petit déjeuner est toujours aussi aimable ; même pas bonjour ! Et, je suis obligée à 3 reprises de lui demander de m'apporter un café et des fruits. Quant à Franck, lorsqu'il descend, il est trop tard ! Nous bouclons nos sacs, allons déjeuner et faire un tour pour quelques achats. Je retrouve la boutique où je tente une nouvelle fois d'acheter ma tunique à un prix décent (et non, deux fois plus cher qu'en Europe !), mais la vendeuse est à faire sa sieste et la jeune fille avec qui j'essaie toutes les ruses possible ne veut rien entendre. Elle dérange même à un moment la patronne qui m'envoie bouler ! Je lui jète sa tunique sur l'étal et rejoins les garçons ; Ils me sortent tous par les yeux ! C'est encore et toujours le navrant constat que le tourisme de masse a transformé la donne quant à un commerce "équitable" pour les deux camps ! ......Ils n'ont plus la moindre notion de ce qu'est un client et de leur propre monnaie..... Nous passons par la boulangerie avant de retourner à l'hôtel finaliser certains points pour notre arrivée sur Tokyo. Vers 19h30 nous nous décidons à aller manger pas trop loin de l'hôtel, mais le « little hanoi » est bondé. Toutefois, une table se libère et nous permet de pouvoir passer commande. Nous craignons par contre d'être un peu juste sur le timing. Notre vol étant à 23h. Il nous faut 1h pour rejoindre l'aéroport. Nous ressortons à 21h. Franck et les enfants s'en vont chercher un taxi dans un véritable bain de foule. Il va falloir s'activer. Ils reviennent une demi-heure plus tard dans un pot de yaourt, tout sourire ! Je me demande sincèrement où nous allons bien pouvoir caser tous nos bagages. Et bien, en poussant, tassant, serrant, nous y arrivons ! Nous sommes par contre serrés comme dans une boîte à sardines (Franck a même été obligé de monter à l'arrière faute de place à l'avant, c'est Victor qui s'y est collé) ; c'en est vraiment comique.....Nous plafonnons à 60 km/heure, et notre chauffeur passe son temps à klaxonner et nous a mis de la musique techno à fond ; c'est l'horreur ! Franck n'en peut plus...Je commence à me dire que nous n'allons jamais avoir l'avion. Nous arrivons pourtant à destination sans encombre. Il n'y a pas grand monde. L'hôtesse d'escale nous informe même que l'avion est quasiment vide et que nous pourrons disposer des places comme bon nous semble. Nous changeons les derniers dongs nous restant, achetons des cochonneries et embarquons aussitôt. Nous voyageons sur Japan Airlines sur un boeing 767 flambant neuf. La classe ! Les hôtesses sont de plus à nos petits soins , c'est royal !
Une petite conclusion s'impose !
Si j'avais écrit mes conclusions sur le Vietnam au terme de notre première semaine, sans nul doute que de nombreuses oreilles auraient sifflé sous les chapeaux coniques.....Quel contraste entre ce pays et tout ce que nous avons vu précedemment ! Les frères siamois sont en fait très différents. Les vietnamiens sont durs en apparence, ils ne laissent rien transparaitre (si ce n'est leur mauvais côtés). Ils n'accordent que très peu de regard aux enfants ou alors à des fins « financières ». Nous sommes transparents (voir rien) à leurs yeux. Même si dans le nord, nous avons senti un léger mieux.
Les paradoxes sont si troublants dans ce pays qu'il vaut mieux en rire. Ce pays si fier d'avoir vaincu les démons américains et qui demeure un des derniers régimes présenté comme communiste au monde ne sait vraiment plus où il en est. Dernier exemple en date, celui du hall de contrôle des passeports à l'aéroport d'Hanoi ; sur la gauche une affiche énorme nous rappelle que nous sommes en République communiste du Vietnam (avec des dessins de propagande à la mode russe des années 50) et sur la droite une affiche 4/3 en quadrichromie annonce « Vietnam prefer Visa »......Il faudrait peut-être savoir.......et, choisir son camp à un moment ou un autre, non ! De plus, ils n'utilisent pour ainsi dire que le dollar comme monnaie ; n'en déplaise à l'oncle Ho !! Un autre exemple, les échoppes tout aussi pittoresques car vendant les mêmes T-shirts imprimés de l'étoile du drapeau national et des imprimés de bières locales et nombreuses copies occidentales alors que dans toutes les arrières boutiques trône en bonne place le portrait illuminé d' Ho Chi Minh : le fameux oncle Ho, comme ils l'appellent tous ici.
Le vietnam, si dur en théorie, ne nous a pas vraiment enchanté de par son approche humaine mais n'en demeure pas moins un joli pays puisqu'il ressemble énormément, je trouve, à la France. En revanche, nous avons accusé le coup. En effet depuis 8 mois, nous n'avions jamais ressenti ce statut de « touriste » au vrai sens du terme, si ce n'est peut-être au nord du Laos. On s'était même plutôt bien habitué aux regards des autres, aux sollicitations qui jusque là avaient toujours été bienveillantes, aux négociations (dont nous sommes devenus de vrais experts (même si Franck excellait déjà en la matière...)) et aux bonnes comme aux mauvaises surprises en nous fondant dans la masse. Bien que nous savions que cela ferait partie du voyage et du dépaysement, cela nous a vraiment affecté dans ce pays. Nous avons vu tant de beautés humaines et tant de beautés sur terre, sur mer et dans le ciel ailleurs, qu'on s'est bien des fois interrogé sur un départ anticipé, mais nous avons tenu pensant qu'un miracle pouvait toujours arriver...... Et bien non, depuis un mois, ces gens et ce pays nous ont consumé à petit feu.....Arthur qui se prêtait au jeu quant à épeler son prénom à toutes les personnes qui le lui demandaient, en est aujourd'hui au point de crier « Arthur, 10 ans » précédant ainsi la question suivante......Les femmes ont passé leur temps à tenter de lui mettre leur balancier sur les épaules pour nous soutirer quelques dongs. Nos rapports en sont devenus fort désagréables......Il en a été de même pour beaucoup de choses. Négocier un tapis dans les souks de Marrakech est drôle et fait parti du voyage, mais négocier son hôtel tous les soirs avec des personnes toutes plus odieuses les unes que les autres en sachant que les prix énoncés sont ici presque 4 fois plus élevés qu'ils ne devraient l'être, est usant. Nous avons choisi de parcourir le monde en en observant les règles mais pas à n'importe quel prix. Personne ne nous avait prédit de tels désagréments dans ce pays. Comme quoi, il ne faut surtout pas négliger le choix des destinations !



















